Bonsoir à tous, j'espère que vous allez bien ?

Tout d'abord, merci pour vos reviews qui me font énormément plaisir :)

Oui, nous ne sommes que mercredi mais j'ai décidé de publier pour vous remonter le moral après les annonces du Président... Personnellement, je ne me plains pas : je suis en fac et je reprends les cours en ligne, ce qui me permettra d'avoir plus de temps pour écrire.

Sur ce, je vous laisse avec le chapitre 13 d'Ascendant. On se retrouve en bas !


CHAPITRE 13

Longtemps, nous restâmes ainsi. Ma tête contre son cou, son parfum m'enivrant complètement, alors que son nez bougeait dans mes cheveux. Ses bras autour de moi m'apportaient un réconfort nouveau et perturbant après autant de jours passés dans cette cellule humide où ils m'avaient enfermée.

Toutefois, le vent frais qui soufflait dans l'air nocturne nous ramena à la raison, alors que des frissons couraient le long de mon corps.

« Il faut que tu dormes » me souffla Edward en m'écartant légèrement de lui.

Ses yeux parcouraient mon visage puis mon corps, alors que sa mâchoire se serrait à mesure qu'il prenait conscience de l'ampleur de mes blessures. J'essayais de m'imaginer ce qu'il voyait. Certainement une pauvre fille au teint pâle, sale, avec des hématomes sur sa peau crayeuse, des traces de sang séché le long des blessures qui se rouvraient à chacun de ses mouvements et une épaule gonflée. Mes côtes saillantes et mes yeux creux expliquaient bien plus que des mots mon état de santé.

J'étais brisée.

« Alice est partie chercher une voiture » nous dit doucement Carlisle en s'approchant.

Edward ne le regarda pas, continuant de me dévisager impunément. D'un coup, il me relâcha et enleva sa chemise pour me la tendre. Surprise, j'haussai un sourcil tout en essayant de garder mes yeux sur son visage.

« Tu en as plus besoin que moi » m'expliqua-t-il dans un murmure. « Tu es en débardeur. »

Effectivement, mes bras nus étaient couverts de chair de poule. Avec hâte, j'enfilai aussi vite que possible la chemise bleu pâle qu'Edward portait il y a encore quelques secondes. Au passage, j'en profitais pour porter le tissu à mon nez, m'imprégnant de son odeur fascinante.

« Ça permettra de cacher ses bleus » ajouta Carlisle tandis que j'enfilai le vêtement.

Soudain, des phares nous éblouirent tandis qu'une Porsche jaune se garait en dérapant à côté de nous. La vitre côté conducteur s'abaissa, laissant passer la tête d'Alice.

« Génial, non ? » nous sourit-elle avec enthousiasme.

Pendant qu'elle parlait, elle fouilla dans un sac à côté et en extrait un pull qu'elle me tendit.

« Ça évitera qu'Edward n'attire tous les regards. »

Sans répondre à la plaisanterie de sa sœur, Edward m'aida à passer le pull avant de s'installer sur la banquette arrière et de me tirer contre lui. Carlisle s'assit sur le siège passager alors qu'Alice faisait vrombir le moteur et redémarrait.

Les collines de Volterra étaient différentes la nuit, mais pas moins terrifiantes. La nuit était claire, sans aucun nuage, ce qui me permit de me concentrer sur les étoiles et la lune. Les astres m'avaient toujours impressionnée et attirée. Cela me faisait du bien de les revoir après cette captivité.

Le nez d'Edward courrait le long de l'arête de ma mâchoire alors que ses doigts frôlaient doucement mon épaule blessée.

« Carlisle va s'en occuper » me promit-il avant d'embrasser ma tempe.

J'hochai la tête, l'épuisement commençant à gagner mon corps. Je n'avais jamais bien dormi dans ma cellule, à même le sol humide, et les heures de sommeil qui me manquaient se rappelaient à moi. Mais je ne voulais pas dormir. Je refusais de perdre une seule seconde en la compagnie d'Edward.

Sa main qui naviguait toujours le long de mon bras remonta finalement contre ma tête, appuyant légèrement dessus pour qu'elle vienne reposer contre son épaule. Enchantée par ce geste, je ne demandai pas mon reste et me collai contre lui, savourant sa présence à mes côtés. Dans ma poitrine, mon cœur battait régulièrement mais puissamment, comme enfin reposé et comblé d'avoir retrouvé sa moitié.

Parce que c'est ce qu'Edward était pour moi, j'en étais convaincue. Son absence me détruisait à petit feu alors que sa présence me donnait une force incroyable. Jamais plus je ne pourrai vivre sans lui. Je voulais rester à ses côtés pour l'éternité. Mais lui, le voulait-il ?

Malgré ma volonté de rester éveillée, mon corps me lâcha et je m'endormis profondément contre l'épaule froide d'Edward, sous ses caresses tendres dans mes cheveux. Vaguement, je sentis que la voiture s'arrêtait un court instant avant de reprendre sa route. Puis, de nouveau un arrêt, pendant lequel on me souleva pour me sortir de la voiture. Toutefois, alors qu'une douce chaleur m'enveloppait toute entière, mon corps ne tint plus et retourna retrouver Morphée.

Lorsque je me réveillai, le soleil brillait haut dans le ciel, si bien que je peinais à ouvrir les yeux complètement.

« Bonjour » me salua une voix harmonieuse.

Surprise, mes yeux s'ouvrirent en grand malgré la luminosité. Je remarquai alors que j'étais couchée dans un immense lit, Edward à mes côtés. Ce dernier me détaillait avec un petit sourire en coin. Au loin, le bruit des vagues me parvenait, telle une douce mélodie.

« Où sommes-nous ? » demandai-je d'une voix rauque de sommeil.

« Toujours en Italie. Nous avons loué une maison le temps que tu te remettes suffisamment de tes blessures pour pouvoir prendre l'avion et… »

D'un doigt sur ses lèvres, je le coupai avant qu'il ne s'emballe.

« Mettons les choses au clair tout de suite » l'interrompis-je. « Ce qui m'est arrivé… Ce n'est pas de ta faute. »

Interloqué, il me fixa pendant de longues secondes avant d'écarter ma main de sa bouche, la gardant dans les siennes.

« Bella, tu… Comment… Comment oses-tu dire ça ? »

Je sursautai à son haussement de ton, surprise qu'il s'énerve alors que je lui disais justement qu'il n'était pas responsable de ma… mésaventure.

« Comment oses-tu dire que ce n'est pas de ma faute ? Si je ne t'avais pas abandonnée… Si j'étais resté… Rien ne serait arrivé ! »

« Edward… » tentai-je doucement de l'apaiser.

Malheureusement, il ne me laissa pas finir, se levant du lit pour arpenter la chambre de long en large.

« Jamais je n'aurais dû partir ! Tout est de ma faute ! »

« Ed… »

« Carlisle a dû te remettre l'épaule en place ! » hurla-t-il, semblant vouloir me faire comprendre la gravité de la situation tout en me montrant mon épaule maintenue en écharpe. « Ton épaule était déboitée depuis trop longtemps et s'était mal remise, il a dû te la déboiter une nouvelle fois pour que la guérison se fasse correctement ! »

Je frissonnai sans pouvoir m'en empêcher alors qu'Edward me décrivait les soins de Carlisle. Instinctivement, je montai mon autre main à mon épaule blessée. Voyant mon geste, Edward reprit.

« Nous avons profité que tu dormes pour le faire. Tu es encore sous calmants. Nous ne voulions pas te faire souffrir davantage… »

Ses yeux étaient deux puits noirs, marqués par une colère grandissante, alors qu'il me tournait vivement le dos. Toutefois, je savais pertinemment qu'elle n'était pas dirigée contre moi, ce qui me donna le courage de me lever pour le rejoindre.

« Edward, rien n'est de ta faute. Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer » lui dis-je en entourant sa taille de mon bras valide. Lentement, je posais mon front contre son dos alors que ses mains rejoignirent la mienne sur son torse.

Un rire sarcastique lui échappa alors qu'il se retournait pour soulever mon t-shirt – qui était nouveau, je soupçonnais Alice d'être passée par là. Doucement, ses doigts frais se posèrent sur mon abdomen, où je savais que des hématomes s'étalaient.

« Je m'en voudrais toute mon existence » murmura-t-il difficilement en effleurant les marques. « Je ne pourrais jamais me pardonner. Je… »

Sans que je m'y attende, il tomba à genoux devant moi, plaquant son visage contre mon ventre, embrassant ma peau meurtrie.

« Je suis tellement désolé, Bella » chuchota-t-il d'une voix brisée.

Les larmes coulaient abondamment le long de mes joues alors que mon cœur s'arrêtait à ses mots. D'instinct, mes mains s'emmêlèrent à ses cheveux, les caressant doucement.

« Il n'y a rien à pardonner, Edward » dis-je sur le même ton, la voix enrouée par les pleurs.

Il secoua négativement la tête contre mon ventre, ses grandes mains posées sur ma taille. Longtemps, nous restâmes dans cette position, savourant le contact de l'autre, espérant que cela suffira à nous reconstruire. Parce que là était la vérité : nous étions tous les deux brisés. Mais peut-être arriverions-nous à nous reconstruire ensemble ?

Je ne savais que penser de ses mots, de ses remords, qui me donnaient l'impression de compter pour lui. Après tout, si je ne comptais pas pour lui, pourquoi serait-il venu me chercher en Italie ? Mais dans ce cas, pourquoi m'avait-il quittée ?

La vérité s'imposa à moi aussi rapidement qu'un coup de massue. Il m'avait quittée parce qu'il voulait me protéger de lui. Sa lettre me revint en mémoire, effaçant mes doutes. Longtemps, je n'avais pas réussi à m'en rappeler sans me mettre à pleurer, son abandon créant une plaie béante à la place de mon cœur. Les mots ne s'imbriquaient pas dans mon esprit, ne donnaient aucun sens à son absence. Maintenant je savais.

« Tu m'as quittée pour me protéger » lui soufflai-je tout en continuant à passer mes doigts dans ses mèches cuivrées. « Je ne t'en veux pas, Edward. »

« Et regarde où ça nous a menés… »

« Edward ? »

Il ne releva pas la tête. Aussi, je glissai mes mains de ses cheveux à ses joues pour orienter son visage vers moi, tout en répétant son prénom.

« Je te pardonne. Pardonne-toi aussi, s'il-te-plaît. Arrête de vouloir porter le malheur des autres sur tes épaules. »

Il fronça les sourcils, ne semblant pas comprendre où je voulais en venir.

« Tu m'as sauvée. Plusieurs fois. Sans toi, je… »

Il ne me laissa pas le temps de finir ma phrase qu'il se redressa vivement. Toutefois, mon cerveau saisit toute la scène comme si elle se déroulait au ralenti. Edward remonta rapidement le long de mon corps avant de poser délicatement ses mains sur mes joues, coinçant mon visage face au sien. Lentement, ses yeux firent l'aller-retour entre mes yeux et mes lèvres, alors qu'il humidifiait légèrement les siennes du bout de sa langue. Jamais le temps ne m'avait paru aussi lent. Mon cœur battait fort dans ma poitrine, comme s'il voulait en sortir, résonnant jusque dans mes oreilles. Edward sourit en entendant son rythme effréné, avant de poser son front contre le mien et de fermer les yeux.

« Bella, je… » murmura-t-il, son souffle balayant mon visage.

Immobile, je le contemplais et sentais qu'il hésitait. Toutefois, lorsqu'il ouvrit les yeux, une résolution nouvelle y avait pris place. Il se pencha vers moi, affolant davantage mon cœur, puis ses lèvres se posèrent tendrement sur les miennes.

Instant de perfection.

Un soupire s'échappa de mes lèvres alors que je fermais les yeux, savourant cette nouvelle intimité avec lui. Nos lèvres s'apprivoisèrent lentement, entamant de timides mouvements, avant que l'amour que je lui portais ne prenne le dessus. Mes mains se posèrent dans sa nuque, gardant son visage contre le mien, alors qu'il me maintenait fermement contre lui de ses bras. Nous lèvres bougeaient en parfaite synchronisation, comme si elles avaient été faites pour s'embrasser. C'était parfait.

Au bout d'un moment, Edward lâcha mes lèvres et posa les siennes sur mon front avant de soupirer. Ses gestes étaient tendres et doux, ravivant mon amour pour lui. Je me demandais comment mon cœur faisait pour supporter toutes ces émotions, comment il faisait pour ne pas être enseveli par mon amour pour Edward et ma peur de le perdre.

Edward décolla finalement son front du mien, plongeant son regard doré dans le mien, avant de saisir mes mains.

« Tu dois manger » me dit-il en m'entraînant hors de la chambre.

Durant notre trajet jusqu'à la cuisine, je pris le temps d'observer ce qui m'entourait. La maison était en pierres claires, avec un magnifique jardin donnant vue sur la mer. La décoration était raffinée et de bon goût, me rappelant la villa des Cullen. Au fond du salon trônait une immense cheminée en pierre, ce qui me laissa rêveuse de passer Noël devant une telle cheminée.

Une fois arrivés dans la cuisine, je remarquai que nous n'avions croisé personne sur notre chemin.

« Où sont-ils passés ? » demandai-je à Edward en m'asseyant sur un tabouret du bar. La cuisine était décorée dans des tons clairs, à l'instar du reste de la maison.

« Alice est allée t'acheter des habits et Carlisle est parti réserver des billets d'avion pour rentrer en Amérique » m'expliqua-t-il tout en sortant des ingrédients du réfrigérateur. « Des crêpes, ça te va ? »

« Parfait. »

Fascinée, j'observais ce vampire me cuisiner un petit-déjeuner alors qu'il n'en mangeait pas lui-même. Touchée par cette attention, je le regardais bouger avec aisance dans la cuisine tout en repensant à notre baiser. Je n'arrivais toujours pas à y croire. Edward Cullen m'avait embrassée.

L'instant avait été magique et merveilleux. Indescriptible. Hors du temps.

A ce souvenir, mon cœur reprit sa course effrénée, ce qui n'échappa pas aux oreilles d'Edward, qui se tourna vers moi avec un grand sourire tout en continuant de remuer la pâte à crêpes.

« Pourquoi ton cœur est-il si affolé ? »

Rougissante, je baissai les yeux sur le marbre recouvrant le bar devant moi.

« Je… Rien » bégayai-je lamentablement.

« Tu es une piètre menteuse » rigola-t-il avant de retourner à sa préparation. Lorsqu'il l'eut terminée, il se dépêcha de cuire la pâte puis s'assit à mes côtés tandis que je mangeais ma première crêpe. Toutefois, le manque de nourriture que j'avais subi à Volterra m'empêcha d'en avaler davantage, ce qui contraria Edward.

Au même moment, Alice déboula en sautillant dans la pièce, chargée de différents paquets à l'effigie de nombreuses boutiques mondialement connues.

« C'est quoi tout ça ? » lui demandai-je avec méfiance.

« Tes nouveaux habits » s'extasia-t-elle.

A mes côtés, Edward rit en me voyant blanchir à l'idée de devoir jouer à « poupée Bella » avec sa sœur.

« Dépêche-toi de finir ! » m'ordonna-t-elle. « Tu dois te doucher et te coiffer… Non mais regarde l'état de tes cheveux et… »

« Ce n'est pas comme si j'avais eu de quoi les coiffer » la coupai-je sèchement.

Alice se figea à mes paroles, avant de s'approcher doucement de moi pour me serrer dans ses bras.

« Je suis désolée, Bella. J'étais si inquiète pour toi et avoir réussi à te retrouver c'est… »

Elle ne finit pas sa phrase, mais elle n'en avait pas besoin. Son regard parlait de lui-même, retournant mon estomac devant tant d'émotion. Je lui rendis son étreinte, heureuse de retrouver mon amie après ces dures semaines.

Derrière nous, Edward nous observait avec un léger sourire en coin. Carlisle entra à son tour dans la pièce, jugeant que nous pourrions quitter l'Italie d'ici une semaine, le temps pour mes hématomes de se résorber. Autant éviter de montrer l'étendue de mes blessures à Charlie, il n'avait pas besoin de connaître tous les détails.

Penser à mon père me serra le cœur. Qu'allais-je bien pouvoir lui raconter pour justifier mon absence sur plusieurs semaines, sans donner la moindre nouvelle, pour finalement revenir avec d'immenses bleus et une épaule déboitée ?

Edward me tira de mes pensées en embrassant ma tempe. Sa douceur et sa tendresse à mon égard ne cessaient de m'étonner, mais j'avais du mal à imaginer Edward se comporter différemment avec ses proches. Il était incroyable.

« Alice va te préparer un bain, ça te fera du bien. »

Docile, je suivis sa sœur dans la salle de bain, qui était aussi magnifique que le reste de la maison. Alice s'amusa à mélanger diverses senteurs parfumées dans l'eau, mettant en avant les effets apaisants de chacune.

Elle m'aida à me déshabiller afin que je ne sollicite pas trop mon épaule blessée, où la douleur commençait à se réveiller, avant de me laisser seule dans la pièce.

« Appelle-moi si tu as besoin de quoique ce soit » me dit-elle en refermant la porte derrière elle.

Je rentrais doucement dans la baignoire, prenant garde à ne pas glisser. L'eau chaude détendit presque immédiatement mes muscles, créant une sensation de bien-être que je n'avais pas éprouvée depuis longtemps. Satisfaite, je soupirai tout en m'enfonçant profondément dans le bain, ne laissant que le haut de mon visage hors de l'eau.

Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais sereine. Je ne pensais pas aux vampires qui étaient au rez-de-chaussée. Je ne pensais pas à mon père, qui m'attendait à Forks et à qui j'allais devoir mentir pour ne pas lui causer un infarctus. Je ne pensais pas aux Volturi, avec qui nous avions négocié ma transformation en échange de notre liberté.

Rien. Je ne pensais à rien d'autre que la paix qui habitait mon corps.

Dehors, le soleil brillait dans le ciel bleu. Une douce brise agitait les oliviers du jardin, alors que les vagues s'écrasaient contre les rochers qui formaient la crique face à notre maison. Je me demandais comment les Cullen avait réussi à louer une maison aussi magnifique en aussi peu de temps. Il faudrait que je pense à leur demander.

Doucement, je portais un doigt à mes lèvres pour les caresser, revivant les souvenirs du baiser que nous avions échangé Edward et moi dans la chambre. Je n'avais rien vécu d'aussi magnifique, d'aussi beau et intense. Aucune expérience humaine ne devait avoir une telle intensité.

Edward était tellement torturé, se reprochant les derniers évènements, mais si tendre avec moi. Mon cœur se serrait d'amour pour lui lorsque j'imaginais son visage souriant et doux. J'avais l'impression que mes sentiments pour lui allaient me submerger, m'engloutir, me faire exploser. Mais cette sensation était délicieuse.

Lorsque l'eau du bain devint froide, j'en sortis et passai un peignoir qu'Alice avait posé sur le meuble du lavabo à mon intention. Sa douceur caressait ma peau et la réchauffait, me plongeant dans un cocon doux dont je ne voulais pas sortir. Je me brossais rapidement les dents pour me débarrasser de la mauvaise haleine matinale tout en arpentant la salle de bain, les yeux fixés sur la fenêtre qui m'offrait une vue imprenable sur l'extérieur.

Une fois mes dents propres, je me souvins de la coiffeuse qui était installée à côté du lit dans lequel je m'étais réveillée et sortis rapidement de la salle de bain pour m'installer sur le tabouret. Je souris en constatant qu'une brosse avait été posée sur le meuble : Alice était vraiment la meilleure.

Le reflet dans le miroir me renvoyait l'image d'une fille pâle et creuse, mais dont les yeux rayonnaient de bonheur. Le sourire qui étirait mes lèves tomba cependant bien vite lorsque mon regard se fixa sur mes cheveux. Ces derniers étaient emmêlés du fait de ne pas avoir été brossés pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Un petit coup contre la porte se fit entendre, me faisant légèrement sursauter. Certainement Alice qui venait m'aider avec mes cheveux.

« Entre ! » l'invitai-je, tout en m'acharnant avec la brosse sur un nœud récalcitrant.

Alors que je m'attendais à une remarque ironique concernant ma coiffure, je ne sentis que des doigts frais caresser ma nuque, me faisant relever les yeux vers mon visiteur.

Edward se tenait derrière moi, nos regards s'accrochant à travers le miroir de la coiffeuse. Ses yeux exprimaient toute son émotion, et mon cœur se serra en décelant une pointe de tristesse au milieu de ses iris dorés.

Sans un mot, il me prit la brosse des mains et entreprit de démêler doucement mes cheveux, prenant son temps. A travers le miroir devant moi, je l'observais prendre soin de ma chevelure, cherchant à lui redonner une allure correcte. Lorsque le nœud était trop important, ses doigts frais remplaçaient la brosse, démêlant avec attention les mèches de cheveux.

La douceur de ses gestes emplit mon cœur d'amour, ce dernier battant à un rythme effréné. Mes yeux s'embuèrent alors que l'émotion m'engloutissait, intense et dévastatrice.

« Je t'aime » chuchotai-je doucement.

Les mains d'Edward se figèrent dans mes cheveux alors que ses yeux croisaient mon regard dans la glace. L'or diffus y semblait flamboyant, malgré l'étonnement que je pouvais lire dans son regard. Mes joues se colorèrent et une vague de chaleur me saisit, son regard ne lâchant pas le mien.

Quelques secondes passèrent, nos regards toujours accrochés l'un à l'autre, ses doigts figés dans mes cheveux. Il ferma les yeux, rompant notre liaison, avant de soupirer profondément. Mon cœur s'accéléra tandis que je me demandais pourquoi il ne me répondait pas. Je ne pus m'empêcher de me demander s'il ressentait la même chose que moi, mais je savais que je n'aurai pas pu retenir plus longtemps mon amour pour lui. Mes sentiments étaient trop évidents et intenses pour que je puisse les contenir indéfiniment.

Edward rouvrit les yeux, plongeant immédiatement son regard dans le mien, avant de faire le tour pour s'accroupir à côté de mon siège, posant la brosse sur la coiffeuse.

« Redis-le » me demanda-t-il lentement. « A voix haute. »

Le sourire qui étirait ses lèvres et l'émotion que je lisais dans son regard me donnèrent la force de me dévoiler une seconde fois.

« Je t'aime » répétai-je, les larmes dévalant mes joues rougies.

Edward sembla savourer ma déclaration avant de se redresser pour embrasser tendrement mon front, mon nez, puis enfin mes lèvres. Un soupire m'échappa alors que mon corps tremblait tout entier pour faire face à l'intense émotion qui me frappa, des picotements partant de notre point de liaison pour s'étendre à tout mon corps, secouant délicieusement mon estomac.

Les mains d'Edward montèrent le long de ma nuque pour rejoindre mes joues, ses pouces essuyant doucement les larmes qui avaient débordé de mes yeux, alors que ses lèvres continuaient de ravager les miennes. Lorsqu'elles les quittèrent, une sensation de vide me gagna. Je voulais encore l'embrasser, je n'en aurai jamais assez.

Edward se leva et je suivis le mouvement, me tenant debout face à lui. Immédiatement, il me tira contre son torse, ses bras entourant ma taille alors que son front était posé contre mon épaule. Ses doigts dessinaient des arabesques dans mon dos, apaisant les battements de mon cœur qui ne se remettait toujours pas de ce qu'il venait de se passer.

Je venais d'avouer à Edward Cullen que je l'aimais.

Fermant les yeux, je plongeai ma tête contre son cou, inspirant profondément son odeur boisée et savourant cet instant de tendresse.

« Je t'aime aussi » souffla-t-il dans mon cou, l'embrassant légèrement.

Mon cœur s'arrêta à ses mots avant de repartir de plus belle, arrachant un petit rire à Edward. Instinctivement, mon bras valide s'enroula autour de la nuque d'Edward, le maintenant aussi fort que possible contre moi, même si ce dernier n'avait pas l'air de vouloir m'échapper.

Mes larmes se tarirent doucement alors que mon cœur reprenait peu à peu un rythme normal. Edward s'écarta de moi, ramenant ses paumes contre mes joues, avant de tendrement lier ses lèvres aux miennes.

« Comment pouvais-tu en douter ? »

« Euh… Je… »

« Tu es ma vie, à présent » m'avoua-t-il intensément.

Je soupirai de bonheur en entendant ses paroles, me recollant contre son torse marmoréen. J'avais l'impression de littéralement irradier de bonheur. Et peut-être que je le faisais ? Peu importe, j'aimais Edward Cullen et ce dernier m'aimait aussi. A cette pensée, mon cœur cogna plus fort dans ma poitrine, comme s'il voulait s'en échapper.

Les paroles d'Aro me revinrent en tête. Il avait dit qu'Edward et moi étions des âmes-sœurs. Si je ne l'avais pas cru, j'en étais désormais convaincue. Nous étions faits l'un pour l'autre. Les deux moitiés d'une seule âme. Deux personnes nées pour se rencontrer et être ensemble. Sans lui, je n'étais pas complète, dépérissant à mesure que son éloignement durait. Sa perte m'était intolérable. Et j'étais certaine qu'il en valait de même pour lui.

Mes bras se resserrèrent autour de lui à cette pensée. Je lui appartenais autant qu'il m'appartenait. Et ce pour l'éternité.


J'espère que ce chapitre tout en douceur vous aura un peu remonté le moral ? Dites-moi ce que vous en pensez en commentaires !

On se retrouve samedi pour le prochain chapitre. En attendant, prenez soin de vous.

Girlonfire