Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ?

Voici le chapitre 6 d'Ascendant, qui est pour l'instant celui que j'ai pris le plus de plaisir à écrire :)

On se retrouve en bas !


CHAPITRE 6

Mes yeux s'ouvrirent d'un seul coup, chassant d'un clignement toute la fatigue qui les occupait. Immédiatement, ils se portèrent sur l'extérieur, découvrant que le soleil brillait sur Forks en cette matinée de printemps. Je ne me demandais pas d'où venait ce nouveau réflexe : les nuages me permettraient de voir Edward au lycée, alors que le soleil me priverait de cette possibilité.

Un gémissement s'échappa de mes lèvres lorsque les derniers nuages s'effilochèrent dans le ciel, achevant ma bonne humeur. Edward allait-il annuler notre journée chez lui avec ce soleil ? Ou allait-il la maintenir et enfin me révéler la vérité quant aux effets du soleil sur sa nature ?

Sans me poser plus de questions, je me jetai sur ma table de nuit pour saisir mon portable. J'ouvris la discussion avec Edward, puis réfléchis à quoi lui envoyer.

Faut-il annuler notre sortie vu qu'il fait beau ? B

Je me mordis la lèvre inférieure, puis effaçai mon message. C'était nul.

Comptes-tu annuler notre sortie d'aujourd'hui avec ce soleil ? B

J'effaçai ce message également. Plus je réfléchissais, plus les idées qui me venaient étaient nulles. Je poussai un râle d'exaspération avant de taper un nouveau message.

Toujours bon pour cet AM ? B

Simple et direct.

Je pressai la touche d'envoi puis glissai mon portable dans ma poche arrière avant de descendre dans la cuisine pour déjeuner. Charlie avait laissé un mot sur la table à mon intention, m'informant qu'il allait pêcher tout le weekend avec Billy et Harry Clearwater.

Après avoir vidé un bol entier de céréales, je fis ma vaisselle et m'attelai à mes devoirs. Je n'avais aucune envie de devoir les faire plus tard, puisque j'espérais secrètement pouvoir passer deux journées entières avec Edward.

Le temps passa, et mon portable semblait grossir à vue d'œil à chaque quart d'heure qui passait, Edward ne m'ayant toujours pas répondu. J'essayais de tenir mon esprit occupé, évitant ainsi de penser à la possibilité qu'Edward annule notre rendez-vous pour diverses raisons.

Midi arriva et mon anxiété ne me quitta pas. Je me préparais à manger, morose. Etre seule et sans nouvelle ne me réussissait pas. J'étais pathétique.

Alors que j'allais chercher une occupation pour le reste de la journée, mon portable vibra.

Excuse-moi Bella. Je n'avais pas mon portable avec moi ce matin. E

Un soulagement intense m'envahit à la lecture de son message. Avant que je n'aie le temps de lui répondre, un second message arriva.

Je viens te chercher à quatorze heures. E

Un coup d'œil à la pendule du salon me permit de voir qu'il me restait encore une heure avant qu'Edward n'arrive. Je profitai de ce temps pour monter dans ma chambre choisir une tenue. Il m'avait dit de mettre une tenue confortable, mais comment devait-on s'habiller lorsqu'on allait passer un après-midi entier avec un vampire qu'on appréciait ?

Je me décidai finalement pour un jean noir confortable et un pull vert sapin. Mes cheveux tombaient en cascade sur mes épaules et dans mon dos, ce qui allait très bien. Toutefois, je glissais un élastique à mon poignet, pas certaine de ce qu'Edward nous avait réservé comme activité. J'enfilai une paire de baskets confortables, parée à toutes les éventualités.

A quatorze heures pile, mon portable secoua faiblement ma poche de jean.

Je suis là. E

Si j'étais impatiente de revoir Edward, je n'étais pas moins surprise du fait qu'il reste dans sa voiture. Je me hâtai de fermer la maison et de le rejoindre dehors. Toutefois, quelle ne fut pas ma surprise en constatant que ce n'était pas la Volvo argentée qui était garée devant chez moi mais une grande berline noire aux vitres teintées.

J'essayais de voir Edward à travers ces dernières, mais aucune image ne passa. Pensant que personne d'autre n'oserait se garer sur la place attitrée du shérif, j'ouvris la portière côté passager.

Me retrouver devant Edward me fera toujours le même effet. Ses yeux d'or liquide me figeaient systématiquement sur place, me rendant ridicule, tandis que mon estomac se retournait délicieusement. Il portait un t-shirt noir à manches longues qui sculptait parfaitement son torse, me donnant envie de toucher son corps plus que de raison.

« Bonjour » me salua-t-il, me sortant de mes pensées obscènes.

« Salut » lui dis-je en retour, totalement sous le charme de son sourire en coin.

Avant que je n'aie le temps d'en dire plus, il se pencha vers moi et attrapa une des mèches de mes cheveux avant de l'entortiller autour de son index.

« As-tu bien dormi ? »

Éblouie par son visage d'ange, je mis du temps avant de pouvoir formuler une réponse convenable.

« Parfaitement. Et toi, ta nuit ? »

« Agréable » sourit-il malicieusement.

Je ne me lasserai jamais de le voir heureux. Sans se départir de son sourire, il démarra le moteur.

« Quelle est l'activité prévue ? » tentai-je.

« Nous allons chez moi » dit-il simplement, son sourire en coin ne le quittant pas. Il avait l'heure tellement heureux et apaisé aujourd'hui, malgré le soleil.

« Le soleil ne sera-t-il pas dérangeant ? »

« Bella » soupira-t-il. « Tu penses vraiment que je ne sais pas gérer le soleil ? »

Je ne répondis pas, me contenant de lui jeter un regard noir. Il éclata de rire avant de concentrer son attention sur la route. J'avais beau avoir été à plusieurs reprises chez les Cullen, je distinguais difficilement le chemin de terre qui menait à la grande villa blanche.

A cette heure-là, l'ombre des arbres protégeait la maison du soleil, me forçant à patienter pour savoir les effets du soleil sur les vampires.

« Me montreras-tu un jour… par rapport au soleil ? »

« Après » me promit-il. « Nous avons la maison pour nous seuls pour l'instant. Autant en profiter avant d'être dérangés ».

« Où est ta famille ? » demandai-je tandis qu'il m'entraînait vers la magnifique villa.

« Carlisle est à l'hôpital, Esmée en ville. Mes frères et sœurs sont allés chasser » m'expliqua-t-il. « Je vais te faire visiter ».

Edward me fit rapidement visiter le rez-de-chaussée, que je connaissais assez bien étant venue à plusieurs reprises, avant de me conduire à l'étage. Il énuméra les différentes pièces à mesure que nous passions devant, m'expliquant que chaque couple avait une chambre et une salle de bain privées.

Nous passâmes devant la bibliothèque, qui devait être plus fournie que la librairie de Forks et Port Angeles réunies. Je salivais d'envie devant tous ces livres, ayant toujours rêvé d'avoir autant de livres à lire. Mon admiration et mes yeux rêveurs provoquèrent un doux rire à Edward, qui ne me quittait pas des yeux alors que je faisais le tour de la pièce. Ses yeux dorés étaient flamboyants, magnifiques et intenses, me réchauffant d'un simple regard.

Puisque je n'arrivais pas à quitter les étagères des yeux, Edward vint me prendre la main pour m'entraîner vers la dernière pièce qui m'était inconnue.

« Ma chambre » énonça-t-il simplement, me laissant passer devant lui pour entrer dans la pièce. Cette dernière était meublée d'un modeste sofa, tandis que trois des murs étaient recouverts d'étagères à CD, le dernier mur n'étant qu'une immense baie vitrée qui donnait sur la forêt.

L'absence de lit me rappela les révélations d'Edward quant au fait qu'il ne dormait jamais. Encore une fois, je me demandais comment il était possible de ne pas s'ennuyer avec autant de temps libre.

Edward s'approcha de la chaîne-hifi et lança le mode Lecture. Surprise, je constatais que le CD à l'intérieur n'était autre que celui de Debussy. Les notes de Clair de lune qui retentirent dans la pièce n'arrivaient toutefois pas à calmer les battements frénétiques de mon cœur et ma respiration hachurée alors qu'Edward saisissait mes mains des siennes. S'il en posa une sur son épaule, il garda l'autre dans sa grande main blanche puis passa doucement son bras autour de ma taille, nous rapprochant dangereusement.

J'écarquillais les yeux en comprenant ce qu'il était en train de faire.

« Tu… Tu veux danser ? » bafouillai-je, en proie à la panique.

« Bien-sûr » répondit-il, surpris de ma réaction.

« Je ne sais pas danser » lui appris-je en rougissant.

« Ce n'est pas grave » me rassura-t-il « tout est dans le cavalier ».

Sa remarque fut suivie d'un clin d'œil, tandis qu'il amorçait des mouvements de balancier, nous faisant doucement tourner sur nous-mêmes. En arrière-plan, les notes continuaient de se déverser, tel un flot apaisant.

Les yeux d'Edward ne quittaient pas les miens, réchauffant mon corps et mon cœur. Une lueur de malice et de joie brillait dans ses iris, m'indiquant qu'il était profondément heureux. C'est cette découverte qui me fit sourire et m'aida à supporter cette danse, malgré ma mauvaise coordination. Je me surpris même à rire, tandis que je marchais maladroitement sur les pieds d'Edward à plusieurs reprises, ce dernier ne s'en offusquant pas.

Lorsque le morceau arriva à sa fin, Edward ne se décolla pas de moi pour autant. Son corps contre le mien, notre proximité, ne m'aidaient pas à garder les idées claires. Je crus que mon cœur allait s'arrêter définitivement lorsqu'Edward se pencha vers moi, posant son front contre le mien. Son souffle glacé frappait mon visage, me faisant inhaler longuement pour sentir davantage son haleine sucrée.

Le temps parût se figer et nous ne bougeâmes pas, collés l'un à l'autre, satisfaits de notre proximité. Je fermai les yeux, ne voulant pas voir arriver le moment où il faudrait que l'on se sépare.

Qui aurait cru qu'Edward pourrait me tenir dans ses bras et danser avec moi quelques jours à peine après m'avoir agressée ? Il était maître de lui-même, refusant de laisser le vampire prendre le pas sur l'homme. Ma totale confiance en lui était réelle. Mon attirance pour lui était irrésistible. Qui étais-je pour ne pas suivre mon instinct ?

J'allais lâcher un soupir de mécontentement lorsqu'Edward lâcha ma main, mais m'arrêtai net lorsqu'il la posa délicatement sur ma joue, gardant son autre main sur ma taille. Ses contacts étaient doux, tendres, comme s'il avait constamment peur de me casser, me briser.

Il avait tort. Ce n'était pas ses contacts qui risquaient de me briser, mais leur absence. Son absence.

A cette pensée, mon cœur se serra douloureusement dans ma poitrine. Je ne voulais pas penser à l'éventuelle absence d'Edward. Mon cerveau prit alors conscience des signaux que lui envoyait mon cœur depuis le début : j'étais attirée par Edward, oui. Mais pas seulement. Le fait que son absence puisse me détruire induisait autre chose. Une chose dangereusement importante à laquelle je ne voulais pas penser actuellement.

Après de longues minutes à caresser ma joue de ses doigts frais, Edward décolla son front du mien, laissant ses yeux intenses noyer mon âme.

« Il faut que je te montre quelque chose » souffla-t-il.

Docile, je le suivis hors de sa chambre jusqu'au salon, où il nous dirigea vers le magnifique piano à queue noir. Il me tira à ses côtés sur le banc, nos épaules se frôlant. Il me jeta un dernier regard intense avant de fermer les yeux et de laisser ses doigts courir sur les touches.

Les notes émises par le piano étaient magiques, m'entraînant dans un monde où la douleur et la peur n'existaient pas. La mélodie elle-même était à tomber, sublimée par la douce voix d'Edward qui chantonnait en accord avec elle. Ses doigts volaient sur le clavier, comme s'il le caressait presque amoureusement.

Mes yeux me piquèrent lorsque les larmes y affluèrent, tant j'étais émue par la mélodie que jouait Edward. Mon cœur vibrait au rythme des notes. Il vibrait pour cette musique, mais il vibrait aussi pour la personne qui la jouait.

Lorsque le morceau arriva à sa fin, la dernière note se perdit dans le silence chargé en émotions qui avait envahi la pièce.

« C'est… » reniflai-je disgracieusement. « C'est magnifique, Edward. »

« Merci. » dit-il simplement, posant sur moi un regard plein de tendresse. « Ne pleure pas » me supplia-t-il dans un murmure, effaçant mes larmes de ses doigts.

« Comment veux-tu que je ne pleure pas ? C'était trop... » finis-je, à court de mots.

Edward me fit un petit sourire contrit, ses doigts courant toujours le long de ma joue, étalant l'eau salée sur mes pommettes. Il fouilla mon regard, comme s'il essayait de savoir si je pouvais supporter davantage d'émotions.

« C'est toi qui me l'as inspiré » m'avoua-t-il doucement, ses yeux mordorés plongés dans les miens.

L'intensité dans ses yeux me figea tandis qu'un hoquet de stupeur m'échappa, tant j'étais surprise par sa révélation. Les larmes regagnèrent mes yeux, me faisant voir flou le monde qui m'entourait. Mon cœur n'arrivait pas à ralentir sa course, battant puissamment dans ma poitrine, comme s'il voulait s'échapper pour lui-même aller remercier Edward pour ce magnifique cadeau.

Il avait écrit un morceau de piano. Un morceau magnifique, magique et intense. Il l'avait écrit pour moi. Pour moi.

Edward sembla comprendre qu'il me fallait quelques minutes pour digérer l'information, puisqu'il recommença à jouer du piano sans qu'aucun autre mot ne soit prononcé entre nous. Les notes s'enchainaient, saturant la pièce de leur douce mélodie.

Si Edward jouant du piano était une vision aphrodisiaque en photo, ça n'était rien comparé à la réalité. Le voir jouer, totalement concentré sur l'instrument devant lui, les yeux fermés et la tête se balançant au rythme de la musique, ses doigts courant sur les touches tel une caresse, était simplement indescriptible. Il dégageait une telle sérénité, une telle beauté, que je n'osais bouger de peur d'abîmer ce tableau. Son visage était détendu, loin de toute la tension qui l'habitait lors de nos premières rencontres.

Je souhaiterais le voir tous les jours comme ça, à chaque instant. Un être tel que lui ne méritait pas d'éprouver des émotions négatives.

La dernière note retentit, tel un gong qui marquait la fin de ma contemplation. Edward rouvrit les yeux, les posant sur moi tout en me souriant. Il se leva souplement avant d'aller me chercher la boîte de mouchoirs posée près du canapé, me permettant d'effacer mes larmes et de retrouver figure humaine.

Une fois apaisée, il me tendit la main pour me guider sur la terrasse à l'arrière de la maison. Cette dernière était composée de planches de bois gris anthracite, sur lesquelles était posé un salon de jardin. L'ensemble était chaleureux, même si je doutais de son utilité vu la météo de Forks.

Edward me laissa le temps de d'observer son environnement, se contentant de tenir ma main. Le soleil était toujours haut dans le ciel, même si la maison était encore à l'ombre.

« Que faisons-nous ? » lui demandai-je, toujours curieuse de connaitre la vérité par rapport au soleil.

« Viens » dit-il simplement. Me tirant par la main, il me fit traverser le jardin ombragé avant de m'attirer dans la forêt entourant la villa. Le soleil arrivait à percer à travers la verdure, mais Edward évitait soigneusement chaque rayon. Cela ne l'empêchait toutefois pas de me tenir la main pendant tout le trajet, écartant les branches qui gênaient notre procession et me retenant par la taille pour m'éviter chaque chute.

Notre balade me parut longue, même si je savourai chaque instant passé aux côtés d'Edward. Le regarder évoluer en pleine nature était différent d'en présence d'autres personnes humaines. Il était libre, ne cachant pas sa force ou sa vitesse lorsqu'il fallait me rattraper, comme si un poids avait quitté ses épaules.

Le voir aussi libéré avec moi me réconfortait. Il me faisait confiance, peut-être autant que je lui faisais confiance.

« Tu vois le point lumineux là-bas » ? me questionna-t-il soudainement, me coupant dans mes pensées.

Je suivis la direction qu'indiquait son doigt et plissai les yeux, espérant voir quelque chose, sans succès. Edward rigola lorsque je secouai la tête négativement puis nous reprîmes notre marche dans cette direction. Au fur et à mesure de notre avancée, je commençai à distinguer un point plus clair au milieu de la verdure constante, ce qui me fit accélérer le pas, pressée de découvrir l'endroit où Edward nous menait.

Enfin, nous débouchâmes dans une magnifique clairière, emplie de milliers de fleurs sauvages, toutes plus colorées les unes que les autres. Malgré le mauvais temps quasi constant de Forks, elles avaient réussi à pousser, embellissant la prairie. Cette dernière était encadrée par de grands pins, lui conférant une atmosphère intime appréciable.

Je dénouai mes doigts de ceux d'Edward, avançant tranquillement vers le centre de la clairière pour apprécier pleinement sa beauté. Tournant sur moi-même lentement pour ne louper aucun détail, je marquai un temps d'arrêt en me retrouvant face à Edward, qui n'avait pas bougé d'un centimètre, encore à l'ombre de la forêt.

Me revint alors mes interrogations quant au soleil et sa nature.

Alors que j'allais faire un pas dans sa direction, il leva ses mains, m'intimant de ne plus bouger. Sa poitrine se leva rapidement, avant de se rebaisser, signe qu'il inspirait puissamment, semblant chercher du courage pour me rejoindre au soleil.

Une minute passa. Puis deux. Nous n'avions toujours pas bougé, malgré les battements de mon cœur qui s'accéléraient de seconde en seconde, toujours plus pressé d'en apprendre plus sur l'objet de mon attirance démesurée.

« Edward… » chuchotai-je, espérant lui insuffler suffisamment de courage pour me rejoindre.

Ses yeux rencontrèrent les miens, affichant clairement son incertitude, son hésitation, ses doutes. Il avait peur.

« Je ne partirai pas » le rassurai-je immédiatement.

Fermant les yeux, il fit un pas vers la lumière abondante du soleil. Plus qu'un pas. Inspirant profondément, il fit ce dernier pas et plongea dans l'aura éclatante du soleil.

Mon cœur s'arrêta instantanément. Contrairement aux contes populaires, le soleil ne transformait pas les vampires en cendres. La réalité était tout autre. La peau d'Edward brillait de mille feux, comme si des centaines de diamants étaient incrustées dans sa peau diaphane.

Éblouie par tant de beauté, et peu habituée à ce genre de visions, je fis un pas chancelant dans sa direction. Edward gardait ses yeux fermés, comme s'il ne voulait pas affronter le monde extérieur. Comme s'il ne voulait pas m'affronter, maintenant que je connaissais la vérité.

Inspirant, l'odeur des fleurs nous entourant me monta aux narines, m'emplissant d'une force jusqu'alors sous-estimée, et me donna le courage de le rejoindre. Il avait fait le premier pas, je me devais de faire les suivants. Je devais lui prouver que je n'avais pas peur de lui, que je ne le fuirais pas.

Une fois devant lui, je remarquai qu'il ne respirait plus et qu'il s'était totalement figé dans l'attente de ma réaction.

Fascinée par sa peau, je l'effleurai doucement du bout des doigts. La pulpe de mes doigts contre sa peau glacée scintillante fit accélérer mon cœur, au point où je pensais qu'il allait sortir de ma poitrine. Ce sentiment devenait de plus en plus fréquent lorsqu'Edward était dans les parages, semblait-il.

Rassurée par son immobilité, j'en profitai pour saisir la texture de sa peau au soleil, surprise qu'elle soit toujours aussi lisse malgré son apparence hétérogène. J'essayais de saisir la réalité de cette vision, mais je n'arrivais pas à m'y habituer.

Les yeux fixés sur l'avant-bras d'Edward, je ne remarquai pas qu'il avait ouvert les yeux et me contemplait. Ce n'est que lorsqu'il glissa une mèche de cheveux derrière mon oreille que je levai les yeux vers lui, me perdant dans les profondeurs incandescentes de ses iris.

« Tu n'as pas peur ? » m'interrogea-t-il.

Son ton soucieux me fit froncer les sourcils. Pensait-il réellement que j'aurais peur de lui ?

« Non » chuchotai-je. « Tu es magnifique. »

Soupirant, Edward laissa glisser sa main qui avait replacé ma mèche jusque dans mon cou, où elle se posa à l'endroit où battait puissamment mon pouls. Un frisson s'empara de moi sous son touché, tant sa tendresse me frappait en plein cœur.

Jamais je ne l'aurais cru capable d'une telle tendresse, d'une telle douceur. Pourtant, chaque jour il me surprenait davantage, brisant l'image que je m'étais faite de lui. Il semblait parfait.

Longtemps, nous restâmes ainsi, nos yeux accrochés ensemble, sa main dans mon cou, la mienne sur son avant-bras, dessinant des arabesques sans queue ni tête.

Edward saisit ma main et me guida vers le centre de la clairière, avant de s'étendre à même le sol, m'entraînant avec lui. Je restai assise, l'observant avec intérêt. Sa peau me fascinait réellement et je n'arrivais pas à m'en détacher.

Soudain, il posa sa tête sur mes jambes étendues. Baissant la tête, je constatai qu'il avait les yeux fermés et les traits paisibles, comme s'il dormait. Le soleil jouait dans ses cheveux, les parsemant de reflets cuivrés. Ses mèches semblaient si douces que je ne résistai pas à la tentation et glissai mes doigts à travers leur désordre. A mon contact, la bouche d'Edward se tordit en un adorable sourire, avant qu'il ne lève sa main pour saisir une de mes longues mèches brunes qui lui chatouillaient le visage.

Le soleil poursuivait inexorablement sa course dans le ciel, précipitant le moment où il faudrait que nous quittions notre petit coin de paradis pour rejoindre nos familles respectives. Heureusement, Charlie rentrait toujours tard de ses journées pêche, me donnant quelques minutes supplémentaires en compagnie d'Edward.

Celui-ci entortillait ma mèche de cheveux autour de son index sans relâche, tandis que je continuais à passer mes doigts dans ses cheveux, amusée lorsqu'ils revenaient à leur place habituelle.

Malheureusement, l'ombre parvint jusqu'à nous, annonçant le moment de rentrer. Notre bulle intime en prit un coup, tandis que je me redressais doucement en lâchant les cheveux d'Edward. Nous n'avions pas parlé, ou très peu, la présence de l'autre suffisant à nous combler.

« Je vais te raccompagner » proposa Edward en se relevant tout en me tendant sa main pour m'aider à en faire de même.

« D'accord… ».

Mon ton boudeur dit glousser Edward, mais il s'arrêta net lorsqu'il croisa mon regard noir.

« Personne ne t'attend chez toi ? » contrattaquai-je rapidement.

Edward haussa les épaules.

« Carlisle et Esmée doivent être rentrés. Pour mes frères et sœurs, je n'en sais rien. Les parties de chasse peuvent être longues ».

« Tu n'es pas allé chasser avec eux ? »

« Ce matin » m'avoua-t-il, comme s'il s'agissait d'une faiblesse. « C'est pour ça que je ne t'ai pas répondu ».

Une vague de soulagement s'empara de moi alors que je comprenais enfin son silence le matin-même.

« Pourrais-je un jour venir vous voir chasser ? » demandai-je, curieuse.

Le visage d'Edward se tordit avec horreur, comme si cette éventualité lui était inimaginable.

« Il en est hors de question ! » s'exclama-t-il, furieux. « Jamais ».

Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas sa réaction.

« Bella » reprit-il plus calmement. « Ton sang m'attire beaucoup et je dois exercer un contrôle total pour ne pas te blesser… Lorsque je chasse, que nous chassons, nos sens prennent le dessus sur notre moralité. » Il se pinça l'arête du nez, avant d'expirer fortement. « Si tu te trouvais dans les parages, nous te prendrions en chasse et te tuerions ».

Je frissonnai, incapable de m'en empêcher.

« Enfin une réaction normale » sourit-il avant de me tendre la main. Jetant un dernier coup d'œil à la clairière, je saisis la main que me tendait Edward et le suivit pour retourner à la villa.

Alors que le soleil tombait derrière les arbres, succombant à l'approche de la nuit, je ne pouvais m'empêcher de penser que, de mon côté, je tombais un peu plus sous le charme d'Edward. Mon cœur succombait à l'attirance qu'exerçait Edward sur moi.

Je n'avais plus qu'à espérer qu'il ne tomberait pas jusqu'à se briser.


J'espère que ce chapitre vous a plus ? Dites-le moi en commentaire !

Je vous donne rdv la semaine prochaine pour la suite. En attendant, prenez soin de vous :)