Bonjour à tous /o/

Quel temps pourri !

Désolée, fallait que ça sorte quelque part XD Dans mon coin tout du moins, le temps est exécrable et je ne sais même plus quand allumer la lumière ou pas tellement ça change d'un instant à l'autre. Chose très pratique lorsqu'on est en pleine activité minutieuse…

Bref !

Je ne trouve plus les mots à force mais j'ai été comblée de joie ? Euphorique ? Je jubilais aussi peut-être ? En tout cas, j'ai été complètement retournée (?) en lisant vos commentaires et autres. Je vous envoie des camions de cœur à chacun d'entre vous !

Et comme d'hab', j'en profite pour répondre aux guests ;)

Guest (1) : ah ah ! tout le monde me parle de MacBeth, c'est marrant ! Parce qu'au final, même si je connais en effet, je ne l'avais pas du tout en tête au moment de l'écrire XD Je n'avais que l'expression « Avoir du sang sur les mains » sur le moment. Mais peut-être l'expression vient-elle de là, qui sait :) Merci pour ta review et pour le compliment ;)

Guest (2) : Tu n'as aucune honte à avoir ! Il n'y a aucune obligation quant à laisser une review. Si tu prends du plaisir à lire, c'est le plus important à mes yeux o/ (évidemment, un commentaire fait toujours plaisir, mais je ne suis pas du genre à accuser les gens de ne pas m'en envoyer). Ah, le passé de Mathias ! On m'en parle beaucoup, mais comme le dit le proverbe : « tout vient à point à qui sait attendre. » En tout cas, merci pour ton commentaire et j'espère ne pas te décevoir par la suite o/ (j'aimerais mieux ne décevoir personne à dire vrai XD)

LesSoeursNeko : Ah ah XD Je serais curieuse de connaître tes hypothèses sur le passé de Lukas, si tu en as x) Merci pour cette review ;)

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 10 : L'étrange comportement de Lukas

La matinée était bien avancée lorsque Lukas fut tiré de son sommeil profond par la vive lumière printanière qui s'engouffrait dans sa chambre, éblouissant son visage. En se redressant dans son fauteuil, le journal glissa de ses genoux et tomba par terre. Il le ramassa, lissa les pages avant de le refermer et de le ranger soigneusement dans la boîte. Il replaça celle-ci à son exacte place dans la bibliothèque, puis s'étira.

Il avait réussi à rattraper sa nuit tourmentée par quelques heures dans son fauteuil. Mais maintenant, son dos s'en plaignait. Il demeura un long moment debout dans sa chambre, les yeux clos à écouter les bruits alentours. Il percevait seulement la faible rumeur de la ville, quelques gazouillis d'oiseaux au dehors, mais rien d'autre. Son petit frère avait dû partir pour l'université. Quant à Mathias, il devait être au travail.

Lukas se tourna vers son réveil : midi. Encore heureux qu'il n'ait rien de prévu aujourd'hui. Aucune répétition ni aucun engagement. Pourtant, une bonne enquête pour lui changer les idées aurait été la bienvenue.

A la place, il alla prendre une douche. Sous l'eau brûlante, il laissa son front reposer contre les carreaux. Cette nuit avait été plus qu'éprouvante. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas été envahi par son passé. Qu'est-ce qui avait bien pu déclencher ces réminiscences ? Comme d'habitude, Lukas avait besoin de tout assimiler, de tout analyser, de réfléchir au pourquoi du comment. Il ne supportait pas de ne pas comprendre. Sans compter qu'il considérait sincèrement son génie capable de tout.

Alors pourquoi maintenant ?

Il ne croyait pas au destin. Ce n'était qu'une pathétique excuse, un prétexte pour se décharger de ses responsabilités. Cette nuit tortueuse avait forcément été déclenchée par quelque chose. Lukas farfouilla les évènements des derniers mois.

Tu n'es qu'un petit imbécile ! Tu as tout détruit ! C'est de ta faute ! Tu entends ?!

Lukas serra le poing sous la douche. Qu'on le laisse réfléchir en paix. Il n'avait pas besoin de se souvenir de ces bêtises.

Il sortit de la douche et s'enveloppa dans une serviette. Il contempla vaguement son reflet dans le miroir, passa une main sur son menton puis attrapa le rasoir.

Depuis février dernier, depuis qu'il avait aidé Berwald et Peter à résoudre l'affaire du corbeau, il n'avait pas reçu d'autres requêtes. Tout ce qui l'avait occupé depuis deux mois, c'était un concert et la voisine qui était une fois de plus venu requérir son aide pour retrouver son chat.

Ce fut donc tout naturellement qu'il repensa à Berwald et ses deux fils, l'un adoptif (Peter) et l'autre biologique (Ernst). L'amertume de l'abandon, l'amertume de se voir remplacer. Ces sentiments qui avaient découlés de sa brève rencontre avec le jeune Ernst avait-il éveillé en lui des souvenirs obscurs ?

Peut-être bien, se dit-il finalement en observant son menton désormais parfaitement lisse dans le miroir.

Lukas soupira puis alla s'habiller. Il descendit déjeuner par la suite. Cependant, une fois devant le frigo, il ne se trouva aucun appétit. A dire vrai, il ne se sentait pas de déjeuner seul dans la grande maison aujourd'hui.

A la place, il décrocha le téléphone et composa machinalement un numéro que ses doigts connaissaient par cœur. Cinq tonalités après, on décrocha.

- C'est moi. Oui, je sais… c'est rare... Ah bon ? Tant que ça ? Ah. Et comment allez-vous ?... hum, hum… oui, heureusement que le beau temps est revenu… la routine… Oui, il est toujours là.

Lukas passa un doigt sur la table basse sur laquelle reposait le téléphone. Pas un seul grain de poussière. Mathias tenait toujours donc la maison bien propre. Lui ne s'en préoccupait pas beaucoup. Trop fatigant.

Son interlocuteur sembla lui poser une question incongrue car Lukas fronça légèrement les sourcils.

- Quoi ? « Pourquoi ? »

Il soupira.

- Je ne sais pas… Non, il n'a rien de particulier… Enfin, peut-être… Ecoute, je ne veux pas parler de ça. On y trouve tous notre compte. Pas la peine d'en parler.

Lukas croisa les bras et s'assit sur le rebord de la fenêtre à baie. Il fixait ses pantoufles sans les voir, écoutant son interlocuteur.

- Non, pour rien en particulier. Je voulais juste…prendre de vos nouvelles.

Lukas grimaça comme s'il avait dit quelque chose d'interdit.

- Oui… oui, je vais vous laisser. Oui… au revoir.

Il raccrocha et tourna plusieurs fois le téléphone dans sa main, observant le hall d'entrée. Il souffla finalement puis alla reposer le combiné sur son socle. Il se rendit à l'étage pour prendre son violon puis redescendit. Il attrapa sa veste, son portefeuille, ses clés et quitta la maison, trop oppressive à son goût.

Il coupa quelques rues avant d'arriver dans un petit centre-ville de quartier où il trouverait bien un resto ou une brasserie dans laquelle se poser pour déjeuner vite fait. Il rejoindrait ensuite le parc où il passerait l'après-midi à jouer du violon au grand air pour se défaire de ce sentiment d'étouffement.

oOo

Le soir, lorsque Lukas rentra après des heures à jouer sous le Soleil et l'oreille attentive des passants, quand bien même il n'en avait rien à faire, et après avoir longé les quais à la recherche de la brise marine du fjord, il se retrouva nez à nez avec Mathias qui rentrait du travail.

- Bonne journée ? demanda ce dernier en laissant Lukas passer le portillon de fer forgé le premier

- Oui.

- Pfiou ! Moi, ils m'en font voir de toutes les couleurs ! Surtout Peter et ses amis. Tout ça parce qu'il sait comment je suis. Ah, sacré gosse, ce p'tit !

Lukas passa la clé dans la serrure mais se rendit compte que c'était inutile : son petit frère était déjà rentré.

- Tu avais une répèt' ? demanda Mathias en voyant l'étui à violon

- Non.

Avant que Mathias ne puisse lui poser d'autres questions totalement futiles, Lukas gravit les marches quatre à quatre. Dans le hall, Mathias inspira profondément.

Enfin bon ! Qu'importe, Lukas semblait au moins reposé. C'était le principal, se convint-il

Il alla déposer ses affaires dans sa chambre, aperçut Emil qu'il salua rapidement, sachant pertinemment que le jeune homme lui répondrait tout aussi brièvement, concentré comme il était dans son jeu vidéo de Dragon Age.

En redescendant, il aperçut Lukas debout au milieu du salon, son violon à la main. Il détaillait le sol. Ou peut-être bien qu'il était perdu dans ses réflexions. Mathias lui trouvait un air étrange. Ce n'était pas son genre de rêvasser, de se perdre dans ses pensées, planté comme un piquet au milieu de la pièce. Lukas lui était toujours apparu comme un homme sûr de lui, qui réfléchissait avec assurance et détermination, qui savait où il allait. Pourtant, Mathias avait l'impression d'avoir sous les yeux un homme absent.

Mathias fit un pas dans la pièce.

- Lukas ?

Celui-ci releva brusquement la tête et dévisagea Mathias pendant quelques secondes, comme s'il venait de le prendre sur le fait de quelque chose de honteux. Mathias fronça les sourcils.

- ça va ? Je te trouve bizarre depuis ce matin.

Lukas demeura silencieux, son regard rivé sur Mathias, impassible.

- Tu… tu es sûr que tu as passé une bonne journée ?

Lukas cligna des yeux. Il sortit finalement de ses pensées et sembla se rendre compte de la présence de Mathias. Il attrapa son violon et le cala contre son épaule.

- Je t'ai dit que oui.

Mathias s'avança vers lui et posa une main sur le manche de l'instrument. Il commençait sérieusement à s'inquiéter. Il poserait ses questions il avait besoin de savoir.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé cette nuit ?

- J'ai mal dormi.

- C'est ce que tu m'as sorti ce matin, mais sérieusement, c'était quoi ? De la fièvre ? Un cauchemar ? Y a pas à avoir honte de faire encore des cauchemars, tu sais, ça arrive à tout le monde.

- Lâche mon violon.

- Réponds-moi d'abord s'il te plaît. Ça te fera du bien d'en parler !

- Je n'ai pas besoin d'en parler parce qu'il n'y a rien à dire. Maintenant, lâche mon violon.

Mais Mathias était bien décidé à savoir. Pourtant, face à l'air fermé de Lukas que pouvait-il faire ? Il savait bien, maintenant qu'il avait vécu plus d'un an avec le détective, que s'il avait décidé de ne rien dire, il ne dirait rien. Il ne voulait pas se trahir lui-même en lui demandant pour le journal mais il pensait sincèrement que ça avait un lien.

Ils se jaugèrent du regard, le visage à quelques centimètres l'un de l'autre. Mais finalement Mathias céda et retira sa main du violon. Il soupira profondément et posa les mains sur les hanches.

- Vraiment Lukas, je m'inquiète, tu sais.

Mathias n'était pas sûr mais il semblait avoir vu Lukas contenir une grimace. Il était sincère pourtant. Il appréciait son colocataire, qu'il jugeait d'ailleurs plus que cela. Il se désolait cependant toujours de voir combien ce sentiment n'était pas réciproque.

Comme Lukas demeurait parfaitement stoïque, Mathias se résigna finalement à quitter la pièce. Il s'arrêta une dernière fois sur le pas de la porte et lança à tout hasard :

- Qu'est-ce que tu veux manger ce soir ?

Il observa Lukas du coin de l'œil hausser les épaules.

- Je ne sais pas, ce que tu veux.

Et le violoniste déposa son archet sur les cordes. Les premières notes, languissantes et presque angoissantes, s'emparèrent du salon. Mathias quitta les lieux avec un petit sourire en coin. Pour une raison obscure, il se sentait proche de l'auteur du journal.

oOo

Après le dîner, Emil remonta dans sa chambre pour une soirée détente en compagnie de Jia Long qu'il retrouverait sur Minecraft. Mathias s'était affalé dans le canapé et zappait distraitement. Lukas ne tarda pas à remonter avec une tasse fumante en main.

- Un café à cette heure-ci ? ne put s'empêcher de relever Mathias

- C'est un chocolat chaud.

- Sérieux ?

Mathias se redressa dans le canapé. Voilà encore une chose bien étrange. Depuis quand Lukas, l'adepte du café noir, prenait-il autre chose comme boisson chaude ?

Lukas s'installa sur le canapé sans un mot et réclama la télécommande d'une main tendue. Mathias la lui confia. De toute façon, ce n'est pas comme s'il regardait quelque chose en particulier. Toujours curieux, il tenta une nouvelle approche tandis que Lukas faisait défiler les différentes chaînes :

- T'as toujours vécu ici ?

- Oui.

- Dans cette maison, je veux dire.

- Oui.

- Bah dis donc ! ça doit être sacrément chargé de souvenirs pour toi dans ce cas !

Lukas ne jugea apparemment pas utile de répondre et demeura donc silencieux. Mathias s'agita sur son coin de canapé.

- Je vais peut-être me faire un chocolat chaud moi aussi. Ça fait longtemps que j'en ai pas bu. La dernière fois, je devais être encore un gosse. Toi aussi, tu buvais du chocolat chaud quand tu étais gosse ?

Lukas ne daigna pas lui répondre.

- Tous les gosses devaient en boire, tu vas me dire, souffla Mathias désespéré de devoir faire la conversation tout seul

- Oui, j'en buvais.

Mathias releva la tête, surpris d'obtenir finalement une réponse de la part de Lukas. Ce dernier se tourna vers lui et le scruta de son regard inexpressif :

- Et donc ? Où cela t'amène-t-il ? Quelle conclusion tires-tu de cette question stupide ? Que j'ai été élevé comme tous les autres enfants ? Cette simple affirmation crée-t-elle un lien entre nous assez fort pour que je me confie à toi ? Parce qu'il s'agit bien de cela, n'est-ce pas ? De confidence. Tu n'attends de moi depuis ce matin qu'une seule chose : que j'assouvisse ta curiosité vis-à-vis de ma personne, que tu te sentes important, essentiel. Il n'en est rien. Je ne ressens pas le besoin de me confier.

Il y eut un instant de flottement pendant lequel Mathias dévisagea Lukas. Savait-il qu'il l'avait observé ce matin, alors qu'il dormait, un vieux journal intime ouvert sur les genoux ? Non, il le lui aurait déjà fait remarquer. Néanmoins, ses mots lui avaient transpercé le cœur. Peut-être bien qu'il souhaitait assouvir sa curiosité mais il était sincère quand il disait s'inquiéter pour Lukas. Après tout, c'était son acolyte et ils vivaient sous le même toit.

Mathias ne put s'empêcher de rire pour détendre l'atmosphère. Il passa une main dans ses cheveux.

- Non mais c'était juste pour taper la conversation, tu sais. Vu que y a rien à la télé…

Il désigna l'écran d'un geste désinvolte avant de croiser paresseusement les jambes. Le regard de Lukas se tourna vers la télé. C'est alors que Mathias le vit écarquiller les yeux et renverser sa tasse de chocolat chaud.

- Le docteur Ragnor Knutsen, 74 ans, a été retrouvé mort dans une ruelle non loin des berges de l'Akerselva dans le quartier d'Ila, annonça le journaliste aux téléspectateurs, la police a déclaré qu'il s'agissait sans conteste d'un meurtre.

Mathias était si surpris de la réaction de Lukas, lui-même surpris de ce qu'il venait d'apprendre, que ni l'un ni l'autre ne prêta attention au chocolat chaud qui s'étalait sur le parquet pour venir lécher le tapis.

- Lukas, qu'est-ce qu…

Mais Lukas s'était brusquement levé et était parti s'enfermer dans sa chambre en claquant la porte. Mathias regarda tour à tour la télévision, où les informations du soir défilaient encore, et la porte close menant à la chambre de Lukas.

Mathias ne l'avait jamais vu réagir ainsi. Il ne l'avait jamais vu aussi expressif. Mais ce qui le laissait le plus pantois était sans nul doute cette expression furieuse et déterminée.

Que se passait-il donc dans la tête de Lukas ?


Affaire à suivre…