Bonsoir chers lecteurs !

Et nous voici partis pour l'affaire 8 ! J'ai adoré vos réactions, c'était juste parfait x) Oui, je, je suis un brin sadique. Je n'ajoute rien de plus et vous laisse à votre lecture hebdomadaire…
Et au passage, si vous avez une petite faim, je vous conseille vivement les meringues à la cranberry : c'est délicieux !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilson

Hong Kong : Jia Long Wang

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 8 : Ambiance, ambiance

Enfin libéré, Emil souffla, dégageant un petit nuage, et se massa les tempes. Histoire des médias : bon sang, mais qui avait eu cette idée saugrenue de foutre ça dans son emploi du temps de deuxième année. D'autant plus qu'en soit, ça pouvait être très intéressant, mais pourquoi toujours s'enferrer dans les détails ? Mais bon, les deux heures de cours venaient enfin de s'achever.

15h était à peine passées, pourtant il faisait nuit noire. Avantage ou défaut selon les gens, c'était néanmoins on ne peut plus normal en cette période de l'année à Oslo. Emil resserra son écharpe autour du cou. Il consulta son portable. Il avait un message.

« Je suis arrivé. »

Le jeune homme grommela quelque peu mais se mit finalement en route pour retrouver Jia Long. Non pas qu'il rechignait à voir son compagnon mais le fait est que ce dernier avait décidé de prendre les choses en main. Emil n'aimait pas faire les courses d'ordinaire. Alors les courses de Noël ! Tous ces cadeaux, ces prix exorbitants, devoir penser à toutes les personnes qui attendaient un cadeau de sa part. Le pire devait être ces musiques niaisardes que tous les magasins diffusaient en boucle.

Or, contrairement à lui, Jia Long aimait bien faire ses achats de Noël. Il aimait bien faire des emplettes tout court, d'ailleurs. Cette année, donc, envers et contre tout et surtout le principal intéressé, il avait fixé une date, une heure, et avait littéralement contraint Emil à venir avec lui faire les boutiques.

Emil aperçut Jia Long qui patientait sous une arcade et pressa le pas.

Cependant, le jeune homme devait bien admettre que, pour une fois, il était presque heureux de ne pas avoir à rentrer à la maison directement. Quand bien même il se terrait dans sa chambre, son casque sur les oreilles, il pouvait toujours ressentir l'ambiance.

Et l'ambiance était tendue, étouffante.

Emil n'aimait pas traîner chez lui en ce moment. Cela lui arrivait, d'ailleurs, de se réfugier chez Jia Long pour jouer à la console. Des jeux comme Tekken de préférence. La tension qu'accumulaient les deux autres abrutis qui vivaient sous le même toit que lui le rendait tout autant nerveux. Il avait besoin de se défouler.

Tout avait commencé lorsqu'il était rentré un soir après être passé à l'hôpital voir son frère. Il avait découvert Mathias affalé sur la table de la cuisine, encerclé par des bouteilles de bière vides. Il babillait des mots sans aucun sens, tapotant le verre d'une bouteille allongée.

- Euh… ça va ? avait demandé Emil

Mathias avait tourné la tête vers lui. Emil avait alors découvert une tête abattu, une moue déformant son visage. L'alcool accentuait ce sentiment de désespoir et de pitié qui se dégageait de ce grand gaillard d'ordinaire si pimpant de vie quoiqu'il advienne.

- Tu vas me jeter toi aussi ?

- Hein ?

Mathias avait négligemment balayé l'air de sa main.

- Boarf ! Tu m'as jamais aimé de toute façon. Pas plus que ton frère…

Il avait avalé une rasade de bière.

- Tu sais, j'ai compris pourquoi j'avais tenu à régler cette affaire. J'étais pas concerné, mais moi, je l'aime bien ton frère. Mais lui, il m'aime pas. C'est triste, hein ?

Emil avait haussé un sourcil. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Qu'avait-il bien pu se passer entre lui et son frère ?

Le jeune homme était alors passé devant Mathias sans ajouter un mot, cherchant à rejoindre le frigo pour récupérer un truc ou deux. Mais Mathias l'avait attrapé par le bras et avait hoqueté :

- Tu veux pas que je reste, toi ? Dis !

- Euh… bah…

C'est qu'il n'en avait rien à faire surtout ! Mathias ne payait pas de loyer mais il ne venait plus l'embêter dans sa chambre à tout bout de champs. Contrairement à son frère. Il avait pris en main les repas, les courses, les tâches ménagères. Contrairement à son frère. Alors que Mathias soit là, au fond, ça l'arrangeait peut-être même un peu, s'était-il finalement dit.

- Ça me dérange pas si tu restes, avait-il marmonné

Mathias avait écarquillé les yeux et s'était jeté au cou d'Emil, dans une euphorie tout à fait disproportionnée. Le jeune homme avait tout fait pour se dépêtrer de l'étreinte forcée et surtout ivre.

A ce souvenir, Emil soupira profondément.

- Eh ben ! Quelle tête d'enterrement. Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir, plaisanta Jia Long

Emil releva la tête et sortit par la même de ses pensées. Il venait d'arriver à son point de rendez-vous. L'information venait à peine d'arriver à son cerveau que Jia Long l'embrassa furtivement en guise de salutations. Emil ne répondit pas à son geste.

- Complètement déconnecté, remarqua son copain avec un sourire en coin

Emil secoua la tête et se reprit totalement. Cette brouille entre Mathias et son frère allait le rendre dingue.

- Pardon, je repensais à ce qui s'est passé dernièrement.

Jia Long l'attrapa par la main pour passer à autre chose et ils prirent la direction du tramway. Une fois installés pour les vingt minutes de transport à venir, Jia Long se tourna brusquement vers Emil :

- Ok. Alors, t'as des idées de cadeaux ? Qu'est-ce que tu vas offrir à qui ? Qu'est-ce que tu vas me prendre comme cadeau ?

- Pff ! N'importe quoi. Je vais pas te le dire si c'est un cadeau.

- Tu me prends un truc bien dans ce cas, hein. De toute façon, tu pourras pas me battre : je vais te faire le plus beau des cadeaux.

Emil haussa un sourcil circonspect.

- T'es pas obligé de me faire un cadeau. Etre avec toi... c'est déjà bien...

L'inconvénient d'être pâlichon, c'est qu'à la moindre bouffée d'émotions, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Cette fois n'échappa pas à Jia Long qui s'amusa à titiller Emil là-dessus. Ce dernier n'aimait pas tout ce qui avait trait de près ou de loin au cul-cul la praline. Mais entouré de son frère et de Jia Long, ce n'était pas facile d'éviter toutes les allusions susceptibles d'être interprétées.

Ils se retrouvèrent bientôt dans les rues glaciales mais chaleureuses d'Oslo, devant les vitrines illuminées de vert, rouge, or, argent, bleu et blanc. Ils furetèrent de boutiques en boutiques en quête de petits trésors qui ne manqueraient pas de faire plaisir à leur entourage. Jia Long avait déjà trouvé de quoi satisfaire sa petite sœur et ses deux oncles.

- Et cette paire de gant ? demanda Emil en la lui désignant du menton, c'est pas pour ton père ?

- Ces gants en cuir véritable doublé de fourrure à l'intérieur qui m'ont coûté une blinde ? Tu déconnes ! Ce serait trop pour lui. Non, c'est pour mon frère.

Emil s'arrêta net en pleine rue. Une femme ne manqua pas de le percuter tant il s'était immobilisé abruptement. Il bredouilla quelques excuses avant de reporter son attention sur Jia Long.

- T'as un frère, toi ?

- Oui. Mais c'est normal si tu le connais pas. Il est un peu plus vieux que moi et Mei et il est rentré en Chine faire sa vie là-bas dès qu'il a pu. A Macao précisément.

Emil en resta coi. Les voici bientôt un an en couple et il venait de découvrir l'existence d'un frère à son copain. C'était bien la meilleure, ça !

- Et c'est quoi le nom de ce frère inconnu tant qu'on y est ?

- Shanda. Mais trêve de bavardages, t'as encore rien acheté, toi. Tu cherches le cadeau parfait pour ton frère ?

Emil haussa les épaules.

- Je lui prendrai une babiole ou un truc du genre, t'inquiète.

- Ah non ! C'est Noël ! Soit un peu créatif. Qu'est-ce qu'il aime ?

- Les emmerdes.

Jia Long leva les yeux au ciel. Il attrapa le visage de son compagnon entre ses mains et compressa les joues d'Emil.

- Je te lâcherai pas tant que tu n'auras pas tes cadeaux de Noël. Alors sois un peu plus coopératif.

La bouche toujours compressée, Emil détourna le regard ce qui lui donnait une tête bizarre. Il finit par attraper les mains de Jia Long pour se libérer.

- Je sais pas, moi. Il aime le violon, les enquêtes, l'opéra... le beurre.

- Le beurre ?

- Ouais, il aime le beurre.

- Ok, on va voir ce qu'on peut faire de ça. Et le coloc' ?

Emil dévisagea Jia Long : offrir un cadeau à Mathias ? Il se rendit compte que Mathias n'était qu'un colocataire mais qu'il l'avait directement mis dans la liste barbante des rares personnes à qui il devrait faire un cadeau de Noël. Mais s'il quittait la maison... est-ce que ça serait vraiment utile ?

Quelques semaines auparavant, Emil était en train de jouer à la console dans le salon quand les deux abrutis avaient fait irruption. Lukas était on ne peut plus agacé et s'était jeté sur son violon. Mathias n'avait pas l'air de meilleure humeur. Autant il pouvait être jovial, dynamique, ce genre de personnes toujours prêtes à faire la fête, autant il révélait là un côté autoritaire, presque colérique.

- Mais enfin explique-moi ! Donne-moi une bonne raison pour que tu me vires de cette baraque ? Ok, je paye pas de loyer, mais je te rends bien service, non ? Bon, ok, j'ai cru qu'on était associé mais c'est peut-être pas le cas. Entre nous, je pense que tu as tort d'ailleurs, mais passons.

Lukas avait fait lentement crissé son archet sur les cordes sensibles, produisant une note suraigüe parfaitement désagréable. Emil tout comme Mathias s'étaient aussitôt bouché les oreilles.

- Je n'ai pas à te donner mes raisons. Tu as rempli ta mission, c'est fini. Point.

- Une mission dont je n'étais même pas au courant ! Tu crois que je serais vraiment venu m'installer chez toi si j'avais su que je serais autant dans la mouise après coup ? Je cherchais un endroit calme où me poser pendant un bon moment et on m'a proposé ici. En plus de ça, vous m'avez bien accueilli toi et Emil.

- Merci de ne pas me mêler à vos histoires, avait grommelé ce dernier

Mais ni l'un ni l'autre n'écoutaient ce que le plus jeune avait à dire.

- Tu as même dit que je faisais parti de la famille !

Lukas avait froncé les sourcils, pincé les lèvres.

- Je n'ai jamais dit ça.

- Si tu l'as dit, avait marmonné Emil plongé malgré tout dans sa partie d'Assassin's Creed Syndicate

- Tu vois, même le petit le dit ! s'était exclamé Mathias

- Je ne suis pas petit, avait-il protesté les dents serrées

- Ce n'est plus d'actualité.

- Mais pourquoi tu me jettes comme ça ? Je pourrais encore t'être utile. Et puis je vous aime bien, moi.

Emil avait brusquement fait pause.

- Roh ! Vous êtes chiants à la fin avec votre dispute à deux balles ! Vous pouvez pas aller voir ailleurs et me laisser jouer tranquille ?

Lukas comme Mathias s'était arrêté dans leur élan. Ils avaient un instant dévisagé Emil qui avait soufflé, profondément énervé mais qui cherchait à garder son calme. Puis, Lukas s'était tourné vers Mathias et avait déclaré le plus calmement du monde :

- Laisse-nous tranquille.

Estomaqué, Mathias n'avait rien ajouté de plus. Il était sorti un peu en vacillant la tête basse. Emil avait jeté un coup d'œil à son frère aîné. Ce dernier avait observé le pas de la porte sur lequel avec disparu Mathias puis avait détourné le regard. Emil n'en était pas revenu mais il l'avait très clairement vu se mordre la lèvre inférieure.

- Ouh ouh ! Emil, t'es toujours avec moi ?

Emil cligna des yeux plusieurs fois et revint à lui. Il détailla un instant le visage de Jia Long comme si c'était celui d'un inconnu. Puis, il porta la main à son front.

- Excuse. J'étais perdu dans mes pensées.

- Je vois ça, oui. Ça te mine tant que ça, cette embrouille ?

Emil ne répondit rien. Jia Long vint alors l'enlacer et lui déposa un baiser dans l'oreille. Ce qui eut au moins le mérite de dérider son copain, assez chatouilleux. Ils reprirent leur marche main dans la main dans les rues d'Oslo. Emil aperçut dans une vitrine un étalage de verres à bière personnalisés. Il glissa alors à Jia Long :

- Je crois que je vais quand même prendre un truc à Mathias.

Ils entrèrent dans la boutique. Emil était en pleine observation minutieuse que le téléphone de Jia Long sonna. Il sortit pour répondre.

- Qu'est-ce tu veux, Mei ?

- Tonton a disparu.

Il haussa un sourcil, et ne put s'empêcher d'avoir aussi un sourire en coin tellement cela lui paraissait ridicule.

- Lequel ?

- Kiku.

- Mais pourquoi vous pensez ça ?

- Il est 20h et il finit à 18h30. Et...

A l'autre bout du combiné, Mei sembla hésiter sur la suite.

- Ben quoi ? Vas-y, explique.

- Et tata est arrivée.

Jia Long écarquilla les yeux.

- Oh, merde.


Affaire à suivre...