Bonjour !

Je suis morte ! Cette semaine a été… wiouhouh ! Roller-coaster émotionnel XD Le tournage a bien démarré. Ne nous manque plus que demain pour boucler les prises. Je ne remercierai jamais assez toutes les personnes qui m'ont suivi dans cette aventure T_T Il y a des fois, comme ça, où la langue française me frustre parce que je n'ai pas l'impression de pouvoir assez exprimer clairement mon ressenti, c'tte poisse 8)

Autre chose ! La semaine prochaine, c'est la Japan Expo ! Et une fois encore, j'y serais ! Et une fois encore, je serais sur le stand d'Hetalia World (stand U133) parmi le staff ! Je serais ravie de vous y retrouver ! N'hésitez pas à m'envoyer un petit MP ou un petit tweet pour me dire si vous venez également, je serais contente de vous rencontrer ou de vous revoir :D (pour ceux que j'aurais déjà eu le plaisir de voir l'année passée !). Pour ma part, le jeudi, je serai en Saint-Empire, le samedi en pirate Norvège et le dimanche en Chine. Seul exception le vendredi, journée de pause, je ne serai pas en Hetalia mais en Yuki de Tsuritama (un anime que peu de gens connaissent à mon grand regret car il mérite vraiment le détour !) et je ne serai pas sur le stand. Mais si vous croisez un rouquin avec sa canne à pêche accompagné d'un p'tit blond étrange et son pistolet à eau et beeeeeh, c'est moi XD

Guest : Y gracias por tu review. Primera vez que recibo qualcosa en español x) *proud*

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 10 : Conversations troubles

Le visage de Lukas demeurait inflexible. Pourtant, à cet instant même, une multitude de questions tourbillonnaient dans son esprit. Mais bien évidemment, il était hors de question de laisser transparaître sa confusion et plus encore devant l'inspecteur. Lukas n'était pas dupe : il savait pertinemment que l'inspecteur se montrait simplement condescendant à son égard. Rien de plus.

Il suivit docilement l'inspecteur jusqu'à son bureau. Le maître des lieux se laissa tomber dans son fauteuil qui pivota un coup avant de s'arrêter face à l'écran d'ordinateur. L'inspecteur appuya sur deux, trois touches avant de se tourner vers Lukas. Celui-ci était demeuré sur le pas de la porte, faisant preuve de toute la retenue possible sous couvert de politesse. Quand on ne connaissait pas les griefs qu'on avait contre vous, mieux valait faire preuve d'exemplarité.

- Asseyez-vous, s'il vous plaît.

Et c'était aussi un excellent moyen pour jauger la confiance et la crédibilité qu'on vous accordait. Au ton de l'inspecteur, Lukas comprit de suite qu'il n'allait pas être interrogé d'égal à égal ni même pour faire part de son opinion ou de son témoignage. Non. C'était bien plus important que cela. Et Lukas était convaincu que s'ils n'étaient pas en salle d'interrogatoire, c'était uniquement parce que l'inspecteur n'avait que des présomptions.

Lukas vint s'asseoir sans mot dire mais plaça son sac bien en évidence sur ses genoux pour signifier à l'inspecteur que quelque soit sa requête, il avait d'autres choses en tête. Cependant, l'inspecteur ne sembla pas le moins du monde prêter attention au sac.

- Comment allez-vous ?

Non, je n'ai pas de poids sur la conscience, avait envie de répondre Lukas en devinant les intentions derrière la banalité de la question. Néanmoins, il ne pouvait pas non plus lui faire part de ses angoisses vis-à-vis de l'assassinat du docteur Knutsen. Impossible d'avancer ses propres interrogations sur la table s'il ne savait pas ce que l'inspecteur lui voulait.

- Fort bien. Et vous-même ?

Lukas fixa son regard sur le visage de l'inspecteur qui ne détourna pas les yeux. Néanmoins, il voyait bien à ses mains qu'il tortillait qu'il n'était pas à l'aise face au détective. Il voulait juste paraître assuré. Pas de chance pour lui, Lukas avait depuis longtemps acquis cette faculté de dévisager quelqu'un sans la moindre expression, sans ciller, ce qui, même face à la personne la plus confiante, avait tendance à créer un malaise.

- Je pourrais presque me sentir bien, oui, en effet. Si seulement…

Laissez tomber cet effet de surprise stupide et inefficace, pensa Lukas. Cette question était faite exprès pour vous donner un tremplin et me permettre de savoir ce que vous me voulez avant que je ne délivre quoique ce soit.

L'inspecteur attrapa un dossier qu'il tapota.

Accaparer l'espace auditif pour suggérer l'emplacement d'informations. Inefficace également sur le détective. Lui-même l'utilisait tous les jours.

L'inspecteur ouvrit le dossier et attrapa la photo d'un jeune trentenaire qu'il fit glisser sur son bureau et présenta à Lukas.

- Savez-vous de qui il s'agit ?

- Aucune idée.

- Cet homme soutient une thèse en minéralogie à l'Université d'Oslo.

Lukas plissa légèrement les yeux. Et donc ? Que voulait cet homme ? Un témoignage de son contact avec l'émeraude volée ? Son appréciation des pierres précieuses dans les lieux culturels ? Son ressenti face au magnétisme des pierres ?

- Quel genre de thèse ?

- Le dichroïsme selon la… les…

L'inspecteur se renfrogna. Visiblement, la minéralogie n'était pas à compter parmi ses connaissances.

- Une thèse sur les émeraudes.

Lukas se permit une réplique.

- Vraiment ? Vous vouliez m'appeler au sujet de l'émeraude volée et vous me parlez d'un doctorant qui étudie les émeraudes. Le lien n'est pas très clair, je trouve.

- Ne vous foutez pas de moi, Bondevik. Ce chercheur a voulu mener à bien une étude sur l'émeraude de l'opéra d'Oslo. Et lorsqu'il s'est penché dessus il y a deux semaines, il découvre qu'il est en train d'étudier une réplique minutieuse d'émeraude. Une pierre synthétique !

Lukas ne cilla pas. Mais intérieurement, toute envie de tirer les ficelles de cet interrogatoire lui était passée. Il n'en revenait pas. Néanmoins, encore une fois, hors de question de montrer quoi que ce soit à l'inspecteur. Le détective était cependant atterré.

Une pierre synthétique ?

- La pierre que vous avez retrouvée, cette pierre là n'est pas celle qu'on recherchait ! Ce n'était pas la vraie émeraude ! Est-ce que vous saisissez ce que cela implique ?

Lukas tapota nerveusement son sac, cherchant à signifier à l'inspecteur qu'il avait une affaire plus urgente à traiter. Il ne s'avouerait jamais que ses propres doigts trahissaient sa déroute.

Comment était-ce possible ? Il ne pouvait pas avoir commis d'erreur. Les preuves étaient accablantes et tout concordait. Son raisonnement était imparable. Il ne pouvait pas s'être… s'être… s'être trompé !

- Est-ce que vous saisissez ce que cela implique, Lukas Bondevik ? répéta l'inspecteur en prenant soin d'articuler

- Bien sûr, marmonna-t-il

Lukas scruta le portrait du minéralogiste tandis qu'il sentait courir sur lui le regard accusateur de l'inspecteur. Le détective ne croyait toujours pas au destin. Pourtant, il avait la fâcheuse impression que les signes de mauvais augure s'amoncelaient au-dessus de sa tête. Il repensa au docteur Knutsen retrouvé mort la veille. Le docteur Knutsen face à une émeraude disparue. Son passé face à sa fierté.

oOo

Emil avait enfin fini les cours pour aujourd'hui. Il s'installa sur un banc, un peu à l'écart de l'agitation du campus. Il n'avait cessé de relire la lettre discrètement pendant les deux heures de cours. Et son regard s'attardait toujours sur le numéro de téléphone en bas à gauche de la feuille.

Maintenant qu'il était à l'air libre et qu'il avait du temps devant lui, il s'interrogeait : devait-il appeler ? Etait-ce réel ? N'était-ce pas une simple farce ? Non. La lettre contenait trop d'éléments que seul lui et l'expéditeur pouvaient connaître. Emil aurait très bien pu se laisser le trajet du retour pour y réfléchir et se décider une fois arrivé à la maison, mais avec Lukas dans les parages…

Il ne tenait pas particulièrement à ce qu'il soit au courant. Pas encore.

Emil composa le numéro et porta fébrilement son téléphone à son oreille. A chaque tonalité, il sentait son cœur résonner dans sa poitrine. Sa gorge se desséchait et il déglutit avec difficulté lorsqu'il entendit qu'on décrochait à l'autre bout de la ligne.

- Allô ?

Emil inspira et expira profondément.

- C'est… c'est Emil.

Il se sentait bizarrement stupide de dire ça. Après tout ce temps.

Il y eut un long silence à l'autre bout du combiné. Puis, finalement, un grand cri mêlant curieusement la joie et les larmes lui vrilla les tympans.

- Emil ? Emil, c'est bien toi ?

Sa voix n'avait pas changé, pensa-t-il un brin nostalgique

- Mon dieu… oh mon dieu… tu as donc reçu ma lettre ?

- Oui. C'est… c'était surprenant.

- Tu… tu as bien grandi, j'imagine. Je ne t'aurais pas reconnu à ta voix en tout cas.

On sanglota à l'autre bout du fil. Emil observa les alentours comme pour respecter l'intimité de son interlocuteur alors même qu'il ne se voyait pas.

- Pardon. C'est beaucoup d'émotions, tu comprends.

- Ouais.

Il aurait eu envie de dire que pour lui aussi, c'était un moment fort. Après toutes ces années, en même temps… mais une certaine forme d'orgueil le poussait à ne rien dire.

- Tu dois avoir quoi maintenant… 16 ans ? 17 ans ?

- Je vais avoir 20 ans dans deux mois.

Un silence.

- 20 ans déjà… Et qu'est-ce que tu fais dans la vie ?

- Des études de com'.

- ça te plaît ?

Emil haussa les épaules et puis réalisa qu'il était au téléphone.

- Bof. On verra bien.

- Je vois.

Un nouveau blanc s'installa dans la conversation.

- Tu penses retourner en Islande ?

- Euh…

A dire vrai, Emil ne s'était jamais posé la question. Il avait quitté l'Islande il y a tellement longtemps maintenant. En même temps, pas étonnant qu'on lui pose la question. C'était la terre de son enfance, et même s'il n'avait jamais vraiment décidé de rentrer un jour en Islande, il n'avait pas plus envisagé sa vie en Norvège. En fait, il n'avait rien prévu du tout.

- Peut-être, répondit-il à tout hasard

Il hésita à poser la question qui lui trottait dans la tête depuis qu'il avait lu la lettre. Enfin… une des questions parmi les milliards d'autres qu'il avait.

- Et toi ? Tu y habites toujours ?

- Je ne pense pas qu'on puisse dire que j'habite encore là-bas désormais. Avec tout ce qu'il s'est passé, tu comprends.

- Oui, c'est… ça se comprend, oui. Tu vas mieux ?

- Bien entendu !

Bien entendu, se répéta Emil dans sa tête. Il n'aurait pas eu de ses nouvelles sinon, ni même reçu de lettre ou eu la possibilité de l'appeler. Ça tombait sous le sens. Il entendait les remarques désobligeantes de son frère aîné comme s'il avait été là. Il grimaça tout en observant les lattes du banc.

- Tu es en Norvège en ce moment, j'imagine.

- Oui. Oui, je voulais te retrouver.

On sentait une grande émotion fébrile dans sa voix.

- Ah. Cool.

Emil ne savait pas trop quoi répondre à cela. Après tout, les nouvelles étaient toutes fraîches. Il avait encore du mal à prendre conscience qu'il était en train de lui parler. Simplement ça, c'était… presque perturbant. Et quand Emil ne savait pas comment réagir, il avait tendance à se montrer un peu sec, voire grognon parfois.

Mais pour l'heure, bien loin de lui l'envie de lui apparaître ainsi. Il était heureux, mais bouleversé et un peu perdu en même temps.

- Du coup, si t'es en Norvège, on pourrait peut-être se voir.

- J'allais te le proposer. Demain, tu es libre ?

- J'ai pas cours. Ça me va.

- Tu connais une bonne adresse ?

Emil faillit lui proposer la maison mais il imaginait la réaction de Lukas et pour rien au monde il ne voudrait assister à cela. Il fit un effort de mémoire pour finalement suggérer un bar sympathique pas trop bondé, en début d'après-midi.

- Toi non plus tu n'aimes pas la foule, pas vrai ?

- Pas des masses, non.

- On se comprend. Comme toujours.

Emil n'osa pas répondre.

- J'ai hâte d'être à demain dans ce cas ! Je vais te laisser, Emil. Je t'embrasse fort.

L'émotion submergeait de nouveau sa voix.

- Moi aussi. A demain.

Il raccrocha le premier et resta un long moment assis sur le banc, en proie à tout un tas de réflexions, repassant en boucle dans son esprit cette conversation. Emil soupira profondément : il avait l'impression que passé et présent venaient s'entrechoquer et il ne savait fichtrement pas comment réagir !

oOo

Lukas pouvait défendre son cas auprès de l'inspecteur et lui apposer nombre d'arguments qui prouvaient qu'il n'était qu'un responsable mineur dans cette affaire d'émeraude volée. Ou bien, il pouvait présenter ses recherches sur le docteur Knutsen et royalement ignorer les remontrances implicites de l'inspecteur pour se concentrer sur la vie de quelqu'un, chose qui était autrement plus importante qu'une pierre précieuse. Même s'il convenait de reconnaître que cet argument ne ferait que conforter l'inspecteur dans son sermon contre le détective.

Le docteur Knutsen est mort assassiné. Et pas par n'importe qui, se répétait-il dans son esprit, je sais par qui. Il ne faut pas que ça recommence. Ça va recommencer.

Alors que l'inspecteur l'invectivait à propos de sa conduite, Lukas se leva précipitamment.

- Quoi ? Vous reconnaissez votre incapacité, mon cher détective ?

Pour toute réponse, Lukas retira de son sac le porte-document débordant de papiers et le laissant retomber dans un grand bruit sourd sur le bureau de l'inspecteur.

- Je sais qui a tué le docteur Knutsen.

- Le docteur ?… Lukas ! Je suis en train de vous parler sérieusement d'une erreur judiciaire. Est-ce que vous comprenez ces deux mots, Lukas, er-reur ju-di-ci-aire ? Mademoiselle Sigalevitch a été accusée et soumise à une forte amende pour un vol qu'elle n'a vraisemblablement pas commis !

- Et qui vous dit qu'elle ne l'a pas commis ? Elle a très bien pu faire l'échange de la vraie pierre avec une réplique qu'elle s'apprêtait à mettre sur le lustre après son méfait.

L'inspecteur frappa des mains sur le bureau et se leva à son tour. Il pointa le détective du doigt.

- Et malgré toute cette mise en scène, elle se serait fait avoir aussi facilement ? Vous me décevez presque, Lukas. Vous qui jouez d'ordinaire habilement avec les hypothèses sur le déroulement des actes qui ont eu lieu, vous me sortez des affabulations sur ce qui aurait pu se passer. Cela ne vous ressemble pas.

- Qu'importe, rétorqua Lukas en haussant légèrement le ton, je suis venu vous parler de la mort du docteur Knutsen. Je sais que…

- Je ne veux pas vous entendre, Lukas Bondevik ! Vous êtes tranquillement retranché dans votre salon tandis que je paye les peaux cassées pour vos bourdes.

Lukas s'empourpra au dernier mot. Il s'apprêtait à répliquer mais l'inspecteur couvrit sa voix de ses fulminations.

- Oui, vos bourdes ! Vous jouez avec les forces de l'ordre et la justice d'Oslo comme si tout le monde était à vos pieds, arrogant comme vous êtes, mais laissez-moi vous rappelez quelque chose, Lukas. Vous n'être PAS détective privé !

- Bien sûr que je le suis !

- Non ! Vous exercez illégalement une profession pour laquelle vous n'avez aucune formation, certification ou reconnaissance nationale. Personne ne vous a jamais rien dit parce que vous prouviez votre valeur…

- Alors tant que je vous suis utile, je reste dans le circuit, mais dès qu'il y a une bévue, c'est à ma personne que cela incombe et je dois me retirer ?

- Exactement ! Parce que vous étiez toléré dans nos services. Mais vous ne restez qu'un amateur.

Lukas tentait de réprimer la rage qui montait en lui face à ce qu'il considérait comme une parfaite injustice, une véritable diffamation. Il essaya de se focaliser sur le docteur Knutsen. C'était le premier d'une nouvelle série et il n'avait aucune envie que ça recommence.

- Le docteur Knutsen, répéta une énième fois Lukas en serrant les dents pour garder son calme

- Je me fiche de votre avis sur cette enquête. Vous n'êtes plus habilité à vous immiscez dans les affaires des services de police norvégienne.

Lukas marqua un temps d'arrêt.

- Quoi ?

L'inspecteur souffla et se rassit. La tempête s'était calmée. Il déclara plus posément, comme un juge qui rendait sa sentence :

- Vous n'êtes plus autorisé à pratiquer votre activité de détective privé amateur. Je vous prierai de bien vouloir quitter mon bureau maintenant, Monsieur Bondevik j'ai du travail.


Affaire à suivre…