Bonjour à tous !
Cette chaleur est en train de me tuer OTL
Mais trêve de bavardage, j'ai des choses à vous dire, moi. Parce que le spin-off est terminé =D Et que donc vous pouvez le voir ! Le lien n'étant pas visible, cherchez Psychopasta Cosplay sur Youtube et vous la trouverez sous le nom de « Le Sherlock Holmes d'Oslo : "The stolen picture" » Sinon, passez sur mon profil où vous trouverez un lien ;)
Je remercie encore chaleureusement toutes les personnes qui ont participé à ce projet (parce que je sais pertinemment que certaines personnes sont là, cachées parmi les lecteurs !) : merci, merci.
Donc, pour cette semaine, d'un côté vous avez un chapitre angoissant et de l'autre une vidéo sympathiques. Grosse différence d'ambiance XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 10 : Tourbillon d'hypothèses
Mathias serra les dents. Il n'osa pas imaginer ce qui pouvait se dérouler, peut-être même en ce moment même, il ne savait où. Il devait vraiment s'activer le ciboulot. Il se frappa même le crâne d'un coup de poing en espérant se ressaisir.
Il reprit le dossier consciencieusement. Lukas avait forcément noté un nom quelque part. Il trouva finalement tout un passage au sujet d'une certaine Gerdi Thomassen. Lukas avait compilé des informations sur cette femme, ce qu'il était possible de savoir sur elle sur le net accompagné de notes de la main de Lukas. Il faisait état de ses deux arrestations, l'une en 1991 et l'autre en 2006. La première fois, elle avait été jugée instable psychologiquement et envoyée en service psychiatrique, ce qui lui avait évité la prison, chose qui n'avait pas été le cas lors de la deuxième arrestation.
Le regard de Mathias s'arrêta sur les motifs des arrestations et surtout celui de 2006 :
« Arrêtée en 2006 par les autorités de Selfoss (région de Suðurland, Islande) pour le meurtre d'Erlend Bondevik (strangulation et noyade). »
Le père adoptif de Lukas avait été assassiné par cette femme, cette serial-killeuse, en Islande ! Tout se tenait ! Si Lukas s'était autant investi dans l'affaire du docteur Knutsen et avait envisagé le pire, c'est parce qu'il avait bel et bien eu affaire à cette Gerdi Thomassen par le passé ! Lorsqu'on lui avait annoncé la mort de son père, Lukas était allé le chercher en Islande et avait monté un dossier contre elle pour prouver sa culpabilité. Et Lukas n'avait pas supporté de voir qu'elle avait été libérée, d'autant plus qu'elle avait perpétré un autre meurtre.
Minute, se dit Mathias. Il relit les causes du décès et les compara avec celle du docteur Knutsen. Comment Lukas avait-il fait le lien entre les deux meurtres ?
Il se gratta le crâne, pensif. Le meurtre du docteur était pareil à la série de ceux qui s'était déroulé entre 1986 et 1991. Ça d'accord. Mais celui d'Erlend, lui, n'avait rien à voir avec tous les autres. Il n'était pas mort de coups de couteau. Comment Lukas avait-il découvert que Gerdi Thomassen était l'assassin de son père dans ce cas ?
Mathias relut une dernière fois le dossier sur le docteur Knutsen, puis le referma. Il tapota la pochette, perdu dans ses réflexions.
Lukas avait de suite réagi face à la nouvelle que le journal télévisé avait diffusée. Il avait de suite réagi en apprenant qu'il s'agissait du docteur Knutsen. En voyant le corps, même sur une photo de journal toute pixellisée, Lukas avait compris qui était l'auteur du crime. Comment avait-il fait ? Alors qu'il n'avait eu que cette photo, et que son père avait été victime d'une autre méthode, il en avait déduit directement que Gerdi Thomassen était non seulement libre mais également l'assassin du docteur Knutsen. Comment avait-il fait pour comprendre aussi rapidement ?
Mathias était parfaitement conscient que Lukas était un expert dans le domaine. Ses capacités de déductions étaient indéniables, mais il ne pouvait s'empêcher de penser que même un génie de la logique comme lui aurait eu besoin de plus de temps pour comprendre.
Agacé de ne pas saisir le raisonnement de Lukas, Mathias frappa du pied avant de s'éloigner du bureau. Il récupéra la boîte dans laquelle se trouvait le journal intime d'Erlend.
Il consulta de nouveau l'heure sur son portable : 9h57.
Faites que je ne comprenne pas trop tard, priait-il silencieusement.
Il reprit la lecture du journal là où il s'était arrêté, alors que Lukas s'apprêtait à souffler ses treize bougies. Il tourna inlassablement les pages, retenant son souffle à chaque fois, angoissé de ce qu'il allait découvrir dans les prochaines lignes. Pourtant, le contenu restait le même : petits évènements sur petits évènements, le travail d'Erlend qui lui prenait énormément de temps, quelques disputes avec ses parents, et tant d'anecdotes sur Lukas. Comme les deux vieux le lui avait dit : Erlend était très fier de son fils et l'avait soutenu jusqu'au bout.
Mathias se demanda à un moment si ce n'était pas Erlend qui avait retrouvé la trace d'un certain petit frère de sang à Lukas. Ce qui expliquerait pourquoi les grands-parents n'en avaient jamais entendu parler. Il était parti chercher Emil en Islande pour faire la surprise à Lukas et s'était lâchement fait assassiné sans aucune raison apparente. Pourquoi pas….
Au fond de lui-même, il ne se sentait pas vraiment convaincu par son hypothèse.
Son visage s'éclaira lorsqu'il arriva à la date du 13 novembre 2005. Erlend confiait à son journal qu'il avait pris une lourde décision. Il avait décidé d'offrir le plus grand des cadeaux à Lukas pour son prochain anniversaire, pour ses vingt ans. Il allait retrouver la mère biologique de Lukas. Il était persuadé que c'était le plus beau cadeau qu'il pouvait faire à son fils. Mathias écarquilla les yeux et siffla un coup.
- Et beh, pensa-t-il à voix haute, il a vraiment tout fait pour son fils, ce type.
La lecture du journal devint dès lors bien plus intéressante. C'était pareil à un roman d'aventure et plein de suspens. Sauf qu'il s'agissait là d'une véritable histoire, une véritable enquête dans laquelle Erlend s'était investi jusqu'au bout. Il décrivait chaque jour ses petites avancées, car évidemment il n'y avait pas de progrès prodigieux, de saut en avant spectaculaire. Il était à la recherche d'une personne dont il savait peu de choses et cela prenait beaucoup de temps. Beaucoup plus que ce que les œuvres de fiction laissaient croire. Erlend avait précisé que par respect pour la personne qu'il pensait être la bonne, il avait décrété qu'il ne révèlerait pas son nom, pas même dans son journal.
Mathias grogna. Lui, il aurait bien aimé avoir un nom. Sait-on jamais, cela aurait pu lui être utile.
Erlend disait avoir retrouvé l'hôpital où elle avait séjourné il avait parlé aux personnes qui l'avaient vraisemblablement connu il avait appris que cette femme avait apparemment quitté la Norvège fin 1994. Il avait finalement retrouvé la trace d'une personne qui semblait correspondre.
Il faisait régulièrement mention de lettres qu'il avait rédigées mais n'avait jamais envoyées à la concernée, ne se sentant pas sûr de lui, pas sûr du destinataire. Il ne perdait pas sa motivation d'offrir un beau cadeau à son fils, mais il appréhendait sa réaction, comme celle de la femme qu'il prenait pour la mère biologique de Lukas. Il s'interrogeait de plus en plus. Une question revenait très souvent : avait-elle cherché à retrouver son fils ? Pourtant, il tenait à conserver le secret jusqu'au 17 mai, au moins. Voyant les lettres s'entasser peu à peu, Erlend s'était finalement résolu un jour d'avril à partir. Pour l'Islande.
C'était donc pour ça !
Mathias se redressa d'un coup, s'étant peu à peu avachi dans son siège.
Voilà ce qu'Erlend était parti faire en Islande ! Il avait retrouvé la mère biologique de Lukas ! Et Lukas avait tout découvert et compris lorsqu'il avait fouillé les affaires de son père. Il avait lu son journal intime et avait compris que son père avait retrouvé sa mère et que…
Un point d'interrogation -encore un- s'alluma dans l'esprit de Mathias.
Mais la grand-mère de Lukas avait déclaré que celui-ci était parti en déclarant qu'« elle » ne s'en sortirait pas.
Mathias se sentait perdu de nouveau. Mais bon sang qui avait été ce « elle » ? Il avait donc compris avant de partir pour l'Islande que Gerdi Thomassen était la coupable. Mais comment était-ce possible ? Les précédents crimes de cette femme remontaient à la fin des années 80. Lukas n'était qu'un gosse ! Comment aurait-il pu faire le lien ?
Il se rappela d'un détail dans la conversation qu'il avait eu avec le couple des grands-parents : Lukas n'avait jamais connu son père biologique et sa mère biologique avait longtemps été alitée. Une hypothèse l'aguichait bien mais c'était tellement sordide qu'elle lui paraissait invraisemblable. Mathias secoua la tête pour la chasser de son esprit.
Et si, se demanda-t-il, et si son père biologique avait été assassiné et sa mère blessée par cette Gerdi Thomassen ? Ça pouvait se tenir. Et ça expliquerait la rancune de Lukas envers cette meurtrière et le fait qu'il ait su de qui il s'agissait.
Mais non, se rectifia-t-il en s'arrachant les cheveux, puisque le meurtre d'Erlend ne s'était pas déroulé de la même façon que la série de crime commis à la fin des années 80.
Mathias se frappa volontiers la tête contre le mur tant il n'arrivait pas à trouver d'idées qui se tiennent de bout en bout.
Pourtant, il y avait cette hypothèse… Mais non, non et non, se hurlait Mathias dans sa propre tête.
Et l'heure qui tournait !
Il devait réfléchir, réfléchir, bon sang !
Il se tapa encore deux, trois coups le crâne sur le mur et s'arrêta quand il sentit une bosse émergée sur son front, ce qui lui donna les larmes aux yeux.
Il inspira profondément, expira, et tenta de récapituler posément tous les éléments qu'il avait en main.
- Lukas a immédiatement reconnu l'auteur du meurtre du docteur Knutsen comme Gerdi Thomassen, une serial-killeuse qui est également coupable de la mort de son père adoptif Erlend. Son père a été assassiné en Islande. Lukas part pour retrouver son père, qui lui-même était parti retrouvé la mère biologique de Lukas qui vivait alors en Islande. Et Lukas revient après avoir condamné Gerdi Thomassen en compagnie d'Emil, qui est vraiment son petit frère.
Mathias serra les dents, fit un effort pour essayer de visualiser l'ensemble. Lukas aurait compris de suite, lui.
Mais rien n'était clair dans la tête de Mathias, embrouillé par l'urgence et l'angoisse, embrouillé par cette fichue hypothèse ! Furieux contre lui-même, il jeta violemment le journal à terre et donna un coup de pied dans le vide. Puis, ses épaules retombèrent subitement. Il s'agenouilla, attrapa le journal et passa une main lasse sur son visage. Il sentit sa gorge se nouer. Il ne devait pas céder pourtant. Il devait encore croire que rien d'irréversible ne s'était produit, qu'Emil allait bien, que Lukas allait bien, que tout allait bien se terminer. Il se força à respirer pleinement.
Les lettres.
Erlend parlait dans son journal d'un tas de lettres qu'il n'avait jamais envoyées. Il avait forcément écrit une adresse sur l'enveloppe, non ? Et si Lukas avait tout conservé et rangé, il y avait de grandes chances que ces lettres soient encore quelque part dans cette maison.
Mathias cligna plusieurs fois des yeux et se releva.
Par où commencer ? Il avait déjà fouillé de fond en comble la chambre de Lukas. Où avait-il pu conserver les lettres de son père ? Soudain, ce fut comme un éclair d'illumination. Mathias se rappelait nettement de la fois où Lukas avait sorti un carton de la penderie dans la chambre qu'il occupait. Il conservait donc des affaires là-bas.
Il grimpa au dernier étage et claqua pratiquement la porte de la penderie. Il trouva facilement des cartons qui s'entassaient dans le fond. Alors même que Mathias y avait rangé ses vêtements, il n'avait jamais fait attention aux cartons empilés recouverts de poussière.
Mathias s'autorisa un petit sourire. Bingo.
Il ouvrit le premier et n'y trouva que des cravates. Dans le deuxième, étaient rangé pêle-mêle des bibelots et autres souvenirs du temps où Lukas vivait avec son père et ses grands-parents adoptifs. Enfin, il découvrit dans le troisième des cahiers de l'époque où Lukas était à l'école et, au fond, un tas d'enveloppe, timbrées, prêtes à l'envoi. Mathias lâcha un énorme soupir de soulagement.
Il n'aurait pas su où chercher si ça n'avait pas été là. Il déglutit puis attrapa fébrilement la première enveloppe. Il décrypta l'écriture sur le recto. Il défaillit.
Gerdi Thomassen.
Mathias attrapa précipitamment les autres enveloppes et les consulta. Il vit avec horreur que pas une seule ne dérogeait à la règle. Toutes s'adressaient à Gerdi Thomassen, en Islande.
Mathias se laissa tomber à terre. Ses mains tremblaient.
Non… non, ce n'était pas possible. C'était trop atroce, trop sordide, trop… glauque. Ce ne pouvait pas être vrai. Pas ça. Il y avait bien pensé mais il avait refoulé cette hypothèse aussi fort qu'il le pouvait. Avait-il tout bien compris ? Ne s'était-il pas trompé quelque part ?
Parce que la seule conclusion à laquelle il arrivait désormais lui apparaissait bien sombre : Gerdi Thomassen était la mère biologique de Lukas.
Atterré, Mathias était affalé sur le sol, le dos reposant contre le lit et la gorge sèche. Il déglutit, tenta de se reprendre, de cacher son malaise. Il devait poursuivre. Pour Emil. Pour Lukas.
Lukas n'avait jamais eu en tête qu'une seule personne : sa mère, Gerdi Thomassen.
Sa mère… pensa-t-il à nouveau. Ce qui voulait donc dire qu'elle était également la mère d'Emil. C'était logique au fond. Sa mère était partie s'installer en Islande où elle avait eu un autre fils. Après avoir condamné sa mère pour le meurtre de son père adoptif, Lukas avait dû acquérir la charge d'Emil.
Mais c'était tellement… ignoble…
Et si donc Gerdi Thomassen avait enlevé Emil, où l'avait-elle emmené ? Où Lukas pensait-il qu'elle l'ait emmené ?
Le regard de Mathias se posa de nouveau sur l'adresse sur les enveloppes.
L'Islande.
Combien de temps fallait-il pour aller en Islande depuis Oslo ?
Mathias se releva, les sourcils froncés. Il avait intérêt à ne pas se tromper. Il attrapa son portefeuille et dévala les marches. C'était la seule idée potable qu'il avait, qui concordait avec tout le reste. Il verrouilla la porte d'entrée derrière lui. S'il avait raison, alors Lukas comme Emil se trouvaient en Islande.
Affaire à suivre…
