*joue le thème des Dents de la Mer*
L'AFFAIRE 10 EST LAAAA !
Et j'ai tant de choses à vous dire ! Enfin… peut-être pas tant que ça, mais bon, quand même.
200 REVIEWS ! On a dépassé les 200 reviews ! Vous y croyez vous ? Pas moi ! C'est dingue ! Bande de grands fous x) Je ne vous cesserai jamais de vous remercier pour toute l'attention que vous accordez à cette fanfiction ! Les favoris, les suivis, les commentaires, même les simples vues, ça m'émeut énormément ! J'avoue, je serais désormais bien incapable de citer tous les noms des personnes qui ont laissé une trace sur cette fic… honte sur moi OTL Mais j'envoie de l'amour et des cookies (dédicace à quelqu'un qui se reconnaîtra XD) à tous !
Par ailleurs, j'en profite pour répondre à LesSoeursNeko : merci beaucoup pour ton commentaire ! Il me touche énormément et je suis sincère : ça me fait très plaisir :) J'ai quand même des lecteurs fous, je trouve : deux jours pour tout lire ! O_O WTF ! Merci encore en tout cas ! o/
Et pour finir, comme vous l'avez peut-être vu sur mon profil ou mon Twitter, il y a quelques photos qui trainent et qui laissent entendre qu'un certain projet est en route x) J'ai hâte de pouvoir vous en apprendre plus ! Mais pour l'instant, je ferais des mystères ah ah !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 10 : Le sommeil du détective
Les rires d'enfant ont quelque chose de particulier. Quelque chose qu'on ne comprend pas toujours. Ou plutôt quelque chose qu'on a peut-être tout simplement oubliée. Les enfants ont ce petit plus qui rend leurs rires si spécifiques.
Fermez-les yeux et écoutez.
N'importe qui peut les entendre. N'importe qui peut les reconnaître. Mais qui serait à même de les définir proprement ? Ecoutez bien. Ces rires d'enfant sont uniques. Ils se répandent dans l'air dans une harmonie totale. Ils sont entiers, purs. Ils transcendent le langage. Ils sont une bouffée d'émotions positives qui vous prend aux tripes. Ils réveillent en vous des souvenirs lointains, enfouis dans votre subconscient.
Vous les entendez ?
Ces rires d'enfant sont l'expression même de l'innocence dans toute sa sincérité et la simplicité la plus candide.
Du sang.
Lukas observa ses mains couvertes de sang. Ses mains tremblaient sous le choc de la découverte. Il serrait les dents. Les yeux écarquillés, il observait, incrédule, ses mains couvertes de sang.
Jamais, au grand jamais, quelqu'un pouvait se targuer d'avoir un jour jamais vu le détective Lukas Bondevik dans un tel état de panique aussi apparent.
Car Lukas était bel et bien paniqué. Il avait la gorge nouée. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Il ne pouvait détacher son regard de ce sang. De ces mains qui étaient les siennes et qui étaient couvertes de sang. Il déglutit.
Comment ? Comment, quand et pourquoi ? Il ne savait pas.
Et il dut se répéter un nombre incalculable de fois ces quatre mots dans son esprit : il ne savait pas.
Figé dans sa stupeur, Lukas se révélait soudain incapable de réflexion sensée. Il ne comprit pas plus comment mais il eut soudain une décharge. Comme un électrochoc mais il était impossible de parler d'éclair de lucidité. Pour la simple et bonne raison que Lukas n'avait que très peu conscience de ses propres mouvements et pensées en l'instant présent.
Il rejeta les draps et se rua dans la salle de bain adjacente. Fébrile, il ouvrit le robinet à toute allure. Il plongea aussitôt ses mains sous l'eau glacée et les frotta vigoureusement l'une contre l'autre.
Tu es un monstre ! Rien qu'un monstre !
Lukas serra les dents encore plus lorsque, au bout de plusieurs minutes à se laver frénétiquement les mains, rien n'y faisait : le sang était toujours là.
Monstre ! Tu es un monstre, Lukas !
Il écarquilla les yeux une fois de plus et détailla, estomaqué, ses mains. Ces maudites mains étaient couvertes de sang. Et pourquoi ce sang ne voulait-il pas s'en aller ? Pourquoi ? Pourquoi ?! Il hurlait dans son propre esprit et contenait difficilement ses cris de rage interne, son visage déformé par l'angoisse. Lukas repassa ses mains sous l'eau plusieurs fois, mais rien. Rien que du sang et toujours du sang, tantôt écarlate, tantôt vermillon. Et cette voix qui hurlait dans son crâne. Cette voix qui ne voulait pas s'arrêter.
Lukas tomba à terre, les mains en l'air.
Il ne voulait pas être en contact avec ces mains sales. La question n'était même plus de savoir pourquoi il avait du sang sur les mains. Non, ça n'avait plus d'importance. Le sang était là à jamais.
Lukas se recroquevilla sur lui-même, et, les dents toujours serrées, tenta de réprimer dans un ultime effort les larmes qui lui montaient aux yeux. Mais, elles, ces infâmes créatures, n'en avaient que faire. Et elles se mirent à ruisseler diaboliquement sur les joues du détective.
Oh, oui. Pour sûr, personne n'avait jamais vu Lukas Bondevik, le meilleur détective privé d'Oslo, dans cet état.
oOo
Il était 5h30 quand le réveil se mit à sonner dans la chambre d'ami, qui n'avait depuis maintenant un an et quelques mois plus lieu d'être nommée ainsi. Mathias émergea de sous les couvertures et appuya d'une main molle sur le réveil. Il se tourna et demeura quelques minutes encore dans le confort de son lit avant de lâcher un bâillement démesuré. Il tendit enfin un pied, puis l'autre, et se laissa finalement coulé sur le parquet qui craqua légèrement lorsqu'il se redressa.
Quoique « se redresser » fut un bien grand mot quand on voyait Mathias, les pieds vaguement enfoncés dans ses pantoufles, le dos voûté, se diriger vers la porte.
Voici trois mois qu'il officiait comme surveillant au collège Ellingsrud. Le fait était que, quand bien même il appréciait les élèves et leur compagnie, l'établissement se trouvait à l'autre bout de la ville. Ce n'était pas faute d'être matinal pourtant.
Mathias bailla une nouvelle fois tandis qu'il descendait en quête d'un solide petit-déjeuner. Alors qu'il traversait à moitié éveillé le premier étage, il perçut inconsciemment une forme incongrue sur le carrelage de la salle de bain. Cependant, le temps que son cerveau réagisse, Mathias avait déjà posé le pied sur une marche et s'apprêtait à poser le second. Aussi, lorsqu'il percuta qu'il y avait quelque chose d'anormal, il voulut aussitôt faire demi-tour et faillit simplement se casser la figure. Heureusement, il se rattrapa de justesse à la rampe. Puis, il se rua dans la salle de bain, les sens soudain en alerte.
- Lukas ? s'exclama-t-il
Il s'agenouilla auprès de la silhouette du détective privé qui était recroquevillé sur le sol, la tête dans les genoux, les mains curieusement tenues le plus éloigné possible du reste du corps.
Mathias n'osa d'abord pas toucher Lukas. Il ne savait pas si ce dernier dormait, s'il lui était arrivé quelque chose (sa blessure par balle qui se serait rouverte ? pensa-t-il avec horreur) ou s'il faisait la sourde-oreille. Par mesure de sécurité, il répéta deux-trois fois son nom.
Finalement, Lukas releva la tête, l'œil brumeux. Mathias remarqua alors les yeux bouffis et quelque chose de sec sur les joues comme… des sillons de larmes asséchées ? Il n'y croyait pas tant cela lui semblait irréel. Lukas regardait clairement dans le vague. Mathias apposa une main sur l'épaule de son colocataire. Celui-ci ne réagit pas.
- Lukas, est-ce que ça va ?
Lukas ne répondit pas. Il observait ses mains et Mathias aurait pu jurer que le détective éprouvait quelque part du dégoût à leur vue. Il ne comprenait décidément rien à ce qui se passait derrière les orbes indigo bientôt exorbitées. La bouche de Lukas se déforma en une horrible grimace. Toujours aussi incrédule, Mathias vit apparaître des gouttes au coin des yeux de son colocataire.
Chose parfaitement inconcevable !
A dire vrai, Lukas se releva si brusquement que Mathias n'était déjà plus sûr de ce qu'il croyait avoir vu. C'était tellement fugace et surprenant.
Mathias vint aider Lukas lorsqu'il l'aperçut chanceler.
- Tu… tu es malade ?
Lukas ne répondit pas, se dégageant simplement de Mathias. Mais celui-ci ne comptait pas le laisser. Il raffermit sa prise sur ses épaules et l'assista tandis que Lukas tentait visiblement de rejoindre sa chambre.
- Tu ne te sens pas bien, c'est ça ?
Il porta sa main au front de Lukas qui la repoussa aussitôt. Arrivés devant la chambre, il s'arrêta sur le pas de la porte et déclara d'une voix on-ne-peut-plus monocorde :
- J'ai mal dormi. C'est tout.
Cependant, cela ne rassura pas plus que cela Mathias. Il enchaîna alors les questions :
- Tu veux que je reste à la maison aujourd'hui ? Tu veux que je t'amène quelque chose ? Tu veux que je passe à la pharmacie ?
Lukas agrippa la poignée de la porte et soupira profondément. Il porta une main à son front.
- Rien. J'ai juste mal dormi.
Et il ferma la porte, la claquant légèrement.
Mathias demeura un instant devant, la bouche légèrement entrouverte. Ce qui venait de se dérouler tourna en boucle dans son esprit : Lukas sur le carrelage, les yeux bouffis, la démarche chancelante. Il pressentait quelque chose de grave. Malheureusement, il ne pouvait rien faire pour l'heure. Il hésita à toquer mais il était certain que Lukas ne répondrait pas, ou alors tout au plus pour donner une réponse ferme et négative.
Mathias soupira et passa une main dans ses cheveux. Il ne pourrait jamais venir autant qu'il le voudrait en aide à Lukas si celui-ci lui fermait toujours sa porte. Aussi bien au figuré que littéralement. Mathias délaissa finalement Lukas pour aller prendre son petit-déjeuner. Il sursauta à moitié en constatant sur l'horloge du hall d'entrée qu'il ne lui restait déjà plus qu'une demi-heure pour se préparer.
- Oh, putain !
oOo
Après avoir refermé la porte de sa chambre, Lukas s'était laissé couler contre le panneau. Il jeta un coup d'œil à ses mains. Puis, il rejeta la tête en arrière, ferma les yeux et inspira profondément.
Il regrettait déjà que Mathias l'ait surpris dans cet état. Non pas qu'il ressente une once de culpabilité face à l'inquiétude qu'il avait créée chez Mathias. Non, ça, il en était inconscient. Ou plutôt, il ne voulait pas en être conscient. Il n'y avait jamais eu qu'une seule personne au monde pour s'inquiéter de lui. Il ne pouvait pas y en avoir d'autres. En revanche, il avait honte de s'être montré faible devant Mathias. Son colocataire n'avait pas à connaître ses blessures.
Lukas attendit d'entendre le craquement des marches de l'escalier sous les pas de Mathias. Il ouvrit de nouveau les yeux et contempla, le regard vague, sa chambre rendue mordorée par l'éclat du Soleil qui se levait timidement. Son antre était ensevelie sous les journaux, les magazines, les livres, tout un bazar dans lequel Lukas se sentait bien.
Son regard se posa sur une boîte de rangement. Il se leva et alla l'extraire de l'étagère sur laquelle elle était posée. Elle était recouverte d'une légère couche de poussière dont Lukas ne se préoccupa nullement. Il se laissa tomber dans son ancien fauteuil. Il avait consenti à en prendre un neuf pour le salon mais avait tout de même gardé l'ancien dans sa chambre. Il était trop chargé de souvenirs pour accepter de s'en défaire.
Lukas ouvrit la boîte et en extirpa un cahier aux feuilles jaunies quoique bien conservées. Il l'ouvrit précautionneusement et commença sa lecture à la première page. Son visage se détendit peu à peu et même un sourire vint se dessiner sur son visage.
oOo
Mathias se hâta de se laver les dents. Au moment où il se précipita en dehors de la salle de bain, il manqua de percuter un zombie. Il comprit cependant rapidement que ce n'était rien de plus qu'Emil venant de se lever, l'œil brumeux et les cheveux en bataille.
- Salut, Emil !
Emil marmonna de brèves salutations avant de s'enfermer dans la salle de bain.
- Passe une bonne journée ! lui cria tout de même Mathias
Il dévala les escaliers. Devant la porte de la chambre de Lukas, toujours fermée, il s'arrêta néanmoins. Le regard fixé sur le panneau de bois, il s'interrogea. Peut-être Lukas s'était-il recouché ? Et s'il était malade et n'osait pas le dire ? Il ne pouvait quand même pas partir au travail et le laisser seul. Il préféra donc vérifier l'état de Lukas. Il hésita puis toqua un petit coup à la porte, ayant peur de le réveiller s'il s'était endormi.
Silence complet de l'autre côté.
Lukas devait donc s'être bel et bien endormi. Et s'il avait de la fièvre ? S'il était incapable de répondre ? Non, Mathias devait définitivement en avoir le cœur net. Il attrapa la poignée et l'abaissa doucement. Il entrebâilla très légèrement la porte, juste ce qu'il fallait pour jeter un coup d'œil. Il aperçut alors la silhouette de son acolyte avachi dans un fauteuil, la tête bizarrement penchée sur le côté.
Mathias étouffa un petit rire et pénétra silencieusement dans la pièce. Ainsi donc, le grand détective privé s'était endormi dans son fauteuil. En pleine lecture, apparemment, constata Mathias en s'avançant doucement. Il se demanda un instant ce qu'il devait faire. Il devait se rendre au travail mais ne se voyait pas laisser Lukas ainsi. Pourtant, il était certain qu'il l'aurait renvoyé dehors s'il avait su qu'il avait osé pénétrer dans son repère.
Pendant qu'il s'interrogeait, il observait le détective endormi. Il avait un air beaucoup plus tendre que lorsqu'il était réveillé. Il émanait de lui quelque chose de plus détendu, de plus sensible. Sans sa pince, ses cheveux blonds tombaient sur ses yeux clos. Mathias se fit la réflexion qu'il n'avait pas souvenir avoir vu un jour Lukas sans sa pince. Ses yeux se posèrent sur le cahier ouvert au tiers sur les genoux de Lukas. Ne voulant pas le réveiller, il n'osa pas tenter de le lui prendre. Il tourna alors la tête à s'en arracher le cou et décrypta l'écriture manuscrite à la faible lueur du jour.
« 25 juin 1996, Lukas m'a parlé ! Après trois mois de mutisme complet, Lukas m'a parlé ! Bon, ce n'est pas comme si nous avions discuté mais il a répondu à ma question par une phrase complète. Ce soir, nous étions tous seuls et je voulais savoir ce qu'il voulait manger. Il a d'abord haussé les épaules, c'est vrai. Mais j'ai insisté. Et je recopie très exactement sa réponse : « Je ne sais pas, ce que tu veux. » ah ! c'est magnifique ! J'en avais les larmes… »
Et Mathias ne pouvait pas voir la suite. Mais rien que ce petit paragraphe l'intriguait déjà beaucoup. Lukas s'était endormi en lisant le journal intime de… d'un parent sûrement ? Son père ? Sa mère ? Son oncle ? Sa tante ? Un frère aîné ? en vint-il même à se demander. Il réalisa qu'il ne connaissait vraiment rien de la vie de Lukas. Il leva les yeux vers le visage assoupi du détective et c'était comme s'il le découvrait enveloppé d'un épais voile de mystères. Qui était l'auteur de ce journal ? Où était cette personne à présent ? Qu'évoquaient à Lukas ces souvenirs consignés dans une écriture ronde ? Sûrement de bonnes choses puisqu'il s'était calmement endormi. Ou bien avaient-ils une part de responsabilité dans la nuit agitée qu'il avait vraisemblablement passé ?
Mathias ne décrocha pas son regard du détective dormant. Quand celui-ci frémit dans son sommeil et expira, Mathias se carapata vite fait hors de la chambre, ne voulant pas le moins de monde se retrouver nez à nez avec la colère de Lukas s'il le découvrait dans sa chambre.
Il jeta un coup d'œil à son portable : il allait définitivement se mettre en retard. Un peu à contre cœur, il referma silencieusement la porte des mystères qui entourait Lukas.
Affaire à suivre…
