Bonjour à tous !
Je suis toujours ravie de lire vos reviews surtout lorsque chacun commence à formuler ses hypothèses : je trouve ça jouissif x) Sadique ? A peine XD Plus sérieusement, c'est vrai que j'aime bien voir comment vous envisager la chose, comment fonctionne votre logique... je trouve ça passionnant ! (pourquoi j'ai pas l'esprit plus scientifique, j'aurais fait de la neurologie T_T bref osef)
Et pour répondre à Bwa : j'étais super contente d'avoir une review aussi importante ! De voir que des gens prennent la peine de laisser un commentaire alors que la fic ressemble à un ômu (#nausicaa) et qu'elle n'est pas encore finie, ça me fait très très plaisir (parce que je me rends bien compte de ce que ça demande, je suis une grosse feignasse). Par ailleurs, je m'excuse mille fois pour le DenNor ! Je suis moi-même frustrée quand j'écris parce qu'évidemment j'aimerais que ça soit fait en deux temps trois mouvements XD Mais voilà, j'ai pris un parti-pris : cette relation sera réaliste. Cependant, je peux te rassurer (et rassurer tous les autres par la même occasion) : cette affaire là et la prochaine vont marquer un véritable tournant. Merci encore pour ta review en tout cas et j'espère que tu prendras du plaisir à lire la suite ! o/
Tout comme vous tous ! o/
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Finlande : Tino Väinäimöinen
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 7 : Des cellules grises toujours au top
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la chambre, ils découvrirent Lukas étendu dans son lit d'hôpital, la tête légèrement rehaussé pour plus de confort. Son bras droit était sous perfusion pour plus de sécurité et son cœur relié à un cardiogramme. On avait soigneusement placé les vêtements de Lukas sur le pied du lit. Pour on-ne-sait-quelle-raison, ni Mathias ni Emil n'osa s'avancer plus et ils demeurèrent donc sur le pas de la porte.
Bien que ce ne fût que la fin d'après-midi, la nuit était déjà tombée. Aussi Lukas aperçut-il le reflet de deux hommes dans la vitre. Il tourna alors la tête vers eux.
Emil et Mathias découvrirent alors un visage creusé, éprouvé. Ce n'était pas la fatigue qu'ils connaissaient lorsque Lukas se levait le matin et qu'il était encore à moitié endormi. Sous cette fatigue ordinaire, on devinait les petits rouages de son esprit complexe se mettre en place. Non, il n'était pas question de ça, ici. Ils avaient devant eux une profonde fatigue physique qui démontrait avec quelle vigueur le corps de Lukas s'était battu pour faire face à un danger mortel.
Lukas ne dit rien. Surement qu'il était encore un peu embrumé par l'anesthésie de l'opération. Il n'y avait pas cette petite étincelle inexpressive au fond de ses yeux. Il détourna finalement le regard. Il leva faiblement la main pour leur désigner des sièges.
C'est alors seulement qu'Emil et Mathias s'avancèrent et prirent place de chaque côté du lit.
- Comment tu te sens ? demanda finalement le plus jeune
La question eut le mérite d'attirer dans le regard de Lukas un éclat blasé. Conclusion : la réponse coulait de source. Emil fut piqué au vif, évidemment.
- Roh, c'est bon, ça va. Je m'inquiète. J'ai le droit, non ?
Il croisa les bras et se renfrogna. A grand-peine, Lukas souleva sa main et vint la poser sur les cheveux de son petit frère. Lequel rougit, gêné. Il attrapa la main de son aîné mais la garda tout de même entre les siennes.
- Je devrais aller mieux, je suppose, souffla Lukas, la voix légèrement rauque
Il se tourna vers Mathias dont l'inquiétude était apparente. Aux yeux de ce dernier, il était désormais clair qu'il devait tout faire pour tenir Lukas éloigner de cette affaire. Trop dangereux. Le détective pourrait risquer sa vie de tant de façons différentes qu'il apparaissait donc inconcevable qu'il soit entraîné dans cette énigme.
Ils soutinrent le regard l'un de l'autre. Mathias savait parfaitement ce que Lukas tentait d'exprimer malgré son état. Il se mordit les lèvres. Il ne devait pas céder.
- Mon corps a peut-être du mal à suivre, répliqua finalement Lukas, mais ça ne m'empêche pas d'être capable de réfléchir. Ton silence est très clair et ma réponse l'est tout autant, je pense. Si tu ne me dis pas tout ce que je veux savoir, je ferais des pieds et des mains pour le deviner, même depuis ce lit d'hôpital. Cela me fatiguera, je ferais peut-être même une rechute. Alors que si tu me déballes tout maintenant, je serais plus à même de résoudre cette affaire.
Il s'arrêta un instant, complètement essoufflé. Il inspira et expira profondément pendant de longues secondes. Mathias n'en délogea pas il demeura silencieux. Puis, fébrile, Lukas reprit :
- Et plus vite cette histoire sera réglée, plus vite nous serons tous apaisés. N'est-ce pas ?
Emil baissa la tête. L'idée que tout puisse rapidement rentrer dans l'ordre ne lui déplaisait pas. Il connaissait par ailleurs l'entêtement de son frère. L'empêcher de se pencher sur cette affaire, ce serait lui demander de lourds efforts. Il jeta un coup d'œil à Mathias. Ce dernier faisait la moue. Tout à coup, il répondit :
- Ok, mais à une seule condition. Tu ne bouges pas de ce lit. Tu n'essayes pas de jouer les héros. Tu t'occupes juste de la déduction lorsque j'en ai besoin. Je m'occupe du terrain. Je ne veux pas te voir debout. Et tu acceptes qu'il y ait certaines choses que je ne te dise pas. Pour ton cœur.
- Mon cœur n'a pas été touché. L'opération aurait duré bien plus longtemps sinon. Et ceci comprend deux conditions et non une. A toi de choisir.
Mathias étouffa un rire. Il attrapa sur la table de chevet l'épingle que Lukas arborait toujours et l'agrippa dans ses cheveux. Lukas eut un léger mouvement de recul et grimaça.
- Même dans le coltard, tu ne perds pas le Nord. Alala…
Puis, après ce petit interlude, il reprit avec plus de sérieux.
- Non, je ne choisis pas. Tu acceptes ces deux conditions ou je ne te raconte rien.
Lukas haussa un sourcil dubitatif. Puis, il leva les yeux au ciel et finit par donner son accord. Mathias entreprit alors de tout lui raconter. Le détective ne cilla pas une seule fois. La tête reposant contre son oreiller, il emmagasina chaque information reçue, le regard rivé au plafond. Une fois encore, Mathias acheva son explication par le papier de bonbon rouge et or qu'il extirpa. Lukas y jeta un coup d'œil et affirma directement :
- Ce n'est pas un emballage de bonbon, c'est un emballage de chocolat. Chocolat Suchard.
Mathias se frappa le front.
- Mais oui, bien sûr ! Du chocolat ! Voilà pourquoi on ne trouvait rien sur le net. On ne cherchait pas avec les bons mots.
Emil coula un regard vers Mathias. Il lui avait bien dit : Lukas savait tout. Ce dernier se tourna vers son frère cadet.
- Va me chercher un café.
- Un café ? Dans ton état ? Tu rigoles, j'espère. Hors de question.
Lukas pinça les lèvres.
- Un jus de fruit dans ce cas.
Emil se leva en grommelant mais s'exécuta. Lorsque la porte se referma derrière lui, Lukas se tourna vers Mathias.
- La cible que je suis n'a pas été atteinte. Je suis à l'hôpital et tant que j'y serais, on ne m'atteindra pas. Mais mon frère, si.
Mathias comprenait parfaitement le sous-entendu qu'impliquait la réplique de Lukas.
- Ne t'inquiète pas. Il ne lui arrivera rien.
- J'espère bien.
Lukas allait ajouter quelque chose mais sembla se raviser. Il inspira et expira profondément une nouvelle fois. Il ferma les yeux un instant. Pour sûr qu'il n'était pas encore remis du drame.
- Qui peut bien t'en vouloir à ce point ? demanda alors Mathias
- Tu demandes à un détective hors pair quels pourraient être ces ennemis ? Es-tu donc stupide à ce point ?
Mathias esquissa un sourire.
- Non, je me doute qu'il doit y avoir foule sur la liste des prétendants au titre. Mais… au point d'essayer de te tuer à bout portant ? En plein jour ? Chez toi ?
- Je suis d'accord avec Tino. Ce tireur n'est pas des plus habiles. Si tu ne m'as omis aucun détail alors le tireur et celui qui désire ma mort ne sont pas la même personne.
Mathias fronça les sourcils. Après un instant de respiration saccadée, Lukas reprit ses explications :
- Quelqu'un qui m'en veut à ce point ajusterait avec précision les circonstances de son acte. Il ne laisserait rien au hasard. Le procédé, le choix de l'arme, de la balle, de la position de tir, du moment du tir, la prise de connaissances de sa victime, de ses habitudes… toutes ces choses qui rendent un crime si passionnant…
Mathias grimaça : il envisageait difficilement un crime comme passionnant. Le fait que Lukas paraisse prendre sa propre tentative d'assassinat (la sienne, que diable !) aussi légèrement laissait Mathias mal à l'aise. Mais force était de croire que le détective ne l'était pas qu'à moitié. Et qu'il n'y avait donc rien de plus passionnant que quelqu'un qui s'en prenait à votre propre vie.
- Pourquoi quelqu'un s'en prendrait à moi en laissant de côté tous ces détails ? conclut Lukas, le tireur a été engagé. Survient alors une autre question : si on cherche à me tuer, pourquoi prendre une personne aussi peu qualifiée ? Deux options : la contrainte financière du commanditaire ou la contrainte du tireur à agir au nom de son commanditaire.
La perplexité se peignit sur le visage de Mathias. Il n'était pas sûr de bien saisir.
Au même moment, Emil revint avec le jus de fruit commandé par son frère aîné. Lukas interrompit ses hypothèses. Il attrapa la bouteille mais aussitôt Mathias la lui arracha des mains. Il la lui ouvrit. Hors de question que Lukas fournisse un effort musculaire pareil juste après son opération, pensait-il en lui tendant la bouteille ouverte avec un large sourire.
Lukas ne sembla pas le prendre aussi bien. Si monsieur aimait se faire servir, il n'aimait pas se savoir en sucre. Il envoya un regard noir à Mathias, seul remerciement qu'il lui accorda, avant d'avalée une grande gorgée de jus.
- Le commanditaire peut ne pas disposer des fonds nécessaires à la mise en œuvre de mon meurtre. Cependant, dans une telle éventualité, il aura préféré attendre d'amasser la somme suffisante afin, une fois encore, que son crime soit parfait, qu'il soit sûr d'atteindre sa cible. Dans ce cas, ne reste que la deuxième option : le tireur a été contraint par le commanditaire d'accomplir le sale travail.
Mathias, tout comme Emil, dévisageait le détective avec une certaine stupéfaction.
- Quoi ?
- Non, rien, désolé, répondit Mathias en passant une main dans ses cheveux, je suis juste assez perturbé. Tu parles de… ton meurtre, comme si ça n'avait aucune importance.
- C'est un fait. Voilà tout.
Les faits qui priment par-dessus tout : le leitmotiv par excellence de Lukas Bondevik. Chose à laquelle Mathias n'était certainement pas encore accoutumé. Il souffla un grand coup pour extérioriser son malaise. C'est alors qu'un infirmier pénétra dans la pièce.
- Je vous annonce la fin des visites. Je vous prierai de ne pas trop tarder, Messieurs.
Emil et Mathias obtempérèrent. L'infirmier repartit aussitôt. Les deux hommes se levèrent.
- Bon, si je comprends bien, résuma Mathias, pas la peine de tabasser le tireur. Ce n'est pas lui qui est derrière tout ça à proprement parler.
Lukas sirota tranquillement son jus de fruit, les yeux perdus sur le mur crème. Mathias observa de nouveau le papier de chocolat.
- Je vais me renseigner sur les amateurs de chocolats. Et dès que Tino me donnera du nouveau, je te tiens au courant. Jusque là, ménage-toi.
Au lieu de lui répondre, Lukas se tourna vers son cadet.
- Tu enverras un message à Andrey. Pour faire taire la presse, précisa-t-il face au regard interrogateur de Mathias
Emil hocha la tête. Puis, les deux hommes prirent la direction de la sortie.
Lukas les observa. On avait réellement fait du bon travail en lui soumettant Mathias, ne pouvait-il s'empêcher de penser. Il était parfait dans le rôle qui lui était prédestiné. Lukas se sentait en sécurité. Tout serait bientôt terminé et il pourrait retrouver sa routine.
Affaire à suivre...
