Hey !

Nous voici au bout de cette petite affaire sans grande tension. Mais comme qui dirait, c'est le calme avant la tempête 8D L'affaire 10 commencera la semaine prochaine et, avis à ceux qui saisiront la référence, j'aurais du lourd, du très très lourd !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Suède : Berwald Oxenstierna

Sealand : Peter

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 9 : Berwald et l'enfant

Peter parut scandalisé. Il se tourna vers son père qu'il attrapa par la manche.

- J'ai rien fait, papa ! Je suis pas un menteur !

Berwald restait interdit, le regard plongé dans celui de Lukas, ne sachant trop comment réagir. Il se détacha finalement du détective pour baisser la tête vers Peter. Ce dernier, angoissé, le regardait avec des yeux suppliants. Il posa une main tendre sur le bonnet de son fils.

- Je parle d'un enfant biologique, pas adoptif.

Peter se tourna la bouche ouverte vers Lukas sans comprendre. Ce dernier mit ses mains gantées dans les poches et en ressortit la lettre dans laquelle s'était imprimé le dessin.

- Sur cette feuille, se trouvent trois personnes : une grande silhouette qu'on peut facilement identifier comme étant Berwald, un enfant et une femme. C'est un portrait de famille.

Berwald demeurait toujours interdit et Peter paraissait de plus en plus perplexe. Il attrapa la feuille des mains de Lukas et l'observa avec minutie.

- Je vois rien, moi.

- Place-la à la lumière.

Peter s'exécuta et poussa un cri de surprise. On aurait dit qu'on venait de faire un tour de magie devant lui.

Lukas passa devant eux en soupirant.

- Rentrons. C'est mieux d'être au chaud pour s'expliquer. N'est-ce pas Berwald ?

Peter suivit des yeux le détective sans savoir quoi faire. Il jeta un dernier regard à son père qui lui apparut très soucieux. Le jeune garçon fronça les sourcils, inquiet de son état.

- Viens.

Peter hocha machinalement la tête tandis que Berwald le poussait vers les escaliers menant à la porte d'entrée, devant laquelle Lukas patientait, accoudé à la rambarde.

- Ah, attends. Hana' ! appela Peter

Bizarrement, la petite chienne ne répondit rien, elle qui était d'habitude si enjouée et aboyait pour un rien. Peter répéta plusieurs fois son nom, plaçant ses mains en porte-voix. Mais rien.

Hanatamago ne venait pas et n'aboyait pas en retour.

Berwald essaya à son tour. On perçut alors un petit « wif » dans le silence de la nuit, près des conifères alentours. Aussitôt, Peter et Berwald s'élancèrent vers les buissons. Lukas les suivit. Ils l'appelèrent encore et encore jusqu'à réussir à la localiser à quelques mètres de la maison, coincée sous un gros tas de neige entre deux buissons. Ils se dépêchèrent de la libérer. Hanatamago était toute tremblante et mouillée. Peter la prit aussitôt dans ses bras.

- Mais comment tu t'es fourrée là-dessous ?

Berwald ôta son écharpe pour couvrir et sécher un minimum la petite chienne.

Lukas s'était agenouillé. Il tata la neige sous laquelle on avait enseveli la petite chienne. Car il était clair que quelqu'un l'avait volontairement recouvert de poudreuse. La neige n'était pas tendre et friable comme si elle venait juste de tomber elle était au contraire compacte comme lorsqu'on la compressait pour en faire des boules. Le détective fit le tour de la scène puis, il s'élança sans crier gare dans une certaine direction. Berwald partit aussitôt dans son sillage après avoir demandé à son fils de rentrer avec Hanatamago.

Lukas courait à travers bois comme rarement. Et pour cause, Mathias n'était pas là. Il grimaça en se rendant compte de ce à quoi il venait de penser. Il s'en sortait très bien sans lui. Ils n'étaient pas obligés de passer nuits et jours ensemble. Et puis quoi encore. Ils avaient chacun leur vie. Mais trop tard, son esprit avait déjà bifurqué sur le souvenir des courses poursuites et autres frasques qu'ils avaient pu vivre ensemble. Lukas se maudit intérieurement pour divaguer ainsi.

Berwald n'eut aucun mal à arriver à sa hauteur. Ils aperçurent bientôt une silhouette courir à quelques mètres devant eux.

Et cette silhouette portait une doudoune vert criard.

Les deux hommes pressèrent le pas et bientôt Berwald abattit une puissante main sur l'épaule de l'inconnu. Celui-ci glapit et lâcha un cri de surprise. La tête baissée, il (ou elle ? impossible encore de le dire) se retourna et lança son poing dans le ventre de Berwald mais ce dernier l'arrêta sans mal. Alors seulement, l'inconnu releva la tête et on put découvrir sous des cheveux roux en bataille un garçon, qui devait avoir à peu près l'âge de Peter en effet.

Déconcerté, Berwald lâcha brusquement le poing et fit un pas en arrière. Lukas s'approcha, un peu essoufflé malgré la contenance assuré qu'il tentait de se donner en relevant le menton, les mains enfoncés dans les poches.

- Ernst… ? souffla Berwald encore sous le choc

La bouche du jeune garçon se contracta en une horrible grimace, comme s'il était partagé entre la joie, la tristesse, la colère, la frustration et la honte. Ses yeux s'embuèrent même.

Berwald tomba à genou dans la neige et enlaça tendrement le garçon. Ernst, puisque tel était visiblement son prénom, ne desserrait ni les poings ni les dents. Il tentait de rester de marbre mais on le sentait résister à sa propre envie de relâcher la pression.

oOo

Berwald tendit une tasse de chocolat chaud à Ernst qui boudait encore. Ils se trouvaient tous à présent réunis dans le salon. Le feu crépitait de joie dans la cheminée et semblait répondre aux aboiements de Hanatamago qui sautillait partout, ravie d'avoir un autre invité en cette fin d'après-midi.

Peter détaillait avec une vive curiosité ce jeune garçon roux. Il avait un trait de peinture rouge sur la joue et Peter crut même au début qu'il s'était coupé.

- C'est de la peinture ! s'était énervé le jeune Ernst comme s'il répondait à une insulte

Lukas sirotait sa nouvelle tasse de café en silence. Berwald prit ensuite place, tenant lui-même un breuvage chaud entre les mains. Il demeurait cependant muet, incapable de prononcer un mot.

- Alors comme ça… t'es le fils biologique de papa ?

Ernst hésita mais finit par hocher brièvement la tête.

Peter se réjouit de s'être soudain découvert un frère.

- Pourquoi tu as embêté Peter ? demanda abruptement Berwald

Ernst resserra sa tasse. Il ouvrit la bouche et Peter se pencha un peu plus vers lui, avide d'entendre la voix de son demi-frère. Apparemment, il ne s'inquiétait plus du tout du fait qu'il avait eu une dure journée à cause de lui. Peter n'était décidément pas revanchard.

Ernst marmonna quelque chose si bas que personne ne comprit rien. Berwald sembla grogner et Ernst le prit comme une méchante remarque car il répéta bien plus véhément :

- J'ai dit que c'était parce que tu nous avais abandonnés moi et maman !

Berwald écarquilla légèrement les yeux.

- Mais… on avait divorcé.

- Oui, mais… t'es parti. T'es nul. Tu donnais même plus de nouvelles…

Berwald baissa la tête, un peu honteux. Et pour cause : Ernst n'avait pas tort. Il ne pouvait pas lui reprocher ça.

- Tu m'as oublié, balbutia Ernst si bas qu'on aurait pu se demander si c'était bien cela qu'il avait dit, c'est ce que maman m'a dit….

Cette déclaration glaça le sang de Berwald, car jamais, au grand jamais, il n'avait oublié son fils. Son ex-femme avait obtenu la garde de son fils un an avant qu'il ne quitte précipitamment la Suède avec Tino. Quand bien même Berwald et son ex-épouse s'était séparée sereinement, cette dernière n'avait cependant pas accepté qu'il parte ainsi aussi abruptement. Sans compter qu'il n'avait jamais révélé ses raisons : il valait mieux que le moins de monde possible soit au courant de sa découverte de fraude. Autant pour lui que pour les autres. Et il avait jugé à l'époque plus sage de disparaître de leur vie pendant quelques temps, chose que son ex-femme avait très mal digérée. Ernst était alors très jeune et elle se sentait démunie face aux questions de son fils. Elle avait donc déclaré que son père les avait abandonnés et oubliés. Lorsque quelques années plus tard, il avait voulu les recontacter, surtout Ernst, elle lui avait raccroché au nez.

- N'essaye même plus de nous joindre ! lui avait-elle hurlé dans l'oreille

C'est à ce moment-là qu'il avait commencé à se dire que son divorce n'avait peut-être pas été aussi rose qu'il l'avait imaginé. Peut-être même qu'elle avait découvert qu'il avait un nouveau compagnon et qu'elle l'avait mal pris.

Berwald observa son breuvage fumant et déglutit, ses interrogations de l'époque refaisant surface dans son esprit. Il sentit les larmes lui monter aux yeux en réalisant que son fils était bien là, face à lui, avec sa tignasse rousse qu'il n'avait pas vue depuis des années. Il inspira profondément pour contenir son émotion et demanda finalement à son fils biologique :

- Ta mère sait que tu es là ?

Ernst baissa les yeux. Berwald soupira légèrement.

- Je vais l'appeler pour la rassurer.

- Appelle-la sur son portable. On est à l'hôtel, marmonna Ernst entre ses dents

Alors qu'il se dirigeait vers le téléphone, Berwald parut un instant décontenancé. Et pour cause : qu'est-ce qui avait poussé son ex-femme à passer la frontière alors même qu'elle savait qu'il se trouvait là ? Sa rancœur s'était-elle amenuisée ?

Lukas aperçut le trouble dans le regard de Berwald et, tandis qu'il sirotait son café sans dire un mot, ne put s'empêcher de formuler son hypothèse dans sa tête. Sûrement que cette femme avait fait exprès de venir ici-même, trouvant un prétexte quelconque, dans l'espoir de réparer ses torts sans en porter la responsabilité.

- Il va dormir à la maison, dis ? demanda Peter enthousiaste

Lukas observa ce trio et soupira intérieurement. Les histoires de famille… la moitié des enquêtes à travers le monde avait un lien étroit avec un secret de famille, une mésentente, un quiproquo. Celle-ci ne faisait pas exception. Cet enfant, qui portait une grande rancœur, avait grandi avec une émotion si vive qu'il avait saisi la première occasion venu pour pourrir la vie de son père et celle de son fils adoptif dans l'espoir de reconquérir son affection paternelle.

Lukas sentit sa gorge sèche et avala précipitamment une gorgée brûlante de café.

Comme c'était stupide.


Rendez-vous dans l'affaire 10, mouahahahah !

Et donc vous l'aurez compris, Ernst n'est autre que Ladonia, en référence à un artiste ayant racheter l'œuvre de départ pour la protéger. J'aurais pu choisir Lars, vu que c'est le nom de l'artiste d'origine, mais je trouve que ça collait pas du tout à la tête de Ladonia...

Bref ! A la revoyure !