Bonjour !
J'ai envie de vous faire parvenir le smiley de la mort qui tue : 8B
Voilà.
Et je pense que vous comprendrez pourquoi quand vous aurez lu le chapitre ci-dessous !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 10 : Ceux qui nous sont chers
Le coup n'atteignit jamais sa cible.
Le pied de biche toujours au-dessus de sa tête, Lukas aperçut son regard à elle, désarçonné, perturbé. Elle avait lâché Emil et observait quelque chose par-delà Lukas. Ce dernier sentit que le pied de biche lui opposait toujours une résistance. Il fit volte-face et écarquilla les yeux.
-Et bien ! Faut croire que j'arrive au bon moment, déclara Mathias
Il présenta un grand sourire à Lukas mais sa voix trahissait un certain ressentiment.
Sous le coup de la surprise, Lukas en lâcha le pied de biche qui tomba sur le carrelage de la cuisine. Puis, il demanda à Mathias d'une voix glacée, afin de contenir les diverses sensations qui s'emparaient de lui :
- Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'avais dis de ne pas me suivre.
Mathias soupira.
- Ah bah ça, je ne t'ai pas suivi, non. Vu tout le mal que je me suis donné pour vous retrouver…
Ses mots avaient le ton du reproche mais un petit sourire en coin vagabondait toujours à la commissure de ses lèvres.
Soudain, elle hurla.
- Qui êtes-vous ?! Sortez de ma maison ! Laissez-nous tranquille ! Vous n'aurez pas mon fils !
Lukas fit volte-face. Mathias et lui se figèrent. Elle avait attrapé Emil et s'était affalée à terre avec lui, prostrée dans un coin de la cuisine. Elle lui caressait frénétiquement le visage tandis que ses yeux lançaient des éclairs et qu'elle leur crachait des injures. Puis, tout à coup, les yeux exorbités, elle blâma Lukas :
- C'est toi ! C'est toi, sale monstre ! Tu t'es encore joué de moi ! Tu as ramené des tas de gens qui sont venus pour m'arrêter, me séquestrer, m'empêcher de retrouver mon fils. Où sont-ils ? Ils vont venir et m'emmener. Tu as tout détruit ! C'est de ta faute ! Tu entends ?! Je croyais que tu ne pouvais pas me faire plus de mal… mais si, tu as trouvé le moyen ! Tu es un monstre ! Rien qu'un monstre ! Tu as vendu ta propre mère ! Tu as détruit ta propre mère ! Monstre ! Tu es un monstre, Lukas !
Lukas se sentit prit à la gorge.
Ces mots… ces mots de haine qui ne cessaient de le gifler dans ses cauchemars. Il ne voulait pas les entendre. Pas encore une fois.
Ses mains se mirent à trembler violemment. Son cœur s'emballa.
Ces mots étaient gravés à jamais dans son esprit, imprimé au fer rouge dans ses souvenirs d'enfant.
Ses jambes se dérobèrent sous son poids.
Et elle continuait, s'appliquant à l'injurier, à le poignarder en utilisant les mêmes mots qu'elle avait utilisés la première fois. Chaque mot qu'elle prononçait était une plaie de plus qu'elle rouvrait dans le cœur de Lukas, une ouverture béante. Il ne devait pas céder. Il ne devait pas céder. Pourquoi son corps ne l'écoutait-il pas ? Pourquoi avait-il si mal au cœur ? Il devait se ressaisir, en finir.
Lukas sentit à peine les mains qui le tirèrent en arrière. Tremblant, suffoquant, le front en sueur, il se retrouva le dos contre le mur et le visage de sa mère, démoniaque, agrippant toujours son petit frère amorphe qui le dévisageait avec des yeux suppliants, fut bientôt remplacé par un autre. De maigres taches de rousseur sur les joues. Un nez un peu cabossé. Un petit sourire rassurant. Un grand front. Des sourcils froncés par l'inquiétude. Des yeux aussi bleus que l'était un ciel d'azur qui se concentraient sur les siens.
Il n'avait jamais pu détailler le visage de Mathias d'aussi près.
- Lukas, lui répétait-il haut et fort pour couvrir les accusations venimeuses, Lukas, écoute-moi. Ne rentre pas dans son petit jeu. Tout ça, c'est du passé. Je sais que tu essayes de te reprendre mais je te jure, crois-moi sur parole pour une fois, laisse-toi aller. Libère-toi un bon coup. N'ignore pas ce que tu ressens.
Lukas ferma les yeux et détourna la tête.
- Lukas, je t'en prie.
Il releva la tête et aperçut un éclat de lumière par-dessus l'épaule de Mathias. Lukas écarquilla les yeux. Il ouvrit la bouche. Aucun son n'était encore sorti que la lame s'abattit dans l'épaule gauche de Mathias.
Celui-ci réagit au quart de tour. Il fit aussitôt demi-tour, frappa d'un coup sec le poignet de son assaillante, lui faisant lâcher son couteau dans lequel il donna un coup de pied pour l'éjecter hors de la cuisine. Mais lorsque Mathias voulut l'attraper pour lui faire une clé de bras, la douleur dans son épaule le transperça. Il grimaça, s'effondra à terre.
Lukas observa Mathias étendu à terre. Il ne tremblait plus. Il ne suffoquait plus. Son visage avait perdu toute expression. Lentement, il releva les yeux vers elle. Haletante, elle se massait le poignet et était pareille à un chien enragé. Elle se tenait entre lui et Emil, toujours immobile dans un coin de la cuisine. Elle éclata d'un rire malsain.
Hors de lui, Lukas se jeta sur elle et referma ses mains autour de son cou. Elle glapit, se débattit. Mais Lukas la tenait fermement par la haine qu'il avait accumulée en lui. Elle articula :
- Tout aurait été tellement plus simple si tu ne m'avais jamais trahie… si tu n'avais jamais existé. Je ne te pardonnerai jamais…. d'être né, Lukas.
Il grinça des dents. Qu'elle s'arrête de parler ! Il ne voulait pas entendre sa voix perfide ! Cette voix qui l'avait hanté pendant des années !
On lui agrippa soudain le bras. Mathias, essoufflé, se releva, l'épaule en sang, tiraillé par la douleur et pris de vertige.
- Ne fais pas comme elle. Ne cède pas à la facilité de te débarrasser de tes obstacles.
Lukas sentait sous ses doigts le pouls accélérer dans le cou de cette femme.
Non sans souffrir, Mathias passa son bras autour des épaules de Lukas.
- Ne fait pas ça, souffla-t-il à son oreille, tu finirais par le regretter toute ta vie. Comme elle…
- Grand… grand fr… frère…
Lukas écarquilla les yeux. Il tourna la tête brusquement. Emil bougeait difficilement les lèvres. Ses doigts s'agitaient. La drogue se dissipait ! Il reprenait peu à peu le contrôle de son corps !
Lukas libéra d'un coup la gorge de la femme. Il se jeta sur son petit frère et l'étreignit de toutes ses forces. Emil grimaça.
- Dou… cement…
Tout à coup, Lukas les sentit. Elles dévalaient la pente de son visage, creusaient des sillons. Bientôt ses joues se couvrirent de larmes. Il pleura tous les souvenirs douloureux qu'il avait conservé en lui jusqu'à maintenant et son cœur se tordait de douleur à chaque goutte qui brûlait sa vue.
La femme inspira une grande goulée d'air et se massa le cou. Ses yeux étaient exorbités, injectés de sang. Hystérique, elle s'apprêtait à riposter mais Mathias la renversa à terre de son épaule valide. Il la maintint sur le sol tandis qu'elle se débattait, lui arrachant quelques cheveux au passage, jusqu'à ce qu'il lui assène un coup de boule. Elle sombra aussitôt dans l'inconscience et Mathias faillit en faire de même. La blessure sur son épaule lui donnait toujours des vertiges, et il se sentit à moitié partir avec le coup qu'il venait de donner.
Mathias se redressa et rejoignit Emil que Lukas agrippait désespérément en sanglotant silencieusement.
- Je suis désolé, répétait-il dans un murmure, terriblement désolé.
Emil se sentait gêné. Il avait le rouge aux joues. Jamais Lukas ne s'était comporté ainsi. Il jeta un coup d'œil alarmé à Mathias, ne sachant quoi faire. Ce dernier lui fit signe de passer ses bras autour de Lukas. Emil fronça les sourcils. Il leva alors ses bras encore un peu engourdis et, imitant Mathias, étreignit son frère en retour, posant sa tête sur son épaule.
oOoOo
- Tu as toutes tes affaires ? Bien. Alors nous n'avons plus rien à faire ici. Viens.
Lukas attrapa la main du jeune Emil. Cependant, celui-ci demeurait le regard fixé vers sa chambre, le visage maussade. Lukas tira légèrement pour le faire bouger mais Emil était visiblement triste de quitter sa maison. Il se tourna vers lui, les yeux brillants.
- Dis. Quand est-ce que maman va sortir de prison ?
- Je ne sais pas. Ce n'est pas mon problème, répondit Lukas froidement
Emil baissa les yeux et tortilla ses doigts entre eux. Lukas soupira avant de s'agenouiller auprès de lui.
- Tu es assez grand pour comprendre, n'est-ce pas ? Cette femme doit payer pour ce qu'elle a fait. Elle a tué quelqu'un. Tu te rends compte ?
Lukas n'avait aucune idée de l'impact de ses mots. Il n'avait jamais su s'adresser à son entourage et encore moins à des enfants qui n'étaient peut-être pas près à assumer une horrible vérité.
- Mais c'est ma maman quand même… je… j'ai personne d'autre, moi, tenta de raisonner Emil, pragmatique
Il serrait ses mains l'une dans l'autre, sûrement parce que lui non plus ne voulait pas montrer ses émotions. Lui non plus ne voulait pas se laisser submerger. Lukas fut pris d'un élan d'empathie envers ce demi-frère. Il l'attrapa par les épaules et l'étreignit.
- Ne t'inquiète pas, dit-il d'une voix douce qu'il ne se connaissait pas lui-même, je suis là. Je suis ton grand frère et je serais toujours là pour toi.
Comme mon père l'a toujours été pour moi.
Lukas serra un peu plus Emil contre lui et se permit une larme ou deux en souvenir de son père. Il se promit ce jour-là de protéger Emil de son mieux pour qu'il ne subisse jamais les mêmes travers de la vie que lui, pour rendre hommage à la bonté d'un homme qui a su lui tendre la main, coûte que coûte, quand bien même il n'arrêtait pas de se faire rejeter par ce fils indigne. Son petit frère ne manquerait de rien.
Emil le repoussa légèrement, scruta son regard que Lukas détourna légèrement, n'ayant aucune envie de montrer sa peine.
- Tu es vraiment mon grand frère ?
Lukas eut un sourire.
- Oui. Tu peux m'appeler ainsi.
- Je préfère Lukas.
Un peu surpris, Lukas n'émit aucune résistance quand Emil se dégagea de son étreinte. Il enfila son sac de voyage sur le dos tandis que Lukas se relevait et attrapait la valise. Ils descendirent les escaliers et Emil glissa sa main dans celle de Lukas.
- Tu fais quoi dans la vie, Lukas ?
- Je suis violoniste.
Mais je ne m'arrêterai pas là. Désormais, où la vérité aura besoin d'éclater, je serai là.
oOoOo
Mathias observa Gerdi Thomassen du coin de l'œil. Elle était toujours inconsciente mais par mesure de précaution, ils l'avaient solidement attachée avec de la corde trouvée dans un cabanon du jardin.
Quant à lui, Mathias se sentait encore fiévreux. L'entaille était tout de même sacrément profonde et son corps se débattait avec. Heureusement qu'elle avait visé l'omoplate et pas plus bas. A bien y réfléchir, se dit-il, elle n'avait pas dû viser tout court. Elle avait juste foncé droit devant elle en espérant l'embrocher.
Mathias gémit. Lukas venait d'appuyer là où la douleur était encore brûlante, en plein dans la plaie sanguinolente. Ils avaient arrêté le flot écarlate avant que Mathias ne tombe dans les pommes et l'avaient assis sur une chaise, torse-nu. Emil, qui avait retrouvé peu à peu l'usage de ses membres, était parti à la recherche de bandages ou de produits désinfectants. Pendant ce temps, Lukas continuait de nettoyer la plaie.
Mathias l'observait mais Lukas prenait bien soin d'éviter son regard. Ses yeux étaient bouffis d'avoir tant pleuré. Ses traits étaient tirés, son visage pâle, en sueur. Il clignait souvent des yeux, épuisé. Et pourtant, il avait repris son masque impénétrable. Mathias leva les yeux au ciel.
- Quoi ? lui demanda Lukas renfrogné
- Rien. Je me disais juste que… 'tain ce qu'il s'en est passé des choses en si peu de temps.
- Hum.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
- Comment ça ?
- Au sujet de ta… démission forcée, disons.
Lukas suspendit son geste. Ses épaules s'affaissèrent.
Rien n'avait changé : Lukas n'était plus détective. L'émeraude volée… une banale histoire de vol qui avait fait beaucoup plus de mal qu'on ne le croyait, se dit Mathias. Il posa sa main droite sur celle de Lukas.
- Laisse tomber. T'es pas obligé de me répondre. T'as déjà beaucoup encaissé. J'aurais pas dû demander, désolé.
Lukas reprit le nettoyage de la plaie sans un bruit. Puis, il rompit peu de temps après le silence :
- Je… je suis désolé. Pour ta blessure. Je ne voulais pas t'impliquer. Je te l'avais dit.
Mathias haussa sa seule épaule valide. Lukas lâcha un bref soupir.
- Comment tu as fait pour nous retrouver ?
- Pfff ! ça pas été une partie de plaisir ! J'ai téléphoné à Andrey, puis à Vladimir…
- Tu as parlé à Vlad' ? s'étonna Lukas
- Ouaip. Et même à tes grands-parents. Des gens charmants qui m'ont donné plein d'infos intéressantes sur toi.
Lukas fronça les sourcils et appuya plus ou moins volontairement un peu plus fort sur l'épaule de Mathias.
- Aïe ! Doucement, s'il te plaît. C'est quand même un gros bobo. Enfin, bref. Et puis…
Il hésita.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu as fait ?
- J'ai comme qui dirait légèrement fouillé ta chambre et les affaires que tu avais laissées dans ma penderie. Et j'ai tout regardé et tout lu pour en apprendre le plus possible.
Lukas rougit violemment.
- Tu as tout lu ?
Mathias paniqua.
- Ouais mais t'inquiète, hein, j'ai vraiment fait ça uniquement parce que j'étais mort d'inquiétude pour toi et Emil et que je voulais vous retrouver ! Je dis pas que j'ai rien vu de compromettant mais promis, juré, c'était vraiment uniquement dans le but de vous retrouver, et puis comme tu m'avais laissé avec aucun indice et que j'étais au bord de la crise d'angoisse, j'ai utilisé tout ce que j'avais sous la main, débita-t-il avant d'ajouter, je sais pas comment tu fais pour enquêter, sérieux. C'est d'un pénible parfois. Trop de pression pour moi, ah ah !
Lukas l'observa, le torchon imbibé d'eau chaude sur la plaie. Mathias était gêné. Il se gratta le menton et détourna le regard.
- Eh eh, je supportais pas de rien pouvoir faire…
- Pourquoi ?
- Parce que je ne peux pas me permettre de perdre des personnes qui me sont chères, répondit Mathias en lui adressant un clin d'œil entendu
Lukas écarquilla légèrement les yeux. Puis, sans crier gare, il se pencha et déposa ses lèvres sur celles de Mathias.
Fin de l'affaire 10 ! (Enfin ! OTL)
On se retrouve non pas la semaine prochaine, mais dans deux semaines, histoire de vous laisser le temps de digérer x) Et sûrement le vendredi parce que je ne serais pas là le samedi.
