Bonjour à tous ! J'espère que votre semaine s'est bien passée ?
Avant toute chose, je remercie du fond du coeur les personnes qui prennent le temps d'écrire des reviews, qui mettent cette fiction dans leurs alertes et favoris. Vous me donnez envie de continuer à écrire !
Comme promis, nous sommes samedi donc voici le chapitre 4 d'Ascendant.
On se retrouve en bas :)
CHAPITRE 4
Une routine s'installa rapidement.
Le lendemain, j'étais une boule de nerfs qui attendait avec impatience de revoir les Cullen. Je m'étais alors trouvée très stupide, mais n'avais pas réussi à cacher mon enthousiasme lorsque j'avais constaté qu'Edward et Alice m'attendaient sur le parking du lycée. Alice m'avait immédiatement invitée à manger avec eux le midi, arguant qu'Emmett et Rosalie seraient absents. Vaincue par ses arguments, j'acceptais son invitation.
Cette journée marqua un certain nombre de « premières fois ». Pour la première fois, les Cullen mangeaient avec une personne étrangère à leur famille. Pour la première fois, j'avais hâte de me rendre en cours de biologie, sachant que je partagerai ma paillasse avec Edward. Pour la première fois, il m'accompagna à chaque interclasse, ne me laissant pas l'occasion d'être seule. Pour la première fois, il me ramena à ma voiture à la fin des cours. Pour la première fois, il caressa ma joue du bout des doigts, comme s'il avait peur de me briser. Pour la première fois, j'envisageai la possibilité de considérer Edward autrement que comme un ami. Pour la première fois, je me surpris à penser pouvoir tomber amoureuse de lui.
Cependant, ce n'était pas la première fois que je me trouvais incroyablement stupide de par mon comportement vis-à-vis des Cullen.
Ce processus se répéta les jours suivants, devenant une routine que j'appréciais.
Ce rapprochement n'était toutefois pas vu d'un très bon œil de la part de mes amis humains. En effet, seule Angela semblait ne pas me reprocher mon rapprochement avec les Cullen. Jessica me regardait d'un air hautain, tandis que Mike ne m'adressait que des regards haineux lorsque je parlais à Edward. Le premier midi que je passais en compagnie des Cullen, toutes les personnes présentes dans la cantine se tournèrent vers moi lorsqu'elles constatèrent que je m'asseyais à leur table. La plupart des filles présentes me lancèrent des regards haineux, jalouses de mon rapprochement vis-à-vis d'Edward, accentuant ainsi ma gêne. Ne souhaitant pas m'attirer davantage de problème, je finis par ne manger qu'une fois sur deux avec les Cullen, passant mes autres repas avec mes autres amis.
Si Charlie constata ma bonne humeur désormais quotidienne, il ne m'en fit pas la remarque, se contentant de me jeter des coups d'œil surpris lorsque je chantonnais en cuisinant. Forks et son climat des plus humides n'arrivaient pas à m'ôter mon enthousiasme.
Les jours que je préférais étaient bien évidemment ceux où j'avais cours de biologie. Partager une paillasse avec Edward, réaliser des exercices et pratiquer des expériences scientifiques avec lui me ravissait. S'il s'était montré froid lors de notre première rencontre, son attitude changea complètement après que sa famille m'ait révélé la vérité. Son sourire chaleureux ne quittait pas son visage, il m'écoutait parler avec intérêt et cherchait toujours à en savoir davantage sur moi. De mon côté, j'osais enfin lui poser les questions qui me démangeaient depuis notre rencontre. Il y répondait avec plus ou moins d'entrain, mais les efforts qu'il fournissait pour être franc avec moi me touchaient.
Lorsque notre cours en commun arrivait à sa fin, il m'accompagnait toujours jusqu'au gymnase, avant de m'adresser son irrésistible sourire en coin et de se diriger vers son prochain cours. J'arrivais rarement à me concentrer pendant mes deux heures de sport, qui n'était d'ailleurs pas ma matière préférée, tant j'étais heureuse à l'idée de retrouver Edward après. La première fois qu'il m'avait accompagnée au gymnase, je lui avais souhaité bonne soirée et il n'avait répondu que par une moue joueuse. Quelle ne fût pas ma surprise lorsque mon regard avait croisé le sien à la sortie des vestiaires ! Mon cœur avait accéléré sa course, donnant l'impression qu'il allait quitter ma poitrine. Je rougis lorsque le sourire d'Edward s'agrandit à l'entente de mon rythme cardiaque. Fichue ouïe vampirique.
Si cette routine me rendait heureuse, une partie de moi n'osait se réjouir de ce nouveau tournant dans ma vie. Les Cullen étaient des êtres mystiques, irréels, magiques et tout bonnement incroyables, tandis que je n'étais qu'une humaine, une humaine des plus banales sans réel intérêt. Je ne comprenais pas que les Cullen s'intéressent à moi, la partie négative de mon cerveau ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils ne me prêtaient attention que pour s'assurer que je ne divulguais pas leur secret. Lorsque de telles pensées m'envahissaient, mon cœur se serrait et une boule inconfortable s'installait dans ma gorge, m'empêchant de respirer normalement. Je chassais aussitôt ces pensées négatives, me contentant de profiter de ce bonheur temps que c'était encore possible.
Je claquai la portière de la Chevrolet tout en essayant de me protéger un maximum de la pluie. De gros nuages noirs encombraient le ciel, tandis que le tonnerre grondait à en faire trembler le sol. Je m'empressai d'ouvrir la porte de la maison, mais me stoppai net en voyant une voiture inconnue se garer devant. Essayant d'identifier le conducteur à travers la pluie, je m'aperçus qu'il y avait en réalité deux personnes dans l'habitacle. La portière conducteur s'ouvrit, laissant apparaître un jeune homme qui devait avoir mon âge. Il fit le tour de l'auto pour aider le passager à sortir, ce qui m'étonna jusqu'à ce que j'aperçoive le fauteuil roulant dans laquelle il s'installa. Tous deux se dirigèrent vers moi alors que j'ouvrais la porte d'entrée.
« Bonjour Bella » me salua le vieil homme depuis sa chaise roulante. « Je suis Billy Black, un ami de Charlie, et voici mon fils, Jacob. »
Je leur adressai un sourire poli avant de leur faire signe d'entrer. De ce que je pouvais voir, Billy était plutôt trapu. Ses longs cheveux noirs pendaient de chaque côté de son visage, couvrant une partie de ses joues hâlées et marquées par le temps. Des pattes d'oie se formaient aux coins de ses yeux, signe qu'il souriait souvent, comme maintenant. Son sourire chaleureux contrastait avec l'attitude antipathique de son fils, qui ne m'adressa qu'un coup d'œil peu aimable, accentué par ses cheveux noirs coupés en brosse. Jacob était très grand et musclé, ce qui donnait l'impression qu'il remplissait à lui seul la pièce.
« Charlie était très heureux de ton arrivée » bavassa Billy pendant que j'accrochais mon coupe-vent dans le vestibule.
« Ça faisait longtemps que je ne l'avais plus vu » souris-je. « Je peux vous servir quelque chose ? »
« Une bière, merci. »
« Jacob ? »
Celui-ci ne daigna pas lever les yeux vers moi, regardant la pluie tomber de l'autre côté de la fenêtre. Cette attitude commençait sérieusement à m'énerver. Pour qui se prenait-il ? Il n'était même pas chez lui !
Billy se racla la gorge, ramenant son fils à la réalité. Jacob sursauta avant de me jeter un coup d'œil tout en me marmonnant qu'il prendrait comme son père. Je filai chercher les deux bières dans la cuisine, soulagée d'échapper à l'attitude désagréable de Jacob. Lorsque je revins dans le salon, je surpris les deux hommes en pleine conversation. Leur ton bas me fit comprendre que je n'étais pas censée entendre ce qu'ils se disaient.
« … puanteur ! Ils rompent le traité et… »
« Jacob ! » le sermonna Billy. « Tout va bien. »
« Pour l'instant » grommela son fils. « Rien ne nous dit que… »
Pour une raison qui m'échappa, Jacob semblait très en colère. Je n'arrivai pas à saisir le sens de cette conversation. Billy coupa une fois de plus son fils.
« Tout va bien » répéta-t-il. « Aucune règle n'a été enfreinte. Elle ne semble pas être au courant. »
De quoi devrais-je être au courant ? Cette conversation ne signifiait rien pour moi, malgré mes efforts pour essayant d'en saisir la finalité.
La porte d'entrée claqua tandis que Charlie salua joyeusement son ami et Jacob. Je rejoins le salon et donnai les deux bières à nos invités, espérant que l'attitude de Jacob ne soit que temporaire. Toutefois, s'il était agréable vis-à-vis de nos pères, son comportement ne changea pas d'un pouce avec moi. Passablement énervée quant au déroulement de cette soirée, je me hâtai de manger puis prétextai des devoirs à finir pour le lendemain.
Au calme dans ma chambre, je pris le temps de finir ma dissertation d'anglais avant de me jeter dans mon lit, musique à fond dans les oreilles. L'objectif était d'oublier les personnes qui se trouvaient au rez-de-chaussée et réussir à m'endormir rapidement. Les différentes chansons de Muse m'aidèrent sur le premier point, et la fatigue se chargea du second.
Le lendemain matin, je me réveillais avec un léger mal de tête, certainement dû à la forte musique avec laquelle je m'étais endormie la veille. Engourdie, je mis un moment avant de comprendre l'anormalité de la situation. L'habituel éclairage gris bleuté assimilé à Forks avait laissé place à une magnifique clarté, les nuages de la veille ayant laissé la place au soleil. Émerveillée par cette découverte, je partis rapidement au lycée. Un peu de soleil suffisait pour me regonfler à bloc.
Cependant, mon excitation céda à l'étonnement lorsque je constatai que la Volvo n'était pas garée à sa place habituelle, à côté de la mienne. Fronçant les sourcils, je regardai l'heure et constatai que les cours commençaient dans moins de dix minutes, ce qui m'étonna. Les Cullen étaient toujours à l'heure, m'attendant chaque jour sur le parking.
J'attendis le plus longtemps possible sur le parking, mais la cloche annonçant le début des cours m'obligea à quitter mon pick-up pour me diriger vers les bâtiments. La matinée passa rapidement, tandis que j'essayais de croiser un Cullen à chaque interclasse, sans grande réussite. Ce fut pleine d'espoir que j'entrais dans la cafétéria, espérant les voir attablés à leurs places habituelles. Encore une fois, mon cœur manqua un battement en constatant que leur table était vide, les cinq chaises autour étant inoccupées.
« A chaque fois que le soleil apparaît, les Cullen disparaissent » me souffla Angela.
« Ah bon ? Pourquoi ? » m'étonnai-je.
Cela avait-il un quelconque rapport avec leur nature inhumaine ?
« Le docteur Cullen et sa famille adorent le camping. Dès qu'il y a du soleil, ils partent camper en montagne » me confia-t-elle. « J'ai essayé avec mes parents, mais rien à faire ! »
Sa dernière remarque m'arracha un sourire. Ainsi, il n'était pas inhabituel que les Cullen séchassent les cours. Il faudrait que j'éclaircisse ce point avec eux prochainement. Je ne pouvais m'empêcher de penser qu'ils ne me faisaient pas suffisamment confiance pour me confier toutes les informations à leur sujet. Ma gorge se noua à cette idée, que je chassai rapidement en me concentrant davantage sur les conversations autour de moi.
Malheureusement, Jessica et Mike étaient en froid après que ce dernier ait refusé une sortie au cinéma avec elle, tandis que Éric jouait sur son portable sans nous adresser un seul regard. A mes côtés, Angela était silencieuse, semblant autant ennuyée que moi par nos compagnons. Nous fîmes donc un effort de conversation, essayant d'amener un sujet qui plairait à tous sans pour autant plomber davantage l'ambiance. Nous accueillîmes avec soulagement le début des cours de l'après-midi.
La chance ne semblait pas de mon côté, puisque les cours passèrent très lentement. La place vide à côté de moi en biologie me rappelait sans cesse l'absence de mon partenaire, enfonçant une masse de plomb dans mon estomac. Encore une fois, je fus ravie de voir arriver la fin des cours, souhaitant rentrer chez moi le plus rapidement possible. Même le soleil ne suffisait plus pour me dérider.
Une fois dans ma chambre, j'allumais la chaîne hi-fi et lançai le CD de Yiruma, un autre compositeur de musique classique que j'adorais, et m'attelai à mes devoirs. J'enchaînais les exercices de mathématiques et de géométrie, espérant m'améliorer dans ces matières qui n'étaient pas mes points forts. Le soleil disparut derrière les arbres, mais je continuais de réviser, Charlie n'étant pas encore rentré.
« Bonsoir » me salua un doux ténor.
Surprise, je lâchai un hurlement de terreur tout en pivotant sur ma chaise de bureau pour me retrouver nez à nez avec Edward. Il sourire en coin apparut sur son visage d'albâtre tandis qu'il passait nerveusement une main dans ses cheveux.
« Calme-toi » rigola-t-il.
Mon cœur n'arrivait pas à se calmer et je peinai à reprendre mon souffle.
« Je suis désolé » s'excusa-t-il. « Je ne voulais pas te faire peur. »
« Tu t'attendais à quoi en venant à l'improviste ? » m'écriai-je.
Edward grimaça en entendant ma voix, qui semblait à moitié cassée. Ma gorge nouée de peur y était sans doute pour quelque chose.
« Que fais-tu là ? » lui demandai-je après un moment de silence.
J'arrivai à nouveau à respirer normalement, même si mon cœur ne ralentissait pas sa course tandis que je dévisageai mon visiteur. Ce dernier vint vers moi et replaça une mèche échappée de ma queue de cheval derrière mon oreille. Son sourire en coin ne le quittait pas.
« Alice a vu que tu te posais plein de questions » lâcha-t-il. Sa franchise me surprit. Allait-il répondre à toutes mes interrogations ?
« Je… Tu… Vous n'étiez pas là aujourd'hui » balbutiai-je.
« En effet » approuva-t-il.
« Est-ce en rapport avec votre… nature ? »
Edward marqua une pause tout en contemplant ma chambre, semblant hésiter entre me dire la vérité ou éluder. Je comptais les secondes, lui laissant le temps de décider. Toutefois, lorsque le silence perdura pendant plusieurs minutes, je ne pouvais plus tenir en place.
« Edward… » m'étranglai-je.
Ses yeux dorés se levèrent vers moi, examinant la moindre parcelle de mon visage. J'essayais d'afficher un air confiant, ne voulant pas qu'il s'imagine que j'allais fuir suite à ses révélations, quelles qu'elles soient.
« Fais-moi confiance… » le suppliai-je. « Tu peux avoir confiance en moi » repris-je avec plus d'assurance.
« Je sais » assura-t-il « mais je ne peux m'empêcher de guetter le moment où tu t'enfuiras en courant à cause de ce que je suis. »
« Je n'irai nulle part » affirmai-je.
L'idée même de m'éloigner de lui m'était intolérable. Depuis toujours, j'avais considéré les gens qui tombaient rapidement amoureux comme des inconscients. Cependant, j'étais attirée d'une manière inexplicable vers Edward, comme s'il avait été créé pour que ma vie puisse enfin tourner dans le bon sens.
« Je ne veux pas que tu t'en ailles Bella » chuchota-t-il. « Jamais. »
Une vague de frissons envahit mon corps à ses paroles. Qui ne rêverait pas un jour d'entendre de tels mots ? Mon cœur sembla s'envoler tandis que ses yeux d'or me dévisageaient avec tendresse.
Il alla se coucher en travers de mon lit, avant de poser une de ses mains sur son front, comme s'il avait la migraine. Le silence s'installa à nouveau, mais je ne pouvais le supporter une seconde de plus. Je me dirigeai vers le lit, m'asseyant aux côtés d'Edward, avant de saisir sa main libre entre les miennes et de la serrer doucement. Il releva sa main de son visage, me jetant un coup d'œil, puis entrelaçât nos doigts.
Émerveillée, je regardais nos peaux blanches se mélanger, savourant la sensation de sa peau glacée contre la mienne. Des décharges électriques semblaient émaner de nos mains liées, remontant le long de mon bras pour s'étendre à tout mon corps. Son regard n'était que douceur, tandis que son pouce frôlait doucement la paume de ma main dans une caresse apaisante.
« Et tu as ma confiance absolue » reprit-il.
« Alors explique-moi… »
« Nous n'étions pas en cours à cause du soleil » m'expliqua-t-il. Il me contempla fixement, guettant une réaction. Mais rien de vint.
« Le soleil vous réduirait-il en cendres ? » blaguai-je.
Ses traits se détendirent quand il comprit que je n'avais pas peur de lui.
« Non, je te rassure. Toutefois, nous ne pouvons pas nous montrer en public. »
Sa dernière remarque me rendit curieuse.
« Pourquoi ? »
« Je te montrerai un jour » me promit-il, énigmatique.
Cette promesse me réjouissait. Enfin il allait me dévoiler les secrets liés à sa nature surnaturelle ! A cette pensée, je ne pus empêcher un grand sourire d'apparaître sur mon visage, sourire que me rendit Edward. Il se redressa d'un bon, plus rapide que jamais, pour se retrouver face à moi. Nos doigts enlacés, ses yeux figés dans les miens, nous étions seuls au monde.
Notre bulle intime effaçait le monde extérieur. Lui seul me suffisait, rendant ma perception du monde plus douce, plus colorée. Comme si le monde que je voyais avant lui était fade. L'apparition d'Edward dans ma vie colora cette dernière, lui donnant un aspect plus intéressant, plus attractif, plus vivant. Si Edward venait à disparaître… Une chape de plomb me tomba sur l'estomac à cette pensée, et je m'efforçai de me concentrer sur l'être assis face à moi. Un être magnifique. Surnaturel. Sur mon lit. Dans ma chambre. Chez mon père.
L'absurdité de la situation me sauta à la figure, m'arrachant une grimace.
« Qu'as-tu ? » s'enquit Edward.
« Charlie… » commençai-je.
« Ne t'inquiète pas » m'assura-t-il avec un sourire. « Je l'entendrai arriver avant même qu'il ne soit dans la rue. »
Rassurée par les paroles de mon visiteur, j'arrivais enfin à me détendre pleinement.
« Pour résumer » repris-je « il ne faut pas que je m'attende à vous voir au lycée un jour de soleil ? »
« Exactement » rigola-t-il. « Après, nous pouvons toujours… nous voir en dehors du lycée ? »
Son intonation laissait entendre que je pouvais refuser. Comme si j'allais refuser de passer quelques instants en sa compagnie ! Mon besoin d'être en sa présence était totalement incompréhensible et irrationnel. Nous ne nous connaissions pas depuis longtemps, mais je n'étais totalement bien qu'en sa présence. Comme s'il avait emporté une partie de moi avec lui la première fois que nous nous étions rencontrés.
Je levai la tête vers lui, tombant dans son regard doré. Ses yeux ne me quittaient pas, passant de mes propres yeux à mes lèvres. Mal-à-l'aise sous son inspection, j'hésitais à lui poser la question qui me taraudait depuis son arrivée.
« Tu es venu ici uniquement pour m'avouer pourquoi vous n'étiez pas au lycée ? »
« Et bien… » hésita-t-il. « En réalité, je n'aime pas savoir que tu penses que nous n'avons pas confiance en toi. Nous avons confiance en toi. J'ai confiance en toi. »
Devant son insistance, je n'avais d'autre choix que de le croire. Il pouvait me faire confiance. Jamais je ne lui nuirai. Jamais.
« Je ne dirai jamais rien à personne et… »
« Je sais » me coupa-t-il tendrement.
Ses doigts reprirent les arabesques qu'ils dessinaient précédemment, cherchant sans doute à m'apaiser. Un soupire de contentement m'échappa, provoquant un magnifique sourire sur son visage d'ange.
Soudainement, mon ventre gronda et brisa la bulle dans laquelle nous vivions depuis de longues minutes. Le rouge me monta aux joues, réaction automatique de ma personne, mais Edward éclata de rire, nullement gêné par les bruits disgracieux de mon estomac. Ensemble, nous descendîmes dans la cuisine, où je m'attelais à préparer le repas.
« Comment as-tu réussi à passer par la fenêtre ? »
Il me jeta un regard blasé.
« Aurais-tu oublié ma force surhumaine ? »
« Euh… non. »
Je me remis à la tâche, priant pour arrêter de passer pour une imbécile.
« Quelle est cette odeur ? » s'enquit Edward d'un ton irrité.
Surprise, je me tournai vers lui.
« Quelle odeur ? »
« Cette odeur de… de chien mouillé ! »
« Mais… nous n'avons pas de chien. » Je parlais prudemment, ne voulant pas le froisser avec des paroles maladroites.
« Avez-vous reçu des invités récemment ? »
Je ne voyais pas le rapport, mais je me creusai la cervelle, espérant me souvenir des dernières personnes à être passées, jusqu'à ce que l'image d'un Jacob désagréable me revienne.
« Billy et Jacob Black sont venus hier soir » expliquai-je.
A la mention des Black, le visage d'Edward se ferma complètement. Ses pupilles virèrent au noir, perdant leur magnifique couleur dorée.
« Qui a-t-il ? » m'alarmai-je. « Billy est un vieil ami à Charlie. »
« Promets-moi quelque chose Bella » me demanda Edward. Son ton sérieux me fit frissonner, comme s'il allait m'annoncer une mauvaise nouvelle.
« Ne t'approche pas trop de Jacob Black » reprit-il.
« Edward… » soupirai-je. « Billy est un ami à Charlie ! Forcément je vais voir son fils de temps en temps ».
« Dans ce cas, garde tes distances un maximum. »
Bien que je ne comprenne pas pourquoi, je promis de faire attention. Edward m'adressa un sourire contrit, quelque peu rassuré.
« Pourquoi ça ? » demandai-je toutefois.
« Disons que je ne suis pas la seule créature inhumaine des environs. »
« Est-il lui aussi un vampire ? »
« Pas du tout. Mais il peut être tout aussi dangereux, voir plus. Je n'aime pas te savoir près de lui. »
Si l'attention qu'il m'accordait me touchait, je ne pouvais m'empêcher de me sentir rabaissée et surveillée comme une enfant.
Avant que je n'aie le temps de râler, Edward se figea puis se rapprocha de moi. Ses yeux étaient toujours d'une couleur d'encre, mais le petit sourire que formaient ses lèvres m'indiqua que sa colère n'était pas dirigée contre moi.
« Charlie est au coin de la rue. Il vaudrait mieux que je m'en aille » murmura-t-il.
Je ne pus qu'hocher de la tête, pas du tout certaine d'avoir envie de le voir partir. Il se rapprocha encore de moi, ne laissant que quelques centimètres entre nos deux corps. Son souffle m'atteignit tandis que sa main se levait pour frôler ma joue. Il soupira et mes cheveux volèrent légèrement autour de mon visage. Alors qu'il allait reculer, l'instinct me poussa à saisir sa main au vol, la maintenant contre ma joue. Surprise de mon audace, je décidai de laisser ma raison de côté et de suivre mes sentiments. Edward sembla être autant surpris que moi lorsque j'appuyai doucement ma joue contre sa main. Je levai les yeux vers lui, croisant son regard flamboyant.
Son contact glacé ne me dérangeait pas autant que j'aurais pu le croire. Au contraire, alors que je m'attendais à ressentir une sorte de brûlure due au froid, je n'éprouvais qu'un soulagement intense quant au fait de le savoir près de moi.
Le bruit de la voiture de patrouille se rapprocha, me forçant à lâcher la main d'Edward. Toutefois, à ma plus grande surprise, cette dernière resta en place contre ma joue, son pouce se déplaçant doucement le long de ma pommette. Heureuse, je soupirai faiblement.
Malheureusement, Charlie se gara devant la maison.
« Ne va-t-il pas voir ta voiture ? » m'inquiétai-je aussitôt.
« Je suis venu à pied » me rassura Edward avec un clin d'œil.
J'hochai la tête, satisfaite de ne pas avoir à expliquer à mon père la présence d'Edward Cullen dans notre petite cuisine défraîchie.
« Tu feras mieux d'y aller » repris-je doucement.
Ce fut au tour d'Edward acquiescer. Il enleva lentement sa main de mon visage, le caressant une dernière fois. Au même moment, une portière claqua à l'extérieur et les pas de Charlie se rapprochèrent du porche.
« A plus tard Bella » me souffla Edward avant de disparaître subitement.
« Bonne nuit » dis-je sur le même ton.
Malheureusement, j'étais désormais seule dans la pièce et mes paroles se perdirent dans le vide. A croire que ces dernières secondes n'avaient jamais existé.
« Bella » m'appela Charlie depuis l'entrée. « Je suis là ! »
« Coucou papa » le saluai-je quand il arriva près de moi.
Nous mangeâmes dans le calme, puis je m'empressai de monter dans ma chambre. Dans cette dernière, je pouvais encore percevoir quelques effluves du parfum d'Edward, notamment sur mes draps. Ravie de cette découverte, je me mis rapidement au lit avec un livre, espérant que cela m'aiderait à trouver le sommeil.
Au moment où j'allais poser mon livre et éteindre ma lampe de chevet, mon portable vibra sur ma table de nuit.
Fais de beaux rêves. E
Mon cœur tressauta à la vue de ce message. Son destinataire ne pouvait être qu'une seule personne, ce qui me réjouissait. Savoir qu'il pensait à moi même lorsque nous n'étions pas ensemble me faisant chaud au cœur. De plus, qui ne rêverait pas qu'Edward Cullen pense à lui ?
La manière dont il avait eu mon numéro ne m'inquiéta pas plus que ça. Alice avait certainement un rôle à jouer là-dedans.
C'est le sourire aux lèvres et le cœur gonflé d'émotions que je m'endormis ce soir-là. Ma tête étant pleine de souvenirs de la soirée et mon nez plein de son odeur, mes rêves ne furent peuplés que d'Edward.
J'espère que ce chapitre vous a plus ? Dites-le moi en commentaires !
Je vous donne rdv la semaine prochaine pour la suite. En attendant, prenez soin de vous :)
