Bonjour à tous,
Du coup, l'ex-femme de Kiku a été introduite. Ce n'est pas vraiment un OC vu que l'auteur a confirmé l'existence d'un perso pour le Royaume des îles Ryû-Kyû (actuellement Okinawa, d'où son origine okinwaïenne) et je pourrais longuement vous parler des conflits sous-jacents suite au rattachement de ses îles par le Japon mais on n'est pas là pour ça XD Pourtant, c'est un sujet passionnant et la culture d'Okinawa est tellement intéressante ! Bon, et puis, de même pour le fils de Kiku, quoi de mieux qu'une micronation (aujourd'hui inexistante, ok) du Japon.
C'était le petit point info ah ah.
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilson
Hong Kong : Jia Long Wang
Taïwan : Mei Wang
Chine : Yao Wang
Japon : Kiku Honda
Corée du Sud : Yong Soo Im
Ryû-Kyû : Kamado Ôshiro
Nikoniko : Daisuke Ôshiro
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 8 : Autour d'un goûter chinois
Jia Long invita Lukas et Mathias à entrer. Sans un regard, sans un mot, l'un et l'autre ôtèrent manteau, écharpe et gants dans un silence religieux. On entendait les éclats de rires et des bouts de la conversation qui se tenait joyeusement dans la salle à manger, tandis que dans le vestibule... c'était morbide.
Emil coula un regard vers son compagnon, lui signifiant implicitement que là était la raison de son récent comportement absent ou tendu. Jia Long hocha discrètement la tête, compréhensif. En effet, il avait beau avoir soigneusement refermé la porte d'entrée, l'air autour d'eux était glacial.
Lukas se tourna finalement vers eux. Il ajusta sa veste bleu marine à la coupe aussi stricte et étriquée que son humeur du moment.
- Je suis à vous. Quel est le problème ?
- C'est mon oncle, Kiku...
Jia Long s'apprêtait à expliquer le souci quand Yao débarqua.
- Ah ! Bonjour ! Entrez, entrez ! Le thé est chaud. Il n'y a rien de mieux que de tous se retrouver un soir d'hiver à manger, boire et papoter.
Lukas jeta un regard à son petit frère. Non, bien sûr que non, il ne lui avait pas envoyé un message pour un simple thé. Il devait garder son calme. Il avait réussi à ne pas s'emporter malgré la dispute qu'il avait eue quelques temps auparavant avec Mathias. Tout avait commencé lorsque celui-ci s'était invité dans la voiture, pensa-t-il en grinçant des dents.
Yao, quant à lui, n'était même pas un tant soit peu choqué par l'arrivée de deux nouveaux invités. Se faisant même insistant, lui et Mathias furent introduits dans la salle à manger et présentés à la tante Kamado et son fils Daisuke.
La relation tendue qu'ils pouvaient avoir en ce moment, n'empêchait pas Mathias d'être agréable envers quiconque, une différence majeure entre lui et le détective qui se renfermait au moindre obstacle. C'est donc avec un grand sourire qu'il s'installa à table et se mit à bavarder gaiement avec les autres personnes. Il écarquilla les yeux en apprenant que Kamado et son fils venaient d'arriver quelques heures auparavant en Norvège.
- Non ! Depuis le Japon ? C'est que ça fait une sacrée trotte, dites donc !
Daisuke attrapa deux gâteaux et commença une petite pile.
- Ils sont venus passer les fêtes de fin d'année avec nous. Cela faisait tellement longtemps qu'on ne les avait pas vus.
Yao servit les deux nouveaux invités. Mathias le remercia rapidement, absorbé par la conversation mais aussi intrigué par Daisuke qui continuait son petit jeu de construction gastronomique.
- Depuis qu'on est parti pour l'Europe, précisa Yao
- Même depuis le divorce, non ? demanda Mei
Son père haussa les épaules.
- C'est du pareil au même finalement.
- Une chose que j'aurais dû faire bien avant, répliqua Kamado en avalant une énième tasse de thé, surtout que c'est pas ce froussard qui se serait bougé.
Lorsqu'il comprit qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de l'ex-femme de Kiku, Lukas sut immédiatement.
- Fuite, déclara-t-il à haute et intelligible voix
Brusquement, le silence se fit autour de la table et toutes les têtes se tournèrent vers Lukas, ne comprenant pas le lien avec le reste de leur conversation. Ou ne comprenant tout simplement pas le mot que le détective avait par réflexe sorti dans sa langue maternelle.
Daisuke, lui, ne se souciait pas de ce qu'avait pu dire cet inconnu. Il était tout à son art, un château fort en confiseries chinoises. Plus qu'une pièce. Un bout de sa langue se cala à la commissure des lèvres sous l'effet de la concentration.
La porte de l'entrée claqua une nouvelle fois et bientôt Yong Soo fit son entrée, les bras chargés de ses grands cartons à dessin, la tête surmontée d'un bonnet à pompons multicolores. Il était tout fringant et enthousiaste, d'une humeur espiègle et bon enfant.
- Je suis rentré ! Wouah ! Y a de la compagnie dis donc. Eh, vous mangez pas tout sans moi, hein ? Moi aussi je veux des gâteaux de grand frère.
Daisuke lâcha la perle de coco avec précaution. Pas assez apparemment car son château fort s'effondra. Abattu, il goba d'un coup la friandise coupable.
Yong Soo laissa ses cartons dans le vestibule sans se soucier du silence interrogateur qui régnait autour de la table.
- Bonjour Emil ! Oh, t'as ramené ton grand frère et son pote, cool. Mais !
Il se figea en apercevant son ex-belle-sœur et son neveu.
Lukas attrapa sa tasse de thé et sirota quelques peu le breuvage. A son sens, le thé était une ineptie : boire de l'eau chaude aromatisée à l'herbe... que pouvait-il y avoir de bon là-dedans ? Mais en l'occurrence, il n'y avait pas de café.
Chacun sembla alors reprendre contenance. Yong Soo s'approcha pour saluer sa famille fraîchement débarquée.
- Oh bah ça alors ! Grande sœur Kamado, Dai-chan, comme je suis ravi de vous voir.
Yong Soo avait toujours éprouvé un profond respect envers l'ex-femme de son frère et la considérait au même titre que Yao comme son aînée.
- Eh, mon cher Yong Soo ! Comment va la vie pour toi, mon grand ?
- Ça baigne. Je travaille sur une collection funk rétro pour la saison prochaine, répondit-il en prenant place au côté de son grand frère, ça va être du tonnerre.
Puis, il attrapa un beignet de banane qu'il engouffra dans sa bouche. Yao lui tapa sur la main accompagné d'un petit claquement de langue agacé.
- Va d'abord te changer et enlève-moi ce bonnet ridicule.
- Mon bonnet ? Il est trop cool, mon bonnet. Et puis, tu peux parler : t'es un peu fashion terroriste sur les bords.
Yong Soo attrapa un autre beignet.
- Aiyaa ! Tu m'énerves !
Le plus jeune des frères délaissa son aîné pour demander la bouche pleine et les yeux grands ouverts :
- Mais en fait, pourquoi vous êtes là avec votre assistant, monsieur le super détective ?
Mathias fit la moue. Assistant, c'est tout ce qu'il demandait à être justement. Il ne demandait pas l'impossible pourtant, non ? Pourquoi Lukas l'avait laissé s'immiscer dans ses enquêtes sinon ? A quoi tout cela rimait-il de l'engager pour quelques mois puis de le jeter comme une chaussette trop usée et solitaire. Surtout que niveau usure, Mathias était encore une chaussette parfaitement constituée.
Lukas ne prêta pas attention au superlatif et la marque presque ironique sous-jacente dans la question de Yong Soo.
- On m'a appelé car une personne a disparu. Ou plutôt, non, elle n'a pas disparu elle a fui.
Il laissa un petit temps de battement. Du coin de l'œil, il aperçut le sourire de Mathias se faner. Lukas ne savait que trop bien ce que son colocataire pensait. Mais il s'était promis d'être impartial. C'était ce qu'il s'était promis de faire à l'instant où il s'était dit qu'il allait avoir besoin d'un garde du corps. Hors de question, en passant, de reconnaître qu'il avait eu besoin d'aide. Le détective n'avait jamais besoin de personne pour traquer la vérité. C'était l'évidence même. Lorsqu'il avait décroché le téléphone pour appeler le contact qui lui avait fourni tous les colocataires précédents, Lukas avait parfaitement conscience que tout en arriverait là. Mais... pourquoi devait-il se répéter sans cesse dans son esprit ces justifications ?
Le détective privé ne se dérida pas mais, voyant que tout le monde était maintenant attentif, il releva le menton et avança son hypothèse :
- Kiku Honda a divorcé de Kamado ici présente. Lui, discret, ponctuel, droit, rigoureux. Elle, joviale, dynamique, bavarde, détendue. Peu importe les raisons du divorce, si même de l'avis de Kamado celui-ci aurait dû se dérouler plus tôt, qui sait ce qu'en pensait Kiku ? Mais c'est un Japonais, il ne faut pas perdre la face. L'honneur avant tout. Divorcer, c'est reconnaître que tout n'était pas rose, qu'il avait pris une mauvaise décision. Le divorce fait, il a fui le pays. Il est parti avec ses deux frères, son neveu et sa nièce et s'est installé en Norvège. Ainsi peut-il redémarrer de zéro, l'honneur lavé. Vous avez dit ne pas vous être revus depuis. Et Kiku apprend que vous venez passer les fêtes de fin d'année. Son déshonneur qui revient, l'angoisse qui monte, la panique ! Après tout, que peut faire un homme aussi cartésien, aussi coincé dans sa boîte entre toutes ses étiquettes, qui ne connaît que les rails sur lequel on l'a placé depuis sa naissance ? Quelle est la seule attitude qui viendrait à un homme comme lui, qui ne peut assumer ses erreurs, qui ne veut pas d'un parcours semé d'obstacles ? Que ferait-il, sinon prendre la fuite pour éviter d'avoir à affronter une humiliation passée ?
Toutes les personnes autour de la table s'étaient tues et observaient avec des yeux ronds le détective. Ce dernier se délectait de son petit effet qui fonctionnait comme toujours. Et cela lui mettait particulièrement du baume au cœur en cette période de tension nerveuse à répétition.
Yong Soo alla à l'encontre de la tendance déconcertée de la tablée en piochant une énième gourmandise dans les plats présentés. Il haussa par ailleurs les épaules et bascula en arrière sur sa chaise, se balançant sur les pieds de celle-ci.
- Pourquoi ça serait pas justes des heures supplémentaires ?
Lukas plissa les yeux. Cet homme était toujours là pour venir réfuter ses hypothèses. Comment pouvait-il encore douter de sa suprématie en la matière ? Franchement ! Quel outrage ! Surtout que c'était bien le jour pour remettre en question son talent.
Mais avant même qu'il puisse répliquer quoique ce soit, Mei prit la parole :
- Pourtant, ce n'est pas vraiment dans ses habitudes. Il est toujours ponctuel.
Yao croisa les bras et hocha vigoureusement la tête.
- C'est vrai. D'autant plus lorsque c'est jour de congé au resto, il sait qu'il faut être rentré pour le dîner. Pas comme certains.
Yong Soo rentra la tête dans les épaules avec un petit sourire contrit. Cependant, Kamado prit sa défense.
- Bizarrement, quand on était marié, il ne rentrait jamais et s'éternisait autant que possible au boulot.
- Les conditions de travail ne sont pas les mêmes entre la Norvège et le Japon, Kamado.
Elle ne répondit rien au commentaire de Yao.
Comme personne ne prenait d'initiative, Mathias se leva tout à coup et déclara :
- Bon et bien, allons le chercher ! De toute façon, c'est bien pour ça qu'on est là tous les deux, non ?
Il insista bien sur les derniers mots. Lukas se leva à son tour et rajusta le col de sa veste.
- J'ai été appelé pour éclaircir une disparition. Je retrouverai Kiku Honda.
Il avait bien insisté sur les pronoms personnels.
Emil avait envie de se frapper le front de la main. Quelle attitude puérile pouvait bien avoir ces deux là en ce moment. Et encore, dans le cas de Mathias, c'était quelque chose de relativement récurrent. Mais venant de son frère... c'était désespérant qu'il tombe aussi bas, d'après lui. Emil coula un regard vers Jia Long et soupira. Son compagnon lui tapota la cuisse, compréhensif.
Affaire à suivre...
