Bonsoir à vous, chers lecteurs !
Rude semaine que celle-ci. Je m'excuse encore pour ne pas avoir posté de chapitre la semaine dernière. Mes plans du week-end ont quelques peu été perturbés. D'autant plus que je ne tenais pas à poster ce chapitre en particulier, le week-end dernier. En toute honnêteté, j'avais décidé de suivre le mouvement « distrayons-nous » mais rien qu'en relisant, je n'ai pas pu.
Ce que j'avais écris était trop dur même pour moi dans l'état actuel des choses. (Même si certains trouveront peut-être que j'abuse mais sachez qu'aucune réaction n'est absurde et fait toujours appelle à une certaine logique quand bien même elle serait tirée par le cheveux. Sans compter que personne ne peut prétendre connaître la psyché de quelqu'un à la perfection, bref.) Il était donc hors de question que je poste ce chapitre à ce moment-là.
Maintenant, je le poste. Et j'espère que vous ne me tuerez pas à la fin de votre lecture x)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilson
Finlande : Tino Väinämöinen
Suisse : Vash Zwingli
Liechtenstein : Elise Zwingli
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 7 : Mission accomplie
Elise avait devant elle une liasse de papiers qu'on lui avait étalée sous le nez. Toutes les feuilles étaient parsemées de symboles mathématiques, d'algorithmes, de formules, parfois de figures géométriques. Tous ces signes, tous ces chiffres, ces calculs l'appelaient irrésistiblement. Mais le cœur n'y était pas. Comment avoir le goût de la découverte et de la compréhension d'éléments mystérieux lorsqu'on avait été enlevée, lorsqu'on avait été séquestrée depuis une semaine déjà ? Comment avoir l'envie d'assouvir cette curiosité lorsqu'on savait son frère désormais meurtrier ?
Sa vue se troubla en repensant à l'homme qui était entré jovialement dans la pièce principale. Terje était son nom si elle se souvenait bien. Il avait apposé une main grasse sur sa frêle épaule. Elle avait contenu un mouvement de recul, accompagné d'un léger dégoût. Terje lui avait alors déclaré que son frère aîné avait fait sa part de travail. C'était maintenant à elle de s'activer si elle voulait retrouver sa liberté.
Mais Elise ne voulait pas. Elle ne voulait pas déchiffrer ces données. Elle ne savait pas du tout ce que ces hommes comptaient faire de ses explications qu'elle avait pour ordre de consigner dans un document sur tablette, mais il ne fallait pas être devin pour comprendre que ces hommes-là n'avaient pas de bonnes intentions.
Elle renifla faiblement et rajusta son nœud mauve dans ses cheveux blonds. Un nœud que son frère lui avait offert. Qu'allaient-ils devenir désormais ? Qu'est-ce que cela allait changer si elle retrouvait sa liberté ? Bien sûr elle retrouverait son frère. Mais comment pourraient-ils vivre désormais avec ce meurtre sur la conscience ? Tout serait différent.
On lui attrapa brusquement l'épaule et lui fit faire volte-face.
- Allez ! Cesse de chouiner et travaille. T'es une boss, non ?
La jeune mathématicienne tremblait comme une feuille. Les mains crispées sur les accoudoirs de la chaise en bois, elle tentait de garder le contrôle d'elle-même.
- Allez, sois une gentille fille. Tu ne sortiras pas tant que tu ne nous auras pas expliqué tout ce que contiennent ces documents.
L'homme lui assena une tape sur la joue avant d'aller s'avachir dans un fauteuil. Ses acolytes ricanèrent.
La mathématicienne inspira profondément. Elle se retourna vers les documents et les avisa longuement. Elle s'apprêtait à se résigner, attrapant fébrilement le stylet, lorsqu'un bruit mat provenant de la cheminée révéla de la suie se déposant en petits paquets dans l'âtre. Les ravisseurs se jetèrent un coup d'œil interrogateur. L'un d'eux s'approcha de la cheminée, affirmant sa prise sur un fusil de chasse.
- Saleté de piaf, grommela-t-il comme pour se rassurer
Il se pencha au-dessus des braises encore fumantes bien qu'éteintes. Il eut juste le temps d'écarquiller les yeux qu'une paire de pieds joints le percuta violemment et enterra sa face de malfrat dans les cendres chaudes. Il en hurla de douleur avant de tomber dans l'inconscience. Puis, apparut une silhouette encrassée.
- Oh oh oh ! s'exclama-t-on joyeusement, c'est le Père Noël !
L'intrus pointa une arme et un poignard face au reste des ravisseurs éberlués. Trop abasourdis par cette arrivée inopinée, ils ne réagirent pas tout de suite. Le plus près de la porte arrière arma finalement sa carabine. Il épaula. Un pied envoya tout à coup valser hors de ses gonds la vieille porte et l'homme se la prit de plein fouet entre les omoplates. Il s'écroula à son tour.
Les trois derniers ravisseurs encore debout sur le qui-vive virent alors un second inconnu pénétrer dans la pièce principale, les menaçant d'une arme similaire à son comparse. Le temps sembla se figer un instant tandis que tout le monde se dévisageait.
Elise laissa tomber le stylet. Elle demeura immobile, stupéfaite. En proie à une panique naissante également. Elle ne saurait dire si ces deux hommes étaient annonciateurs de bonnes ou mauvaises nouvelles. A l'heure actuelle, ils venaient de mettre à terre deux de ses geôliers mais pointaient également des armes. Elise, tout comme son frère, était une fervente partisante de la paix.
- Vous êtes qui et qu'est-ce que vous foutez là ? s'égosilla subitement l'un des trois ravisseurs
Ce fut le signal de départ. Mathias et Tino ne prirent pas la peine de répondre. Mathias se jeta sur le bas du corps de l'homme qu'il avait en face de lui, le plaqua au sol, et tordit son poignet pour lui faire lâcher son arme. Il lui assena un coup de coude dans le menton, reçut un poing sur le crâne qui l'étourdit beaucoup, claqua la tranche de sa main dans les côtes. L'autre s'étouffa.
De son côté, Tino avait visé et tiré dans le centième de seconde, désarmant le malfrat qui le tenait en joue. Elise sursauta au coup de feu. Le dernier debout, Terje, dégainait seulement son arme que Tino se jeta sur lui, lui fit une clé de bras. Il hurla de douleur et riposta par un coup de genou que son assaillant esquiva.
- Attention ! lâcha Elise en apercevant le premier des deux larcins sauter sur Tino
Tino jeta un rapide coup d'œil en arrière, se recroquevilla, le fit rouler sur son dos, attrapa son bras et le balança comme un boulet de canon sur son comparse. Ils s'étalèrent tous les deux lourdement sur le sol.
L'homme qui était jusqu'alors étalé dans les cendres chaudes avec son fusil de chasse reprenait peu à peu conscience. Elise attrapa aussitôt le tisonnier et lui assena un grand coup sur le crâne. Il retomba de suite dans les vapes sans demander son reste.
Mathias était en plein roulé-boulé avec son adversaire, se disputant la direction du canon du revolver. Leurs muscles crispés éloignaient l'arme de leurs visages, la rapprochaient de l'autre. Ils serraient les dents.
Tino faisait remonter tous ses réflexes militaires d'auto-défense un peu rouillés mais encore bien là. Il parait les coups, profitait de sa petite taille comparé aux grands gaillards norvégiens, véritable armoire à glace pour l'un de ses deux assaillants.
Le malfrat qui s'était pris la porte s'éveilla à son tour, secoua la tête pour reprendre pleinement conscience. Elise l'aperçut mais ne sut que faire, trop éloignée. Elle s'accula dans le coin, près de la table. Sa main se posa dessus et entra en contact avec la paperasse éparpillée. Elle fronça les sourcils, les attrapa et les déchira furieusement en mille morceaux. Voilà une bonne chose de faite, se disait-elle. En relevant la tête après le seul massacre qu'elle eut jamais commis envers des chiffres, elle aperçut le ravisseur éveillé, tenant Mathias en joue sans que celui-ci le voie.
- Il va tirer ! hurla-t-elle
Mathias jeta un coup d'œil furtif en arrière. Apercevant l'arme, il fit passer par-dessus lui son adversaire. Le coup partit. Puis un autre. Un des ravisseurs s'éteignit et se laissa tomber sur le sol. Le deuxième avait lâché sa carabine au canon fumant sur le sol, la main endolorie par une éraflure de balle. Mathias se releva, se jeta sur l'homme, lui assena un coup de poing dans l'estomac, un coup de genou dans l'entre-jambe. Il se plia en deux. Mathias l'acheva d'un coup de coude sur le crâne.
Il se tourna vers Tino. Celui-ci rengaina son arme sans un mot, envoya un petit coup de pieds dans l'épaule de Terje qui gisait inconscient, écrasé par le poids de son comparse, qui ne se trouvait pas en meilleur état. Le calme était d'un coup revenu dans la grande pièce principale. Mathias et Tino reprenaient leur souffle.
- Merci pour le coup de main. T'as vraiment pas volé ton titre de tireur d'élite.
Tino avait retrouvé son air jovial et passait une main gêné dans ses cheveux.
Puis, les deux hommes se tournèrent vers Elise, prostrée dans son coin, qui prenait difficilement conscience de la situation : elle était libre. Elle fondit en larmes. Tino lui tendit gentiment un mouchoir qu'elle attrapa timidement.
- T'as vraiment tout avec toi ! s'étonna encore une fois Mathias
- Toujours prévoir une balle perdue ! déclara tout sourire l'expert, j'ai même un mètre de bandage, une bouteille de 100ml d'alcool à 90° et une pince à épiler dans cette petite poche.
Il tapota son pantalon.
Quelques minutes plus tard, ils arrivaient aux abords de la voiture. Les deux hommes encadraient Elise tout en restant sur leur garde. Mathias se sentait tout de même plus léger : le gang des Tyvaktige Magpies était persuadé de la mort de Lukas et les deux hommes qu'ils avaient vu ce soir n'avait rien dit, rien fait, à part sauver une jeune femme enlevée.
Mathias tint la portière et présenta le siège arrière à Elise. Celle-ci n'entra pas tout de suite.
- Vous allez me ramener chez moi ?
- Bien sûr !
- Mais mon frère…
… est désormais un meurtrier. Mais ces mots avaient du mal à franchir ses lèvres. Elle tritura nerveusement son ruban mauve. Plus petite encore que Tino, Mathias s'agenouilla face à elle pour lui parler droit dans les yeux.
- Ton frère n'a tué personne, lui assura-t-il gravement
- Mais Terje a dit que… qu'il avait fait sa part du travail.
- Monte. On t'expliquera tout en voiture.
Elle jeta un coup d'œil vers Tino qui lui lança une œillade. Elle se demanda un quart de seconde si tout ceci n'était pas un nouveau traquenard. Puis, elle se laissa convaincre par la logique et la gentillesse, dont avait fait preuve les deux hommes jusqu'à présent, qu'elle ne craignait rien. Elle monta.
Trois-quarts d'heure plus tard, la voiture se gara près de l'horlogerie suisse à Sandvika. Elise leur désigna la porte d'entrée de la maison qui se situait au dessus de la boutique. Mathias sonna. On leur ouvrit. Vash Zwingli écarquilla les yeux, demeura sans voix et figé même quand sa petite sœur se jeta dans ses bras. Des larmes de joie se perdirent dans la veste de son frère. Sortant de sa torpeur, il réagit enfin : il étreignit Elise en retour, l'agrippant par les épaules comme pour s'assurer de ne plus jamais la perdre. Les yeux embués mais demeurant fiers de caractère, Vash Zwingli plongea son regard émeraude dans celui de Mathias.
- Merci, dit-il d'une voix étranglée
oOo
Le lendemain, à la minute même où les visites purent commencées, Mathias parcourait à grands pas le couloir de l'hôpital pour rejoindre la chambre de Lukas. Il ouvrit à la volée et présenta gaiement un sachet de petites douceurs matinales. Il avait envoyé la veille aux alentours de minuit un court SMS indiquant au convalescent que tout était réglé.
Et malgré la situation et l'air jovial de Mathias, Lukas demeurait grave. Plus grave qu'à l'ordinaire. Moins inexpressif et beaucoup plus résolu. A peine son colocataire fut-il installé, qu'il lui demanda de plus amples détails par rapport à la veille. Mathias, ne captant pas un seul instant que Lukas n'était pas comme à l'accoutumée, se fit un plaisir de narrer tout son périple, s'enorgueillit d'avoir mené cette double affaire à bien, avec l'aide de Tino. Il extrapola un peu certains passages, ne se privant pas d'une petite couche d'héroïsme.
Pourtant, l'attitude à la fois grandiloquente et puérile de Mathias ne dérida pas un seul instant Lukas. Lorsque vint la conclusion de l'affaire, le détective prit le temps d'inspirer et expirer profondément afin de s'éviter quelques vertiges, et put ainsi fignoler son approche.
- Tu m'as rendu un grand service.
Sortant de la bouche de Lukas, Mathias ne pouvait que s'en réjouir. C'était comme une petite victoire. Il s'imagina soudain que Lukas allait peut-être enfin le reconnaître comme un acolyte émérite, une personne de confiance, peut-être même un ami !
- Quand j'ai réussi à arrêter ces hommes, j'ai reçu des menaces de mort leur part. Je savais qu'à leur sortie de prison, ils tenteraient de s'en prendre à moi.
- Heureusement que j'étais là, alors !
- Ce que tu peux être naïf, souffla Lukas en détournant le regard
Mathias haussa un sourcil interrogatif.
- Emil a toujours été surpris de ton arrivée. Il ne comprenait pas pourquoi tout d'un coup je voulais de nouveau trouver un colocataire. Alors que lui comme moi, nous préférons rester dans notre coin. Mais je ne pouvais pas lui dire.
Mathias demeura interloqué. Adoptant une attitude innocente qui ne comprenait pas ce que Lukas insinuait, il demanda :
- Lui dire quoi ?
Lukas leva les yeux au ciel.
- Que j'avais décidé de prendre un nouveau colocataire pour me protéger de ce gang le moment venu.
Il explosa finalement, conservant néanmoins un ton parfaitement calme comme lorsqu'il déversait son génie :
- J'ai suivi leur évolution en prison et quand j'ai senti qu'on allait les libérer, il était temps pour moi de trouver quelqu'un capable de me protéger de leurs assauts que j'imaginais, à juste titre, vicieux et meurtriers. J'ai fait appel à mon interlocuteur habituel pour qu'il me dégote comme autrefois des colocataires idéals. Il t'a envoyé. Tu viens de remplir ta mission. Bravo, ajouta-t-il un brin ironique
Mathias demeura silencieux, ne sachant comment prendre la nouvelle. Comme il ne réagissait pas, Lukas fixa le mur en face de son lit et déclara froidement :
- Je te laisse jusqu'à janvier pour quitter les lieux.
Affaire à suivre...
