Bonjour tout le monde !

J'ai fait des cupcakes aujourd'hui x) OSEF XD

En fait, j'ai rien d'autres à dire. Je vous remercie comme d'habitude pour tous vos commentaires et votre lecture hebdomadaire, ça me fait toujours autant plaisir ! o/ Vous êtes géniaux !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Finlande : Tino Väinäimöinen

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 7 : Horlogerie

- Ainsi donc, reprit Mathias en achevant à son tour sa bouteille de bière, ça vient d'une montre.

- Tout comme je te l'ai dit, approuva Tino

Il récupéra les deux bouteilles et alla les jeter dans le bac à verre. Mathias le suivit machinalement dans la cuisine. Il se frottait pensivement le menton. Depuis le début, il ne faisait que se dire « pense comme Lukas. »

- Peut-être qu'un bijoutier pourrait nous en apprendre plus.

- Pourquoi pas, oui. Y en a pas loin de chez moi. On va y aller.

Ils partirent rejoindre la voiture de Mathias. Une fois dedans, ce dernier se souvint de la présence de la balle, toujours emballée dans son sachet plastique, dans la boîte à gant. Il en parla à Tino sur le chemin. Celui-ci inspecta le projectile.

- Ah oui. D'accord, ne cessait-il de répéter tout en gardant les yeux rivés dessus

- Euh… je vais où là ?

- Pardon ! Prends à gauche et puis tout droit jusqu'au prochain rond point.

Il reprit après un instant de silence concentré.

- J'aurais besoin de lui faire passer un examen balistique plus poussé. Je serais en mesure de te donner l'arme exacte utilisée après ça.

Mathias approuva d'un signe de tête.

Quelques minutes après, ils arrivèrent enfin chez le bijoutier. Ils lui présentèrent la pièce et on leur répondit qu'il valait mieux s'adresser à un horloger. Les bijoutiers, pour la plupart, n'avaient pas les connaissances requises pour fournir suffisamment d'informations à partir d'une pièce aussi minuscule. Mathias et Tino ressortirent donc, un peu dépités, mais se reprirent bien vite pour aller trouver une horlogerie que le bijoutier leur avait conseillée. Lorsqu'ils arrivèrent, ils furent accueillis par une femme très aimable et souriante.

- Messieurs, que puis-je pour vous ?

Mathias lui présenta aussitôt la petite pièce métallique.

- Nous aurions aimé avoir le plus d'informations possible à partir de ce… cette…

- Cette tige. C'est une tige de montre, oui.

- Est-ce qu'il serait possible de déterminer de quel genre de montre elle vient ou ce genre de choses ? demanda Tino

- La plupart des tiges sont communes. On peut en distinguer deux sortes en fonction de l'affinage de la tête, leur expliqua-t-elle tout en s'appuyant sur des exemples

Mathias grimaça et passa une main dans ses cheveux. Ça n'allait malheureusement pas beaucoup les aider tout ça…

L'horlogère attrapa la tige entre deux ongles manucurés.

- Cependant, celle-là provient d'une montre particulière. Regardez : la tête n'est pas crénelée mais finement taillée à partir d'un motif de rosace. C'est quelque chose de très singulier. Où l'avez-vous trouvée, si je puis me permettre ?

Tino et Mathias se jetèrent un coup d'œil.

- En débarrassant de vieux cartons, répondit laconiquement Mathias

- C'est une très jolie pièce que vous avez là. Dommage que la montre ne soit pas avec.

- Si elle est si particulière, il devrait y avoir un moyen de retrouver la montre ou au moins la série. Je me trompe ?

- Non, c'est exact monsieur. Permettez, je vais faire une petite recherche.

Tout sourire, l'horlogère s'installa à son ordinateur et pianota quelques minutes. Elle se tourna finalement vers eux.

- Il existe à Oslo une seule horlogerie qui a un jour disposé de cette série. On pourra surement mieux vous en parler que moi.

Elle griffonna l'adresse sur un post-It qu'elle leur confia par la suite, toujours aussi souriante. Mathias récupéra la tige. Les deux hommes remercièrent ensuite l'horlogère avant de quitter la boutique. Une fois dehors, Tino préconisa :

- Dépose-moi chez moi. Je prends ma voiture pour aller examiner cette balle au centre, on ira plus vite.

Mathias opina. Ils revinrent donc chez Tino.

- Je t'appelle dès que j'ai du nouveau, promit ce dernier avant que Mathias ne démarre au quart de tour

Direction l'autre bout de la ville : Sandvika, commune dans la continuation de la mégalopole osloïte. Il se gara au plus près, effectuant un magnifique créneau entre une voiture rouge et une voiture blanche.

C'était une petite boutique, pas forcément très moderne mais très propre. Même le trottoir était éclatant de vie. La vitrine présentait de multiples modèles allant de la montre numérique pourvue d'applications aux montres à gousset, en passant par les pendules, les coucous, les réveils antiques comme high-tech et même des cadrans solaires, le tout dans un décor rustique et montagnard. Malgré sa hâte, Mathias ne put s'empêcher de s'essuyer les pieds sur le paillasson rigoureusement aligné à la porte.

Lorsqu'il pénétra dans la boutique, une petite clochette tinta, comme dans les boutiques d'antan. Le propriétaire des lieux était en train d'astiquer avec précaution une horloge de parquet en bois lustré. Au tintement, il se tourna vers son client.

Et le dévisagea avec méfiance.

Il relégua son torchon sur son épaule et vint s'établir derrière le comptoir, cherchant à imposer le respect malgré une taille relativement petite.

- Que puis-je pour vous ? demanda-t-il sèchement

Mathias ne put s'empêcher de se dire que, décidément, s'il recevait tous ses clients avec autant d'enthousiasme, il devait y avoir foule. Mais il n'en tint pas rigueur il avait des choses plus importantes à traiter. Il extirpa de sa poche de manteau la fameuse tige et la lui présenta.

Un éclat indescriptible aux yeux de Mathias passa dans le regard de l'horloger.

- J'aurais aimé savoir tout ce que vous pouvez me dire au sujet de cette tige apparemment si particulière.

L'horloger détailla Mathias. Puis, il attrapa entre deux doigts la petite tige qu'il examina. Mathias lui trouva de suite un regard aguerri.

- C'est un modèle ancien des années 70, issu d'une série limitée utilisant l'établissage, une méthode de production artisanale par division des tâches qui s'éteignit à l'aube du 20ème siècle. Cette série, c'était comme un hommage à tous ces horlogers montagnards qui, un siècle auparavant, durant les rudes hivers, confectionnait des montres, chacun ayant sa spécialité. Les années 70… C'était les débuts de la crise. On a voulu sauver l'horlogerie. On n'en vend plus des comme ça. Chaque modèle de la série était unique : les motifs du cadran et de la tige s'appuyaient toujours sur le même concept de base, la rosace, mais chacun était différent. C'était une vieille neuchâteloise qui avait dessiné les motifs. Une véritable production locale, ces montres-là…

Il eut un petit sourire en coin. Son visage s'était peint au fur et à mesure de son récit d'une certaine nostalgie. Il observait la tige presque avec tendresse. Puis, l'horloger parut se rendre compte qu'il s'était laissé aller. Il se reprit aussitôt et son expression redevint dure.

Mathias ne savait pas trop où se mettre face à cet amoureux des instruments de mesure du temps.

- Est-ce que ça veut dire qu'il est possible de retrouver le propriétaire de ce modèle-là ? demanda-t-il finalement

L'horloger plissa les yeux et plongea son regard vert si vif dans celui de Mathias. Il n'était pas du genre à être intimidé mais le comportement de l'horloger le laissait quelque peu perplexe. Comment arrivait-il à faire tourner sa boutique avec des manières aussi sèches ?

- Non, décréta-t-il froidement

Mathias en tomba des nues. Pourtant, la précédente horlogère avait bien démontré que c'était possible de faire une recherche à partir d'un pauvre petit élément. Alors pourquoi pas lui ? Et puis, il semblait tellement passionné ! N'était-il pas capable de lui fournir une autre indication ? Mathias ne voulait pas abandonner ces indices-là alors qu'il semblait si intéressant.

Sans gêne, l'horloger attrapa un chocolat emballé d'un papier violet.

Mathias était bien embêté tout de même.

- Euh… et bien… dans ce cas, je… je vais reprendre cette tige.

L'horloger grimaça légèrement.

- Vous ne voudriez pas me la laisser ? Ce n'est qu'une tige, crut-il bon de préciser, elle ne vous servira à rien sans la montre. D'autant plus qu'elle ne peut se monter que sur le modèle pour lequel elle a été conçue.

Mathias passa une main dans ses cheveux.

- Je suis désolé, monsieur, dit-il en la reprenant sous le regard assombri de l'horloger, je vous la donnerai une fois que j'en aurais terminé, si vous y tenez.

- J'y tiens, en effet.

Sans quitter Mathias des yeux, il avala un autre chocolat. Puis, il soupira et attrapa son torchon qui reposait toujours sur son épaule. Il repassa devant le comptoir et rejoignit l'horloge de parquet qu'il était en train d'astiquer quand Mathias était entré. A partir de là, ce fut comme si ce dernier n'était déjà plus là.

Abasourdi, Mathias se dirigea vers la sortie. Il bredouilla de vagues remerciements. La clochette tinta et dès lors qu'il fut à l'extérieur, il empoigna son portable. Les sonneries d'appel se succédèrent tandis qu'il jetait de nouveau un coup d'œil à la devanture. « Vash Zwingli, horloger suisse indépendant » prit-il le temps de lire cette fois. Enfin, on décrocha.

- Alors ? demanda aussitôt Lukas depuis son lit d'hôpital

Mathias lui raconta tout ce qu'il avait trouvé. Une fois son récit achevé, il entendit son interlocuteur respirer avec force.

- Lukas ?

On ne lui répondit pas de suite. On inspira et expira longuement avant de reprendre.

- Serais-tu plus stupide qu'il n'y paraît ?

Mathias haussa un sourcil. Il ne sut que répondre.

- Ton tireur, c'est lui ! ne put s'empêcher de s'exclamer Lukas à l'autre bout du combiné

Aussitôt après, le détective fit face à une nouvelle vague de fatigue. Trop de nervosité en lui. Cette convalescence révélait bien les émotions qu'il cherchait tant à dissimuler d'ordinaire.

- Ah… ah bon ? Mais…

- Il mange du chocolat. Papier violet, c'est du Milka. Milka, c'est Suisse. Suchard, c'est Suisse. L'horlogerie, c'est suisse. Cette tige de montre est particulière à une série suisse. Il connaissait tous les détails de la production. Et pourquoi crois-tu qu'il voulait reprendre la tige ? Pour la remonter sur sa montre. Il l'a perdue pendant le coup tiré : ce genre de montre doit à coup sûr être subtil et fragile. Une telle déflagration associée à l'âge de la montre, et voilà qu'elle a perdu sa tige. L'horloger mangeait de temps à autres du chocolat pendant son temps de travail. Pourquoi ? Consciencieux, il l'est : la propreté de son établissement, la minutie requise de son travail. Gourmandise, canalisateur de stress. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait mangé du chocolat même pendant son méfait. Tout te conduit dans cette boutique. C'est pas si compliqué pourtant.

Lukas s'arrêta dans sa tirade. Il était essoufflé.

- Et laisse-moi deviner : par le plus grand des miracles, il se trouve une voiture rouge garée non loin, ajouta-t-il entre deux respirations

Mathias, penaud, jeta un coup d'œil autour de lui. En effet, il s'était garé près d'une petite voiture de ville rouge.

- Eh ouais ! T'as raison.

- Bien sûr… que j'ai raison.

Lukas suffoquait. Mathias fronça les sourcils en attendant le souffle si saccadé de celui qu'il considérait sincèrement comme son partenaire. Son état l'inquiétait. Il se demandait s'il avait réellement bien fait de le tenir au courant des évènements.

- Lukas, déclara-t-il alors gravement, s'il te plaît, ménage-toi. J'ai bien compris, je m'en occupe. Repose-toi.

Il n'ajouta rien de plus puis raccrocha.

Mathias se tourna vers la boutique. Il devait avoir une petite conversation en toute honnêteté avec cet horloger. Il pénétra de nouveau dans la boutique d'un pas décidé. Il s'arrêta sur le seuil cependant.

Le propriétaire des lieux, Vash Zwingli, le tenait en joue.


Affaire à suivre...