Et nous voici le 1er mai ! La fic reprend !

Et vous en aurez pour votre grade, croyez-moi, ah ah ! Désolée pour ces longs mois d'attente (4 mois, il me semble avoir fait pire, donc on va dire que ça passe XD) mais non seulement la fic reprend mais les chapitres vont s'enchaîner pendant un petit bout de temps. Je n'annoncerais donc pas de nouvelle pause de si tôt. Bonne nouvelle, n'est-ce pas ?

Vu que c'est une grosse reprise, j'aimerais en profiter pour vous faire un gros câlin virtuel, pour vous remercier de votre lecture, de votre présence dans les commentaires, pour les suivis, les favoris, pour votre patience aussi ! Un énorme merci à chacun d'entre vous !

Et avec la parution d'un nouveau chapitre, je peux enfin répondre à cette charmante review de mellyrn : Ravie de voir que ça t'a plu ! Et si je t'ai fais découvrir les joies du DenNor, je n'en suis que plus heureuse encore ! J'avoue que je m'étonne moi-même d'avoir réussi à ne pas les foutre ensemble au bout de temps de chapitres XD (sérieusement, faut pas croire, je suis sadique ok, mais je me frustre moi-même aussi en écrivant XD) En tout cas, ta review me touche sincèrement et j'espère ne pas te décevoir par la suite ;)

Enfin, une dernière petite chose avant que je vous laisse en paix avec mon blabla, il traîne sur mon profil un lien vers une étrange photo qui devrait beaucoup intéresser les lecteurs de cette fanfiction… 8D

Bon allez, fini de jacasser, en route pour l'Affaire 9 !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 9 : Scène de ménage

Cet après-midi là, lorsque Mathias revint des courses, il ne ressemblait à rien de plus qu'à un bonhomme de neige. Oslo avait été ensevelie sous un duvet quelques jours plutôt. Des flocons tombaient encore accompagnés de rafales givrées. Tout pour que Mathias se sente bien !

C'était ironique, cela s'entend.

Mathias n'était pas du tout un habitué de températures aussi basses. Lui n'avait connu que les hivers continentaux où il neigeait, certes, mais pas au point de se transformer en glaçon à peine le nez dehors. Et encore. Il était en plein cœur de la capitale norvégienne il ne voulait pas imaginer ce que cela donnait en rase campagne.

Mais pas question de se lamenter plus longtemps. Le jeune homme se rendit dans la cuisine, sifflotant comme d'habitude un air du moment. Personne n'était à la maison actuellement. L'un à l'université et l'autre… tiens, c'est vrai ça : où était passé Lukas ?

Mathias suspendit son geste, la boîte de céréales se balançant dans le vide tandis qu'il se frottait le menton d'un doigt songeur.

Il n'avait pas souvenir que Lukas ait fait mention d'un quelconque entraînement, concert ou autres. Peut-être était-il sur une affaire ? Mathias écarquilla les yeux. Lukas était sur une affaire et il n'était pas impliqué. Pire même : il n'était pas au courant ! Comment cela était-il possible ? C'était injuste ! Il pensait pourtant qu'ils avaient été clairs tous les deux : si Mathias restait, il pouvait bien continuer à aider Lukas dans ses enquêtes.

Et dire qu'il n'était pas au courant !

Mathias se laissa tomber sur une chaise, la boîte de céréales toujours en main.

Soudain, il se releva et rangea un peu brutalement la boîte sur son étagère. Puis, il dégaina son téléphone portable et composa le numéro de Lukas. Dix tonalités eurent le temps de résonner avant que la messagerie ne s'enclenche. « Vous êtes bien sur le… » Lukas n'avait même pas pris la peine de configurer sa messagerie, remarqua Mathias en tapant nerveusement du pied.

Et si Lukas ne répondait pas, cela ne faisait que confirmer son hypothèse. Il était sur une affaire. Peut-être même était-il en train de filer quelqu'un à l'insu de tous ? D'arrêter des bandits armés ? De découvrir une base secrète ?

Il rappela aussitôt. Toujours la messagerie.

Comment pouvait-il le laisser en dehors de tout ça ? Lukas savait pourtant que Mathias était l'homme paré à toutes situations. Surtout s'il s'agissait de courir après quelqu'un, de le mettre hors d'état de nuire ou autres. Bon, il lui avait fait comprendre qu'il aimerait être vu pour autre chose que sa force… Etait-ce pour cela que Lukas était parti seul à l'aventure ? Ce n'était pas une raison pour le tenir à l'écart ! Mathias pouvait toujours se rendre utile !

Il tenta une dernière fois de joindre Lukas. Mathias compta fébrilement les sonneries. 4…5… Il allait donc réellement le laisser en dehors de ses activités ? 6…7…8…

- Pourquoi tiens-tu tant à me joindre ?

- Ah Lukas ! Dieu merci ! Je commençais à me dire que tu étais sur une affaire délicate et que tu devais te faire discret.

- Imbécile. Si j'avais dû le faire, j'aurais simplement éteint mon portable ou mieux encore, je l'aurais laissé dans la voiture, voire même dans ma propre chambre.

- Donc ton enquête n'est pas si risqué. Quelque part, ça me rassure. Mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu sais, je peux toujours servir. Même si je t'ai dit que je n'étais pas juste fait pour courir après les méchants, ça me plaît quand même et…

- Tu es vraiment un imbécile jusqu'au bout.

- Hein ?

- Qu'est-ce qui te fait dire que je suis sur une affaire ?

Mathias demeura debout en plein milieu dans la cuisine, les yeux ronds. Il balbutia quelques mots. Puis, il se passa une main dans les cheveux.

- Ben… euh… tu es parti sans prévenir. Sans me dire quoique ce soit…

- Et donc tu en as conclu que j'étais parti enquêter. Raisonnement intéressant quoique complètement irrecevable car ne comporte que des hypothèses fondées sur les sentiments et les impressions. Tu ferais un bien piètre détective.

Mathias eut un sourire en coin.

- En effet. Je pense que je serais un bien meilleur détective assistant.

Il y eut un silence au bout du fil. Il se demanda s'il n'avait pas froissé Lukas d'une quelconque manière, même s'il avait du mal à comprendre comment il aurait pu faire cela. C'était si inconcevable pour le détective d'avoir un acolyte ? Cela faisait maintenant un an qu'ils vivaient sous le même toit et qu'ils avaient vécu des aventures extraordinaires tous les deux. Comme tous les trois, si on comptait Emil. Peut-être était-ce pour cela que Lukas cherchait toujours à écarter Mathias : il avait peur qu'il prenne sa place ? Il devait donc être rassuré d'entendre de sa part qu'il ne cherchait à être que le bras droit.

Mais pourquoi donc ce silence ?

- Lu… Lukas ?

- Hum ?

- J'ai dit quelque chose de mal ?

Lukas soupira à l'autre bout du combiné. Mathias serra le paquet de café moulu. Aïe ! Allait-il se faire châtier de la demeure ? Après tout, si Lukas ne le considérait plus « sous contrat », il n'y avait plus aucune raison, hormis la bonté dont il pourrait faire preuve, pour l'accepter sous son toit.

- Non, déclara finalement Lukas, pourquoi ?

Mathias ne put s'empêcher de souffler avec force son soulagement. Pour la peine, il attrapa une bière et versa la boisson dans le superbe verre personnalisé qu'Emil lui avait offert pour Noël, idée qu'il avait trouvé excellente. Il avait couvert Emil de bisous pour cela. Ce dernier était allé directement dans la salle de bain après coup.

Retrouvant sa légèreté, il répondit en s'adossant au plan de travail :

- Je sais pas. Tu disais rien.

- Ah. J'étais en train de siroter mon café.

- Ton café ? Mais tu es où ?

- Et bien voilà une question intelligente. Tu aurais pu commencer par ça au lieu de t'embourber dans tes hypothèses bancales. Je suis chez Berwald.

Mathias écarquilla les yeux.

- Mais qu'est-ce que tu fiches là-bas ?

- Je viens te le dire : je sirote mon café. A ton avis ? Je suis en cours d'aérobic, tiens.

Mathias ne put s'empêcher d'écarter son téléphone pour le regarder avec curiosité comme si c'était Lukas même qu'il jugeait. Là, il se fichait clairement de lui. Mais s'il s'attendait un jour à recevoir pareille remarque de la part du détective… Mathias considérait cela comme une marque d'amitié. N'empêche qu'il ne comprenait toujours pas…

- Mais pourquoi tu es chez Berwald ? Je veux dire, pourquoi tu y es sans moi ? On a passé le Nouvel An tous ensemble, tous les six. Je connais Berwald aussi bien que toi maintenant. Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Mathias perçut aussitôt une pointe d'agacement. A croire que les émotions transcendaient les ondes satellites.

- Je n'ai pas à te tenir au courant de mes moindres faits et gestes. Nous sommes deux individus distincts. Tu as ta vie j'ai la mienne. A plus tard.

Mathias accusa le coup.

- Oui… à plus tard…

Il raccrocha un peu mollement. Il observa son verre à bière un instant, se tourna vers la moitié des courses qui étaient encore à ranger. De son emplacement, il apercevait dans l'entrée le parquet mouillé par la neige fondue. Par-delà la fenêtre en baie, tout était gris, blanchâtre. Le ciel était couvert, la végétation dormait, les voitures étaient rares en pleine journée.

Oui, en effet. Lukas et Mathias étaient deux personnes distinctes. Elles ne faisaient « que » vivre sous le même toit. Quand Mathias pensait à tout ce qu'il avait laissé derrière lui… Mais il ne pouvait pas faire marche arrière. Encore moins maintenant qu'une année s'était écoulée. C'était impossible. Il ne ferrait que se trahir lui-même. Et alors, là… là, oui, les choses deviendraient beaucoup trop compliquées et dangereuses. Autant accepter sa situation. Elle n'était pas si mauvaise, qui plus est.

Il attrapa son verre de bière et l'avala d'une traite.

Il avait un toit, un endroit sûr, c'était bien là le principal. Lukas avait raison : chacun d'eux avait sa vie. D'ailleurs, ce n'est pas comme si Mathias voulait particulièrement partager la sienne avec le détective. Trop de choses qu'il préférait non pas garder secrète, mais juste oublier. Il était certains souvenirs auxquels il ne voulait plus penser.

Bon ! Ce n'était pas tout ça mais les courses n'allaient pas se ranger toutes seules ! Pour l'instant, c'était ça, sa vie : les courses, l'entretien de la maison, les repas, les petites affaires du quotidien en somme. Il rinça son verre, attrapa le saumon et le rangea aux côtés des autres poissons dans le frigo. Mathias en profita pour d'ors et déjà envisager le reste de la journée. Il repensa à la neige fondue dans l'entrée, sur le parquet en bois. Ce n'était pas vraiment la saison, mais pourquoi pas astiquer le sol ?

oOo

Emil pressa le pas en apercevant le portillon en fer forgé. Bientôt à la maison ! Bientôt au chaud ! Il enfonça un peu plus sa tête dans son écharpe. Avec son bonnet vissé sur le crâne, on ne voyait guère plus que ses yeux. Les mains emmitouflées et enfoncées dans les poches de sa veste, il gravit les marches du perron dégagées de toute neige. Vite, vite, vite ! Heureusement que Mathias vivait là, se disait-il, Emil était sûr de toujours trouver la porte déverrouillée. Cela lui évitait d'avoir à se les geler un peu plus en attendant de déterrer ses clés au fin fond de son sac de cours.

Il pénétra rapidement dans la maison et referma aussi sec derrière lui. Il s'essuya vaguement les pieds sur le paillasson et se débarrassa des multiples épaisseurs qui gênaient ses mouvements. Il avait hâte de pouvoir rejoindre sa chambre.

Il s'élança vers l'escalier mais se retrouva bien vite à faire le grand écart.

- Aïe ! Mais quel est l'imbécile qui a ciré le parquet ? maugréa-t-il maintenant de bien méchante humeur

Il se releva en se massant l'arrière-train. C'est que ça faisait un mal de chien. Emil n'osa pas faire un pas de plus et toisa les environs à la recherche du coupable. Et celui-ci était tout trouvé bien entendu ! Où était donc Mathias ? Et qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Cirer le parquet en plein hiver !

C'est alors qu'Emil perçut au loin le ronronnement d'un moteur. Le colocataire était visiblement en train de passer l'aspirateur au dernier étage.

Avec précaution, il vint s'accrocher à la rampe d'escalier. Les planches étaient bien trop propres pour le coup. Au moindre faux pas, on se cassait immanquablement la figure. Fulminant, Emil gravit les marches. Son humeur continua de s'assombrir en constatant que le cirage de parquet n'avait été épargné nulle part.

A tous les coups, même dans sa chambre…

Emil serra les dents et progressa prudemment dans son ascension jusqu'au dernier étage. Lorsqu'il accéda enfin au palier, il jeta directement un œil vers la chambre qu'occupait Mathias dont la porte était grande ouverte.

Mais il n'y avait personne.

Emil ouvrit grands les yeux avant de se rembrunir. Il se rua sur sa chambre dont la porte était fermée, comme à son habitude.

Sauf qu'on l'avait pour sûr ouverte entre temps ! Le jeune homme fit brusquement irruption dans sa propre chambre. Ses oreilles furent assaillies par le vrombissement entêtant de l'aspirateur. Et surtout, un vent frigorifiant vint aussitôt lui cingler le visage.

Emil en tomba des nues. Les fenêtres étaient grandes ouvertes les rideaux volaient au vent, glacial les draps était repliés aux pieds du lit pour l'aérer. Et s'il n'y avait que ça ! Sa chambre était rangée ! Mais pas dans le sens rangée selon son ordre, non, rangée pour ressembler à une photo digne d'un catalogue de meuble ou un magazine de décoration intérieure. Malgré le froid extérieur, Emil ne tarda pas à exploser, bouillant de rage :

- Je croyais qu'on s'était mis d'accord là-dessus ! Tu ne touches pas à mes affaires !

Mathias éteignit l'aspirateur et referma les fenêtres.

- Je n'ai pas touché à tes affaires, j'ai juste fait le ménage. Comme d'habitude, quoi !

- Et mes CDs ? Ils se sont rangés tout seul peut-être ?

- Mais je n'allais tout de même pas les laisser par terre. Il fallait que tout soit dégagé pour que je puisse passer l'aspirateur et enfin cirer.

- Ah ben tiens, en parlant de cirer ! Qu'est-ce qui t'as pris de faire de la maison une véritable patinoire ?

Mathias fronça les sourcils et les mains sur les hanches, se justifia :

- Le parquet, surtout celui du rez-de-chaussée, souffre de l'humidité hivernale. Notamment à cause de la neige. J'en ai profité pour cirer partout pour rafraîchir. Le bois, c'est vivant, je te signale.

Il parlait à Emil comme si ce dernier était un enfant en bas-âge qui découvrait le monde. Ce qui avait le don d'irriter d'autant plus le jeune homme. Emil serra les poings. Mathias avait un sourire en coin mais conservait ses sourcils froncés. Lui non plus n'appréciait pas vraiment la façon dont Emil lui parlait. Il attrapa l'aspirateur et passa devant lui.

- J'ai simplement voulu faire le ménage.

- Ouais et merci bien ! Mais chambre est congelée maintenant !

Mathias laisse tomber l'aspirateur dans le couloir et se tourna vers Emil.

- Tu nous fais une crise d'adolescence ou quoi ? Qu'est-ce que tu peux être irritable en ce moment. Tu t'emportes pour un rien. Franchement, grandis un peu.

- T'es ni mon père, ni mon frère, ni ma mère, ni personne.

Emil claqua sa porte de chambre.

Mathias demeura un instant silencieux, les yeux écarquillés, accusant le choc du volcan Emil. Il secoua finalement la tête et attrapa de nouveau son aspirateur. Avant de se rendre dans sa chambre pour en terminer avec la poussière du sol, il s'exclama :

- Ça, c'est l'argument des faibles, Emil.

oOo

Le soir même, Mathias, Emil et Lukas dînaient en silence. On percevait seulement le cliquetis des couverts rencontrant les plats, le tic-tac éternel de l'horloge qui affichait 19h34 précisément et quelques bruits de mastications. Mathias s'apprêtait à lancer un sujet trivial, ne supportant pas le silence. Mais contre toute attente, ce fut Lukas qui prit la parole :

- Cela ne peut plus durer, Mathias.

Un instant, Mathias déglutit, l'angoisse d'être mis à la porte l'ayant pris à la gorge.

- Quoi donc… exactement ? bafouilla-t-il

Lukas prit le temps de soigneusement s'essuyer la bouche avec sa serviette. Il la replia et la posa sur le côté gauche de l'assiette.

- Emil et moi avons discuté.

Pourquoi Mathias avait-il l'impression d'être un accusé en attente de la décision du juge ?

- Tu dois te trouver une occupation, un travail, quelque chose. Mais tu ne peux plus rester à la maison toute la journée.


Affaire à suivre…