Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ?

Tout d'abord, merci pour vos nombreuses reviews pour le chapitre précédent... C'est un réel plaisir de vous lire :)

Maintenant, place au chapitre 10 d'Ascendant. On se retrouve en bas !


CHAPITRE 10

Ploc.

Ploc. Ploc.

Ce bruit incessant me tira de mon inconscience. Mes paupières me semblaient plus lourdes que jamais alors que j'essayais de les ouvrir. Mes yeux me brûlaient, m'obligeant à les fermer et les rouvrir plusieurs fois d'affilée avant de pouvoir voir le monde qui m'entourait.

Mes yeux se posèrent sur le sol face à moi et un hoquet d'horreur m'échappa alors que je voyais une flaque de sang à quelques centimètres de moi. Doucement, je me redressais mais me recouchai instantanément pour calmer les élancements dans ma tête. Autour de moi, la pièce semblait bouger dans tous les sens, tournant à m'en donner la nausée.

La porte face à moi s'ouvrit brusquement et la femme rousse entra dans la pièce, me prenant sous les aisselles pour me poser sur une chaise en acier. Je serrais les dents pour retenir un gémissement de douleur alors qu'elle m'installait sur la chaise et m'entravait les poignets et les chevilles avec des liens en cuir.

Une fois sa tâche accomplie, elle ressortit sans un mot et me laissa là, ficelée à une chaise, en sang. La pièce m'oppressait, remplie de moisie et de sang, avec pour seul accès à l'extérieur la porte par laquelle passaient mes bourreaux. Aucune fenêtre ne donnait accès sur l'extérieur, m'empêchant de saisir le temps qui passait.

Plusieurs minutes ou plusieurs heures passèrent. Je perdais la notion du temps. Les bourreaux ne revinrent pas et je dépérissais. Ma gorge était sèche et rauque à cause de la déshydratation, alors que mon estomac souffrait du manque de nourriture. Mais rien à faire, personne ne venait me voir.

Mon t-shirt qui avait été déchiré par les quatre hommes dans la ruelle était imbibé de sang, mon sang, et mes jambes étaient nues. James n'avait donc pas pensé à récupérer mon jean dans la ruelle.

Le froid et l'humidité s'insinuaient dans les moindres recoins de la pièce, me faisant frissonner sur ma chaise. Mes dents claquaient de froid alors que j'essayais tant bien que mal de frotter mes cuisses l'une contre l'autre dans l'espoir de les réchauffer. Malheureusement, les liens m'empêchaient de le faire.

Ma seule occupation consistait à penser à ma famille et à mes amis. Je ne savais pas combien de temps s'est écoulé depuis que James m'avait enlevée, mais cela doit faire plusieurs heures. Jessica et Angela avaient dû alerter Charlie de ma disparition.

Penser à mon père et à son inquiétude me serra le cœur. Il avait dû avertir ma mère, qui devait être dans tous ses états. Ma mère était plutôt du genre frivole et joyeuse, mais elle s'angoissait pour un rien. Alors savoir que j'avais été enlevée devait l'anéantir de stress.

Je me demandais si les Cullen avaient eu vent de ma disparition. Certainement. Forks est une petite ville et Charlie avait dû alerter tous les habitants de ma disparition. Alice devait certainement savoir où je me trouvais grâce à son don.

Une étincelle d'espoir naquit dans mon cœur à cette pensée. Alice me retrouverait et viendrait me sauver !

Malheureusement, je n'eus pas le temps de me réjouir à cette idée car James entra dans la pièce, accompagné de la rousse.

« Victoria » l'interpella-t-il. « Détache notre invitée et emmène-la se laver. »

La rousse, Victoria, se précipita vers moi et brisa les liens qui me maintenaient sur la chaise d'acier, avant de me pousser dans le couloir. Je ne me souvenais pas d'être arrivée par-là lorsque James m'avait capturée, mais mes idées étaient très embrouillées.

Les murs du couloir étaient lambrissés, lui procurant une atmosphère chaleureuse qui contrastait avec la pièce dans laquelle j'étais retenue prisonnière. James et Victoria m'encadraient, me tenant chacun par un bras afin d'éviter toute fuite de ma part. Docile, je les laissais me guider, sachant pertinemment qu'il ne me servirait à rien de fuir. J'étais cependant soulagée qu'ils me tiennent, ce qui m'évitait de devoir prendre appui sur ma cheville cassée. En revanche, mon bras déboité me faisait toujours autant souffrir.

Nous arrivâmes devant une porte que James ouvrit, nous laissant passer Victoria et moi. Cette dernière me poussa brusquement dans la pièce puis m'ordonna de me déshabiller.

« Devant… toi ? » questionnai-je.

Un rire méchant lui échappa alors que l'animosité suintait de sa voix.

« Dépêche-toi. »

Horrifiée par ce qui m'attendait, j'entrepris de me déshabiller rapidement, essayant de ne pas penser au fait que j'allais me retrouver nue devant une parfaite inconnue, qui était en plus magnifique. Un miroir était placé face à moi, ce qui me permit de constater que des bleus marquaient mes bras, les colorant en bleu et violet. Mes côtes n'étaient pas en meilleur état, des traces violacées et noires parcourant mon abdomen. Mon épaule déboîtée était gonflée et une vague de nausée me saisit à cette vue.

« Dans la douche » me dit-elle brusquement.

Ne voulant pas la contrarier, je me dépêchai de filer sous la douche. Me laver les cheveux me prit plus de temps qu'habituellement, un de mes bras étant hors d'usage. Je pris le temps de gratter tout le sang séché sur mon visage ainsi que sur le reste de mon corps, sans toutefois insister sur la tête où la plaie me piquait fortement.

Une fois ma douche finie, Victoria me tendit des vêtements propres avant de s'éclipser pour me permettre de soulager ma vessie. J'enfilai les habits tout en constatant qu'ils devaient appartenir à un homme. En revanche, j'étais heureuse de voir qu'ils me tiendraient chaud une fois de retour dans ma prison humide et moisie.

Victoria revint me chercher et me porta sur son épaule comme James l'avait fait pour m'emmener ici.

« Où allons-nous ? » ne pus-je m'empêcher de demander en voyant qu'elle s'éloignait de la pièce où je m'étais réveillée.

Elle ne prit pas la peine de me répondre, mais nous franchîmes plusieurs portes jusqu'à arriver à l'extérieur. Le soleil se couchait à l'horizon, m'indiquait que cela allait bientôt faire vingt-quatre heures que j'avais disparu.

Victoria me jeta sur la banquette arrière du fourgon garé devant la cabane où nous étions et je vis que James était déjà installé au volant.

« Donne-lui à manger. Je ne supporterai pas son estomac tout le trajet » ordonna James en démarrant.

Victoria me lança un sandwich et je ne me fis pas prier pour le manger. Mon estomac accueillit avec joie cette nourriture après plus d'une journée sans rien avoir avalé.

Mes bourreaux roulaient vite, comme tous les autres vampires de ma connaissance, et je pris rapidement conscience que nous nous dirigions vers l'aéroport de Seattle.

« Où allons-nous ? » répétai-je, inquiète de savoir que j'allais quitter la région.

Mon cœur se serra à cette idée et partit dans un rythme endiablé en constatant qu'aucun des deux vampires n'avaient l'intention de me répondre. Les larmes s'agglutinèrent au coin de mes yeux avant de déborder et de tomber sur le sandwich entre mes mains. D'un coup, l'appétit m'avait quittée pour ne laisser qu'un goût amer dans ma bouche.

Le trajet jusqu'à l'aéroport fût rapide et mes compagnons de route garèrent leur voiture dans un parking à l'abris du soleil avant de m'ordonner de ne pas boiter. Je me mordis la langue pour m'empêcher de leur adresser une remarque acerbe.

Tant bien que mal, nous parvînmes dans le hall de l'aéroport et James se chargea de prendre nos billets. Je n'avais aucune idée de l'endroit où ils comptaient m'emmener, mais j'avais le pressentiment que nous allions quitter le pays. Ce sentiment se confirma lorsqu'il nous conduisit sur le quai d'embarquement pour l'Europe, où le panneau des vols indiquait le prochain en direction de l'Italie.

L'Italie.

Mon cœur se serra à l'évocation de ce pays. Pourquoi voulaient-ils m'emmener en Italie ? Je remarquai alors que James et Victoria avaient désormais les yeux bruns, sans doute dû à des lentilles de contact. Les passants ne remarqueraient ainsi pas leurs caractéristiques inhumaines.

Les yeux fixés sur le vide devant moi, j'essayais de ne pas penser à ce qui m'attendait une fois de l'autre côté de l'Atlantique. Je fixais inlassablement les voyageurs qui traversaient les couloirs, armés de leur portable et tirant des valises derrière eux, partant en vacances ou en voyage d'affaires.

Aucun ne se doutait de la présence de vampires à quelques mètres d'eux. Moi-même, je n'avais pas conscience de l'existence et du nombre important de vampires qui peuplait la Terre. Jusqu'à ce que je rencontre les Cullen et que mon sang ne se révèle trop tentant pour Edward. L'évocation de son nom me fit frissonner alors que mon cœur se serrait douloureusement dans ma poitrine.

Le portable de James sonna, interrompant mes pensées. D'un geste vif, il le porta à son oreille, écoutant les paroles de son interlocuteur. J'essayais de comprendre ce qu'il lui disait, mais le bruit de l'aéroport et mon audition d'humaine m'empêchait de saisir la conversation.

« Oui » acquiesça James. « Nous l'avons. »

Aucun doute. Il parlait de moi.

Le blond marqua une pause avant de reprendre.

« En Italie. »

A mes côtés, Victoria semblait absorbée dans la contemplation des avions qui montaient et descendaient du ciel, perçant la couverture nuageuse, obscurcie par la nuit. J'étais persuadée qu'elle ne perdait pas une miette de la conversation qu'avait son compagnon.

« Oui » répéta James, me jetant un coup d'œil avant de saluer son interlocuteur.

Il rangea rapidement son portable avant de consulter sa montre.

« Nous embarquons dans quelques minutes » me dit-il brusquement. « En attendant, tiens-toi tranquille. »

Comme si j'avais le choix.

Nous attendîmes encore quelques instants avant qu'une voix informatique nous demande de nous diriger vers le portique d'embarcation. Comme d'habitude, Victoria et James m'entouraient et je me forçais à ne pas boiter de peur d'attirer les regards sur notre trio des plus étranges.

James avait réservé trois places côte à côte et ils me demandèrent de m'installer entre eux. Pour garder un œil sur moi, je supposais. Bien qu'un avion n'offre pas beaucoup d'échappatoire.

L'avion décolla rapidement, nous entraînant à travers les nuages, loin de l'Etat de Washington. La nuit était tombée, ne laissant pour seul éclairage que les lumières tamisées de l'avion. Les hôtesses jetaient des coups d'œil intrigués vers James, qui lisait tranquillement à côté de moi. J'essayais de toutes mes forces de le voir comme elles le voyaient, c'est-à-dire comme un jeune passager blond avec un corps musclé, mais le souvenir de sa poigne alors qu'il me projetait à travers la pièce m'empêchait de le trouver attirant.

Les heures passèrent, avec pour seule occupation le hublot du côté de Victoria qui me permettait de regarder le ciel étoilé. Mes compagnons de voyage bougeaient à peine, se levant uniquement lorsque je demandais à aller aux toilettes.

Je profitais de ce voyage pour faire le plein de forces, mangeant plus que nécessaire, profitant de la présence d'autres personnes pour demander à ce qu'on m'apporte des repas sans que mes bourreaux n'osent dire quoique ce soit. Toutefois, lorsque le plateau-repas arrivait devant moi, ils ne pouvaient s'empêcher de le regarder d'un œil dédaigneux et de plisser le nez.

Les quelques heures où le sommeil s'était emparé de moi n'avaient servi qu'à me faire vivre des cauchemars tous plus horribles les uns que les autres. Dans mes rêves, James et Victoria s'en prenaient à mon père, à mes amis et aux Cullen. Même si je savais que ces derniers étaient également des vampires, je ne pouvais m'empêcher de frissonner en imaginant la frêle et douce Alice se battre contre une sauvageonne comme Victoria.

Heureusement, lorsque j'ouvrais les yeux, la panique s'évaporait en constatant que mes bourreaux étaient toujours à mes côtés. Bien que cette situation ne m'enchante pas et me terrorise, j'étais heureuse de savoir ma famille et mes amis sains et saufs, loin des yeux rouges et sanglants de James et Victoria.

Si je ne mangeais pas ou ne dormais pas, j'étais perdue dans mes pensées. Ces dernières vagabondaient vers Forks, me rappelant sans cesse l'époque où Edward et moi étions proches. Notre moment dans la clairière fleurie, après qu'il m'ait joué le morceau que je lui avais inspiré au piano, restait mon préféré. Je repensais à ses gestes tendres lorsqu'il m'avait faite danser dans sa chambre, puis son regard d'une douceur extrême lorsqu'il m'avait joué cette berceuse, et enfin notre intimité dans la clairière, sa tête sur mes genoux alors qu'il jouait avec une mèche de mes cheveux et que je caressais les siens.

Penser à mes proches était la seule manière pour moi de garder l'espoir et de ne pas sombrer dans la folie. De ne pas me laisser aller. Je n'avais pas le droit de me laisser aller, de laisser ces deux vampires me faire sombrer dans la folie. Je devais être plus forte que ça. Et penser à ma famille, mes amis et les Cullen me permettait d'y arriver. Ils étaient ma bouffée d'oxygène, ma lumière dans les ténèbres.

Penser à Edward me faisait mal. Les raisons de son départ restaient incompréhensibles pour moi. Mais imaginer ne plus jamais le revoir, ne jamais avoir la chance de lui expliquer combien il comptait pour moi… Mon cœur saignait à cette idée. Je devais le revoir, ne serait-ce que pour lui dire d'arrêter de s'en vouloir pour ce qui était arrivé avec les Denali. Il devait arrêter de culpabiliser et de porter le poids du monde sur ses épaules. Il ne le méritait pas.

Perdue dans mes pensées, je ne remarquais pas tout de suite que notre avion amorçait sa descente vers le continent européen. Au-dessous de nous, la mer méditerranée s'étendait, ondulant calmement sous le soleil. Ce paysage n'avait rien de semblable en Amérique. Les maisons étaient toutes de couleur beige aux tuiles rouges, alors que des palmiers s'agitaient doucement sous le vent qui devait être chaud.

Soudain, le store du hublot se baissa, me coupant dans ma contemplation. Victoria me regardait hargneusement, alors que James pliait son journal et le glissait dans la pochette du siège devant lui.

La voix robotique de l'avion nous informa que nous allions atterrir à Florence, où le ciel était dégagé et la température élevée. Pendant un instant, je me demandais comment mes bourreaux allaient faire pour pouvoir se promener librement dans l'aéroport avec ce soleil.

Toutefois, une fois descendus de l'avion, ils s'arrangèrent pour rester constamment à l'ombre. Une fois dans le bâtiment, ils se dirigèrent vers une boutique où ils achetèrent une ombrelle pour Victoria et un chapeau kaki pour James, comme s'ils n'étaient que de simples touristes venus visiter l'Italie.

Victoria m'accompagna aux commodités pendant que James allait réserver une voiture de location. Un sentiment de soulagement me comprima la poitrine alors que je réalisais que nous restions en Italie, sans prendre un autre vol vers une destination inconnue.

Rapidement, il revint vers nous avec des papiers qu'il fourra rapidement dans son sac à dos avant de m'attraper le bras et de me porter à moitié en direction du parking des voitures de location. Cela m'évitait de marcher avec ma cheville cassée, ce qui m'arrangeait. Victoria nous suivait, regardant de travers toutes les personnes qui avaient le malheur de poser leurs yeux sur nous.

La voiture que déverrouilla James était un immense 4x4 aux vitres teintées, protégeant ainsi mes accompagnateurs du soleil italien. Tous deux montèrent à l'avant alors que je m'installais docilement sur la banquette arrière.

Mon cœur battait frénétiquement à mesure que le paysage italien défilait derrière la fenêtre teintée. Les vignes et les étendues vertes rendaient ce paysage magique, contrastant avec le bleu pur et sans nuage du ciel.

Mes yeux se remplirent de larmes alors que je prenais conscience que ce serait la seule fois de ma vie où je pouvais voir un si beau paysage. Plus jamais je n'aurai l'occasion de voir de telles merveilles.

Je jetai un coup d'œil à mes bourreaux, m'interrogeant sur notre destination mais n'osant pas leur demander. Je vis alors qu'ils se tenaient la main sur la console centrale, les doigts enlacés, tel un couple fou amoureux. Comme deux personnes normales.

Je savais que les vampires avaient des sentiments. Du moins, il était évident pour moi que les Cullen en avaient. Toutefois, jamais je n'aurais imaginé que des êtres tels que James et Victoria pouvaient éprouver le moindre sentiment. Leur attitude était tellement sauvage…

La route fut longue et je passais la plupart du temps à somnoler, lasse de ce long trajet qui m'emmenait vers une destination inconnue. Dormir m'empêchait également de penser aux horreurs qui m'attendaient une fois arrivée à destination. Si je laissais mon esprit s'aventurer sur ce terrain, la tétanie s'emparait de mon corps et ma respiration devenait hachurée, entraînant des regards peu amènes de mes compagnons de voyage.

Le trajet se passa en silence. Ni James ni Victoria ne parlait, comme depuis que nous étions partis de Seattle. Du moins, je ne les entendais pas parler, ce qui était aussi angoissant qu'apaisant. Une partie de moi appréciait leur silence plutôt que leurs reproches rageuses et terrifiantes, mais une autre part de moi-même ne pouvait s'empêcher d'être angoissée à l'idée que des choses soient dites sans que je ne sois au courant.

Notre voyage continua. Le soleil continuait sa course dans le ciel, colorant les paysages italiens de couleurs diverses et variées. Et je continuais à me demander quelle serait ma destinée.

La voiture s'arrêta et me tira de mon demi-sommeil. Je jetai un coup d'œil hors de la voiture mais ne vis que de hauts murs de pierre qui plongeaient l'étroite ruelle dans laquelle nous étions dans une pénombre peu rassurante.

Victoria sortit de la voiture et m'en tira brusquement avant de me pousser violemment à travers la ruelle. James nous suivait d'un pas lent, regardant autour de lui, comme s'il guettait une quelconque menace. Ce comportement m'intriguait : de qui les vampires pouvaient-ils avoir peur ?

Soudainement, une lourde porte s'ouvrit à notre gauche et Victoria me tira sur le bras pour m'arrêter à son niveau. Deux silhouettes vêtues de capes noires sortirent du bâtiment et s'arrêtèrent à une distance raisonnable avant d'ôter leur capuche.

Mon cœur manqua un battement alors que les deux paires de prunelles rouges se posèrent sur moi, me contemplant avec envie. Un des vampires osa même se lécher les lèvres, comme s'il avait devant lui le met le plus délicieux qu'il n'ait jamais vu. Le plus grand avait la même carrure impressionnante qu'Emmett, alors que l'autre était plus menu.

« Démétri. Félix » salua James en se plaçant aux côtés de sa compagne.

« Quel bon vent vous amène ? » interrogea amicalement le plus petit des deux hommes.

« Nous devions vous emmener cette jeune fille. Elle en sait un peu trop sur nous » expliqua Victoria de sa voix perçante.

La brise qui agita sa chevelure flamboyante accentua son air bravache et sauvage, lui donnant des allures félines. L'information qui sortit de sa bouche me pétrifia. Qu'allait-on me faire ? Mon cœur battait la chamade, n'arrivant pas à se calmer suite à cette révélation.

« Suivez-nous. »

Les deux hommes passèrent la lourde porte en bois de style médiéval avant de nous guider à travers un long couloir de pierres. Aucune fenêtre ne permettait à la lumière d'y pénétrer, conférant une atmosphère peu accueillante à ce lieu. Terrorisée, je frissonnai et le géant pouffa.

James et Victoria marchaient tranquillement, suivant l'homme devant nous alors que le géant se plaçait en fin de cortège. Notre guide nous fit emprunter plusieurs couloirs qui se ressemblaient tous, avant que nous ne passions devant une sorte de hall d'accueil. Derrière un immense bureau en acajou, une magnifique blonde tapait délicatement de ses ongles vernis sur l'ordinateur devant elle. A notre arrivée, elle leva la tête et nous salua en italien avant de retourner à sa tâche.

Je ne pus m'empêcher de me demander si elle savait que les personnes avec qui elle travaillait étaient des vampires. Il était quasiment impossible qu'elle l'ignore, vu la ressemblance frappante entre tous les vampires.

C'était alors qu'une révélation me frappa de plein fouet, me stoppant net. Victoria avait dit à nos guides que j'en savais trop, et que c'était la raison pour laquelle ils devaient me conduire ici. Mon esprit navigua rapidement à Forks, se rappelant la conversation qu'avaient eu les Cullen avec les sœurs Denali à propos des règles vampiriques à ne pas transgresser. La plus importante d'entre elles était de garder le silence, de taire l'existence des vampires vis-à-vis des humains. Or, les Cullen n'avaient pas respecté cette règle et m'avaient révélé leur existence.

Un hoquet de terreur s'échappa de mes lèvres alors que j'imaginais les ennuis que pourraient avoir les Cullen si jamais ces vampires italiens prenaient conscience de l'étendue de mon savoir sur leur espèce. Edward risquait d'avoir de gros ennuis par ne pas avoir su se maîtriser et pour m'avoir révélé la vérité.

James me poussa fortement dans le dos pour que je me remette en marche, me sortant de mes sombres pensées. La douleur dans ma cheville se réveilla, le rythme imposé par nos hôtes m'obligeant à marcher plus vite et m'empêchant de ménager ma cheville comme je l'avais fait jusqu'à maintenant.

Ces derniers poussèrent une double porte en bois, qui alla claquer contre les murs de la pièce dans laquelle nous entrions. Face à nous étaient assis trois vampires, à en juger par leur pâleur et les yeux sanguinolents. A leurs côtés se tenaient deux autres vampires, qui me paraissaient être très jeunes.

Un des hommes qui étaient assis demanda à Félix de fermer la porte derrière nous, me permettant ainsi de distinguer les deux vampires qui nous avaient accompagnés jusqu'ici.

« Bienvenue Bella » me susurra le vampire dans un anglais parfait tout en s'approchant de moi. « J'espère que tu as fait bon voyage ? »

Je voulus reculer pour garder une distance entre cet homme et moi, mais Victoria planta ses doigts glacés dans mon dos, m'avertissant de ne plus bouger.

« Je… ça peut aller » murmurai-je, certaine d'être entendue malgré tout.

Le vampire rigola avant de rejeter sa longue chevelure brune derrière ses épaules, ses yeux rouges toujours fixés sur moi.

« Aro » l'interrompit l'homme blond qui était assis à côté de lui. « Passons aux choses sérieuses. »

Tous les regards convergèrent alors sur moi, me mettant mal à l'aise. James et Victoria s'écartèrent, me laissant seule au milieu de la pièce circulaire, face à mon destin. Je n'osais les suivre du regard, le gardant focalisé sur Aro qui jubilait.

« Si je me rappelle bien » commença-t-il d'une voix calme « tu fréquentes les Cullen. »

Je restais muette, pas certaine de savoir quoi répondre. Je ne pouvais pas confirmer ce qu'il venait de dire au risque d'attirer des ennuis aux Cullen. Toutefois, Aro devait être bien informé, et nier la vérité ne servirait à rien non plus.

« Il me semble même que tu étais le petit joujou de l'un d'entre eux. Edward, si je ne m'abuse. »

Entendre ce prénom de vive voix me brisa le cœur une fois de plus. Derrière Aro, le troisième vampire assis, qui était jusqu'à présent resté silencieux, bougea sur sa chaise comme s'il voulait entendre davantage la conversation.

Aro me contemplait, comme s'il attendait une réponse de ma part.

« Je… Edward et moi… » balbutiai-je.

Derrière moi, un rire gras éclata.

« Félix » le rappela à l'ordre Aro. « Continue ma chère. »

« Edward est parti » lui appris-je d'une voix tremblotante.

Même si je vivais avec cette vérité depuis plusieurs semaines, je n'arrivais toujours pas à m'y faire. Aucune surprise ne traversa le visage d'Aro, me confirmant le fait qu'il était déjà au courant de route l'histoire.

« Venant d'un monstre sans âme, il ne fallait pas s'attendre à mieux. »

La remarque d'Aro fit monter une rage folle en moi. Je pouvais tolérer que l'on me critique, que l'on me rejette dessus le fait qu'Edward m'ait quittée, moi la simple humaine. Mais Edward était la personne la plus pure et la plus tendre que je connaissais. Jamais je ne laisserai personne dire le contraire.

« Il n'est pas un monstre. Et vous ne savez rien de son âme » grognai-je.

Mon excès de courage me surprit autant qu'il me donna la force d'affronter le regard des vampires face à moi. Je ne pouvais les laisser critiquer les Cullen alors qu'ils étaient si bons avec les humains.

« Aro » interrompit une voix rauque.

Le vampire au cheveux bruns assis derrière Aro se leva et s'avança au centre de la pièce, doublant son frère pour se placer face à moi. Longtemps, il m'observa, plongeant ses yeux rouges dans les miens.

« Ce que notre jeune amie ressent pour Edward Cullen… » Il s'interrompit, comme si les mots lui manquaient. « C'est plus que de l'amour. »

Le mot me fait tiquer. Aimais-je réellement Edward Cullen ? Mon cœur battait à tout rompre alors que les mots traversaient mon cerveau, le faisant bouillir. Je tenais énormément à Edward, d'une manière déraisonnable. Le fait de ne plus le voir me brisait le cœur et l'imaginer avec une autre fille m'anéantissait.

La vérité me frappa aussi violemment que si l'on m'avait frappée. J'étais amoureuse d'Edward.

Je l'aimais.

Des larmes de rage affluèrent alors qu'une vague de colère me saisit. Je m'en voulais pour ne pas avoir su identifier mes sentiments plus tôt. Peut-être… Peut-être qu'ils m'auraient permis de retenir Edward près de moi ? Mais peut-être se serait-il senti obligé de rester avec moi par pitié ?

Mon cerveau réfléchissait à toute vitesse mais j'entendis néanmoins la suite de la conversation.

« Continue Marcus » l'incita Aro.

« Ce sont des âmes-sœurs » conclut-il en reposant son regard sur moi. « Un lien indestructible et intemporel les unit. »

Ames-sœurs. Edward et moi étions des âmes-sœurs. Je n'arrivais pas à saisir pleinement la portée de ces mots, même si Marcus venait d'affirmer qu'Edward et moi étions liés pour l'éternité.

« Mais » s'écria le blond « Il l'a quittée ! Comment est-ce possible ? »

« Caïus » temporisa Aro.

Mon cerveau était en mode off, si bien que ma bouche parla sans qu'il ne lui donne son accord.

« Il voulait me protéger. »

Même si je n'avais émis qu'un chuchotement, toutes les personnes présentes dans la pièce m'entendirent. Marcus me regarda longuement avant qu'Aro n'éclate de rire.

« Eh bien, très chère Bella » dit-il d'un ton mielleux. « Voyons voir si Edward t'aime réellement. »

« Il me semble que la fille est un bouclier » intervint Caius. « Gardons-la ici pour tester l'étendue de son pouvoir. »

Autour de moi, le monde tourna à l'évocation d'un séjour prolongé au sein de ces murs. Tester mes pouvoirs ? Mais je n'étais qu'humaine ! Mon cœur battait dans un rythme endiablé à mesure que mes nouveaux bourreaux parlaient des différents tests qu'ils me feraient subir.

Je n'arrivais pas à comprendre tout ce que le trio se disait, mais des brides me parvinrent. Le prénom d'Edward revint régulièrement dans la conversation, alors que le blond suggérait de me garder prisonnière le temps de marchander avec Edward.

« Avant ça » reprit Aro. « Envoyons une missive à notre cher Edward. Nous allons négocier ta liberté contre son entrée dans notre garde. »

Un hoquet de terreur s'empara de moi en imaginant Edward porter une cape noire qui contrasterait horriblement avec sa peau pâle, complètement soumis aux ordres d'Aro et de ses collègues.

« Jamais ! » criai-je vivement. « Jamais il ne se soumettra ! »

« Tu veux parier ? » plaisanta-t-il. « Marcus a un don très pratique, ma chère. Il peut sentir les liens entre deux personnes. Il ressent ta connexion à Edward, connexion qui n'existe qu'entre deux âmes-sœurs. Nous verrons si Edward mettra longtemps à venir une fois notre courrier envoyé. »

Sur ces mots, il fit un signe à Félix, toujours derrière moi. Ce dernier m'attrapa brutalement par les bras, ravivant puissamment la douleur de mon épaule déboitée, pour les ramener derrière mon dos et m'immobiliser. Pendant ce temps, Aro s'approcha de Jane, qui lui tendit un objet métallique, avant qu'il ne s'avance vers moi avec des yeux diaboliques.

Il attrapa une mèche de mes cheveux, faisant accélérer la course de mon cœur, avant d'en couper une partie.

« Qu'est-ce que… »

Avant que je ne puisse finir ma phrase, Félix me donna un coup dans les genoux et je tombai au sol. Le choc fut puissant, mais j'oubliais bien vite la douleur alors qu'Aro saisissait mon poignet et planta l'objet métallique dedans, me faisant hurler de douleur. Le couteau traça une mince ligne horizontale et le sang coula.

Aro tamponna la plaie avec un mouchoir, dans lequel il glissa la mèche de cheveux, tandis que des grognements s'élevaient de toute part. Mon cœur manque plusieurs battements, perdant son rythme habituel, alors que je continuai à perdre du sang et que le monde tournait autour de moi.

« Félix » appela Aro. « Emmène notre invitée dans sa chambre. »

Félix me jeta sur son épaule sans aucune précaution et sortit dans le couloir froid par lequel nous étions arrivés. Sonnée, je me laissais faire, me concentrant sur ma respiration et m'efforçant de ne pas vomir à chacun de ses pas.

Toutefois, la douleur de mon épaule, de mes genoux et de mon poignet fut si intense que des points colorés apparaissaient devant mes yeux, signe que j'allais bientôt perdre connaissance.

Le visage d'Edward apparut devant mes yeux, me permettant d'oublier mes blessures pendant un instant, avant que le noir et la douleur ne m'emportent.


*se tord les mains d'anxiété*

J'espère que ce chapitre vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !

Tout se corse pour Bella et nous sommes à un tournant de l'histoire... J'espère ne pas vous décevoir !

Une question m'a été posée concernant Alice et ses éventuelles visions par rapport à tout cela. Vous aurez également la réponse dans les prochains chapitres.

De mon côté, le chapitre 14 est bouclé et je vais commencer l'écriture du chapitre 15. Pas facile de concilier les cours, les TD et l'écriture, mais je m'en sors pas trop mal pour l'instant. J'essaye de prendre un maximum d'avance étant donné que je vais commencer un job étudiant, qui me prendra pas mal de temps...

En attendant, je vous donne rdv la semaine prochaine pour le chapitre 11 d'Ascendant ! Prenez soin de vous.