De joyeuses fêtes et de beaux souvenirs à vous tous !

Chers lecteurs, j'espère que vous avez l'occasion d'en profiter un minimum. Peu importe la valeur ou l'importance que Noël peut avoir pour vous (moi-même, je ne suis pas vraiment « dans l'esprit de Noël »), je vous souhaite au moins de profiter de vos congés pour ceux dont c'est le cas, d'apprécier les derniers jours de 2015, une année haute en couleur, ça, c'est sûr…

A la base, la publication du dernier chapitre de l'affaire 8 aurait dû conclure 2015 et arriver aujourd'hui même. Mais à cause des évènements de novembre, tout a été décalé d'un et nous voici donc à l'avant-dernier chapitre. On se retrouve l'année prochaine (oui, j'aime cette blague pourrave), pour la fin de l'affaire ;)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilson

Hong Kong : Jia Long Wang

Taïwan : Mei Wang

Chine : Yao Wang

Japon : Kiku Honda

Corée du Sud : Yong Soo Im

Ryû-Kyû : Kamado Ôshiro

Nikoniko : Daisuke Ôshiro

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 8 : Oslo by night

Heureusement que Mei veillait au grain. Elle interrompit sa tante dans son blâme intemporel contre Kiku qu'elle déversait depuis, toujours au même groupe de personnes, qui en restaient cois. Ils allaient en avoir encore pour des heures si l'ex-femme ne s'arrêtait pas de récriminer son ex-mari. La famille quitta finalement la salle de bowling. Kamado poursuivit néanmoins son discours jusqu'aux véhicules, Yong Soo prêtant une oreille attentive.

Quelques mètres devant les autres, Mathias suivait Lukas à la trace. Il tenait réellement à ce que son colocataire comprenne qu'il ne demandait rien d'autre qu'un toit. Il devait le lui dire clairement. Si lui montrer toute sa serviabilité était inutile, autant être clair.

Même s'il avait l'impression de se répéter un peu...

Cependant, pour une fois, ils ne seraient pas foncièrement en train de se disputer lorsque Mathias tenterait de faire passer le message.

Il voulut attraper Lukas par la manche mais celui-ci se déroba habilement tout en paraissant le plus naturel du monde.

- Tu sais, je suis pas idiot. Tu ne me rejettes même pas là, tu me nies carrément. Je peux savoir ce que j'ai fait pour mériter ça ?

Lukas ouvrit la portière, entra et s'apprêta à refermer derrière lui. Mais Mathias l'arrêta dans son élan et l'empêcha d'agir d'une main ferme.

- Explique-moi.

- Je t'ai déjà expliqué un bon nombre de fois pourquoi j'ai pris cette décision. Elle est même bien antérieure à ta venue.

- Je ne te demande pas de m'expliquer ça. Je parle de pourquoi tu agis déjà comme si je n'existais pas. Outre le fait que j'aimerais bien rester, dans le pire des cas, je devrais m'en aller d'ici deux, trois semaines. Mais pour toi, on dirait que j'existe déjà plus.

Mathias s'appuya contre la porte arrière, les bras croisés. Lukas regardait ses ongles. Les sourcils froncés et les lèvres pincées, il était pour le coup clairement de méchante humeur.

- Ta stupidité persistante m'énerve. Ça te va ?

- Donc en fait, un colocataire invisible, ça te dérangerait pas. Je pourrais rester dans ce cas ?

Les autres s'étaient arrêtés en ayant aperçu les deux hommes en pleine discussion. Enfin... « discussion »... Jia Long jeta un coup d'œil à Emil. Celui-ci les détaillait d'un œil noir. Il se voulait indifférent mais il avait presque l'air de leur en vouloir d'agir de la sorte. Jia Long le prit alors par la main. Emil sembla se détendre un minimum.

Au loin, Lukas croisa les bras et Mathias soupira profondément. Il mit les mains dans les poches, tourna le dos au détective avant de lui faire face de nouveau et de lui dire quelque chose.

- Pfff, souffla Emil, ils craignent trop.

- Euh... vaudrait peut-être mieux qu'on échange et que grand frère, grande sœur Kamado et Dai-chan viennent dans ma voiture, proposa Yong Soo, gêné d'assister à une telle scène.

- Mathias et Lukas dans la même voiture ? Merci, mais je conduis, maugréa Emil en s'avançant

En arrivant à la hauteur de son frère et de Mathias, il coupa court à leur petite conversation qui ressemblait plus à un dialogue de sourd qu'autre chose, à cause du mutisme latent dans lequel avait décidé de s'enferrer Lukas.

- Bon, on va peut-être y aller, non ?

- Oui, tout à fait, approuva Lukas

Et il claqua la porte de la voiture afin de prévenir toute protestation de la part de Mathias. Celui-ci soupira. Il se tourna finalement vers Emil.

- S'il te plaît, fais-lui entendre raison. Je demande pas grand-chose. Je demande juste un toit. J'oublie les enquêtes en duo, s'il veut. Mais juste qu'il m'accepte à la maison. Emil, s'il te plaît.

Aux yeux du jeune homme, Mathias avait vraiment l'air désespéré avec son air de chien battu. Emil marmonna quelques paroles inaudibles, puis, déclara avant de plonger dans la voiture :

- Je verrai.

Aussitôt, Mathias retrouva le sourire. C'était tellement facile de lui remonter le moral. Un minimum requinqué donc, il croisa Jia Long et les deux autres qui embarquaient dans la voiture avec Emil et Lukas. Il apposa une main sur l'épaule de Jia Long et lui déclara :

- C'est un brave type, ton copain.

- Je sais.

Mais ce n'était pas tout ! Parce que si Lukas et Mathias se disputaient, ou au mieux étaient en froid, il ne fallait pas oublier qu'ils avaient toujours une personne portée disparue à retrouver.

Une fois que tout le monde fut embarqué, en cinq minutes seulement, ce qui les changea beaucoup de leurs premiers trajets, ils se retrouvèrent devant un des rares karaokés d'Oslo. Ils se dirigèrent tous ensemble d'un pas décidé vers l'accueil et leur demandèrent s'ils avaient reçu un groupe de Japonais ce soir.

- Ah ça, oui ! s'exclama le gérant qui occupait alors la réception, en même temps, il n'y a pas mieux que les Asiatiques pour faire tourner un karaoké. Ils aiment tellement ça. Ils sont même encore là, d'ailleurs.

- Parfait. Où sont-ils ?

Le gérant haussa un sourcil.

- Vous êtes qui au juste ?

Mei s'avança.

- On est sa famille et il ne nous a pas donné de nouvelle de toute la journée. Nous sommes à sa recherche.

Son frère aîné posa une main sur son épaule.

- Nous savons désormais qu'il est là. Nous pouvons très bien rentrés et le laisser tranquille avec ses collègues. J'ai un peu faim, en fait.

Kamado croisa les bras.

- Tu parles ! Si on ne le force pas à revenir, il n'osera pas se montrer. Je te parie tout ce que tu veux qu'il nous verrait là, il déglutirait, deviendrait encore plus pâle qu'un fantôme japonais, commencerait à trembler, et pris de panique, il finirait par prendre la fuite.

Daisuke dit alors d'une voix calme :

- Tu es douée, maman. Il vient exactement de faire ce que tu as dis.

Ils tournèrent tous subitement la tête vers Daisuke. Il désigna alors la sortie. Tout le monde avisa la direction qu'il indiquait. Sous les lumières vaporeuses des lampadaires, ils observèrent, incrédules, une silhouette détaler comme un lapin vers sa voiture.

- Kiku !? s'étrangla finalement Kamado au nom de tout le monde

Mathias fut le premier à réagir : il s'élança à sa poursuite. Yong Soo le suivit dans sillage.

- Aiyaa ! Mais il est parti sans payer ! s'écria Yao complètement catastrophé

A croire que cela le perturbait plus que de voir son frère cadet fuir à toute jambe. Le gérant crut d'ailleurs bon de lui préciser, tout sourire :

- Pas de souci, on a déjà tout réglé : j'envoie la note à l'entreprise.

Mais personne ne prêta attention à son commentaire, à part peut-être donc Yao.

- Kiku, espèce de sale trouillard, reviens ici tout de suite !

Ils quittèrent bientôt tous l'établissement à la suite d'une Kamado en furie. Et le gérant de se dire que c'était bien la première fois qu'il assistait à une scène pareille.

Tout en pressant le pas sur le parking, Mei sermonna Daisuke :

- Mais enfin, pourquoi tu l'as pas dit plutôt ?

Ce dernier haussa les épaules.

- C'était drôle de voir papa réagir de la même façon que maman l'envisageait. C'est pas tous les jours qu'on voit ça.

Lukas déclara alors soudain, ce qui manqua de faire sursauter Emil qui se tenait juste à ses côtés :

- Ils n'y arriveront pas Kiku a trop d'avance. Emil, à la voiture.

Le petit peloton de bon dernier qu'étaient le détective, son frère cadet, le copain de ce dernier, et le père dudit copain se dirigèrent alors à pas pressés vers la voiture.

A l'autre bout du parking, Kiku sauta dans sa voiture. Les phares s'allumèrent. Emil referma sa portière. L'autre groupe se ruait vers la voiture de Yong Soo. Kiku était en train de quitter le parking. Le moteur à peine allumé, Emil mit le pied au plancher et fonça vers la sortie. Mathias et les autres embarquèrent. Emil se retrouva arrêté dans son élan par le stop et une voiture qui passait en transversale. Kiku prit la première sur la gauche, direction Sud.

Tant qu'ils étaient en ville, il n'était pas très compliqué de suivre un Kiku en fuite. D'autant plus que celui-ci respectait beaucoup le code de la route. A une ou deux voitures derrière celle d'Emil, se trouvait celle de Yong Soo.

Il était désormais minuit passé.

Kiku continuait toujours plus vers le Sud. A un moment, ils crurent bien qu'il retournait sur son lieu de travail même si aucun d'eux ne trouvait de raison valable à cela.

Hormis Lukas. Evidemment.

Mais contre toute attente, une fois à Sandvika, il vira brusquement vers le Nord-Ouest en s'engageant sur la E16, soit ni plus ni moins qu'une autoroute.

- On en a pour un petit bout de temps, fit remarquer Lukas

Il se pencha vers le lecteur et l'alluma. Aussitôt de la musique classique envahit le véhicule d'une douceur harmonieuse extraordinaire.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda Yao sur la banquette arrière

- Que voulez-vous faire sur une autoroute à part continuer à le suivre ? Ne sachant pas quelle est sa destination, impossible de prévoir quand il sortira, ni même s'il a prévu de sortir. Il recevait des personnes importantes de son entreprise il a dû faire le plein en début de journée. Son réservoir plein, il pourrait pousser jusqu'à Trondheim.

Yao déglutit. C'est que c'était vachement loin, Trondheim. Et froid. Sans parler du repas qu'il avait préparé qui était parfaitement froid lui aussi.

Soudain, une batterie résonna, puis deux guitares électriques suivies d'un hurlement qui fit trembler les fenêtres. Yao, plus tout jeune, manqua l'arrêt cardiaque de peu. Complètement paniqué, il demanda :

- Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ça ?

- De la bonne musique, répondit simplement Lukas

Jia Long se retint fortement de rire face à la mine effarée de son père à laquelle s'opposait l'inexpressivité de Lukas.


Affaire à suivre...