Hello tout le monde !
Je ne cesserai jamais de vous remercier pour vos commentaires ou même simplement votre lecture. Si je me fis aux statistiques (même si ce genre de choses, ça vaut ce que ça vaut...) je constate que vous êtes toujours au rendez-vous. Ça fait chaud au cœur !
Une fois encore, je me permets de répondre en public à cette guest Bwa : même si je me répète, merci de ton commentaire :) Et pas de souci pour la motivation ! J'en suis bien plus loin dans l'écriture et j'ai beaucoup de plaisir à écrire les prochaines affaires. Mais je suis bien d'accord : les pannes d'inspiration, le syndrome de la page blanche, c'est jamais gégé...
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Finlande : Tino Väinäimöinen
Suède : Berwald Oxenstierna
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 7 : Réflexions nocturnes
Lorsque Mathias et Emil étaient rentrés à la maison, celle-ci leur parut soudain bien vide. Il y manquait quelque chose. C'était indéniable : malgré son inexpressivité, l'aura de Lukas était nécessaire entre ces murs. Sans parler du fait qu'à la base, cette demeure, c'était la sienne.
Ils montèrent au salon en silence et contemplèrent une dernière fois les débris de verre éparpillés sur le sol. L'air froid de la nuit automnale s'engouffrait à volonté dans la pièce. Les rideaux s'envolaient sous les bourrasques. Emil et Mathias se jetèrent un coup d'œil et entreprirent de nettoyer.
Pour Mathias, ce n'était pas facile. Il enregistrait soigneusement dans sa mémoire chaque débris, s'assurant de n'avoir rien oublié. Il avait trop peur d'avoir laissé filer quelque chose. Emil ne se rendait, quant à lui, pas bien compte qu'ils étaient en train de nettoyer une scène dramatique. Presque une scène de crime. Cela lui paraissait un peu irréel.
Pourtant, force était de constater que tout ceci s'était bien produit, non seulement par l'absence de son frère, mais aussi par la prudence qu'affichait Mathias. C'est toujours lui qui s'avançait le premier, toujours lui qui permettait à Emil de faire un pas vers les fenêtres. Son regard était à chaque instant suspicieux, scrutant les rues désertes, ponctuées de quelques passages de voitures seulement.
- Tu n'ouvriras à personne tant que cette histoire ne sera pas réglée. D'accord ?
Mathias tentait de garder un ton léger, un peu comme un moniteur donnant ses consignes pendant une colonie de vacances.
Il déposa le panneau de bois contre la vitre cassée. Emil lui tendit un clou.
- C'est pas un peu exagéré ? demanda le jeune homme un peu renfrogné à l'idée d'être cloîtré chez lui
- Vu la situation, non, je ne pense pas. Je t'emmènerais aussi en cours et je viendrais te chercher.
- Tu déconnes, là ? Je suis plus un gosse de primaire.
Mathias acheva son travail et rabattit les rideaux.
- Peut-être. Mais je n'aimerais pas qu'il t'arrive quelque chose juste pour une question de fierté.
- Et si je me fais accompagner par un autre étudiant ?
Mathias ne put s'empêcher de pouffer de rire.
- Je doute que tu trouves quelqu'un capable d'assurer aussi bien que moi ta sécurité.
Emil soupira profondément mais n'ajouta rien de plus. Que pouvait-il contre ça ? Même s'il ne savait pas grand-chose de Mathias finalement, il n'était pas bête et s'était bien aperçu que ce dernier avait en effet toutes les capacités requises pour jouer les gardes du corps.
Une fois tous les rideaux de la pièce fermée, ils allèrent allumer un bon feu dans la cheminée, histoire de réchauffer les lieux.
Une heure plus tard, Mathias sortait de la chambre de Lukas. Il lui avait une fois de plus subtilisé son ordinateur. Mais il estimait cette fois-ci qu'il n'avait pas de compte à lui rendre, que c'était pour la bonne cause. Il retrouva Emil dans la cuisine qui finissait de préparer leur dîner. Ils s'attablèrent. Tout en mangeant, Mathias entama ses recherches.
La nuit passa et Mathias ne délogea pas de la cuisine. Il enchaînait les hypothèses qu'il griffonnait sur des feuilles volantes, vérifiait chacune de ses idées. A deux heures du matin passé, une énième tasse de café dans la main, il se demandait sincèrement comment Lukas faisait pour assurer un tel rythme. Comment ce détective pouvait-il trouver cela amusant de résoudre une énigme ? Décidément, Mathias était plus enclin à botter les fesses des méchants qu'à user de ses cellules grises. Il se replongea dans ses recherches, inspirant profondément.
oOo
Lorsqu'Emil descendit prendre son petit-déjeuner avant d'aller en cours, il trouva la table envahie de feuilles, de l'ordinateur de son aîné et d'un Mathias ronflant comme un camionneur. Il planait dans la pièce une vague odeur de café. Apparemment, ça ne lui avait pas été d'une grande utilité. Sans aucune gêne, Emil frappa la table un grand coup. Aussitôt, Mathias se réveilla, complètement désorienté.
- Je croyais que tu assurais ma sécurité.
Mathias se frotta vigoureusement les yeux, puis tituba vers la machine à café.
- De la bière. Ok, c'est une idée… releva ironiquement Emil en se posant avec son bol de céréales
- Pardon ?
- Je pense qu'à l'odeur et au goût, tu vas avoir une drôle de surprise. Evite de te tromper de machine.
Mathias écarquilla les yeux en constatant qu'il était en train de se faire couler une tasse de bière. Il soupira et passa une main sur son visage.
- Si tu savais ce que j'ai ressassé cette nuit.
- Non, je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est que je vais être en retard en cours si tu prends autant de temps.
Le téléphone d'Emil sonna. Il découvrit l'appel et poussa un long soupir. Puis, il décrocha.
- Ouais ?... ouais, je suis bien réveillé. Tout va bien… je prends mon petit déjeuner… Bon bah si tu sais, pourquoi tu demandes !... oui… oui…. Il m'emmène, oui… c'est ça, à plus. Je passerais ce soir.
Il raccrocha.
- C'était ton frère, n'est-ce pas ?
- Non, un macareux.
- Ah, ah ! C'est la réponse la plus bizarre qu'on m'ait jamais donnée.
Emil leva les yeux au ciel, excédé.
Mathias ne s'épancha pas plus sur les théories qu'il avait échafaudées cette nuit. Néanmoins, rien qu'à voir les feuilles griffonnées et ses traits tirés, Emil devinait qu'il avait vraiment creusé le sujet. Cela l'intriguait toujours autant : il était leur colocataire depuis moins d'un an et pourtant ! Il était prêt à se perdre corps et âme dans cette sombre affaire. La vie de Lukas, peut-être celle d'Emil, était en jeu. Pas la sienne. Alors pourquoi ? Pourquoi se démenait-il ?
Une fois le petit déjeuner avalé, Mathias prit le volant tout en lâchant un long bâillement. En effet, hors de question de prendre les transports en commun avec un tireur assassin dans les parages. Il préfèrerait de loin avoir le contrôle de la voiture. Il alla donc déposer Emil au plus près de ses salles de cours. Ce qui n'arrangea pas l'humeur du jeune homme.
Le garde du corps du jour avait parfaitement conscience qu'Emil avait dû passer une très mauvaise nuit. L'angoisse de s'endormir. L'inquiétude pour un frère convalescent en d'autres lieux que le foyer habituel. Tant de questions sans réponses. Mathias observa Emil s'enfoncer parmi la foule des étudiants, la tête rentrée dans les épaules. Une fois assuré que le jeune homme était largement entouré, il partit en direction de l'hôpital.
oOo
- Hey ! Alors ? Comment ça va ce matin, mon pote ?
L'entrée fracassante de Mathias attira le regard foudroyant de Lukas. Ce dernier était en train de remplir une grille muette de mots croisés cinq étoiles. Sur sa table de chevet, tanguait dangereusement une pile de magazines.
Lukas ne le salua que par un long soupir avant de se replonger dans sa grille. Mathias vint s'installer près de la table de chevet et attrapa un magazine.
- Des logigrammes… c'est quoi ?
- Un jeu de logique. Exploitation d'un certain nombre d'indices afin d'en déduire les relations entre tous les éléments.
Pas de doute ! C'était un jeu tout à fait pour le grand détective privé qu'était Lukas. Mathias feuilleta la revue qui s'avéra n'être remplie que de logigrammes résolus. Il haussa un sourcil légèrement surpris.
- Euh… t'as fait ça en combien de temps ?
Lukas releva la tête de ses mots croisés, avisa le niveau présenté sur la couverture du magazine.
- Niveau 3, une heure et demi.
Mathias lâcha un sifflement admiratif. Lui, il avait mal à la tête rien qu'à l'idée de voir toutes ces grilles. Et dire qu'il avait passé toute la nuit à travailler d'arrache-pied. Tout ce qu'il avait pu affirmer, pour sa part, c'était que l'emballage de chocolat Suchard venait d'une édition limitée de Pâques dernier.
Lukas soupira profondément et referma sa revue de mots croisés. Il avait complété le dernier. Le revoici en proie à l'ennui. A part ressasser toute l'affaire sans même pouvoir jouer du violon… Quelle frustration !
- Du nouveau ?
Mathias lui fit part de ses quelques déductions.
- J'attends toujours l'appel de Tino, sinon.
Lukas se sentit soudain faible. Il laissa sa tête reposer contre son oreiller et ferma les yeux. Sa respiration se fit plus profonde.
- Lukas ? Ça va ? s'enquit Mathias
- Oui, oui, éluda-t-il, juste un petit coup de pression.
- Je te promets que je vais tirer cette histoire au clair. Cette balle que tu t'es pris, ce sera la seule et l'unique de ta vie.
Lukas le dévisagea. Là où on pouvait y voir de nobles paroles, lui n'y voyait que de la stupidité. D'autant plus lorsque Mathias acheva sa tirade par un long bâillement. Et cette belle promesse parut d'autant plus puérile qu'il finit par piquer du nez.
Il s'éveilla brusquement à cause de la sonnerie de son téléphone. La tête posée dans la paume de la main glissa brusquement et vint rencontrer l'accoudoir de la chaise. Lukas qui était en train de décortiquer le journal détourna à peine le regard. Mathias se massa la mâchoire en décrochant.
- Allô ?
Sa voix était pâteuse, endormie. Et légèrement endolorie, de surcroît.
- Mathias ! s'exclama la voix de Tino à l'autre bout du combiné, passe chez moi dès que tu peux. J'ai du nouveau. Et on en profitera pour se prendre une petite bière. Ça commence à manquer, hein ? Comment va Lukas ?
- Il va bien, je pense.
- Je te l'avais dis ! Rien qu'une petite balle perdue.
La conversation ne s'éternisa pas plus longtemps. Aussitôt raccroché, Mathias sauta sur ses jambes. Enfin de l'action ! se disait-il. Il salua rapidement Lukas et s'éclipsa pile au moment où l'infirmière pénétrait dans la chambre pour l'examen quotidien.
Il se rendit à l'autre bout de la ville pour atterrir devant le petit pavillon banlieusard des Oxenstierna-Väinämöinen. Il eut à peine à frapper à la porte qu'on lui ouvrit aussitôt. Tino l'invita à rejoindre le salon tandis qu'il se dirigeait vers la cuisine. Il en revint avec deux bouteilles de bière décapsulées dont il en tendit une à Mathias. Celui s'en empara et en avala une rasade avec grand plaisir.
- J'ai pris ma journée, lui déclara Tino, on va pouvoir se consacrer à la recherche de ce tireur.
Au même moment, Berwald passa dans le couloir, une mallette à la main. Tino le héla. Mathias et lui se saluèrent d'un hochement de tête.
- Et je te présente notre sauveur, déclara Tino en attrapant Berwald par la taille, hier soir quand je lui ai présenté la chose, il m'a pas dit grand-chose, m'enfin comme d'hab' quoi, ah ah ! ça ne lui disait vraiment rien. C'était pas un truc de charpentier…
- D'ébéniste, rectifia Berwald
Le pauvre était crispé, droit comme un piquet, surement gêné d'être dans les bras de son homme face à quelqu'un d'autre.
- Ouais, enfin, bref, poursuivit Tino après une goulée, mais il a tenu à garder la pièce. Il y a pensé toute la nuit. Et bah figure-toi qu'il a trouvé pas plus tard que ce matin ce que c'était !
Le visage de Mathias s'illumina. Quelle bonne nouvelle !
- Et alors ?
- C'est un truc de montre, tu sais là, le machin pour remonter les aiguilles.
Berwald détourna brusquement le regard vers Tino, lequel s'étouffa avec sa boisson. Le grand homme le fusillait du regard. Ou du moins lui semblait-il.
- Je dois y aller. On m'attend.
Ce n'était donc que cela. Tino lâcha soudain Berwald et lui tapota le dos doucement.
- Ah oui, oui, bien sûr. Je veux pas te mettre en retard.
Berwald fit un pas vers la sortie, se retourna, avisa de nouveau la porte d'entrée, revint sur Tino. Ce dernier fronça les sourcils, ne comprit pas de suite ce qu'il se passait. Puis, il finit par esquisser un petit sourire en coin. Il s'approcha alors de Berwald et vint l'embrasser. Berwald se sentit rougir et parut envoyer un furieux regard vers Tino. Par la suite, il s'éclipsa. Le tout, sous le regard éberlué de Mathias.
- Timidité, expliqua Tino avant d'en finir avec sa bouteille de bière.
Affaire à suivre...
