Bonjour !

Ah ! Enfin un temps estival ! Parfait pour tout ceux qui viennent de terminer leurs épreuves de Bac et leurs exams et tout et tout, n'est-ce pas ? Bravo à vous tous ! Des bisous ! Je vais éviter de prier pour la canicule par contre, parce que bon entre un tournage et la JE, j'aimerais éviter de dégouliner de partout ! XD

Oui, parce que, en effet, c'est a priori cette semaine qu'on tourne pour la petite surprise qui mijote depuis quelques 6 mois maintenant 8D (voire plus, techniquement, j'ai commencé à m'y mettre en novembre). Mais de quoi parles-t-elle ? se diront certains. Ceux qui me suivent sur Twitter ont déjà dû flairer l'affaire (et en effet, il s'agit bien d'une affaire), tout comme peut-être ceux qui passent sur mon profil. Je peux désormais l'annoncer officiellement : le Sherlock Holmes d'Oslo va prendre vie dans un spin-off ! /o/ Le tournage aura lieu cette semaine et le montage cet été !

LesSoeursNeko : Oui ! J'avoue, c'est le genre de petits détails auquel on pense rarement quand on créé une histoire mais, perso, j'affectionne ces petits gestes du quotidien qui donne de la crédibilité selon moi. Ah ah ! Merci pour ton commentaire XD

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 10 : Surprises

Elle s'agenouilla près de lui et plongea son regard dans le sien. Leurs iris se reflétaient l'un dans l'autre, partageant une similitude sidérante.

- Dis, tu veux voir ?

Sa voix trahissait un sentiment presque imperceptible de tristesse. Comme si elle n'avait jamais voulu en arriver là. Pourtant, elle affichait un grand sourire rassurant.

- Il faut que tu vois, conclut-elle finalement peut-être plus pour elle-même que pour lui

Lui ne disait pas un mot mais souriait aussi. Ils partageaient bien plus qu'une ressemblance physique. Et lui, il ne s'imaginait pas communiquer autrement avec elle que par des sourires et des regards. Cependant, son sourire n'était cette fois-ci qu'un pâle reflet de ce qu'il voyait. Parce que ce qu'il ressentait au fond était une sensation d'inquiétude. Quelque chose d'inhabituel allait se produire sans qu'il puisse imaginer quoi. Alors, il la détaillait, tout en gardant son sourire collé aux lèvres.

Elle se releva et attrapa le bas gauche du pull qu'elle portait. Elle commença à le soulever légèrement.

- Tu es prêt ?

Il ne comprenait pas mais percevait un sanglot dans sa voix. Pourquoi ? Pourquoi souriait-elle mais parlait-elle ainsi ? Il commençait à perdre son sourire à mesure qu'il prenait conscience que quelque chose de singulier allait se produire.

Brusquement, elle souleva son pull pour dévoiler son flanc gauche.

Il observa ce qu'elle lui montrait mais il ne comprenait toujours pas où elle voulait en venir. Que devait-il voir ? Pour quoi devait-il être prêt ? Il ne trouva dans ce flanc aucune réponse. L'épiderme était propre, sans aucune égratignure, aucun grain de beauté, aucun hématome. Rien de particulier à ses yeux. Il avait juste envie de coller sa joue contre son flanc comme il le faisait d'ordinaire, en quête de tendresse et d'une étreinte.

Il fit un pas en avant, se laissant aller à son envie, mais se reprit finalement.

Quelque chose clochait. Il le sentait sans pour autant être capable de discerner de quoi il s'agissait.

- Tu trouves ça moche, hein ?

Il leva timidement les yeux vers elle. Elle fronçait les sourcils et son sourire s'était retourné. Plus aucune douceur n'émanait d'elle. Son poing se contractait sur son pull. Elle semblait le toiser, lui qui était si petit. Il cherchait dans son regard une réponse. Comme d'habitude. Mais pour la première fois, il n'y trouva aucune réponse. C'était comme un mur qui s'était brusquement érigé entre eux. Il ne comprenait pas qui était la personne en face de lui et se demanda soudain où était passé sa mère.

Il détourna la tête pour jeter un coup d'œil à la pièce. Peut-être était-elle partie lorsqu'il avait regardé ce flanc si propre. Peut-être l'avait-elle abandonné. Il la chercha des yeux.

Elle attrapa son visage de sa main libre et le força à la regarder en face. Il y avait quelque chose d'extrêmement paradoxal dans son geste : violence et tendresse se disputaient les doigts fins appuyés contre les joues encore pouponnes.

- Cette peau est moche. Pas vrai ? Il n'y a rien de plus hideux que cette peau morte, cracha-t-elle

Il n'osait pas détacher son regard de son visage. Celui-ci s'était durci et semblait dégoûté de devoir parler de cette chair putréfiée. Pourtant, à ses yeux, cette peau était parfaitement normale. Il tendit une petite main et la posa sur le flanc. Cette peau était douce et délicate, comme l'avait toujours était la peau de sa mère.

Elle abaissa brusquement son pull.

- Et encore, je t'ai montré le moins écœurant.

Il n'osait rien dire ni faire le moindre geste de peur de la contrarier. Il sentit ses jambes trembler un peu.

Puis, elle relâcha soudain son emprise sur ses joues. Elle s'affala par terre et l'enlaça précipitamment, l'écrasant contre elle, si abruptement qu'il étouffa un hoquet de surprise. Elle lui agrippa le dos et la tête comme pour s'assurer qu'il était bien là.

- Je suis désolée, sanglota-t-elle, tu n'aurais jamais dû voir ça.

Il ne comprenait toujours pas ce qu'il n'aurait pas dû voir. En revanche, il était content d'avoir retrouvé sa mère. La personne qui le tenait dans ses bras, c'était bien elle. C'était bien sa mère. Il n'avait pas compris ce qui s'était passé. Mais elle était là désormais, et c'est tout ce qui importait. Il l'enlaça en retour tandis qu'un sourire fleurissait sur ses lèvres d'enfant.

Lukas ouvrit péniblement les yeux. Il avait mal au cou, au bras droit, à la mâchoire et se sentait de manière générale engourdie. Il se rendit compte que son bras gauche pendait dans le vide. Il se redressa sur sa chaise et se frotta les yeux. Devant lui s'étalaient des feuilles sur lesquelles il n'avait cessé de griffonner des notes, de vieux journaux étaient dispersés et l'écran noir de son ordinateur qui s'était mis en veille lui faisait face. Il avait passé la nuit à se documenter, à fouiller le net et s'était finalement endormi sur son bureau.

Il repensa à la nouvelle de la veille : le docteur Knutsen mort assassiné…

Lukas se sentait grandement abattu mais peut-être pas pour les raisons qu'on soupçonnait. Il balança sa tête en arrière sur sa chaise de bureau et posa une main sur ses yeux, comme pour s'offrir une barrière de protection face à la réalité. Il ne voulait pas voir en cette nouvelle un mauvais présage mais les informations qu'il avait pu rassembler ne laissait guère envisager de bonnes choses. Et ce rêve. Pourquoi rêver de souvenirs ? Oh, il avait bien un semblant de réponse, bien qu'il ne soit pas neurologue ou psychologue, mais le fait est qu'il n'avait pas besoin de ça maintenant.

Lukas soupira profondément. Il ne savait pas quelle heure il était, juste qu'il faisait jour, mais vu l'éclairement de la pièce, il ne douta pas que la matinée était déjà bien avancée.

Il n'aurait pas dû s'arrêter. Ce n'était que du temps de perdu. Pour l'heure, il avait besoin d'un café. Bien fort. Et d'ouvrir les rideaux et les fenêtres, que la brise osloïte l'envahisse pour favoriser son élan cérébral. Il se leva et sortit de sa chambre.

Au rez-de-chaussée, il trouva Emil qui finissait de déjeuner en vitesse avant d'aller en cours. Il était en train de mettre son assiette et ses couverts à laver quand Lukas pénétra dans la pièce.

- Salut. Tu fais une de ces têtes de déterrés, lui déclara son petit frère sans détour

Lukas lui répondit à peine, ébloui par la clarté de la pièce. Il se rua sur la machine à café, la mit en marche et se laissa tomber sur un tabouret. Les coudes sur la table, il se plaqua les mains sur le visage dans l'espoir d'éveiller son esprit embrumé. Il avait besoin de pouvoir pleinement réfléchir.

Emil haussa un sourcil intrigué.

- Je veux pas paraître chiant à t'embêter avec ça mais… Mathias a pas tort quand il dit qu'il te trouve bizarre. Je peux comprendre qu'il s'inquiète. Même si c'est super gonflant parce qu'il arrête pas de m'en parler du coup, marmonna-t-il à demi-voix en se cherchant un encas pour tenir l'après-midi de cours.

- Tu ne m'embêtes pas. Je suis très touché que mon petit frère s'inquiète pour moi.

- J'ai jamais dit que je m'inquiétais. J'ai dit que je te trouvais bizarre moi aussi.

Lukas esquissa un très léger sourire. Mais les mains qu'il gardait fixées sur son visage le cachaient de toute incursion.

Emil était finalement tombé sur un paquet de biscuits. Les gouttes de café noir tombaient une à une dans le pichet. Avant de sortir de la pièce, Emil demanda :

- Tu enquête sur quelque chose ?

- Oui.

Ce qui était parfaitement vrai, quoique peut-être un peu éloigné de l'entière vérité. Mais la réponse sembla satisfaire son frère qui quitta la pièce.

Lukas y repensa : il enquêtait sur la mort du docteur Knutsen… Bon sang, le docteur Knutsen…

Pendant ce temps, Emil remonta dans sa chambre, attrapa son sac à la volée et fourra ses affaires dedans avant de redescendre. Il salua rapidement son frère qui attendait toujours son café fort dans la cuisine. Face au manque de réaction de Lukas, Emil fronça un peu les sourcils. Puis, il quitta la maison.

Le facteur s'apprêtait à repartir sur son vélo.

- Ah bah ! Je viens de poser votre courrier. Bonne journée !

- Bonne journée à vous aussi, répondit poliment Emil

Il l'observa tandis qu'il s'éloignait de maison en maison déposant plus ou moins d'enveloppes dans les boîtes aux lettres. Du fait de cette interjection, Emil se sentait quelque part contraint de récupérer le courrier. Soufflant, il attrapa ses clés, ouvrit la boîte et en ôta le petit tas d'enveloppes. Emil remonta les marches tout en y jetant machinalement un coup d'œil.

Pub, pub, facture, et… une lettre adressée à son nom ?

Emil s'arrêta sur cette avant-dernière enveloppe. Une fine écriture tremblante disait juste « Pour Emil. » Pas même une adresse. Il la retourna dans tous les sens mais à part ces deux mots, rien d'autres n'était inscrit sur cette enveloppe. Impossible que ce soit le facteur qui l'ait laissé, pensa-t-il, il n'aurait jamais pu savoir qu'un Emil vivait ici et plus encore qu'il s'adressait au bon.

Mais qu'est-ce qu'il lui disait justement qu'il était bien l'Emil à qui l'enveloppe était adressée ?

Emil cligna des yeux. Il demeurait sur les marches du perron, perplexe face à cette enveloppe mystérieuse. Il se reprit à moitié et par acquis de conscience jeta un coup d'œil à la dernière : une lettre du Conservatoire pour Lukas. Mais son attention revint bien vite sur l'enveloppe mystère.

Il se demanda un instant s'il allait en parler à son frère aîné. Le détective pourrait assurément lui apporter des réponses, il n'en doutait pas. Mais s'il travaillait déjà sur une autre affaire… et puis, se dit-il avec un regain d'énergie, cette lettre lui était adressée et elle n'allait pas exploser juste parce qu'il allait l'ouvrir. Il pouvait bien la consulter tout seul. C'était peut-être même une blague de Jia Long et auquel cas, Emil ne tenait certainement pas à ce que Lukas jette un coup d'œil à cette lettre.

Confiant dans son entreprise, il ouvrit la porte, balança le courrier sur la table basse, prévint rapidement son frère et ressortit pour de bon cette fois.

Une fois installé dans le tram qui devait le mener à la fac, Emil eut tout le loisir d'ouvrir l'enveloppe et de se plonger dans cette curiosité. Il n'y avait qu'une seule feuille de papier blanc, recouverte d'une écriture pareille à celle de l'enveloppe : tremblante, penchée. La lettre ne comportait pas de date, ni de lieu et une formulation pour le moins étrange tenait lieu d'expéditeur : « Tu me reconnaîtras aisément. Gardons cela secret. »

Emil était d'autant plus intrigué. Qui donc signait de la sorte ? Qui donc était assuré que son destinataire le reconnaîtrait forcément ? Pour le moment, l'écriture ne lui évoquait rien du tout.

Il entama alors sa lecture qui commença très sobrement : « Cher Emil. » Cependant, à mesure que les mots défilaient, Emil écarquillait les yeux. Tout ceci lui paraissait tellement étrange. Et il lui fut d'autant plus difficile et surprenant d'admettre qu'en effet, il avait reconnu l'expéditeur.

Mais… pourquoi cette lettre maintenant ?

Emil n'en revenait pas. Et il était tellement surpris qu'il relut la lettre une deuxième fois et même une troisième fois pour s'assurer qu'il n'avait pas rêvé. Il dut en venir à la conclusion que oui, cette lettre lui était particulièrement adressée, oui, il tenait bien ces mots entre ses mains, oui, l'expéditeur était bien celui qu'il pensait.

Néanmoins, la surprise ne quittait pas son visage. Il était littéralement sous le choc tant et si bien qu'il faillit louper son arrêt. Il sauta hors du wagon et ses yeux se reposèrent sur la lettre.

Comment était-ce possible ? Pourquoi maintenant ?

Il avisa finalement le post-scriptum écrit en tout petit en bas à gauche de la feuille. Il s'agissait d'un numéro de téléphone portable.

Emil s'avançait vers les bâtiments qui abritaient les salles de cours. Il s'arrêta en plein milieu de l'allée et un étudiant pressé lui rentra à moitié dedans. Il ne s'excusa même pas et l'étudiant lui envoya un regard noir. Emil ne le vit pas, les yeux toujours rivé sur la lettre. Il attrapa son téléphone portable et tapota sur l'écran noir, hésitant.

Il secoua finalement la tête et rangea la lettre dans son enveloppe. Il valait mieux pour lui qu'il aille en cours. Peut-être que ça lui rafraîchirait les idées.

oOo

Lukas avait finalement rassemblé toutes les informations dont il avait besoin. Il attrapa une sacoche dans lequel il fourra un porte-document débordant de paperasse et de coupures de journaux. Il y glissa aussi son ordinateur portable. Puis, il quitta la maison et prit la voiture pour se rendre au bureau national d'investigation criminelle dans le quartier de Byrn, à l'Est d'Oslo.

Dans le hall de réception, il trouva Andrey, son contact dans la police d'Oslo et ami de longue date, qui prenait un café avec un collègue. En l'apercevant, Andrey interrompit de suite sa conversation et rejoignit le détective à grande enjambée.

- Alors ça y est ? Je suis vraiment désolé.

Lukas fronça légèrement les sourcils. Il rehaussa son sac sur son épaule. Pourquoi donc Andrey était désolé ? Comment pouvait-il savoir pour le docteur Knutsen ? Peu importe comment il le retournait dans son esprit, ça ne collait définitivement pas. Il interrogea Andrey du regard. Celui-ci parut décontenancé.

- L'inspecteur… il t'a appelé, non ? balbutia-t-il, je croyais que… tu n'es pas au courant ?

Lukas détailla le visage d'Andrey. Celui-ci fixa un instant son gobelet à café.

- Au courant de quoi ?

Andrey était visiblement mal à l'aise et aurait préféré se trouver bien loin.

- Et bien euh… l'inspecteur aimerait te voir parce que… enfin, comment dire… il y a du nouveau. Sur l'affaire de l'émeraude volée.

L'affaire de l'émeraude volée ? L'affaire close de l'émeraude volée à l'opéra d'Oslo il y a de cela huit mois maintenant ?

Lukas n'eut pas le temps de répliquer que l'inspecteur débarqua et ne cacha pas sa joie, teintée d'un brin de sarcasme, de voir le détective.

- M. Bondevik ! Parfait ! Je n'aurais même pas besoin de décrocher le téléphone. Si vous le voulez bien, j'ai deux-trois questions à vous poser.


Affaire à suivre…