Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien ?

Merci pour les reviews que j'ai eues sur le chapitre d'hier *.*

Visiblement, il y a eu un souci hier lors de la publication du chapitre 14... Alors j'essaie de publier le chapitre 15 pour voir si ça vous permet d'accéder au chapitre précédent... J'espère que ça vous permettra de le lire, parce qu'il y en a marre de voir des messages d'erreur !

Petit rappel pour les anonymes qui ne reçoivent pas les notifications : j'ai posté le chapitre 13 mercredi, le chapitre 14 samedi et le chapitre 15 aujourd'hui (ça risquait d'être le bordel si je ne donnais pas d'explication ^^).

Donc je vous laisse avec le chapitre 15 d'Ascendant, en espérant que le problème soit réglé rapidement.

Update : le même problème survient avec ce chapitre, c'est donc un problème lié au site... En espérant que ce soit réglé rapidement (faut que j'arrête de répéter cette phrase lol).


CHAPITRE 15

Longtemps, nous restâmes allongés ensemble, savourant la présence de l'autre. Les doigts d'Edward couraient sur mon dos nu, m'envoyant des milliers de frissons à travers le corps, tandis que je me blottissais un peu plus contre lui.

« Finalement » commençai-je au bout d'un moment « tu ne m'as pas blessée. »

Edward resta pensif pendant un moment, avant de finalement poser ses lèvres sur mon front.

« Je… Quand j'ai reçu la lettre… J'ai vraiment cru t'avoir perdue. Je n'ai jamais ressenti ça auparavant et je ne le souhaite à personne, pas même à nos ennemis. »

Je fus d'abord surprise du sujet abordé, mais gardais le silence, heureuse qu'il se confie sur ses sentiments.

« C'est comme si on m'avait arraché une partie de moi… Je n'ai pas les mots… » murmura-t-il difficilement, comme à court de mots. « J'étais brisé, Bella. Littéralement. Je ne pourrai survivre à ta perte. »

Je me redressais sur mon bras valide, plaçant mon visage face au sien. Ses yeux étaient torturés, perdus dans des souvenirs qui m'étaient inconnus. Mais si ses sentiments se rapprochaient de ce que j'avais ressenti pendant ma captivité à l'idée de ne plus jamais le revoir, je comprenais sa douleur. Nous ne pouvions vivre séparés l'un de l'autre. C'était tout bonnement inimaginable.

« Je pense que cette sensation de perte a définitivement calmé le monstre en moi » continua-t-il, son regard toujours dans le vague. « Il ne fera plus rien pour causer ta perte. »

Ses yeux se fixèrent sur mon visage, le détaillant de longues secondes, avant qu'il ne me bascule en arrière et recouvre mon corps du sien. Son nez joua avec le mien alors qu'un gloussement m'échappait, avant que ses lèvres parfaitement dessinées ne se posent sur les miennes.

« Tu es mon âme-sœur » murmura-t-il en rompant notre baiser. « Pour l'éternité. »

Ses mots résonnèrent telle une promesse dans la pièce baignée de lumière, définissant parfaitement notre relation. Mon cœur se gonfla d'amour pour cet être magnifique, alors que les larmes gagnaient mes yeux, prêtes à déborder. Mes mains se posèrent sur la nuque d'Edward, attirant sa tête vers la mienne pour un nouveau baiser passionné et son corps s'unit au mien dans un même mouvement, m'entraînant dans les méandres du plaisir.

Lorsque j'ouvris les yeux, le soleil disparaissait derrière l'horizon, baignant le paysage d'une sublime lumière rose orangée. La place d'Edward était vide, serrant mon cœur. J'aimais me réveiller avec lui à mes côtés, croiser ses yeux flamboyants dès le réveil, voir son sourire en coin illuminer ma journée dès son commencement.

Soupirant, je sortis du lit et enfila un sweet gris appartenant à Edward et un bas de pyjama. Alice allait piquer une crise, mais tant pis, je n'avais pas le courage de faire un effort vestimentaire.

Descendant au rez-de-chaussée, j'eus la surprise de trouver la maison vidée de ses occupants, hormis Edward qui s'afférait à cuisiner. Directement, j'allais entourer sa taille de mes bras, collant ma joue contre son dos.

« Bonsoir » me salua-t-il en attrapant une de mes mains pour la porter à sa bouche. « J'espère que tu as faim ? »

« L'effort ça creuse » plaisantai-je en allant me servir un soda.

Edward joignit ses rires aux miens tout en glissant l'omelette dans une assiette bleu qu'il posa devant moi, avant de s'assoir sur le siège en face de moi. Sa peau scintillait doucement sous les dernières lueurs du jour, le rendant encore plus magnifique, alors que ses yeux dorés me contemplaient sans aucune gêne. Un léger rougissement s'empara de mes joues alors que je commençai à manger mon repas, calmant rapidement mon ventre affamé.

Plusieurs minutes de silence passèrent, seulement rompues par le bruit des couverts sur l'assiette, jusqu'à ce qu'Edward se tortille sur sa chaise.

« Qu'y-a-t-il ? » le questionnai-je, comprenant qu'il était torturé par quelque chose.

« Eh bien… »

Soudain, il disparut au salon avant de revenir avec un paquet à l'effigie d'une grande marque de numérique. Instinctivement, je me crispai.

« Peut-être que tu devrais appeler Charlie… Pour le rassurer. »

Mes yeux s'écarquillèrent alors qu'une boule serrait ma gorge à la pensée de mon père, qui ignorait toujours ce qui m'était arrivé et si j'allais bien.

« Que… Je vais lui dire quoi ? »

L'hystérie suintait de ma voix alors qu'elle montait dans les aiguës. Je ne savais pas quelle excuse donner à mon père pour justifier mon absence. Il ne devait pas être au courant de l'existence des vampires donc il était impossible de lui raconter la vérité. Sans compter que cela lui aurait certainement provoqué un infarctus.

« Dis-lui juste de ne pas s'inquiéter. Que tu vas bien, que tu es en sécurité, mais que tu ne peux pas rentrer pour le moment. »

Les yeux d'Edward scrutaient mon visage, comme s'il s'attendait à ce que je m'effondre à tout moment.

« Il ne… Il voudra savoir où je suis… » murmurai-je difficilement, la gorge obstruée de sanglots.

« Nous n'avons pas d'autres alternatives… » me répondit Edward sur le même ton avant de s'accroupir devant moi. « Préfères-tu qu'il continue à s'inquiéter alors que tu es hors de danger ? »

Mes yeux lancèrent des éclairs en direction d'Edward, guère ravie par la tournure de la situation. J'avais toujours imaginé que les Cullen trouveraient l'excuse parfaite pour Charlie. Je n'avais pas du tout pensé que je devrais le blesser davantage en lui cachant ma position.

Soudain, je me rendis compte qu'aucune excuse ne serait suffisamment valable pour excuser ma disparition. L'hypothèse de l'enlèvement était à exclure, Charlie voudrait savoir qui m'avait fait ça et je ne pourrais lui dire. De même, l'idée de mon départ volontaire ne me ressemblait pas du tout et cela éveillerait ses soupçons. D'autant plus qu'Edward avait quitté la ville quelques semaines avant ma disparition, ce qui attirerait certainement mon père à la grande villa blanche pour plus d'explications. C'était une mauvaise idée de mêler officiellement les Cullen à cette histoire.

Ne restait qu'une solution.

« Je dois mourir » articulai-je douloureusement, mesurant l'ampleur de mes propos.

Même si mes yeux étaient perdus dans le vide, ça ne m'empêcha pas de voir ceux d'Edward s'écarquiller à mes paroles, tandis qu'un masque d'horreur prit place sur son visage.

« Mourir ? Bella… Je… Comment peux-tu dire ça ? »

Son ton rageur ne me surprit pas alors que je tournais doucement mon visage vers lui. Le sien était teinté de colère et d'incompréhension.

« Je ne veux pas mourir, Edward » l'arrêtai-je en insistant bien sur mes mots.

Mon cœur se serrait à l'idée de ce que j'allais dire et aux conséquences que cela aurait sur ma vie, sur la vie des Cullen, mais surtout sur celle de mon père.

« Mais tu sais aussi bien que moi que Charlie ne se contentera pas d'aussi peu d'informations… Il ne laissera jamais tomber et voudra connaître la vérité. »

Le regard d'Edward s'était complètement assombri, loin de la légèreté qui y planait durant l'après-midi. Il ne me quittait pas des yeux, comme s'il craignait que je ne me suicide immédiatement.

« Or, il ne peut pas connaître la vérité… Il faut me faire passer pour morte. »

« Bella… » protesta doucement Edward.

« C'est la meilleure solution ! » hoquetai-je, la gorge nouée par l'émotion. « Nous n'aurions pas à lui mentir. »

« C'est vrai que simuler ta mort n'est pas un mensonge » ricana-t-il amèrement. « Ça va l'anéantir. »

« De toute façon je serais partie… Je n'aurais jamais pu rester avec lui une fois transformée » murmurai-je timidement.

Edward et moi n'avions jamais parlé de mon éventuelle transformation. Toutefois, depuis que les Volturi avaient émis cette hypothèse, je n'avais cessé d'y penser et d'imaginer ce que serait une vie éternelle aux côtés de mon compagnon.

Malheureusement, le visage d'Edward se tordit d'horreur à mes mots, alors qu'il recula comme si je l'avais frappé.

« Edw… »

« C'est hors de question ! » s'exclama-t-il. « Jamais je n'accepterai ça ! »

Ses mots me firent si mal que je crus entendre mon cœur se briser, rendant ma respiration laborieuse.

« Que… Quoi ? »

« Tu m'as très bien entendu, Bella. »

Sa voix et son attitude glaciales me donnèrent des frissons. Je détestais la distance qu'il mettait entre nous, autant la distance physique que morale.

« Mais tu as dit… Avant… Que nous deux c'était pour… l'éternité… »

Les mots sortaient difficilement, entrecoupés par mes sanglots. Chaque respiration était douloureuse et sifflante, et je serrais mes bras autour de moi comme pour m'empêcher mon corps brisé de se répandre dans la cuisine.

« Oui. Mais pas en te transformant en monstre. »

Son ton catégorique semblait montrer qu'il n'y avait plus d'espoir de le faire changer d'avis. Je ne pouvais y croire. Comment espérait-il passer l'éternité avec moi sans me transformer ?

Comme s'il avait lu dans mes pensées, il reprit d'une voix implacable.

« Tu vieilliras, comme tout humain normal, et je resterai à tes côtés aussi longtemps que tu le souhaiteras. »

« Mais… »

« Et si tu décides un jour de fonder une famille, je resterai dans l'ombre » me coupa-t-il.

« Edward… »

« Mais je refuse de te changer en monstre. Tu vivras une vie heureuse et humaine. »

Alors il n'avait pas changé d'avis. Le fait d'avoir failli mourir tous les deux ne lui avait pas servi de leçon, il restait figé dans ses idées qui l'habitaient avant qu'il ne me quitte. Mon cœur se serra à cette pensée, brisant mes espoirs d'une vie éternelle à ses côtés.

« Comment… C'est ça ta notion d'éternité ? »

Je n'avais pu cacher mes intonations colériques, désireuse de lui faire comprendre que son choix n'était pas le mien.

« Oui. »

« Mais je vais mourir Edward ! » m'écriai-je fortement. « Comment comptes-tu passer l'éternité avec moi quand je serai morte ? »

« Je n'ai jamais envisagé de te survivre » m'avoua-t-il calmement, ses yeux noirs plantés dans les miens.

Ses révélations me choquèrent et me blessèrent, comme si on m'avait frappée en pleine poitrine.

« Tu n'es pas sérieux ? »

Il hocha la tête.

« Pense à ta famille ! » m'énervai-je. « La solution la plus simple serait de me transformer. »

« Jamais. »

« Je demanderai à Carlisle ! Ou à Alice. »

« Ils ne le feront pas. Jamais » répéta-t-il en se pinçant l'arête du nez.

Les larmes roulant sur mes joues, je me levai précipitamment et courrai dans les escaliers, les mains posées sur ma poitrine. Mon cœur battait rapidement, n'arrivant pas à se remettre de ce qu'Edward venait de me dire. Il ne voulait pas de moi pour l'éternité.

Je ne pus m'empêcher de repenser à tous ses mots d'amour. Il était tellement sincère, il n'avait pu me mentir sur une chose pareille. Mais peut-être ne m'aimait-il pas suffisamment pour s'engager pour l'éternité, au sens vampirique du terme.

Arrivée dans la chambre, je m'allongeai sur le lit et pleurai de tout mon soul. Comment une journée aussi magnifique avait-elle pu se finir aussi mal ?

Les larmes coulaient abondamment le long de mes joues, pour finir par se tarir au bout de ce qui me semblait des heures. Le soleil avait fini sa course dans le ciel, laissant la place aux étoiles et la lune. D'une main tremblante, j'essuyai les trainées humaines et fraîches laissées par mes larmes sur ma peau, avant de me glisser sous les draps.

Dans la maison, aucun bruit n'indiquait la présence d'autres personnes, me laissant tout le loisir de penser à la discussion que j'avais eu avec Edward. Il restait persuadé qu'il était un monstre, malgré le fait qu'il avait vaincu cette partie de lui à plusieurs reprises. Comment pouvait-il encore se traiter de monstre ?

De légers coups à la porte interrompirent mes pensées, mais je ne répondis pas. Je n'avais pas envie de voir Edward pour le moment, encore trop blessée par ses propos. Toutefois, la porte s'ouvrit quand même et une main fraîche vint écarter mes cheveux de mon visage.

« Tout va s'arranger » chuchota une voix musicale.

Je ne bougeais pas, ne voyant pas comment la situation pourrait évoluer. J'étais complètement perdue. Mes rêves et espoirs avaient été brisés aussi rapidement que si un ouragan avait soufflé dessus.

Les doigts d'Alice continuaient de passer dans mes cheveux en une caresse apaisante, alors que je continuais de lui tourner le dos, le regard fixé sur l'extérieur.

« Mon frère est un imbécile » reprit-elle. « Il ne se rend pas compte de la chance qu'il a de t'avoir rencontrée, puis retrouvée. »

Elle marque un temps d'arrêt, avant de reprendre.

« Ou plutôt si, il en a conscience. Mais il est trop bête pour abandonner ses principes ridicules et te transformer. »

A ses paroles, je me tournai lentement vers elle pour plonger mes yeux dans les siens.

« Tu… Tu serais d'accord pour me transformer, toi ? »

« Bella… »

Sa voix était teintée de regret et ses yeux me suppliaient de la comprendre.

« Ce n'est pas à moi de faire ça. »

« Mais… Pourquoi ? »

Après avoir essuyé le refus d'Edward, je devais désormais accepter le refus de mon amie. Les larmes gagnèrent une fois de plus mes yeux, floutant le visage parfait d'Alice.

« Le lien entre un vampire nouveau-né et son créateur est… indestructible. C'est une des choses les plus importantes dans la nouvelle vie d'un vampire. »

Je gardais le silence, ne comprenant pas exactement où elle voulait en venir.

« Pour les vampires nomades, ce lien ne représente rien car habituel. Mais pour les clans comme le nôtre, une famille, ce lien est primordial. »

« Pourquoi ? »

« C'est un engagement, un engagement véritable et éternel qui est d'autant plus important lorsque les personnes sont des âmes-sœurs. »

Je fermais les yeux et mes larmes débordèrent. Edward ne voulait pas de cet engagement. Il ne voulait pas me transformer.

« Si tu savais comme je regrette de ne pas avoir été transformée par Jasper… Il est mon âme-sœur, mais je serais toujours liée à un autre vampire, le venin qui coule en moi n'étant pas le même que le sien. Carlisle et Esmée sont des âmes-sœurs, ils sont liés l'un à l'autre de toutes les manières possibles, que ce soit par leur amour ou par le venin. »

J'hochai la tête, saisissant ce qu'elle essayait de me dire. I

« Et ça montre la volonté du créateur de garder le nouveau-né à ses côtés. Dans une famille comme la nôtre, en tout cas. »

« Edward ne veut pas suffisamment de moi, alors… »

« Je t'arrête tout de suite ! S'il ne s'agissait que de lui, il te transformerait sur le champ. »

« Alors pour… »

« Il pense à ton âme » me coupa-t-elle. « Il ne veut pas te condamner à cette non-vie. Il veut que tu puisses te marier et avoir des enfants, t'épanouir et évoluer. »

« Me marier avec quelqu'un d'autre que lui ne m'intéresse pas » lui avouai-je doucement. « Quant aux enfants, je n'ai pas envie d'en avoir. »

« Pour le moment. »

Ses yeux exprimaient tous ses doutes.

« Dans quelques années, tu auras peut-être envie d'avoir des enfants. En étant vampire, tu ne pourras pas en avoir et tu regretteras alors ta transformation. Edward ne veut pas de ça pour toi. »

D'un geste du poignet, j'effaçai les larmes qui mouillaient mes joues.

« Je n'ai besoin que de lui » repris-je. « Je n'ai besoin que d'Edward. »

Alice soupira avant de se relever.

« Pour le moment, tu dois rassurer Charlie » éluda-t-elle en me tendant le portable récemment acheté. « Dis-lui que tu vas bien et que tu es en sécurité. »

« Et s'il me demande plus de détails ? »

« Dis-lui que tu ne peux rien lui dire pour le moment. »

Je baissai les yeux sur le smartphone entre mes doigts, mon cœur s'accélérant à la pensée de ce que j'allais faire. Mon père ne cessera pas de s'inquiéter simplement parce que je le lui demande.

« Prends ton temps » me conseilla Alice en sortant de la pièce. « Si tu as besoin de soutien, un murmure et je suis là. »

J'hochai la tête, guère rassurée. Le portable semblait grossir de seconde en seconde, me rappelant sans cesse la douloureuse réalité. J'allais briser Charlie. Rien que cette pensée me serrait violemment le cœur, retournant mon estomac au passage. Une boule obstrua ma gorge alors qu'une vague de nausée me saisit.

Serrant les dents, je me levai et allumai différentes lumières dans la pièce pour lui donner une atmosphère plus chaleureuse, avant de concentrer mon regard sur le ciel étoilé. Avec le décalage horaire, mon père devait certainement être au travail. Il allait falloir que je fasse très attention à ce que j'allais lui dire, les téléphones du commissariat pouvant rapidement être mis sur écoute.

Tremblant comme une feuille, je dus faire plusieurs essais pour réussir à composer le numéro de téléphone du bureau de Charlie. Alors que je portais le smartphone à mon oreille, j'inspirais un bon coup pour me donner la force de l'affronter.

« Allô ? » demanda la voix grave de mon paternel après qu'il ait décroché.

Mon cœur se serra d'amour en entendant cette voix qui m'avait tant manquée.

« Allô ? » répéta-t-il d'un ton exaspéré, ce qui me fit sourire. Charlie n'aimait pas qu'on se fiche de lui.

« Bonjour papa » murmurai-je.

Un moment de silence accueilli mes mots, si bien que je me demandais s'il m'avait entendue.

« Bella ? » hoqueta-t-il d'une voix rauque. « C'est bien toi ? »

Les larmes affluèrent directement dans mes yeux, s'écoulant sans attendre le long de mes joues jusque dans mon cou. Je passais nerveusement une main dans mes cheveux, le regard toujours fixé sur le ciel devant moi, essayant de retrouver une voix qui ne serait pas nouée par l'émotion.

Ce fut peine perdue.

« Oui papa, c'est moi. »

« Pourquoi appelles-tu d'Italie ? » me questionna-t-il directement. « Où es-tu ? Tu vas bien ? Dis-moi où tu es, j'arrive ! »

« Pap… »

« Tu vas bien ? » me redemanda-t-il rapidement, complètement stressé.

« Papa, je… »

« Bella, bon sang ! Pourquoi as-tu disparu aussi longtemps ? Où es-tu ? »

« PAPA ! » m'écriai-je après plusieurs tentatives où mon père me coupait la parole. « Je vais bien. »

J'essayais de garder un ton rassurant, ne souhaitant pas l'affoler plus qu'il ne l'était déjà.

« Tu… Tu vas bien. Tu vas bien ? »

Sa voix devint hystérique à la fin de sa phrase, me faisant frissonner. L'appel allait se révéler bien plus compliqué que ce que je n'avais imaginé.

« Oui. Et je suis en sécurité. Ne t'en fais pas pa… »

« Tu me demandes de ne pas m'en faire ? »

« Oui. »

« Ma fille disparaît un soir à Seattle, ne donne aucune nouvelle pendant plusieurs semaines, puis m'appelle depuis l'Italie et je ne devrais pas m'en faire ? » débita-t-il rapidement. « Et je ne devrais pas m'en faire ? »

La colère transparaissait dans sa voix, serrant douloureusement mon cœur. Je me mordis la lèvre pour retenir mes sanglots, ne voulant pas qu'il les entende.

« Oui, c'est exactement ce que je te demande. Je vais bien et je suis en parfaite sécurité. »

« Où es-tu ? »

« Je… »

« Dis-moi où tu es, Bella ! » m'ordonna-t-il avec des accents suppliants.

Je fermais mes yeux, conscience que j'allais le blesser davantage avec ma prochaine réponse.

« Je ne peux pas te dire où je suis. »

J'essayais vraiment de me montrer forte, de contenir les trémolos de ma voix, mais c'était difficile. Entendre la détresse de mon père me déchirait le cœur et la vague de nausée qui m'avait saisie ne faisait que s'accentuer, retournant davantage mon estomac. J'allais vomir.

« Tu… Bella… Bon dieu, dis-moi où tu es… »

La voix de mon père était aussi serrée que la mienne. La tête me tourna alors que je prenais conscience de la situation. Jamais mon père ne s'était montré faible, même lorsque ma mère l'avait quitté en emmenant le nourrisson que j'étais à l'époque. Jamais. Mais il pleurait maintenant, alors que je l'appelais depuis l'Italie pour lui faire mes adieux, en quelque sorte. J'avais peu d'espoir quant au fait que les Cullen trouvent une excuse me permettant de revenir auprès de lui. Je ne le reverrai jamais, pour sa propre sécurité. Il le fallait.

« Si je pouvais, je le ferais… Mais je ne peux pas. »

« Si des gens te menacent, je les tuerais ! Mais dis-moi où tu es et pourquoi tu as disparu… »

Fatiguée et terrifiée par la douleur que je causais à mon père, je m'assis lourdement sur le lit tout en fermant les yeux.

« Je… Je ne peux pas. »

A chaque de ses suppliques, mon cœur voulait lui avouer où je me trouvais et les raisons de ma disparition. Mais ma raison était plus forte. Je devais le protéger, peu importe les conséquences douloureuses que ça entraînera.

« Bella, ce n'est pas ton genre de faire des cachotteries… »

Sa voix était sifflante et douloureuse. Il ne comprenait pas pourquoi je ne lui disais rien. Il ne comprenait pas du tout la situation. Il ne comprendrait jamais. Ses mots sortaient difficilement, comme s'il ne savait plus comment me parler pour me faire avouer.

« Je suis désolée, papa… »

« Bella, tu… S'il-te-plaît… dis-moi la vérité. »

« Je t'aime, papa. »

Malheureusement, c'était la seule vérité que je pouvais lui apporter. La nausée ne me quittait pas, obstruant ma gorge, m'empêchant de parler clairement.

« Bella, je… »

« Au revoir papa. »

Sans attendre, je coupai l'appel avant de lancer puissamment le téléphone à travers la pièce. Le téléphone se brisa en plusieurs morceaux avant de tomber au sol, triste comparaison de ce que je ressentais. Mon cœur était brisé, comme si une partie m'avait été arrachée lorsque je faisais mes adieux à Charlie.

Mon ventre se retourna et je courus dans la salle de bain rapidement. Accroupie devant la cuvette des toilettes, je rendis tout le contenu de mon estomac. Ce dernier se contractait douloureusement, mais même cette douleur n'arrivait pas à surpasser celle qui broyait mon cœur.

Une main fraîche se posa sur mon dos, le massant en des gestes apaisants, alors qu'une autre attrapa mes cheveux pour les maintenir loin de la masse visqueuse qui sortait de ma bouche.

« Je suis désolé, Bella » murmura timidement la voix veloutée de mon compagnon. « Tellement désolé… »

Mon estomac ne s'apaisait pas, se contractant même lorsque je n'avais plus rien à vomir. Epuisée, je me redressai et posai la tête contre le carrelage frais de la baignoire, Edward assis à mes côtés. Il passa tendrement un gant humidifié sur mon front en sueur avant de poser sa main sur ma nuque. J'accueillis cette fraîcheur avec bonheur, tandis que mon estomac se calmait doucement.

Les larmes continuaient de couler inlassablement sur mes joues, marquant mon désespoir. Jamais je n'avais pensé qu'appeler Charlie serait aussi difficile. Jamais je n'aurais imaginé qu'il serait aussi désespéré à l'idée de me retrouver.

Mon cœur se serra en pensant à Renée, et je fus soulagée de ne pas avoir à l'appeler. La connaissant, elle serait d'autant plus hystérique que Charlie, et lui faire mes adieux serait tout aussi difficile. Je pouvais encaisser un appel de la sorte, mais un second m'achèverait.

Je pensais être suffisamment forte pour pouvoir tourner le dos à cette partie de ma vie humaine. Assez forte pour pouvoir protéger mes proches, même si cela signifiait ne jamais les revoir. Je pensais honnêtement être en capacité de le faire.

Mais je m'étais fourvoyée.

Dire adieu à mon père m'avait brisée, et même le soutien des Cullen ne pourrait jamais compenser cette perte. Je ne serai jamais complète, toujours brisée, d'une certaine façon.

Edward embrassa ma tempe en me rapprochant de lui, avant de me soulever dans ses bras et de nous installer sur le lit. Allongée face au ciel obscur, je repensais au calme qu'il m'avait apporté avant mon appel, comment le fait d'admirer les étoiles m'avait apaisée. Maintenant, il ne faisait que me rappeler les douloureuses paroles que j'avais échangées avec mon père.

Fermant les yeux pour ne plus le voir, je sentis le bras d'Edward s'enrouler autour de ma taille alors qu'il collait son torse à mon dos, embrassant mes cheveux.

« Je t'aime » me murmura-t-il.

« Je sais. »

Effectivement, je le savais. Le fait qu'il ne me transforme pas était passé au second plan suite à ma conversation avec Charlie. J'allais devoir me battre contre mon chagrin, contre la perte de mes proches humains. Je n'avais pas la force de me battre contre Edward pour obtenir ma transformation. Pour l'instant, sa seule présence me suffisait pour m'empêcher de sombrer dans le désespoir.

Lentement, l'amour de ma vie calé dans mon dos, je finis par m'endormir, toutes mes pensées dirigées vers la vie que je venais de quitter à tout jamais.


Bon, j'espère que ce chapitre vous aura plu, mais surtout que vous arriverez à le lire lui ainsi que le chapitre 14... Dites-le moi en commentaire !

En ce qui concerne le compte Instagram, je l'ai créé et il s'appelle girlonfire1199 (tout simplement, oui oui). J'espère que nous pourrons échanger plus facilement ainsi :)

Je suis passablement énervée contre Fanfiction pour merder ainsi, j'espère que le problème sera résolu rapidement. En attendant, j'attends de voir si ça marche et je croise les doigts !

Je vous donne rdv samedi prochain pour la suite :)

Girlonfire