Booonsoir tout le monde ! J'espère que vous allez bien ?

Merci pour les nouvelles mises en alertes et en favoris, et pour vos reviews qui me font toujours sourire. C'est un plaisir de vous lire !

Oui, nous ne sommes pas samedi mais j'avais vraiment, vraiment, VRAIMENT, envie de publier ce chapitre tant attendu. J'espère ne pas vous décevoir... Vous n'avez qu'à lire et me le dire dans les commentaires :)

On se retrouve en bas !


CHAPITRE 12

Dormir. Pleurer. Dormir. Penser. Dormir.

Du fond de la cellule où ils m'avaient enfermée, je ne voyais pas le temps passer. Aucune fenêtre ne me donnait une vue sur l'extérieur, me faisant perdre le cours du temps. Mon seul contact avec le monde extérieur était lorsqu'un humain m'apportait mon repas, vêtu d'un uniforme noir sinistre, signe de son appartenance au personnel du clan Volturi.

Je connaissais les murs de pierre sur le bout des doigts, ayant mémorisé chaque petit trou ou fissure. Les gouttes d'eau qui s'échappaient d'un tuyau dans la cellule face à la mienne berçaient mes journées, leur donnant une sorte de rythme.

J'accueillais chaque élément du monde extérieur avec bonheur. J'avais besoin de ça pour ne pas sombrer, enfermée depuis je ne sais combien de jours dans cette cellule humide, moisie et infestée de rongeurs.

Quand je ne contemplais pas les murs autour de moi, je pensais à mes proches. A Charlie, qui devait être mort d'inquiétude depuis ma disparition. A Renée, qui devait certainement avoir rejoint mon père pour le soutenir dans ses recherche. A Angela et Jessica, qui devaient se sentir coupables de m'avoir laissée seule dans les rues de Seattle.

Je pensais également à ceux que j'avais considéré comme une nouvelle famille, fût un temps. Je les imaginais en train de chasser dans la forêt, courant et bondissant tels des êtres majestueux et implacables. Magnifiques. Souvent, je les imaginais dans leur salon clair et chaleureux. Ça m'aidait à tenir le coup. J'imaginais Alice mener les autres à la baguette, Jasper la couvant de son regard doré et amoureux. J'imaginais Carlisle qui lisait son journal, Esmée à ses côtés en train de dessiner des plans pour une nouvelle maison. J'imaginais Emmett lancer des blagues plus douteuses les unes que les autres et Rosalie lever les yeux au ciel à ses côtés.

Et Edward… Mon cœur n'avait même plus la force de battre plus rapidement lorsque je pensais à lui, contrairement aux premiers jours de mon enlèvement. Lorsque je fermais les yeux, je n'arrivais plus à me rappeler son visage aussi distinctement que je l'aurais souhaité, ma mémoire humaine me faisant défaut.

Le premier jour où je m'étais rendue compte que je ne me rappelais plus de ses traits dans les moindres détails, les larmes s'étaient accumulées dans mes yeux avant de déborder. Désormais, je n'avais même plus la force de pleurer. Mon stock de larmes était définitivement épuisé.

J'essayais de ne pas penser à Edward en compagnie d'une autre fille, qui serait plus intéressante et plus belle que moi. J'essayais de ne pas penser au fait que je ne le reverrai sans doute plus jamais de ma vie. J'essayais de ne pas penser au fait que j'étais tombée amoureuse de lui, et que je n'aurai jamais l'occasion de le lui faire savoir.

Soupirant, je baissais les yeux sur le rat qui grignotait les restes de mon repas dans l'écuelle qu'on m'avait jetée. Cela faisait des jours que je n'avais pas mangé. Les repas que l'on me servait étaient pour la plupart moisis ou tout simplement immangeables. Les premiers jours sans manger furent difficiles, mon corps réclamant ardemment une nouvelle source de forces. Maintenant, il semblait habitué au peu de nourriture que j'arrivais à ingurgiter.

Je me demandais dans combien de temps la faim aurait raison de moi et me tuerait. Mes côtes saillantes suffisaient pour faire comprendre mon état d'amaigrissement. Et tous les jours, je priais pour que la mort m'emporte loin de cette cellule et de mes bourreaux.

Ces derniers passaient me voir régulièrement, même si l'écart entre chaque visite était plutôt long. A chacune de nos rencontres, un sourire satisfait apparaissait sur leurs visages lorsqu'ils constataient mon état de santé, les côtes saillantes et les hématomes bien visibles sur mon corps. Ce dernier était plus douloureux chaque jour, mes membres étaient engourdis à force de ne pas bouger. Le seul moment où j'avais le droit de sortir de ma cellule était pour aller faire un brin de toilette, ce dernier se réduisant à un tour aux WC et un passage sous un jet d'eau glacée.

Face à moi, le rat finissait les quelques miettes du crouton de pain rassis que l'on m'avait servi quelques heures auparavant. Le bruit des grilles que l'on ouvrait me tira de mes réflexions, alors que des pas se rapprochaient rapidement de moi, faisant fuir le rongeur.

Je fermai les yeux, ne voulant pas voir qui viendrait me chercher aujourd'hui. La terreur s'empara de mon corps alors que je serrais les dents pour étouffer la plainte qui allait s'échapper de ma bouche.

« Lève-toi » m'ordonna la voix de Félix depuis l'entrée de la cellule. Surprise, j'ouvris les yeux. Il était rare que ce soit les Volturi en personne qui m'accompagnaient pour ma toilette.

Les membres complètement engourdis et douloureux, je pris du temps pour me redresser et me lever. Mes jambes tremblaient sérieusement, menaçant de se dérober sous mon poids. Voyant mes difficultés, Félix s'approcha et me saisit sous les aisselles pour me faire avancer plus vite.

Rapidement, il nous conduisit à la salle de bain et me fourra une pile de tissus dans les bras.

« Tu as cinq minutes. »

J'acquiesçai avant d'enlever mes sous-vêtements et d'entrer sous l'eau glacée, effaçant les traces de crasse de mon corps. Vivre en sous-vêtements dans une cellule miteuse n'aidait pas à conserver une hygiène corporelle. Si le regard des vampires sur mes corps quasi nu me gênait au début, j'avais appris à l'occulter. Etre gênée de quelque chose ne servait à rien, ici. Ma dignité était morte au moment où les portes de la salle circulaire s'étaient refermées derrière moi.

J'essayais d'être le plus rapide possible, faisant attention à mon épaule toujours abîmée. Je me souviens des conversations que j'entendais dans les couloirs de l'hôpital lorsque je me blessais, où les médecins affirmaient qu'un membre luxé était difficile à remettre en place quand la blessure était trop ancienne.

Soupirant, je profitais de ces derniers instants de calme, me dépêchant de me laver et de m'habiller. Les vêtements que m'avait donnés Félix n'étaient autre qu'un simple débardeur noir et un legging. Par terre, une paire de baskets était posée. Je mis du temps à m'habiller, mon corps douloureux ralentissant chacun de mes mouvements.

« Accélère ! » me lança le vampire derrière la porte.

Je laçai mes chaussures le plus rapidement possible, avant d'ouvrir la porte.

« Nous avons une petite surprise pour toi » me dit-il avec un sourire sadique.

Sa révélation ne présageait rien de bon. En général, lorsque je devais me rendre à la salle du Conseil, c'était pour me soumettre aux différents tests des Volturi. Ces derniers étaient complètement hypnotisés par mes capacités de défense et mon bouclier. Ils testaient sans cesse de nouveaux talents, cherchant ceux qui m'atteindraient ou non.

Malheureusement, il n'était pas rare qu'un vampire frustré de ne pouvoir m'atteindre avec ses pouvoirs se venge sur moi, m'envoyant valser à travers la salle pour passer ses nerfs. Jane était la plus encline à me frapper, guère ravie que je résiste à son don.

Aro ne cessait de me rappeler ma transformation prochaine pour intégrer sa garde. D'où ma volonté de mourir rapidement. Toutefois, la surprise que venait d'évoquer Félix m'effrayait : j'avais peur que ce jour tant redouté soit arrivé. Je ne voulais pas être transformée. Du moins, pas par ces monstres.

Mon corps suivait Félix tel un automate, guère conscient du chemin que nous empruntions pour rejoindre la salle du Conseil. Ma cheville était encore légèrement douloureuse, mais ce n'était rien en comparaison avec mes côtes à chacune de mes respirations.

« Tu vas voir » reprit Félix, sa voix résonnant dans le couloir. « Tu vas adorer ta surprise. »

Son rire claqua dans l'air, faisant vibrer mes oreilles alors qu'il se répercutait sur les murs nous entourant.

Nous passâmes plusieurs portes, traversâmes plusieurs couloirs, jusqu'à arriver devant les deux immenses portes de la salle du Conseil. Félix les ouvrit avant de me pousser dans le dos pour me placer au centre de la pièce, manquant de me faire tomber.

Face à moi, Aro souriait grandement, la tête légèrement penchée sur le côté, comme s'il observait une chose mignonne et attendrissante. A sa droite, Caius me fixait de ses yeux noirs, guère amusé de devoir me supporter plus longtemps. Marcus, quant à lui, restait impassible, le regard dans le vide, comme inconscient de notre présence.

« Bella » me salua Aro de sa voix mielleuse et fausse, attirant mon attention sur lui. « Nous sommes heureux de te revoir. »

Un grognement me parvint de la gauche, où Jane était assise, attendant la suite des festivités.

« Bonjour » répondis-je. Ma voix était rauque, faute de ne pas avoir parlé pendant plusieurs jours d'affilée.

Aro s'approcha de moi avant de glisser sa main sur ma joue. Je réprimai un frisson de dégoût face à ce geste, ne voulant pas m'attirer davantage d'ennuis.

« Si délicieuse », susurra-t-il en amenant une de mes mèches de cheveux à son nez pour la humer.

Alors que sa main glacée continuait d'effleurer mon visage, il se retira soudainement et recula de quelques pas, jetant un regard par-dessus mon épaule. Me demandant ce qui l'avait arrêté, je me figeai, essayant de contrôler au mieux ma respiration.

Soudain, les grandes portes en bois massif s'ouvrirent pour laisser passer Démétri et Alec, lesquels étaient accompagnés d'une troisième personne. Les cheveux bronze de cette dernière bougeaient au rythme de ses pas alors qu'il parcourait la pièce du regard, jusqu'au moment où ses yeux se posèrent sur moi, signant l'arrêt de mon cœur.

Un hoquet de stupeur m'échappa alors que je me perdais dans son regard doré, qui affichait une grande inquiétude. Figée, mon cerveau n'arrivait pas à comprendre ce que mes yeux voyaient.

Il était là.

J'étais tout bonnement incapable de le lâcher du regard, avide de mémoriser chaque détail de son visage qui m'avait tant manqué. Ses yeux me contemplaient et se noircirent à mesure qu'il me détaillait, passant de mon visage marqué à mon épaule déboîtée. Un grondement sourd roula dans sa poitrine, et ce son se répercuta dans mon propre corps, comme si ce dernier réagissait à sa présence face à moi.

« Edward ! » s'exclama Aro d'une voix amicale. « Mon cher ami, comment vas-tu ? »

Edward ne répondit pas, me fixant comme s'il me découvrait pour la première fois. Ses yeux dans les miens, nous nous contemplions, incapables de détacher notre regard de l'autre. Plusieurs mètres nous séparaient, la distance était trop grande. Je voulais le rejoindre, toucher sa peau si douce, le sentir près de moi. Je voulais le serrer dans mes bras, respirer son odeur et me sentir en sécurité.

D'un coup, mon cerveau comprit l'information que mes yeux lui envoyaient depuis plusieurs minutes maintenant. Que faisait-il à Volterra ? Pourquoi était-il ici, au milieu de ce clan ennemi ?

Je n'eus pas le temps d'y réfléchir qu'Edward fonça vers moi et me percuta avec une telle force que j'en serais tombée s'il ne m'avait pas retenue d'un bras autour de la taille. Son odeur m'emplit les narines avec puissance et apaisa mon cœur qui battait douloureusement dans ma poitrine.

« Bella » soupira-t-il dans mes cheveux alors que sa main caressait mon dos dans un geste apaisant. « Ma Bella. »

Ma respiration était saccadée et les larmes qui débordaient de mes yeux n'arrangeaient rien. Complètement retournée par la présence d'Edward, je ne pus que passer mon bras valide autour de sa taille, l'étreignant le plus fort possible contre moi. Avide de respirer à nouveau son odeur, je plongeais ma tête dans son cou avant d'inspirer un bon coup.

Il était ici, avec moi. Et j'étais dans ses bras. Mon cœur semblait revivre, comme s'il était à nouveau complet. Comme s'il avait retrouvé sa moitié.

La main d'Edward glissa de mon dos à mon épaule blessée, où elle se fit légère. Je sentis sa poitrine tressaillir alors qu'il grondait, suffisamment bas pour que je sois la seule à l'entendre. Lentement, il remonta ses deux mains le long de mes bras, les glissa dans mon cou pour finalement s'échouer sur mes joues creuses et mouillées de larmes. Ses yeux plongèrent une fois de plus dans les miens, me transportant dans un monde merveilleux où la douleur et la peur n'existaient pas.

Soudainement, alors que ses pouces essuyaient mes larmes, il se figea et ses yeux se révulsèrent alors que sa tête partait en arrière. Ses mains retombèrent le long de son corps, qui s'écroula par terre dans un fracas assourdissant.

« Edward » m'écriai-je, complètement paniquée.

En dépit de mes membres douloureux, je me baissai rapidement à sa hauteur et passai mes mains sur son visage marmoréen, le palpant comme si j'allais trouver une quelconque blessure. Ses mâchoires étaient serrées, tandis que ses yeux roulaient dans leur orbite. Son corps s'arquait violemment sur le sol, comme s'il était pris de convulsions.

« Edward » l'appelai-je d'une voix tremblante et aiguë. « Edward ! »

« Jane » interrompit Aro.

Je tournai la tête dans la direction de l'intéressée, laquelle fixait Edward avec suffisance. Devant moi, Edward arrêtait de trembler et commençait à reprendre contenance. Sa poitrine se soulevait rapidement, alors que sa main attrapait la mienne qui était posée sur sa joue.

Complètement tétanisée par ce qu'il venait de se passer, et ne supportant pas de le voir souffrir, je serrai ses doigts. J'avais besoin de me rassurer, de voir qu'il ne souffrait plus. Aussi, je me courbais jusqu'à ce que ma tête repose sur son torse, lequel se soulevait rapidement au rythme de ses respirations. Sa main se mêla à mes cheveux, me maintenant contre lui, oublieux du monde autour de nous.

Soudain, le corps d'Edward se figea et il nous redressa si vite que la tête me tourna. Un de ses bras était passé autour de ma taille, me serrant fortement contre lui. Ses yeux étaient fixés sur les trois vampires face à nous, naviguant entre Aro et ses deux frères. Tournée à moitié contre Edward, mon corps essayait de se fondre dans le sien alors que mes mains agrippaient fermement sa chemise bleu ciel.

Pendant plusieurs minutes, Edward et Aro se fixèrent en chiens de faïence, chacun souhaitant forcer l'autre à baisser le regard. Les doigts d'Edward caressaient ma taille dans un mouvement apaisant, totalement à l'opposé de la rage que je lisais dans ses yeux.

« Libérez Bella » grogna-t-il d'une voix autoritaire.

Marcus bougea sur son fauteuil avant de jeter un coup d'œil à Aro, lequel restait imperturbable, se contentant de nous fixer, les mains jointes devant lui à hauteur de sa poitrine.

« Mon cher Edward… Je ne pense pas que tu sois en position de négocier quoique ce soit. »

Un grognement animal roula dans la poitrine d'Edward alors que son emprise sur ma taille se resserrait, me rapprochant davantage.

« De plus, cette humaine en sait bien trop » reprit Aro. « Tu connais les règles, Edward. »

La haine pure se lisait dans son regard alors qu'il fixait nos ennemis.

« Jamais ! » cracha-t-il.

« Tu aurais dû y penser avant de tout lui révéler… »

« JAMAIS ! »

Effrayée des conséquences que ce haussement de ton pourrait avoir, je mêlai mes doigts à ceux d'Edward, espérant ainsi l'apaiser autant que son contact m'apaisait. Il baissa les yeux sur moi, me contemplant pendant de longues secondes, avant de se retourner vers les Volturi.

« Prenez-moi à sa place » dit-il soudainement.

Mon cœur s'arrêta à ses paroles en comprenant leur sens. Une vague de nausée me saisit et une boule se forma dans ma gorge, menaçant de m'étrangler à chaque respiration. Dans son siège, Caïus jubilait, heureux de la tournure des évènements.

« Non… » soufflai-je d'une voix étranglée en serrant davantage les doigts d'Edward. Ce dernier ne me regardait pas, focalisé sur les vampires face à nous.

Aro monta une de ses mains à son menton, le frottant dans un mouvement de réflexion, semblant réfléchir à la proposition d'Edward.

« Tu veux dire, mon jeune ami, que tu serais prêt à intégrer nos rangs pour que cette humaine puisse être libre ? »

« Non » hoquetai-je alors qu'Edward hochait la tête. La chape de plomb dans mon ventre sembla m'entraîner vers le sol alors que mon cœur se compressait douloureusement dans ma poitrine. « Non ! » dis-je plus fort.

« Pourtant, tu connais les règles » répéta Aro en m'ignorant. « Les humains qui en savent trop doivent mourir ou être transformés. »

Ces dernières paroles me firent sursauter. Etre transformée ? Cette idée m'avait seulement été présentée dans le but de rejoindre la garde des Volturi. Mais Aro sous-entendait autre chose. Cela signifierait-il que je pourrais rester éternellement auprès d'Edward ?

« Elle ne dira rien » promit Edward en me jetant un coup d'œil. « Je lui fais confiance. »

« Nous ne faisons pas confiance à la race humaine » persiffla Caius d'une voix venimeuse.

Aro n'ajouta rien, se contentant de se rapprocher de nous et de tendre sa main à Edward.

« Tu me permets ? »

La raideur d'Edward montrait bien sa réticence à se soumettre au don du Volturi. Comme je l'avais appris au cours de mon séjour ici, Aro pouvait lire chacune des pensées qui a un jour traversé l'esprit de l'être qu'il touchait. En touchant Edward, il avait non seulement accès à toutes ses pensées, mais aussi à celles qu'il a perçues au cours de sa vie vampirique.

Aro serra avidement la main d'Edward entre les siennes et ferma les yeux, comme pour s'imprégner des pensées qu'il captait. Mon compagnon gardait son autre bras autour de ma taille, me collant davantage contre lui, ramenant mon cœur à la vie. Même si le moment n'était pas le meilleur, je savourai sa présence, respirant avec avidité son odeur enchanteresse et admirant son visage magnifiquement dessiné.

Les minutes passèrent dans un silence de plomb, chacun attendant qu'Aro ait fini d'écouter les pensées d'Edward. Ce dernier ne me regardait pas, concentré sur le vampire face à lui. Soudain, Aro libéra la main d'Edward, qui saisit immédiatement la mienne.

« Ah ! » soupira Aro. « Comment résistes-tu ? » lui demanda-t-il en me dévisageant.

Edward ne répondit pas, se contentant de lui lancer un regard noir.

« Je dois avouer que nous avons eu du mal à résister à son sang pendant son séjour chez nous » continua Aro. « Mais toi… C'est ta chanteuse… »

« Jamais je ne lui ferai de mal » trancha Edward d'une voix forte.

« Oui, oui » acquiesça Aro. « Bien sûr. Tu ne voudrais pas tuer ton âme-sœur. »

Je sentis Edward se figer aux mots d'Aro, ce qui me blessa. Regrettait-il ce lien qui nous unissait ? A cette pensée, mes doigts serrèrent davantage la chemise d'Edward, comme pour l'empêcher de s'éloigner de moi.

« Malheureusement, peu importe à quel point elle est importante pour toi, Edward. Elle en sait trop. »

Un grondement sourd roula dans la poitrine d'Edward, faisant vibrer mon corps contre le sien.

« Oubliez ça, Aro » grogna-t-il. « Jamais je ne vous la laisserai. »

Caius bondit de son siège pour se placer à côté de son frère et nous fixa d'un regard sombre.

« Transforme-la ou tue-la » cracha-t-il. « Choisis ! »

Edward carra sa mâchoire fortement, resserrant sa prise autour de moi.

« Jamais. »

« Il va falloir que tu choisisses, ou bien vous allez mourir tous les deux. »

« Laissez-la partir et je rejoindrai votre garde » tenta de négocier Edward.

« C'est tentant » hésita Aro. « Mais cela ne changera rien au fait qu'elle en sait beaucoup trop sur notre espèce. »

D'un coup, les portes s'ouvrirent derrière nous, laissant entrer James dans la pièce. Avant qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche, Edward se précipita sur lui et l'éjecta contre un mur. Figée, je restai au milieu de la pièce, peinant à comprendre ce qu'il se passait, alors que les Volturi regardait le spectacle avec des yeux ébahis.

« TOI ! » hurla-t-il à James. « Comment as-tu pu ? Je vais te… »

Edward n'eut pas le temps de finir sa phrase que Félix lui bondit dessus, le planquant au sol. Un hurlement résonna dans la pièce alors que le géant tenait entre ses mains la tête d'Edward, prêt à la lui arracher. Je mis un moment avant de comprendre que le cri venait de moi.

« Arrêtez ! » le suppliai-je. « Ne lui faites pas de mal ! »

Les larmes coulaient abondamment sur mes joues alors que le visage de Félix était moqueur. De son côté, James se relevait et avança vers Edward, lui donnant un coup de pied dans le ventre. Edward grogna, retroussant ses lèvres pour dévoiler ses dents blanches. Jamais je ne l'avais vu aussi sauvage, aussi… vampire. Mais je n'avais pas peur de lui.

J'avais peur pour lui.

L'angoisse me nouait le ventre alors que Félix maintenait toujours la tête d'Edward entre ses mains, pouvant la lui arracher d'une seconde à l'autre. Leur vitesse vampirique ne me permettrait même pas immédiatement de me rendre compte qu'Edward n'était plus. Cette simple pensée m'engourdit toute entière, si bien que je dus me secouer pour reprendre contenance.

Mes yeux croisèrent ceux d'Edward. Ces derniers n'exprimaient que des regrets et de la tendresse, ce qui me troubla complètement. Ce regard, il ne l'avait pas eu depuis notre moment ensemble dans la prairie, alors que sa famille et ses amis Denali jouaient au baseball autour de nous.

Mon cœur se serrait dans ma poitrine. Il m'avait tant manqué. Et je risquais de le perdre une nouvelle fois si je ne faisais rien.

« Tuez-moi » suppliai-je. « Ne le tuez pas pour moi. »

Derrière moi, Aro rit avant de poser une main sur mon épaule pour me faire me retourner face à lui.

« Votre sens du sacrifice est incroyable » ricana-t-il. « Impressionnant. »

Je ne relevai pas la pique, le regard figé dans celui d'Edward. Je ne pouvais pas le perdre ainsi. Plutôt mourir que de devoir vivre avec sa perte. C'était trop difficile.

Soudainement, les portes en bois s'ouvrirent une nouvelle fois, me faisant sursauter. Une tête blonde aux cheveux parfaitement coiffés apparut, suivi par un lutin dansant. Mon cœur battait la chamade en reconnaissant les nouveaux arrivants. Ces derniers marchèrent lentement jusqu'à moi, se plaçant de part et d'autre de moi.

« Bonjour Aro » salua la voix calme de Carlisle.

A ma gauche, la main d'Alice attrapa la mienne et la serra doucement. Toutefois, je n'arrivais pas à détacher mon regard d'Edward, lequel était toujours maintenu par la poigne ferme de Félix.

« Carlisle ! » s'exclama le Volturi. « Mon ami, comment te portes-tu ? »

« Bien. Toutefois, j'irais encore mieux si Félix daignait relâcher mon fils. »

La voix autoritaire de Carlisle me surprit, lui toujours si diplomate et calme. Le pouce d'Alice passait sur ma paume, cherchant à m'apaiser alors que ma respiration était plus que laborieuse.

Aux mots de Carlisle, Aro fit un signe de tête en direction de Félix, qui lâcha immédiatement Edward. Ce dernier nous rejoint rapidement, me ramenant contre lui. Soulagée de l'avoir près de moi, je plongeais ma tête dans le creux de son épaule, inspirant fortement son odeur rassurante, alors que ses mains allaient et venaient en doux mouvements dans mon dos.

« Pouvons-nous savoir pourquoi tu as décidé de capturer une humaine ? » interrogea sombrement Carlisle.

« Un de vos… amis m'a alerté au sujet d'une humaine qui en savait bien trop sur notre existence. Il m'a également affirmé qu'elle avait un pouvoir surprenant, d'autant plus qu'elle est encore humaine. »

Carlisle fronça les sourcils, cherchant sans doute quel « ami » avait ainsi pu les trahir. Car si j'étais en danger pour connaitre la vérité, les Cullen l'étaient tout autant que moi pour me l'avoir révélée.

« Et tu connais les règles, Carlisle » reprit Aro. « La mort ou la transformation. »

A ces paroles, Carlisle tourna ses yeux dorés vers son fils et moi. Je n'avais aucun doute quant au fait que le père et le fils avaient une conversation mentale, même si c'était très frustrant de ne rien comprendre.

Plusieurs longues secondes passèrent, jusqu'à ce qu'Edward se mette à grogner contre son père, nous surprenant tous. Choquée, je pressais sa main, essayant de l'apaiser autant qu'il m'apaisait.

« Jamais ! » cracha-t-il entre ses dents serrées.

Toutefois, Carlisle l'ignora et se tourna vers les Volturi.

« Nous la transformerons en vampire. Nous en prenons la responsabilité. »

Mes yeux s'écarquillèrent à l'entente de ces mots. Venaient-ils vraiment de choisir mon avenir pour moi ? Devant moi ? Sans moi ? Cela me gênait-il vraiment ? Passer l'éternité avec les Cullen… Voilà une idée plus que tentante, à condition qu'Edward fasse partie de cette nouvelle vie. Ce qui n'était pour l'instant pas acquis…

« Hum… » hésita Aro, une main sous le menton. « Je n'ai aucune preuve que vous respecterez votre parole. »

A ces mots, Alice laissa tomber ma main et s'approcha du vampire, lui proposant de toucher sa main. Aro ne se fit pas prier et saisit la petite main de mon amie, avant de fermer les yeux et de s'immerger dans ses visions.

De longues minutes passèrent avant qu'Aro ne relâche la main d'Alice.

« Fantastique ! » s'exclama-t-il en frappant dans ses mains pour applaudir. « Merveilleux ! »

J'haussai un sourcil en direction d'Alice, qui revenait se placer à côté de moi, mais elle ne m'offrit qu'un pauvre sourire.

« Alice, nous te gardons une place dans le cas où tu déciderais de rejoindre nos rangs » susurra Aro, toujours aussi avide de nouveaux pouvoirs.

« Non, merci » répondit-elle poliment avec un sourire crispé. « Vous savez tout, maintenant. Bella deviendra l'une des nôtres. Je l'ai vu. »

« C'est tout bonnement incroyable » murmura Caius. « Un talent extraordinaire. »

Aro acquiesça avant de nous regarder alternativement, Edward et moi. Il semblait peser le pour et le contre : nous laisser partir ou nous enrôler dans sa garde ? Nous laisser vivre ou nous tuer ? J'entendais presque les rouages de son cerveau fonctionner et surchauffer, à mesure que le temps passait et qu'il ne nous donnait aucune réponse.

« Carlisle » commença-t-il finalement. « Au nom de notre amitié, je vais faire confiance aux visions de ta voyante et… »

« Nous viendrons vérifier que vous tenez parole » cracha Caius derrière lui. « Sachez juste que nous n'accordons pas de seconde chance. »

Des frissons s'emparèrent de mon corps à ses mots. Tant que je serai humaine, nous n'aurions jamais la paix. La menace des Volturi planera toujours au-dessus de nos têtes, telle une épée de Damoclès.

« Allez-y, partez ! » nous pressa soudainement Aro avant d'éclater de rire. « Des fois que nous déciderions de changer d'avis… »

Sans attendre, Edward tira sur mon bras valide, m'entraînant à sa suite vers la sortie, son père et sa sœur derrière nous. Sans trainer, nous passâmes de nombreux couloirs assombris par l'absence de fenêtre avant de finalement déboucher dans une ruelle. La nuit était tombée sur Volterra, et je me permis de prendre ma première grande inspiration depuis des jours.

Edward était venu me chercher à Volterra, chez ses ennemis, au péril de sa vie. Il m'avait sauvée. Une fois de plus.

Les larmes s'accumulèrent au coin de mes yeux à cette pensée et je me stoppai net. Étonné par mon refus d'avancer, Edward se tourna vers moi, mais à peine était-il face à moi que je fonçai me réfugier dans ses bras pour pleurer de tout mon soul dans le creux de son épaule.

« Bella… » chuchota-t-il d'une voix tremblante.

Ses doigts caressaient tendrement mes cheveux, cherchant en vain un geste qui pourrait m'apaiser et me calmer. Mais rien n'y faisait. Mes sanglots étaient intarissables, comme si toute l'émotion que j'avais contenue depuis mon enlèvement éprouvait soudainement le besoin de sortir.

« Arrête de pleurer… Tout va bien, nous sommes libres. »

Un hoquet étranglé m'échappa alors que je prenais conscience de la situation. Edward avait raison, nous étions libres. Derrière nous, Carlisle et Alice se faisaient les plus discrets possible, ne prononçant pas un mot, ne bougeant pas d'un millimètre.

Edward passait sans cesse ses mains dans mes cheveux, sur mes bras, tout en faisant attention à mes nombreuses blessures. Ces dernières mettraient du temps à guérir, mais je savais qu'avec Edward à mes côtés, j'y arriverai. Ne restait plus qu'à savoir pour combien de temps il resterait.

Toutefois, lorsque son souffle glacé balaya mon visage et que ses douces lèvres se posèrent sur mon front, j'eus le sentiment que sa place était là. Auprès de moi. Pour l'éternité.

J'avais retrouvé ma moitié.


Je suis vraiment impatiente de connaître vos impressions quant à ce chapitre, que j'ai adoré écrire, je dois l'avouer ! Ecrire les retrouvailles entre nos amoureux... J'ai adoré. Dites-moi vos impressions en commentaires, j'ai hâte de vous lire :)

De mon côté, je n'ai rien écrit cette semaine... Les profs m'assomment de devoirs et ça ne va pas se calmer pendant ses vacances, ni même avant les fêtes de fin d'année... Mais je vais réussir à gérer, j'ai quand même 6 chapitres d'avance ! J'essaierai de tenir le rythme, promis.

Merci de me lire, ça me fait vraiment plaisir de voir que je n'écris pas dans le vide et que mon histoire plaît ! Je me dis que j'ai bien fait de me lancer (merci à Tied qui m'a encouragée à le faire).

En attendant la semaine prochaine, je vous souhaite un bon weekend et une bonne semaine :)

Prenez soin de vous.

Girlonfire