Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ?
Je vous remercie du fond du coeur pour vos mises en alertes et en favoris, ainsi que pour vos reviews qui me font chaud au coeur et me donnent la force de continuer cette histoire. Coeur sur vous !
Voici le chapitre 7 d'Ascendant. J'espère qu'il vous plaira...
On se retrouve en bas :)
CHAPITRE 7
Nous n'avions pas marché cinq minutes qu'Edward se tourna brusquement vers moi, son visage barré d'un immense sourire.
« Je peux te montrer un truc ? » me demanda-t-il joyeusement.
Surprise, je haussai un sourcil.
« Euh… oui ? » Ça sonnait plus comme une question. Son sourire s'élargit davantage, tandis qu'il se rapprochait de moi pour finalement me tourner le dos.
« Grimpe » m'ordonna-t-il.
Mes yeux s'écarquillèrent en comprenant où il voulait en venir. Je croisais les bras sur ma poitrine avant de me placer devant lui.
« Tu veux que je grimpe sur ton dos ? » résumai-je.
Il hocha la tête, étonné de mon comportement.
« Pour quoi faire ? »
« Je te l'ai déjà dit… Je veux te montrer comment je me déplace dans les bois ».
Immobile, je restais là, à le fixer.
« Bella » soupira-t-il. « Je ne ferai jamais quelque chose qui pourrait te blesser ou te mettre en danger. Tu le sais, non ? »
Le doute que je lus dans ses yeux fit chavirer tous mes arguments. Il avait raison. Je pouvais lui faire confiance et je le faisais. De plus, je ne souhaitais pas que mon côté trouillarde ressorte devant lui.
« OK » soupirai-je, résignée. Je le contournais pour me diriger vers son dos, avant de passer mes bras autour de son cou.
« Dis-moi si je serre trop fort. »
Il rigola tout en balayant ma remarque d'un geste de la main. Je ne pus réprimer un frisson lorsque cette dernière se glissa sous ma cuisse, tenant fermement mes jambes autour de sa taille.
« Accroche-toi » lança-t-il avant de s'élancer.
Mon souffle se coupa net tandis que nous ne déplacions à vitesse grand V entre les arbres. Edward courrait tellement vite, tel un boulet de canon, que le paysage m'apparaissait uniquement dans un mélange flou de vert et de marron. Je guettais la montée de peur, mais elle ne vint pas, ne laissant place qu'à de l'adrénaline pure. Je me surpris d'ailleurs à éprouver du plaisir à se déplacer ainsi, et de l'admiration envers Edward et ses capacités extraordinaires.
Ce dernier se mouvait à peine, sa poitrine se levant et s'abaissant comme s'il ne faisait qu'une simple promenade de santé. Rien dans son comportement ne laissait penser qu'il courrait aussi vite qu'une voiture roulant sur autoroute.
Mes larmes coulèrent, arrachées à mes yeux par la vitesse et la fraîcheur du vent sur mon visage. Posant mon menton sur l'épaule d'Edward pour ne pas en louper une miette, j'en profitais pour respirer son doux parfum mêlé à celui de la forêt humide, gravant ces sensations uniques dans ma mémoire.
Au bout de quelques minutes, nous perdîmes de la vitesse et le flou devint plus précis. Je distinguais alors la silhouette des arbres qui nous frôlaient de peu, Edward les esquivant sans difficulté. Ses mains tenaient toujours mes jambes encerclées autour de lui, comme s'il avait peur que je me détache pendant notre course.
Soudainement, Edward se stoppa et mon corps se colla davantage contre son dos pour amortir l'arrêt brutal. Si Edward respirait calmement quand il courrait, sa poitrine se soulevait à chacune de ses inspirations de plus en plus rapides, comme s'il flairait une odeur particulière. La maison blanche était visible entre une trouée dans les arbres.
« Que se passe-t-il ? » chuchotai-je, inquiète par son comportement.
« Nous avons des invités » marmonna-t-il sur le même ton.
Ses mains glissèrent le long de mes jambes pour les délier, avant de doucement me poser au sol. Sans perdre de temps, il attrapa une de mes mains et se dirigea vers la villa. Mon cœur battait plus rapidement à mesure que nous approchions de la demeure. Des « invités » avait-il dit. Mais quelle était leur nature ? Je n'eus pas besoin de me poser la question plus longtemps, puisque nous atteignîmes rapidement la villa.
Une luxueuse voiture noire immatriculée en Alaska était garée devant, aux côtés de la berline dans laquelle m'avait cherchée Edward il y a quelques heures. Sans s'attarder devant la voiture, mon compagnon se dirigea vers la porte d'entrée, m'entraînant avec lui.
Une fois arrivés dans le salon, huit têtes se tournèrent vers nous, dont six qui m'étaient inconnues. Carlisle, Esmée et Alice étaient assis sur les canapés, accompagnés de trois magnifiques femmes blondes, d'un homme au teint olivâtre et d'un couple brun. Ce dernier se tenait la main d'une façon qui ne laissait aucun doute quant à la nature de leur relation.
« Carmen, Eleazar, Irina, Laurent, Kate… Tanya » salua Edward d'un ton morne.
Tous les yeux se braquèrent sur notre duo. Mes doigts s'emmêlèrent à ceux d'Edward, cherchant le courage dont j'avais besoin pour affronter ces nouveaux vampires végétariens. Edward répondit à mon étreinte en caressant ma paume de son pouce, apaisant légèrement mon cœur affolé.
« Bonjour » balbutiai-je, gênée par les regards pesant sur ma personne.
« Voici Bella, l'amie d'Edward » me présenta Carlisle. « Bella, voici les Denali. Ce sont nos plus proches amis. Irina, Tanya et Kate sont sœurs. »
Un grognement retentit aussitôt dans la pièce. Je sursautai et serrai davantage la main d'Edward.
« C'est une humaine ! » cracha une des blondes. Cette dernière avait des cheveux bouclés qui lui arrivaient sous les épaules. Ses yeux noircirent tandis qu'ils se fixaient sur moi, dégageant une haine qui m'était incompréhensible.
En réponse, je sentis le corps d'Edward trembler alors qu'un son animal traversa ses lèvres, roulant dans sa gorge.
« Edward » tempéra Carlisle. « Effectivement Tanya, elle est humaine » reprit Carlisle.
La tension dans l'air était palpable. Chacun était complètement tendu, voire figé, dans l'attente de la suite des évènements. Je perçus un signe de tête de la part de Carlisle en direction d'Edward, m'indiquant qu'il devait lui parler via ses pensées.
« C'est interdit » pestiféra une autre blonde. « Les Volturi… »
« Les Volturi n'en sauront rien » la coupa Edward rageusement.
Avant que la blonde puisse reprendre la parole, Alice intervint.
« Irina, Bella ne représente aucun danger. Je l'ai vu » affirma-t-elle.
Personne ne remit en cause les paroles d'Alice. Rejoignant sa sœur, Irina ne se gêna pas pour me lancer un regard plein de reproches. Kate, qui était par déduction la dernière blonde aux cheveux raides, était la seule qui ne me semblait pas menaçante. Le couple brun ne me prêtait aucune attention, concentré sur Tanya et Irina.
Devant moi, Edward restait tendu et ne quittait pas ses amis des yeux. Sa main, toujours dans la mienne, était complètement crispée. Cette fois-ci, ce fut à mon tour de caresser sa main de mes doigts, espérant lui apporter un certain apaisement.
La tension se brisa soudainement lorsque Carmen s'avança vers moi pour me serrer dans ses bras, rompant mon étreinte avec Edward.
« Querida » me salua-t-elle amicalement en me faisant la bise. Ses boucles brunes me chatouillèrent les joues dans son mouvement. Ses yeux dorés pétillèrent tandis qu'elle nous regardait alternativement Edward et moi. Ce dernier laissa un petit sourire apparaître sur ses lèvres, avant de reprendre ma main.
« Ravi de te rencontrer Bella » continua son compagnon. Leur accent espagnol était discernable, malgré leur parfaite maîtrise de la langue anglaise.
« De même. »
Carmen retourna aux côtés de son compagnon, mais ce dernier avait un air songeur et me détaillait avec attention. Mal-à-l'aise, je me dandinais d'un pied sur l'autre, souhaitant qu'il détourne son regard de moi.
« Tu penses ? » demanda soudainement Edward en fixant Eleazar.
« Oui. Je ne ressens aucune aura autour d'elle ».
Encore une fois exaspérée de la manière qu'avait Edward de communiquer avec les personnes qui l'entouraient, je me tournai vers lui.
« Qu'y a-t-il ? » le questionnai-je.
« Eleazar a un talent particulier qui lui permet de découvrir les dons de toutes les personnes qu'il rencontre ».
Ne comprenant pas où il voulait en venir, je lui pressai la main pour l'inciter à continuer.
« Tu es un bouclier Bella » continua Eleazar. « Je n'en suis pas sûr, puisque tu es humaine. Mais le fait que je ne perçoive rien de toi me conforte dans cette idée ».
Un bouclier ? Qu'est-ce que cela signifiait-il ?
« Je me demande… » Eleazar semblait parler pour lui seul, s'éloignant de nous en direction de la baie vitrée. Edward soupira à mes côtés avant de plonger son regard dans le mien, me noyant dans un océan d'or flamboyant. Obligatoirement, mon cœur s'accéléra.
Ne faisant plus attention aux personnes autour de nous, il me tira derrière lui vers les escaliers et nous entraîna dans sa chambre. Des frissons remontèrent le long de mon dos tandis que j'essayais d'occulter les regards posés sur moi. J'accueillis avec bonheur notre solitude une fois arrivés dans la chambre d'Edward.
Encore sonnée par les révélations d'Eleazar, j'allai directement m'assoir sur le sofa en cuir. Le bruit feutré des pas d'Edward me fit relever la tête vers lui.
« Tu vas bien ? » s'enquit-il d'un ton inquiet.
J'hochai la tête, n'étant pas sûre que ma voix soit assez assurée pour être entendue par tous les vampires présents dans la villa.
Edward soupira avant de s'assoir à mes côtés. Tendrement, il repoussa mes mèches brunes derrière mon épaule afin de voir mon visage. Toutefois, il sembla comprendre que j'avais besoin de temps pour assimiler ce qu'il venait d'être dit.
Au bout de quelques minutes, je m'étais suffisamment ressaisie pour pouvoir parler sans que ma voix ne soit chevrotante.
« Qu'est-ce qu'un bouclier ? » lui demandai-je finalement.
« La raison pour laquelle je ne peux lire tes pensées. Un talent mental ».
« Pourtant… Alice et Jasper peuvent m'atteindre avec leurs pouvoirs. »
« En effet. Mais Jasper joue avec les émotions, qui sont physiques, et Alice perçoit l'avenir, qui l'est également » m'expliqua-t-il.
Le regard fixé sur les étagères de CD devant moi, je pris le temps d'assimiler ces révélations.
« Tu ne vas pas faire un malaise ? » essaya de plaisanter Edward.
Je lui lançai un regard peu amène, ce qui le fit glousser. Ce son fit accélérer les battements de mon cœur, même si ce dernier n'avait pas été épargné pendant cette journée. Repenser à notre moment dans la clairière m'arracha des frissons de plaisir, tant j'avais aimé cette intimité avec Edward.
« Je suis désolé pour Tanya et Irina » reprit-il. « Elles… Elles acceptent difficilement que des vampires transgressent les règles ».
« Les vampires ont des règles ? » J'étais surprise qu'une sorte de législation vampirique existe. Cela allait à l'encontre de tous les mythes. Edward sembla hésiter avant de me répondre, fouillant mes yeux pour y trouver le signe qu'il pouvait continuer.
« Oui. Nous avons interdiction de révéler notre nature aux humains » avoua-t-il.
« Que se passe-t-il lorsque des vampires enfreignent cette loi ? » soufflai-je. J'étais inquiète des éventuelles représailles que les Cullen pourraient subir pour m'avoir révélé leur nature.
La main d'Edward se perdit dans mes cheveux avant de se poser tendrement sur ma nuque.
« Ne t'inquiète pas, Bella. Il ne nous arrivera rien. » Malgré son air rassurant, je ne pouvais réfréner mon appréhension. Toutefois, au ton définitif de sa voix, je compris qu'il ne me servait à rien d'insister. Il ne m'en dirait pas plus. Je me promis cependant de le réinterroger plus tard. Ou peut-être qu'Alice accepterait de me répondre.
Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions qu'Edward se tendit. La seconde suivante, quelqu'un toqua doucement à la porte.
« Entre Alice ».
La sœur d'Edward entra rapidement avant de fermer la porte derrière elle. Un instant, je notai l'inutilité de ce geste, l'ouïe vampirique dépassant un simple panneau de bois fermé.
« Nous allons jouer au baseball avec les Denali. Vous voulez vous joindre à nous ? » nous proposa-t-elle.
Avant de répondre, Edward m'interrogea du regard.
« Vous jouez au baseball ? »
« C'est le sport préféré des américains » plaisanta-t-il. « Alors ? »
Je donnai mon accord d'un hochement de tête. Alice sautilla en l'air tout en frappant dans ses mains, tandis qu'Edward jouait avec une de mes boucles.
« On y va. Rejoignez-nous quand vous serez prêts ! »
Aussitôt, Edward se leva et se dirigea vers son armoire, qui devait faire trois fois la taille de la mienne. Apparemment, être un Cullen signifiait posséder beaucoup de vêtements.
A ma grande surprise, il sortit de son dressing un sweatshirt bleu marine qu'il me lança.
« Tu en auras besoin » me conseilla-t-il. « La température baisse la nuit ».
Sans rechigner, j'enfilai le pull à capuche. Même s'il était trop grand pour moi, je me sentais très confortable dedans. L'odeur d'Edward, qui y était imprégnée, devait aussi y être pour quelque chose.
« Ça te va très bien » me sourit-il. Il s'approcha de moi, replaça une mèche derrière mon oreille avant de me visser une casquette bleue et blanche sur la tête. Un grand « C » ornait le devant, certainement en rapport avec leur nom de famille.
Avant que je ne puisse dire quoique ce soit, Edward fila en direction de la salle de bain et revint quelques secondes plus tard, habillé d'un t-shirt également bleu et blanc. Dans son dos était inscrit son prénom.
« Vous avez des t-shirts personnels » ? m'étonnai-je avant de pouffer. « Vous êtes des pros ».
Edward m'adressa son irrésistible sourire en coin avant de me prendre par la main et de nous diriger vers le garage. A l'intérieur, plusieurs voitures y étaient garées, dont la Volvo argentée. Toutefois, mon compagnon m'entraîna vers une énorme Jeep rouge, dont les pneus devaient certainement m'arriver à la taille.
« Wow » fut tout ce que je pus dire. « C'est un véritable monstre ».
« C'est la voiture d'Emmett ».
« Tout à fait son genre » commentai-je avant de monter sur le siège passager. Edward ferma la portière avant de prendre place à mes côtés. Pendant quelques secondes, je m'énervais avec le harnais qui faisait office de ceinture de sécurité, jusqu'à ce qu'Edward perde patience et s'en charge.
Lorsqu'il démarra le moteur, son rugissement me fit sursauter.
« Tu devrais dire à ton père que tu restes dormir ici ce soir » me dit Edward alors que nous rattrapions la nationale.
« Je n'ai pas d'affaires » l'informai-je.
« Alice t'en prêtera ».
Voyant qu'il avait réponse à tout, je me saisis de mon portable pour prévenir mon père que je ne rentrerai pas dormir à la maison. Son absence de réponse m'indiqua qu'il était très certainement encore en train de pêcher.
La Jeep fonçait sur la nationale alors que quelques nuages vinrent assombrir le ciel, chassant les températures printanières. J'étais heureuse qu'Edward m'ait prêté un pull, cela m'empêcherait de geler sur place.
« Je te préviens de suite » annonçai-je après un moment de silence « Je ne joue pas au baseball ».
Edward s'esclaffa, comme si cette idée ne lui était jamais venue à l'esprit.
« Tu pensais vraiment que nous t'aurions laissée jouer avec des vampires ? » me taquina-t-il.
« On ne sait jamais » boudai-je.
La voiture venait de bifurquer sur un petit sentier forestier, parsemé de racines qui me faisaient rebondir sur mon siège comme un marteau-piqueur, malgré le harnais de compétition qui m'appuyait sur le corps.
Au bout de quelques kilomètres à entendre Edward rire de moi, la Jeep s'arrêta. J'accueillis avec bonheur le fait de pouvoir quitter l'habitacle. Il fit rapidement le tour de la voiture avant de me prendre la main.
« Tu es finalement arrivée en un seul morceau » plaisanta-t-il malgré mon regard noir.
Vexée, je lui retirai ma main et croisai mes bras sur ma poitrine avant de me diriger vers le champ à notre gauche, d'où provenaient des rires gras. J'entendis vaguement Edward s'esclaffer derrière moi, avant qu'il ne me rattrape et marche à mes côtés en silence.
Le champ était composé d'herbes sauvages, entouré par d'immenses arbres. Au loin, nous pouvions apercevoir des pics montagneux encore enneigés. Les Cullen et leurs invités étaient regroupés au milieu de l'espace et je remarquais que le reste de la famille Cullen les avait rejoints.
Le groupe avait l'air de bonne humeur, chahutant gentiment alors que Carlisle et Eleazar disposaient les bases, toutes très éloignées les unes des autres. Etre vampire changeait certainement les règles du jeu.
Esmée leva la tête à notre approche et nous accueillit d'un grand sourire.
« Bella ! Je suis ravie que tu aies accepté de venir. »
« C'est avec plaisir » lui souris-je en retour.
Les deux hommes revinrent en trottinant vers le groupe. Chacun avait un t-shirt avec son prénom imprimé au dos, même les Denali.
« Nous pouvons commencer » s'enthousiasma Carlisle. J'étais ravie de voir que le médecin pouvait laisser tomber son masque serein et calme de temps en temps.
Rapidement, les équipes se constituèrent. La première équipe était constituée des Cullen, à l'exception d'Edward qui se retrouvait avec les Denali.
« Bella ? » m'interpella Carlisle. « Est-ce que ça te dérange d'être notre arbitre ? »
« Du tout ».
« Fais attention, ils ont tendance à tricher » m'informa-t-il.
Au loin, Emmett ronchonna, arguant que Carlisle était juste jaloux de ses nombreuses victoires. Edward m'adressa un grand sourire, auquel je répondis. De leur côté, les sœurs Denali m'ignoraient royalement, ce qui m'arrangeait.
Mon sourire resta en place tandis que je regardais les deux équipes se placer de part et d'autre du terrain, avant de lancer un premier coup de sifflet. Si j'avais déjà été témoin de la vitesse dont faisaient preuve les vampires, c'était d'autant plus impressionnant que j'en avais douze devant moi.
Les manches s'enchaînaient sous mes coups de sifflet. Contrairement à ce que je m'étais attendue, je pris beaucoup de plaisir à regarder ce match. Intérieurement, je ris en songeant que je ne pourrai plus jamais me satisfaire des matchs nationaux que regardait Charlie sur notre petit écran.
Voir Edward et ses frères se chamailler lorsqu'ils pensaient que l'autre trichait, réprimander Emmett lorsqu'il trichait réellement… Jamais je n'aurais pensé autant m'amuser.
A la mi-temps, qui n'était d'ailleurs pas nécessaire aux vampires, Edward courra rapidement dans ma direction avant de poser ses mains sur mes épaules.
« Alors ? Comment trouves-tu ce match ? »
Je fis mine de réfléchir, posant mes doigts sur mon menton, avant de le fixer en souriant.
« Très intéressant. Même si ton équipe perd » le narguai-je.
« On va gagner » m'assura-t-il.
« C'est ce qu'on va voir. Alice ? » l'interpellai-je. « Quels sont tes pronostics ? »
Le rire d'Alice résonna tel des clochettes à travers le champ. Edward leva les yeux au ciel, entendant les pensées de sa sœur avant même qu'elle les exprime à voix haute.
« Je ne dirai rien. »
Edward fit descendre ses mains de mes épaules pour enlacer nos doigts. Ses yeux plongés dans les miens, j'arrivais à oublier où nous étions, avec qui nous étions. J'arrivais à oublier le vent qui emmêlait mes cheveux, l'air froid qui piquait mes joues. J'oubliais sa famille et ses amis, concentrée exclusivement sur lui.
Un raclement de gorge et des sifflements interrompirent notre échange silencieux. Agacée, je tournai la tête vers Emmett et Jasper, qui étaient mes principaux suspects. Effectivement, le premier avait ses doigts dans sa bouche, prêt à siffler à nouveau, tandis que le second avait l'air mal à l'aise.
Edward soupira et relâcha mes doigts avant de reprendre sa place sur le terrain. Une autre manche commença, tandis que les joueurs étaient de plus en plus rusés et tentaient des coups bas.
Prenant mon rôle d'arbitre au sérieux, je tentais de suivre tout le match, ce qui était assez difficile. Remontant le long du terrain pour avoir une meilleure vue, je ne cessai de marcher lorsque mon portable vibra dans ma poche arrière. Certainement Charlie qui me répondait.
Malheureusement, regarder l'écran de mon portable m'empêcha de voir la racine avant que mon pied ne se prenne dedans. Déséquilibrée, je moulinais des bras en essayant de retrouver un certain équilibre, en vain. Un cri m'échappa alors que je tombai en avant, lâchant mon portable en espérant pouvoir amortir la chute avec mes mains.
Le bruit sourd que fit mon corps en touchant le sol attira tous les regards vers moi. Mon cœur loupa plusieurs battements en constatant que certains regards étaient noirs et assoiffés. Un élancement dans mes mains me fit remarquer que je m'étais entaillé les paumes en tombant.
Relevant le regard, je vis Edward se diriger vers moi d'un air menaçant. Ses pupilles étaient complètement dilatées, signe de sa soif, et ses lèvres étaient retroussées sur ses dents blanches. Un grondement roula dans sa poitrine, tandis qu'il continuait son cheminement vers moi. Derrière lui, tous les vampires étaient figés, comme dans l'attente de la suite.
« Edward… » murmurai-je, espérant le ramener à la raison. Mon cœur battait frénétiquement dans ma poitrine, comme s'il voulait s'échapper et fuir toute cette horreur.
Toutefois, à ma plus grande surprise, Edward se stoppa net à quelques centimètres de moi. Secouant la tête, il sembla retrouver une certaine lucidité avant de me tourner le dos. D'autres grognements me parvinrent, puis le corps de Laurent percuta celui d'Edward dans un bruit assourdissant.
« Non ! »
Irina se rua derrière son compagnon alors que celui-ci se battait avec Edward. Des claquements de dents résonnèrent dans la prairie, tandis que le bruit des corps s'entrechoquant rappelait celui d'un éboulement. Emmett et Jasper ne perdirent pas une seconde avant de se ruer à leur tour dans la mêlée pour séparer les combattants, rapidement suivis de Kate.
Mes yeux étaient écarquillés devant tant de violence et mon cerveau n'arrivait pas à saisir la situation dans son ensemble. J'étais complètement figée, n'arrivais pas à quitter la masse blanche et olivâtre du regard, espérant qu'Edward ne soit pas blessé.
Je fus obligée de bouger lorsqu'Esmée se plaça devant moi pour me protéger et que Carlisle saisit mes mains pour les ausculter.
« Ed… »
« Ne t'inquiète pas Bella » me coupa Carlisle. « Il ne lui arrivera rien ».
« Mais… » insistai-je.
« Mais rien du tout. Edward ira bien ».
Carlisle retourna mes mains pour constater les dégâts, alors que les bruits de combat s'amenuisaient. Essayant de voir au-delà d'Esmée, je constatais qu'Emmett tenait fermement les bras d'Edward alors que Jasper tenait ceux de Laurent. Ce dernier me dardait toujours d'un regard assoiffé, alors qu'Irina lui caressait tendrement la joue, essayant de le calmer.
« Je ramène Bella à la maison » informa Carlisle. « Irina, Kate, accompagnez Laurent chasser. »
Le médecin posa ensuite son regard sur son fils.
« Toi aussi, Edward. »
« J'ai déjà chassé ce matin » grogna-t-il en fixant le sol. Le ton de sa voix laissait clairement entendre qu'il était en colère.
« Et nous avons bien vu ce qu'il vient de se passer » répliqua Carlisle, sévère. « Va chasser ».
Résigné, Edward se leva et suivit les trois autres vampires dans la direction opposée à la nôtre, sans me jeter un seul regard.
« Il est en colère » dis-je inutilement.
« Il n'est pas en colère contre nous » m'expliqua Carlisle. « Il s'en veut pour sa faiblesse. »
J'hochai la tête, comprenant combien Edward pouvait être intolérant envers lui-même et ses faiblesses.
« Mais… Il a réussi à s'arrêter lorsque Laurent m'a… »
« Oui » soupira-t-il. « Il faut croire que son instinct protecteur envers toi était plus puissant que sa soif. »
Avant que je n'aie le temps de répliquer, Carlisle me souleva sans mal et nous dirigea vers la Jeep. Les autres rentreraient à pied.
Le silence nous accompagna pendant tout le trajet, Carlisle se concentrant sur la route et moi perdue dans mes pensées. Edward et moi avions passé un après-midi de rêve dans notre clairière, nous créant une intimité que je chérissais. Malheureusement, ma maladresse légendaire avait à nouveau frappé, faisant remonter les faiblesses d'Edward à la surface. Et il s'en voulait fortement, à présent.
C'est avec le cœur lourd et plein de remords que je regagnais la villa des Cullen. Sans Edward.
J'espère que ce chapitre vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !
Je vous retrouve la semaine prochaine pour le chapitre 8. En attendant, prenez soin de vous :)
