Bonjour à tous !

Ce soir, c'est la Finale de l'Eurvisiooooooooon ! /o/ On va encore avoir de quoi se régaler et délirer, ah ah !

Et pour patienter, voici la suite de la 9ème affaire ! Le voile est levé sur la nouvelle profession de Mathias x) (j'ai par ailleurs appris qu'aujourd'hui, c'est la Saint-Mathias, quel timing !). Ah, et au passage, mardi, le 17 mai, ce sera les 2 ans de publication de cette fic ! Bon dieu…

J'en profite également pour vous dire, même si vous le sentiez peut-être déjà venir, mais cette affaire 9 est une petite affaire sympathique, rien de bien méchant… histoire de vous ménager avec la 10ème 8D Mouahahah !

Ps : j'ai fait de mon mieux avec le système scolaire norvégien mais je ne garantie pas que ça soit l'exact vérité…

Prénoms cités dans ce chapitre :

Danemark : Mathias Køhler

Sealand : Peter

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 9 : Au collège Ellingsrud

Ce matin-là, Peter prit le bus. L'école n'était pas très loin, mais le temps était atroce. Il neigeait à gros flocons et, de temps à autres, des rafales de vent glacial s'y ajoutaient. Peter avait la tête enfoncée dans son écharpe qu'il avait remontée bien haut sur l'arrête de son nez, si bien qu'on ne voyait de lui que deux éclats bleutés transis de froid. Il voyait juste assez pour situer la porte du bus lorsque celui-ci s'arrêta. Il s'élança pour grimper mais, à peine avait-il posé le pied sur la marche qu'il se reçut une boule de neige dans le dos. Aussitôt, Peter fit volte-face.

Mails il n'y avait personne.

Peter tâta son dos du mieux qu'il put, pour s'assurer de ne pas avoir rêvé cette boule de neige. Sa veste était bien mouillée et ses moufles récupérèrent même de la neige. Sans compter la douleur lancinante dans son dos. Une boule de neige, une vraie, passait difficilement inaperçue.

Peter se gratta le haut du bonnet, perplexe. Il jeta un coup d'œil à droite et à gauche, s'avança dans la neige.

- Peter, soupira le chauffeur, je vais devoir fermer. Tu grimpes ?

Le garçon sursauta.

- Ah ! Oui, oui, pardon, M'sieur.

Mais pour plus de sûreté, Peter monta à reculons. Comme ça, s'il devait se recevoir une nouvelle boule de neige, il verrait le coupable. Emmitouflé comme il l'était dans ses vêtements, tenant ses mains en avant en position d'offensive tel un ninja, Peter se tint campé sur ses jambes jusqu'à ce que le bus ait démarré, sous le rire des autres enfants qui descendaient forcément au prochain arrêt pour l'école primaire ou le collège.

L'école Ellingsrud était un petit collège que de hauts conifères dissimulaient face à la grande voie qui traversait le quartier. Malgré les intempéries, les élèves étaient au rendez-vous, toujours plein de vie. Ce n'est pas la neige qui allait faire râler les enfants, bien au contraire.

Alors que Peter, encore sur le qui-vive, gravissait les quelques mètres qui séparait l'arrêt de bus de l'entrée de la cours, une ombre vint se glisser derrière lui. Et cette même ombre lui fourra soudain de la neige dans la nuque. Peter hurla et se retourna, prêt à faire face au coupable.

Qui, cette fois, était bel et bien présent.

Peter tenta de dégager la neige qui s'était insinuée au travers de son écharpe.

- Abigail ! C'est pas drôle !

Pourtant, la jeune Abigail pouffait de rire sans retenu. Peter fit la moue. Il avait toujours l'impression d'être pris pour un imbécile lorsqu'il était avec elle. Et cette fois-ci ne faisait pas exception à la règle.

Abigail était une jeune fille d'origine australienne qu'il avait rencontrée à la rentrée au collège, l'année dernière. Elle attachait régulièrement ses cheveux en une queue de cheval haute sur le côté et avait toujours un ballon de foot sous le pied. Cela ne cessait jamais d'étonner Peter : cette fille passait littéralement sa vie avec une balle aux pieds. Aujourd'hui encore, malgré la poudreuse, elle faisait voler son ballon de genou en genou tout en avançant, ayant tous les deux repris le chemin de l'école.

Peter en profita pour lui raconter l'étrange expérience qu'il venait de vivre.

- C'était un bonhomme de neige fantôme qui te l'a envoyée, tiens !

- Mais je te dis qu'on m'a vraiment tiré dessus. Pourquoi tu me crois jamais, Abi' ?

Peter croisa les bras, boudeur. Abigail balaya l'air de la main.

- Mais si, mais si, je te crois. Tu t'es reçu une boule de neige et après ? C'est la fin du monde ? Non. Oublie ça et puis voilà. T'es pas obligé d'en faire tout un plat.

- J'en fais pas tout un plat. Et j'étais tout seul à l'arrêt de bus. Comment t'explique ça ?

- Déjà avec ton bonnet, ton écharpe, etc, tu ne devais pas voir grand-chose. Pas étonnant que tu n'es pas vu qu'il y avait quelqu'un avec toi.

- Non, il n'y avait personne, je te dis ! Alors c'était qui, hein ? Hanatamago peut-être ?

Abigail shoota dans son ballon, haussa les épaules, récupéra sa balle qui retombait du ciel et la calla sous son bras.

C'est alors que surgit d'une direction adjacente un garçon qui agitait frénétiquement ses bras dans l'espoir que Peter et Abigail l'aperçoivent. Ses manches étaient trop longues et retombaient mollement par-dessus ses mains, qui n'étaient de fait pas gantées. Les deux amis s'arrêtèrent et l'observèrent accourir, donnant des coups de pied dans la neige d'un air malicieux.

- Salut, Vassili, l'accueillit Peter

- Et bien, tu m'as l'air très joyeux aujourd'hui, remarqua Abigail.

- En fait, leur dit-il sur le ton de la confidence, mon grand frère revient aujourd'hui.

Le grand frère de Vassili faisait régulièrement des allers-retours en Roumanie, du fait de sa profession, à savoir guide touristique. Il n'était du coup pas souvent là. D'un naturel plutôt calme, Vassili devenait toujours impatient lorsqu'il apprenait le retour de son frère pour quelques temps en Norvège.

Vassili s'enquit des nouvelles du jour auprès de ses amis. Peter en profita alors pour lui raconter l'histoire de la boule de neige envoyée par un être invisible venu de l'espace.

- Parce que maintenant c'est un extraterrestre qui t'a tiré dessus ? releva sarcastiquement Abigail, mon pauvre Peter, ton imagination débordante me laisse pantoise…

- Ça veut dire quoi, « pantoise » ? demanda Vassili

- Ça veut dire que Madame se prend encore pour la Reine des Je-sais-tout, répliqua une voix

Peter, Abigail et Vassili détournèrent la tête et aperçurent juché sur une congère un garçon au teint basané, les bras croisés, qui les narguait du haut de son monticule.

- Et que toi, Vassili, t'es encore qu'un imbécile.

Ce dernier baissa la tête, un peu piteux. Abigail rougit et détourna le regard. Peter prit cependant les devants. Il attrapa de la neige et tira sur le garçon moqueur. Celui-ci se prit la boule dans l'épaule.

- Laisse-nous tranquille, Rauf ! Tu dis ça parce que tu prends encore des cours de 2ème année pour les matières principales, toi !

Rauf pinça les lèvres et toisa Peter du regard. Il avait touché là où ça faisait mal : Rauf n'aimait pas qu'on lui rappelle qu'il était encore en 2ème année de collège pour la plupart des cours (alors même que c'était le quotidien de bon nombre d'élèves qui ne se souciaient guère de leur niveau et avançaient à leur rythme), mais qu'en plus il était désormais dans les mêmes cours que la petite qui avait deux ans de moins que lui, à savoir Abigail. En effet, cette dernière suivait tous ses cours dans des classes constituées principalement de collégiens plus âgés du fait de certaines facilités qu'elle possédait. Rauf n'avait eu dès lors de cesse de s'en prendre à elle, faisant passer dans ses railleries sa jalousie et sa frustration.

Quoiqu'il en soit, Rauf avait pour l'heure changé de cible. Quelques flocons de la neige que Peter lui avait envoyée se trouvaient encore sur sa veste. Il passa vaguement une main dessus avant de plonger dans la congère et d'en ramasser une énorme boule qu'il projeta sur Peter. Celui-ci la prit de plein fouet et tomba à la renverse. Hors de question d'en rester là : Abigail et Vassili se mirent à attaquer à coup de boules de neige Rauf et vice versa.

- Eh ! Eh ! Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? les interrompit soudain une voix d'adulte

Aussitôt Rauf, Abigail, Vassili et Peter s'arrêtèrent. Les trois amis se retournèrent et découvrirent derrière eux, mains sur les hanches, un surveillant qu'ils n'avaient jamais vu jusqu'à présent. Tout prit cependant une drôle de tournure lorsque Peter, s'étranglant à moitié, s'écria :

- Mathias !

Rauf et ses amis le dévisagèrent tandis que le visage de Mathias, qui se voulait autoritaire, s'éclaira. Peter n'en revenait toujours pas et gardait la bouche ouverte.

- Eh salut, Peter ! J'avais oublié que c'était ton école. C'est vrai que tu habites dans le coin. Quelle surprise ! Je ne t'avais pas reconnu, emmitouflé comme ça.

- Peter ? demanda Abigail en croisant les bras sur son ballon qu'elle avait laissé tomber lors de la dispute.

Peter partit dans un grand éclat de rire : cette journée était une des plus bizarres de sa vie. Définitivement.

Mathias se gratta le crâne.

- Peter et moi, on se connaît plutôt bien. Cependant, je dois faire mon boulot en tant que nouveau surveillant maintenant : je peux savoir ce que vous étiez en train de faire ?

- Une petite bataille de boules de neige, rien de plus, expliqua le plus calmement du monde Rauf

- Ouais. Bon, euh… évitez de faire ça juste devant l'entrée du collège, hein. Maintenant, filez en cours où vous aller être en retard.

Les quatre élèves ne se le firent pas dire deux fois. Peter et Abigail se séparèrent de Vassili, ce dernier n'étant pas dans les mêmes classes que les trois autres la plupart du temps, puis ils se rendirent dans leur propre salle de classe. Le professeur de mathématiques n'était pas encore arrivé aussi régnait-il une certaine agitation dans la pièce, tout le monde papotant en petit groupe. Aussi étrange que celui puisse être, Rauf traînait en vérité avec Peter et Abigail. Ces derniers lui répliquaient souvent, lorsqu'il devenait vraiment casse-pied, qu'il ferait bien de se faire de vrais amis. Mais il restait sourd à leurs remarques et, sans savoir si c'était réellement pour leur pourrir la vie ou pour se sentir moins seul, Rauf demeurait avec eux.

Il étalait d'ailleurs devant eux plusieurs pages noircis à l'encre bleue.

- Ce devoir sera ma plus belle réussite scolaire. Six pages de savoir concentré sur les flux migratoires et j'ai même rajouté quelques pages sur l'influence de l'instabilité politique dans certaines contrées. Comme la République Turc de Chypre du Nord !

Abigail ne faisait pas attention à la présence de Rauf, concentrée sur son dessin, tandis que, sous la table, ses pieds dribblaient sans qu'elle en ait vraiment conscience. Peter en revanche s'étala sur son bureau et souffla :

- Encore cette histoire de République machin chose… elle n'existe même pas d'abord.

- Elle existe ! Et si on arrêtait de la renier peut-être qu'il y aurait moins de souci actuellement. Savais-tu que la condition des familles de part et d'autres de la frontière…

Peter balaya l'air de sa main, lui faisant comprendre qu'il n'en avait rien à faire. Rauf gonfla les joues et se renfrogna, croisant les bras.

- Je paris que tu l'as même pas fait, ce devoir.

Offusqué, Peter se releva soudain.

- Ah si ! Pour une fois, je l'ai fait ! J'ai même réussi à aller jusqu'à la fin de ma copie-double. J'aurais pas à rester en classe pendant la récré pour le rendre à temps.

Il gonfla le torse en dévoilant son trésor de réflexions qui lui avait pris tout le week-end. Rauf le dédaigna et se tourna brusquement vers Abigail, toujours en train de dessiner.

- Et toi ? Madame l'Artiste ?

Elle soupira et préféra simplement sortir son devoir plutôt que de s'étaler en long discours. Elle en profita pour sortir ses feutres et crayons. Abigail avait clairement des facilités, raison pour laquelle Peter ne fut pas plus étonné que cela lorsqu'elle leur présenta une quinzaine de pages. Et Rauf comme à son habitude de prendre la mouche. Au même moment, le professeur arriva. Les élèves reprirent leur place et le cours put commencer.

Comme d'habitude, les premières heures de la matinée était un véritable somnifère pour Peter. Il s'endormait à moitié sur sa table. Aussi, quand la sonnerie avait annoncé la pause à 9h30, Peter ne l'avait même pas entendue car somnolait déjà à moitié, adoptant la technique de la tête dans la paume, le regard perdu dans sa feuille, le crayon effleurant à peine la ligne. Quoiqu'il en soit, Peter n'état pas parti dans la cour.

Soudain, un objet vint violemment percuter son crâne. Déstabilisant sa tête, celle-ci roula hors de la paume et s'écrasa sur le bureau.

- Aïe !

Peter se réveilla en sursaut et porta la main à son front. Il se tourna vers la porte de la classe et découvrit Abigail, les bras croisés.

- Bon, t'as fini de dormir ? Il nous manque un joueur.

Peter se leva aussitôt et lui renvoya le ballon. Abigail le rattrapa sans problème avec le genou, le fit retomber à terre et dribla un peu jusqu'à l'arrêter sous son pied tandis que Peter enfilait de quoi se protéger du froid.

- Franchement, dormir en cours ! lui reprocha-t-elle pendant qu'il quittait la salle

Lorsque la fin de la pause fut annoncée, chacun reprit le chemin de sa classe. Peter s'arrêta net en pénétrant dans la pièce cependant. Rauf le percuta de plein fouet. Abigail les rejoignit en haussant un sourcil interrogateur. Mais Peter n'arrivait pas à prononcer un mot.

Sur son pupitre se trouvait son devoir de sciences sociales éparpillé en petits morceaux.


Affaire à suivre…