Bonjour à tous !

Qu'est-ce qu'il fait chaud ce week-end ! En tout cas, par chez moi x)

Je suis tellement heureuse de voir l'accueil que vous avez réservé au retour de cette fanfiction T_T

Il y avait un tout petit indice sur les personnages qui allaient être impliqués dans cette neuvième affaire ^J^ Par ailleurs, vos commentaires sur les futurs boulots de Mathias m'ont bien fait rire, ah ah XD (moi, auteur sadique ? que nenni voyons XD)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 9 : Les enfantillages

La fourchette de Mathias demeura suspendue. Un bout de purée retomba mollement dans l'assiette.

- Je… je suis pas chassé de la maison ?

Les yeux de Lukas roulèrent dans leurs orbites.

- Je suis un homme de parole, merci. Je t'ai dit que tu pouvais rester si tu le souhaitais. Je ne vais pas changer d'avis deux mois après.

Mathias se permettait d'en douter un petit peu tout de même. Et Emil semblait porter le même avis. Quand bien même il était concentré sur son assiette, il esquissa un petit sourire en coin. Tous deux semblaient implicitement se rejoindre là-dessus : Lukas n'en faisait généralement qu'à sa tête.

Ce dernier sortit Mathias de ses pensées :

- Seulement, les conditions de ta présence ne sont plus les mêmes. Et il y a certaines choses qui doivent changer.

- Promis je touche plus à vos affaires ! Mais j'avais besoin de cirer, de passer l'aspirateur et les CDs d'Emil traînaient partout par terre.

- C'est ma chambre, marmonna Emil, c'est normal que mes affaires traînent par terre.

Mathias se tourna vers Lukas.

- Regarde ! Il repart en mode ado boudeur qui pique sa crise ! Moi, je fais simplement le ménage.

- Tu fais trop le ménage !

- Que ce soit ta chambre ou pas, il y a bien un moment où il faut changer les draps, laver le sol, les miroirs, mettre les vêtements au sale, dépoussiérer les étagères et réarranger les posters.

- T'as touché à mes posters ?

La pression était de nouveau en train de monter chez Emil.

- J'ai juste remis du scotch.

Emil pointa violemment du doigt Mathias et s'écria, s'adressant à son frère ainé :

- Tu vois ? Quand je te disais qu'il se mêle de tout !

Le visage de Lukas, quant à lui, s'était rembruni tandis que les deux autres s'envoyaient à tour de rôle des reproches, qui finirent par être de moins en moins fondés.

- Arrêtez maintenant, déclara-t-il finalement en haussant légèrement le ton, vous avez juste l'air puéril.

Emil et Mathias se tournèrent en chœur vers Lukas qui se délectait d'un morceau de poisson. Il prit le temps d'avaler une gorgée d'eau avant de reprendre la conversation d'un ton froid et sans âme :

- Mon cher petit frère, tu ne nous laisses guère le choix. Tu es encore un enfant turbulent et c'est normal qu'on se préoccupe de toi et de ton bien-être.

C'en était trop pour Emil. Il plaqua les mains sur la table et se leva furieusement.

- Arrête de me prendre pour un gosse. Je suis ton frère cadet, ok, mais lui…

Il pointa du doigt Mathias.

- A part avoir joué les gardes du corps pour ton petit délire, il n'est pas chez lui. Ok, je… je trouve ça pratique qu'il soit là parce que j'ai pas à être de corvée mais… mais qu'il arrête de se mêler de ce qui ne le regarde pas ! Un colocataire ça ne s'occupe pas des affaires des autres. Qu'il reste à sa place !

Mathias accusa le coup. Il sentit son cœur se serrer à chacun des mots d'Emil. Peut-être parce qu'il y reconnaissait une part de vérité. Il n'était pas chez lui, en effet. Mais il n'avait plus de chez lui.

- Mais c'est pourtant toi qui m'a aidé pour que Lukas accepte que je reste… ne put s'empêcher de glisser Mathias

- J'en avais marre de vous voir vous crêper le chignon pour des broutilles !

- Parce que tu ne trouves pas que ton coup de colère est une broutille ? demanda Lukas

- Rah ! Vous m'énervez tous les deux. C'est toujours pareil !

Coupé de tout appétit, Emil quitta la table et alla s'enfermer dans sa chambre. Il n'avait même pas envie de jouer. Il prit ses bouquins et se plongea rageusement dans son devoir sur le droit des plateformes audiovisuelles.

Dans la salle à manger, Mathias mit un certain temps avant de détacher son regard de la porte par laquelle était sorti Emil. Puis, il se tourna vers Lukas. Ce dernier poursuivait son repas comme si de rien n'était.

- Bon et bien, je crois que je n'entrerai même plus dans sa chambre. A ce train-là…

- Le problème n'est pas là. Emil a raison sur certains points.

- Mais je ne fais que le ménage. Je vois pas où est le mal.

Lukas soupira. Apparemment, il jugeait toujours l'esprit de Mathias aussi lent.

- Ce n'est pas le ménage, le souci. C'est ton omniprésence à la maison. Tu es tout le temps là. Une chambre est un espace de vie personnel. Lorsque tout l'espace est déjà occupé sans qu'on puisse trouver un lieu intime, un lieu où se retrouver seul, il est normal qu'on s'emporte.

- Tu es en train de justifier ton frère, là… Alors même que tu disais, je cite, que c'est normal qu'on se préoccupe de lui et de son bien-être.

- S'il y avait des moments où tu n'étais pas à la maison, Emil aurait encore la sensation d'avoir la possibilité d'être dans sa bulle, de profiter d'un espace vital sans qu'il soit sur le qui-vive de peur que quelqu'un ne fasse intrusion.

- Tu me dis ça mais pourtant, tu n'as pas l'air de respecter des masses son espace vital, toi non plus. Ah ah !

Mathias pensait détendre l'atmosphère avec cette réplique, dite sur un ton plus léger que le reste de la conversation. Malheureusement pour lui, il n'eut droit qu'à un regard indicible de la part de Lukas.

- Tu as écouté ce que je viens de te dire ?

- Bah… euh, ouais.

- Non. Je t'ai dis « s'il y avait des moments où tu n'étais pas à la maison. » Est-ce que je suis toujours à la maison ? Non. Et je connais mon petit frère bien mieux que toi, alors veille à garder tes remarques pour toi.

Mathias n'en revenait pas de sa journée. Il se disputait avec Emil et Lukas l'envoyait balader d'une façon on-ne-peut-plus cassante. En tout cas, il venait de comprendre qu'il n'avait pas intérêt à entamer une discussion trop sérieuse à propos du frère cadet avec l'aîné. Sujet sensible, Mathias s'abstenir. Bien reçu.

- Quoiqu'il en soit, voilà la raison pour laquelle tu dois te trouver un boulot.

Mathias cligna des yeux plusieurs fois. Il lui fallut un petit temps afin de recoller les morceaux. Ah ! Le début de la conversation ! Cependant, même s'il aurait volontiers accepté de se dégoter un travail, subsistait un léger souci. Un an s'était peut-être écoulé mais il se devait d'être toujours discret. Par chance, Lukas ne faisait pas l'objet des médias. Jusqu'à présent, loger chez les deux frères avait été la cachette idéale. Il n'avait pas eu besoin de donner signe de vie.

- Est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Je veux dire, je fais déjà le ménage. Je vous suis utile, non ?

- En effet. Mais je suis convaincu que cela ferait du bien à tout le monde si tu avais autre chose dans ta vie.

Mathias se pencha vers Lukas.

- C'est une question d'argent ? Je coûte trop cher, c'est ça ? Je peux manger qu'un repas par jour, si ça t'arrange.

Lukas ne put s'empêcher cette fois-ci de se taper le front avec la paume de la main.

- Ce serait complètement stupide, oui. Et cela n'a rien à voir avec l'argent. Si tout s'est bien passé jusqu'à présent financièrement, il n'y a pas de raison pour que ça ne continue pas.

Mathias se pencha en arrière sur sa chaise. Autre chose dans sa vie, hein ? Hum… Pas que l'envie lui en manquait mais il devait vraiment rester discret. C'était une question de vie ou de mort. Il ne pourrait pas postuler pour n'importe quoi. Et il avait bien peur que ses compétences ne le trahissent. Mas on ne pouvait décemment pas employer quelqu'un qui n'était pas qualifié pour. Où allait-il bien pouvoir dégoter un emploi dans un milieu totalement différent de son passé ?

Mathias soupira profondément mais se reprit et déclara avec un grand sourire à Lukas :

- Je vais faire de mon mieux ! Compte sur moi !

oOo

Quelques jours plus tard, Lukas était de nouveau dans le salon des Oxenstierna-Väinämöinen en compagnie de Berwald. Tino n'était pas là. Il était actuellement bien loin, au Nord de la Norvège, dans le froid quasi-polaire de la base militaire de Skjold pour un petit colloque. Il y avait été invité tant en tant que formateur qu'en tant qu'agent à la retraite pour faire part de son expérience aux jeunes conscrits. Et depuis ces quelques jours, Lukas avait pris l'habitude de rendre visite à Berwald, celui-ci était clairement un peu déprimé par l'éloignement de son compagnon. Heureusement, Tino devait rentrer le lendemain.

Non pas que Lukas éprouve une quelconque compassion ou un attachement particulier, mais il se trouve que lors de la soirée du Nouvel An, les deux hommes s'étaient trouvés des points communs. A dire vrai, Lukas trouvait tout à fait reposante la présence de Berwald. C'était une parenthèse dans sa vie de détective et de violoniste. Berwald était calme, ne débitait pas des paroles à tour de bras, ne posait pas de question et surtout… il appréciait la lecture. Chose que Lukas n'avait finalement retrouvée chez personne d'autres que ses grands-parents avant lui. Lukas avait déjà eu l'occasion de discuter de métal avec Tino, mais leur caractère était quelque peu opposé.

Et donc, Lukas rendait de plus en plus fréquemment visite à Berwald pas tant pour lui tenir compagnie que pour profiter de moments de calme, appréciant par la même un café chaud et un bon livre. Mathias étant toujours à la maison, il appréciait de pouvoir se retrouver de temps à autres loin de lui. Ce qu'il lui avait dit l'autre soir à propos d'Emil valait également pour sa propre personne. Les deux frères avaient besoin de solitude. Et Mathias semblait avoir du mal à le saisir, au point que cela pouvait en être étouffant.

En revanche, aujourd'hui, Lukas n'était pas chez Berwald seulement pour une bonne lecture partagée. Le détective avait amené son violon afin de le faire examiner. Berwald n'avait rien promis lorsqu'ils en avaient parlé la veille seulement, mais en tant qu'ébéniste avisé, il était peut-être à même de faire quelque chose face à l'éclat qui s'était détaché de la caisse de résonnance.

Alors même que Berwald inspectait l'instrument d'un œil expert, Lukas sirotait un café confortablement installé sur le canapé, face au feu crépitant et chaleureux de la cheminée. Tout à coup, la porte d'entrée s'ouvrit pour se refermer aussitôt, accompagnée malgré tout d'un coup de vent glacé. Hanatamago qui somnolait dans son panier se réveilla brusquement et courut à la rencontre du nouvel arrivé en aboyant.

Pas moins de deux secondes après, Peter débarquait dans le salon, encore encombré de ses affaires, Hanatamago traînant dans ses pattes, prête à jouer. Mais le jeune garçon avait visiblement plus important à faire. Il se jeta sur son père et s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage, le souffle court.

Peter avait les joues rouges, et à en juger par son nez qui dégoulinait, Lukas en conclut rapidement qu'il venait d'effectuer une course à un rythme effréné. Pourtant, l'arrêt de bus se trouvait juste en face de la maison. Quelque chose clochait.

- Peter ? demanda simplement Berwald en maintenant en l'air le violon par précaution.

Le jeune garçon leva vers son père des yeux inquiets. Hanatamago secouait la queue toute contente, et tentait d'attirer l'attention de son petit compagnon afin de jouer avec lui.

- Il se passe quelque chose de bizarre, papa, souffla-t-il

Berwald fronça les sourcils comme s'il était sur le point de sermonner son fils. Mais il en était rien bien évidemment. Il déposa délicatement le violon dans son étui et s'agenouilla face à son fils.

- Quoi ?

Peter inspira profondément. Il demeura un instant la bouche ouverte, ne sachant par où commencer. C'est alors qu'il se mit à débiter tant de choses qui paraissait sans queue ni tête, voire qu'on avait même un peu de mal à comprendre, vu la vitesse à laquelle il parlait.

Le visage de Berwald se contractait de plus en plus face au récit décousu de son fils. Dès qu'il l'entendit parler d'un inconnu à l'extérieur, il l'arrêta alors d'une main et partit à grande enjambée. Une grande bouffée d'air froid pénétra lorsqu'il ouvrit la porte d'entrée à la volée.

- Pourquoi es-tu revenu de l'école en courant, sans même prendre le bus ? demanda Lukas, les yeux légèrement plissés.

Peter observa un instant, interloqué, le détective qui en profita pour siroter une gorgée de sa boisson.

- T'as deviné ? T'es vraiment très fort. Tu pourras surement m'aider !

Lukas esquissa un sourire en coin. Il avait donc bien flairé l'affaire.

La porte claqua suivit d'un marmonnement de la part de Berwald qui apparut quelques secondes après de nouveau dans le salon. Face aux regards interrogateurs de Lukas et de son fils, il secoua la tête négativement. Il sembla se détendre légèrement.

- Peter, déclara Berwald moins convaincu par le récit farfelu de son fils, si tu as des problèmes à l'école, ce n'est peut-être pas la peine d'embêter Lukas pour ça.

Peter se tourna aussi sec vers lui et s'exclama :

- Mais papa, je te jure, il se passe des trucs pas nets, je commence à avoir vraiment trop la frousse !

Lukas déplia les jambes.

- Berwald, quelque chose a perturbé ton fils au point qu'il a décidé de courir à toute allure dans le vent et la neige depuis l'école, donc huit minutes, au lieu de prendre le bus pour deux minutes en compagnie de camarades. Raconte-moi tout, Peter.

Berwald en profita pour ôter de lui-même son sac de cours, bonnet, manteau, gants et écharpe à son fils. Peter se laissa faire sans mot dire. Son père s'en alla ensuite déposer les affaires. Berwald revint alors et présenta à son fils une briquette de jus de fruit et des biscuits.

Peter les prit mécaniquement et vint s'installer à côté de Lukas. Hanatamago sauta aussitôt sur le canapé pour venir quémander de l'attention sur les genoux. Un peu rassuré qu'on le croit mais toujours aussi angoissé, il commença à caresser frénétiquement Hanatamago, qui s'en réjouissait de son côté. Lukas porta la tasse à ses lèvres.

- Ben déjà, cette journée a démarré sur les chapeaux de roues parce que Mathias était là.

Le détective manqua de s'étouffer.


Affaire à suivre…