Bonjour, bonjour !
Je considère que nous entrons là dans le vif du sujet x) A mon sens, les choses deviennent vraiment intéressantes à partir de maintenant !
Petites devinettes pour vous, chers lecteurs : avant votre lecture, essayez donc de trouver « les amis de Lukas », en référence au titre du chapitre.
Par ailleurs, j'ai eu un pic d'idées en tout genre pour Hetalia, qui n'ont rien à voir avec cette fic, mais qui m'ont empêchée de dormir hier soir. Je ne sais pas quand j'écrirai ça, mais voilà, mon cahier de notes est bien rempli XD
LesSoeursNeko : Merci pour ton commentaire et ton appréciation ;) Sache (et c'est un message à l'adresse de tous finalement) que Mathias ne sera pas oublié et que vous saurez tout de son passé. Tout sur tout ! Mais en temps voulu 8)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 10 : Les amis de Lukas
Mathias relut une deuxième fois le document rédigé par le docteur Knutsen tout en ressassant ses questions. Puis, reprenant place sur la chaise de bureau, il rangea à sa place les feuilles et entreprit de lire en diagonale le journal intime. Il déglutit néanmoins. Lire par-dessus l'épaule de Lukas un bout de journal était une chose, prendre consciemment connaissance de tout ce qu'il y avait de marqué dedans en était une autre. Il avait l'impression de violer l'intimité du propriétaire du journal.
Pourtant, s'il voulait retrouver Lukas avant qu'il ne fasse une bêtise, il fallait qu'il apprenne des choses sur son passé. Comprendre et agir. Au fond, c'était quelque chose qu'il avait assimilé à force de vivre avec Lukas. Etudier la personne, refaire le même chemin qu'elle pour en arriver à la conclusion de ses actes. En l'occurrence, savoir qui et où.
Mathias se rendit rapidement compte que le propriétaire du journal n'était autre que son père adoptif. Et à dire vrai… il ne racontait pas grand-chose d'intéressant. Enfin… Mathias aurait pu trouver ça intéressant, attendrissant et se serait bien amusé à découvrir le passé de Lukas avec un père gâteux au possible mais il avait besoin d'informations bien plus intéressantes s'il voulait retrouver Lukas.
Mathias inspira et expira profondément tout en laissant sa tête retomber entre ses bras. Il avisa la boîte sur le lit et les feuilles jaunies qu'elle contenait. Il referma le journal, le posa sur le bureau et s'empara de la boîte. Il farfouilla et consulta chacun des documents. Procédure d'adoption, relevés de notes, formulaires d'inscription, ce genre de choses…
Au fond, il découvrit des photos. Mathias ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles. Il découvrait un Lukas qu'il n'avait jamais connu. Un enfant ou un adolescent selon les clichés. Il était souvent avec un grand homme, sûrement son père adoptif, pensa-t-il. Large de carrure, un peu mal rasé, il débordait d'autant de gaieté que Lukas avait l'air éteint.
Il constata en effet que sur quasiment toutes les photos, Lukas n'esquissait quasiment aucun sourire et avait déjà ce masque inexpressif. Cela lui fendait le cœur. Mathias passa un doigt sur la jeune silhouette aux sages cheveux blonds et au regard insondable qui se détournait de l'objectif. Il eut un petit sourire triste.
Sur aucune des photos cependant, il n'y avait trace d'Emil. Comme si ce petit frère n'avait jamais existé. Mathias fronça les sourcils, perplexe.
Puis, il tomba sur un cliché où Lukas regardait ses pieds, encadré par deux adolescents de son âge. Mathias plissa les yeux et rapprocha la photo au maximum de son visage au point que son nez touchait le papier glacé. Mais oui ! C'était bien l'ombre d'un sourire qu'on pouvait deviner au coin des lèvres ! Ce constat arracha un petit rire à Mathias. Il prêta alors attention aux deux adolescents qui l'encadraient et reconnu l'un d'entre eux. C'était le policier que Lukas connaissait !
C'était quoi son nom déjà ? pensait Mathias. Anton ? Adrien ? Andrea ? Andy ? Andrey ! Voilà, c'était ça : Andrey.
Mathias considéra de nouveau le visage souriant et un brin arrogant du jeune garçon. Oui, c'était bien lui. Il avait perdu ce petit côté hautain mais c'était les mêmes cheveux bruns en bataille, des yeux verts plein de vie et son visage n'avait pas non plus changé de forme en grandissant. Ils se connaissaient donc bel et bien depuis un bout de temps. Lukas devait être âgé de 16 ans… quelque chose comme ça, estima Mathias.
Il se pencha sur l'autre adolescent à la gauche de Lukas. Un peu plus petit que ce dernier, il débordait de joie et de vivacité. Cela crevait les yeux. Des yeux d'un éclat flamboyant, à la limite du marron, virant presque au rouge, sûrement à cause du flash de l'appareil photo, la peau pâle et les cheveux blond vénitien, il clignait de l'œil et présentait un signe de victoire. Il s'était emparé de la main de Lukas et tentait de lui faire faire le même signe.
Mathias se gratta le menton.
Il lui fallait des informations sur le passé de Lukas. Andrey pourrait peut-être lui donner de plus amples informations. Sauf qu'il n'avait pas son numéro. Avec un soupir, Mathias passa en revu la chambre mais il n'avait trouvé nulle part trace d'un quelconque répertoire ou autre. Peut-être dans l'entrée ?
Dans le hall, il découvrit l'heure sur l'horloge : 6h30. Mathias grimaça. Il aurait dû se mettre en route pour le travail. Mais cela lui paraissait franchement impensable vu les circonstances. Il attrapa le téléphone et composa le numéro de l'école. Il ne devait y avoir encore personne et ce fut sans surprise qu'il tomba sur le répondeur. En surjouant un peu, il se fit porter pâle. Il ne savait pas si on allait le croire mais il y avait des choses plus importantes à l'heure actuelle que la sécurité de son emploi.
Il s'empara d'un petit carnet aux côtés du téléphone et le feuilleta fébrilement. Mais il ne trouva personne du nom d'Andrey. A dire vrai le répertoire était quasiment vierge de nom. Il avisa l'annuaire et fit la moue : peu de chance aussi qu'il arrive à retrouver quelqu'un dont il ne connaissait que le prénom et l'emploi.
Mathias tapota son menton d'un doigt songeur. Il se décida finalement à ouvrir l'annuaire et composa le numéro de la police. Une voix chaleureuse et entraînante malgré l'heure matinale lui répondit à peine deux tonalités plus tard.
- Centre Général de Police d'Oslo, bonjour.
- Bonjour, madame. Je cherche à contacter un certain Andrey. Je ne me souviens plus de son nom mais je sais qu'il travaille en tant qu'officier de police à Oslo même. Une vieille connaissance avec qui j'aimerais reprendre contact, vous comprenez, ajouta Mathias précipitamment
Il avait peur de ne pas être assez crédible.
- Ah, ah ! Je comprends, oui. Laissez-moi, juste un instant.
Mathias entendit des doigts taper sur un clavier.
- Alors, alors… qu'avons-nous là ? Oh, bah, ça ne devrait pas être compliqué ! s'exclama la réceptionniste, vous n'en avez qu'un. J'espère que ça sera le bon pour vous, ah ah. Andrey Boyadjiev.
Mathias fit mine d'avoir vaguement souvenir d'un nom dans ce goût là et pria intérieurement pour qu'en effet, ce soit le bon.
Par la suite, l'agréable réceptionniste lui confia un numéro de téléphone. Mathias la remercia rapidement, pressé de tester ce numéro. Il savait qu'il n'était même pas 7h du matin mais il se devait d'être rapide et efficace. Il tapota nerveusement sa cuisse tandis que les tonalités se succédaient. On ne décrocha pas. Mathias ne se découragea pas et rappela aussitôt.
Finalement, une voix pâteuse et endormie répondit :
- Allô ?
- Andrey ?
- Oui… c'est moi… qui est à l'appareil ?
- Mathias ! Mais je suis pas sûr que vous souveniez de moi. J'étais avec Lukas la dernière fois qu'on s'est rencontré. Lukas Bondevik. Vous savez, le détective.
Mathias entendit des draps qui se froissaient tandis qu'Andrey se relevait sûrement dans son lit. Il bailla un grand coup.
- Oui, oui. C'est un ami. Et je crois me souvenir de vous aussi. Un type avec des cheveux blonds en pétard, c'est ça ?
- Exactement ! J'ai absolument besoin de votre aide, enchaîna aussitôt Mathias se laissant dépassé par son angoisse, il faut à tout prix que je sache ce qu'il s'est passé dans la vie de Lukas. Il me faut des infos, j'ai peur qu'il fasse une bêtise. Il est parti en coupe-vent et il était furieux. Oui, parce qu'Emil a disparu, en fait. Et puis aussi, il allait pas bien ces derniers temps. Lukas, j'entends, hein.
- Euh… doucement, s'il vous plaît. J'ai rien compris. Désolé, je suis encore dans le pâté.
Mathias inspira et expira avec force avant d'expliquer plus posément la situation. Quand il eut achevé son récit, un long silence lui répondit à l'autre bout du combiné.
- Bon dieu… et vous savez vraiment pas de qui il parlait ?
- Non ! Je ne sais même pas si c'est un homme ou une femme, pour vous dire ! Il a juste parlé d'une pourriture. Je ne l'ai jamais vu aussi furieux.
- En même temps, s'en prendre à Emil… c'est la dernière chose qu'une personne sensée ferait pour mettre Lukas hors de lui.
- Vous le connaissez depuis longtemps, non ? Vous avez pas une petite idée ? J'ai vraiment peur qu'il fasse une sacrée connerie.
- J'imagine mal Lukas avec des velléités meurtrières mais s'il s'agit de son frère… Il a l'air très attaché à lui. Après, malheureusement, je ne peux pas trop vous aider. Je connais Lukas, oui, mais sans plus. En fait, si j'ai traîné avec lui quand j'étais ado, c'est surtout par l'intermédiaire de Vlad'. C'était un de mes potes et lui, il connaissait Lukas depuis bien plus longtemps. Je pense qu'on peut dire qu'ils étaient amis d'enfance.
- Où est-ce que je peux le contacter ? s'empressa de demander Mathias
- Je vais vous passer son numéro de téléphone. Il s'appelle Vladimir Bălan. Faites pas attention s'il vous sort des trucs bizarres, il est juste dans son délire mais c'est un type bien. Attendez cinq secondes.
Mathias entendit Andrey se lever. Tandis qu'il l'entendait s'agiter, lui trépignait d'impatience et triturait nerveusement son pyjama. Enfin, Andrey mit la main sur le numéro de téléphone et le confia à Mathias. Par la suite, il s'excusa mais il avait été en service toute la nuit et avait besoin de dormir. Il lui demanda néanmoins de le tenir au courant vis-à-vis de Lukas. Mathias s'empressa d'obtempérer avant de raccrocher puis de composer le numéro de ce Vladimir.
Il dut prendre son mal en patience car il tomba à chaque fois sur la messagerie. Néanmoins, il insistait et rappelait toujours. Hors de question qu'il laisse échapper cet ami d'enfance qui pourrait sûrement lui en apprendre plus sur Lukas et donc comprendre qui il accusait.
Au bout du douzième appel non-stop, on décrocha finalement en poussant un énorme soupir.
- Je suis actuellement à Oslo. J'ai une heure de moins par rapport à la Roumanie. Qui que vous soyez, pensez-y la prochaine fois.
Mathias haussa un sourcil intrigué.
- Désolé pour le dérangement, enchaîna-t-il sans se soucier de son interlocuteur qui ne se priva pas de bailler, je m'appelle Mathias. Je suis un…
Il hésita sur le mot.
- Je suis l'acolyte de Lukas. Lukas Bondevik. Vous êtes bien Vladimir Bălan ?
- Ouais. Et non, je n'ai pas usé de mes pouvoirs hypnotiques pour être pote avec Lukas.
Mathias fut surpris de la réponse mais se rappela du conseil d'Andrey : ne pas faire attention s'il disait des choses étranges. Ça devait en faire partie.
- J'ai absolument besoin de votre aide ! répondit Mathias, Lukas a disparu. Il est parti à la recherche de son frère enlevé par je ne sais qui et j'ai bien peur qu'il ne fasse une grave boulette !
Vladimir retint un rire.
- Lukas ne fait jamais de boulettes. Lukas est un pro : il vise le cœur avec un pieu et paf ! sans une égratignure, anéanti le démon de minuit.
Mais sur quel genre d'hurluberlu était-il tombé ? se demanda Mathias. Etait-ce vraiment un ami d'enfance de Lukas ? Comment était-ce possible ? Et sa remarque n'allait pas pour le rassurer. Il ne savait pas s'il devait se fier à la métaphore mais ça ne présageait rien de bon, non.
Il décida de poursuivre son explication en précisant ce qu'il s'était passé dernièrement dans la vie de Lukas, combien il avait été perturbé, bousculé par la dispute avec l'inspecteur, l'erreur qu'il avait vraisemblablement commise dans une enquête passée (qui n'était en passant qu'une histoire de vol), l'annonce de la mort du docteur Knutsen, les cauchemars qu'il avait faits, même si Mathias n'avait aucune idée de ce dont il avait vraiment rêvé. Il en vint à la disparition d'Emil qui avait achevé de paniquer Lukas, et la fureur qu'il avait lu dans ses yeux quelques heures auparavant à peine lorsqu'il avait compris qui se cachait derrière tout ça. Mais qui ? Lukas était parti sans lui laisser le moindre indice et Mathias avait un horrible pressentiment sur la suite des évènements. Il hurla presque à travers le combiné qu'il ne pouvait pas abandonner Lukas alors qu'il traversait une mauvaise passe ! Essoufflé par son récit, Mathias se tut.
- Et beh… répondit Vladimir, je savais pas que Lukas était tombé sur un type comme vous.
Mathias ne savait pas ce que ça signifiait. Et pour le moment, il n'en avait rien à faire. Il coupa à court aux élucubrations de Vladimir :
- Andrey m'a dit que vous étiez son ami d'enfance. J'ai besoin de récolter toutes les informations que je peux. A moins que vous ne sachiez de qui il s'agit.
- Je suis peut-être son ami d'enfance, mais il parlait pas beaucoup de ses emmerdes. Ce qui remonte avant son adoption, par exemple, j'en sais rien du tout. Nos familles se connaissaient. C'est son père qui a tenu à ce qu'il passe du temps avec moi. Pour se sociabiliser, je crois. On jouait souvent au chasseur de vampires. Il faisait le chasseur, j'étais le vampire, crut bon de préciser Vladimir, mais c'était un chasseur magicien. Il m'envoyait des sorts et on s'amusait bien. On est même allé au cimetière une nuit…
Mathias frappait le sol du pied. Il aurait certes trouvé cela intéressant mais en l'occurrence, cela ne lui en apprenait pas beaucoup.
- Il s'entendait bien avec son père ?
- Il ne lui jetait pas de l'eau bénite.
- Quoi ?
- Il ne lui crachait pas dessus, c'est ce que je veux dire. Vous autres mortels, vous avez vraiment du mal à comprendre des expressions simples, soupira Vladimir à l'autre bout du téléphone
Mathias haussa un sourcil, perplexe.
- Où est-ce qu'il est son père actuellement ? Comment je peux le contacter ?
- Par séance de spiritisme.
- S'il vous plaît. Je suis sérieux, supplia Mathias agacé par ces expressions atypiques.
- Ah mais je le suis aussi ! Son père est mort il y a neuf ans.
Mathias en resta coi sous le coup de la surprise. Il balbutia quelques mots. Mais si l'ami d'enfance n'avait pas d'informations à lui fournir et si son père adoptif était mort… que lui restait-il ?
A l'autre bout du combiné, Vladimir lui apporta la réponse sur un plateau d'argent.
- Mais si vous tenez vraiment à entrer en contact avec quelqu'un qui a vécu avec Lukas, vous avez toujours ses grands-parents adoptifs.
- Ses grands-parents adoptifs ?
- Ouais. Lukas et eux ont vécu ensemble jusqu'à la mort de papa Bondevik. Ils vivent à Ulvøya maintenant. J'ai pas leur numéro mais j'ai leur adresse, si vous voulez.
- Pourquoi pas, oui.
- Måkeveien 46.
Affaire à suivre…
Je tenais à garder le suspens donc je mets ici les prénoms auxquels je fais référence :
Bulgarie : Andrey Boyadjiev
Roumanie : Vladimir Bălan
