Bonjour à tous !

N'ayant pas grand-chose à raconter de random ou de plus important, je vous laisse directement avec ce chapitre o/ Enjoie !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Italie : Feliciano Vargas

Suède : Berwald Oxenstierna

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 11 : L'ultime visite du jour

Mathias en était encore à essayer de retrouver le prénom de l'Italien qu'il avait sous les yeux. Pendant ce temps, ce dernier le dévisageait avec un grand sourire.

- Je dérange peut-être ?

- Hein ? Ah ! Non, non. Pas du tout !

Au point où j'en suis, une visite de plus ou de moins… pensa Mathias.

- Ah ! Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi ! Je suis Feliciano Vargas. Le détective et vous m'avez aidé à retrouver mon frère qui euh…

Oui, difficile de se rappeler au bon souvenir de quelqu'un en lui affirmant que la dernière fois qu'on l'avait vu, c'était lors d'une traque puis d'une investigation afin d'innocenter un instituteur d'être un pédophile et un violeur. Ce n'était, en effet, pas comme rappeler qu'on s'était vu l'année passée pendant des festivités… C'est pourquoi Mathias coupa court.

- Oui, oui, je m'en souviens très bien. Mais entrez, je vous en prie.

Feliciano pénétra timidement dans la demeure. Il n'avait pas son grand carton d'artiste mais un sac à dos qu'il fit passer devant lui dès lors qu'il fut à l'intérieur.

- Est-ce que le détective est là ?

Mathias se raidit et inspira profondément. Aïe ! Voilà ce qu'il envisageait de pire : que quelqu'un vienne demander les services de Lukas. D'autant plus si c'était une personne qui avait déjà eu recourt à lui. La déception n'en serait que plus grande. Mathias se devait néanmoins de dire la vérité. Ou tout du moins, le strict nécessaire.

- Je suis désolé : il est absent depuis… quelques temps.

Une ombre passa furtivement sur le visage de Feliciano. Néanmoins, il se reprit aussitôt et déclara très jovialement :

- Bah ! C'est pas grave ! A vous aussi, ça fera l'affaire !

Mathias réagit aussitôt.

- Oulà ! Vous savez, moi, les enquêtes, c'est pas trop mon fort. Je suis plus doué pour courir après les frères en cavale.

Feliciano gloussa à la référence. Puis, il secoua la tête.

- Non, non, ne vous inquiétez pas. Ce n'est pas du tout pour une enquête que je suis là.

Il ouvrit son sac à dos et en extirpa une pochette plastique entièrement recouverte d'un harmonieux collage de plusieurs photos.

Mathias était d'autant plus intrigué. Que pouvait bien vouloir le jeune Italien si ce n'était pas pour faire appel aux services de Lukas ? Et surtout que lui-même soit capable de faire… C'était très intriguant.

Feliciano en sortit finalement une enveloppe et la présenta à Mathias. Celui-ci s'en empara un peu béatement, n'ayant pas la moindre idée de ce que cela signifiait. Ornée d'une jolie écriture souple et italique, presque calligraphiée, l'enveloppe s'adressait à Lukas, Mathias et Emil. Mathias haussa les sourcils, d'autant plus surpris d'y voir figurer les trois prénoms. Il jeta un coup d'œil à Feliciano qui l'invita à regarder à l'intérieur. Il y avait trois billets d'entrée pour une galerie d'art.

Feliciano se frotta la joue, visibilement gêné.

- Je tenais à vous remercier pour ce que vous avez fait. Et Lovi aussi. Même s'il ne vous le dira sûrement jamais en face, ah ah ! Alors voilà, je pensais vous inviter à mon tout premier vernissage.

Mathias écarquilla les yeux.

- Oh ! Votre tout premier… Oh ! C'est, c'est… Oh !

- C'est votre troisième « oh », pouffa Feliciano ce qui fit éclater de rire Mathias

- Ah ah ! C'est que je ne m'attendais pas du tout à ça. Ben dites donc, c'est sympa d'avoir pensé à nous. Surtout si c'est votre tout premier vernissage. C'est un honneur.

Feliciano rougit et bredouilla quelques mots incompréhensibles. Peut-être même n'était-ce pas du norvégien.

- Et puis, je voulais vous revoir une dernière fois.

Mathias fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- J'ai fini ma formation ici. Je rentre en Italie après ça.

Mathias marqua un temps de silence.

- Oh…

- Oui, balbutia Feliciano, j'ai un peu hâte de rentrer aussi. Mais donc voilà, je tenais à vous remettre ça en main propre.

- Et c'est pour quand, ce vernissage, du coup ?

Feliciano se pencha et lui désigna la date et l'heure notifiés sur les billets.

- Le 17, mercredi prochain, à 19h.

- Bien, on y…

Mathias lui y serait, pour sûr. Mais qu'en serait-il de Lukas et Emil ? Le détective serait-il revenu ? Et le cadet serait-il enclin à sortir de sa chambre pour une autre destination que la fac ou la salle de bain ? Il en doutait fortement. Il grimaça légèrement.

- Un problème ?

- Non, non ! s'exclama Mathias en voyant l'air inquiet de Feliciano, on y sera. Pas de souci !

Aussitôt le visage de Feliciano s'égaya. C'est avec un grand sourire qu'il remercia Mathias et prit congé de lui.

Lorsque Mathias referma la porte, son visage enjoué se rembrunit. Il n'avait pas pu se résoudre à révéler à Feliciano qu'il y avait de fortes chances qu'il soit le seul présent mercredi soir prochain. Son petit visage d'angelot innocent le lui avait interdit. Mais maintenant qu'il avait fait cette promesse, il se retrouvait dans de beaux draps ! Il observa les trois billets, les ouvrit en éventail, les aligna de nouveau, cherchant un stratagème pour au moins convaincre Emil d'accepter l'invitation. Mais s'il manquait Lukas, ça ne rimerait à rien. C'était lui le détective, le pion central…

Mathias soupira : il détestait les complications. Il rangea les billets dans l'enveloppe qu'il fourra dans sa poche. Puis, il s'élança vers l'escalier. Il en avait presque oublié que Berwald était toujours là.

Et l'ébéniste l'attendait, assis sur le lit, droit comme un piquet, les jambes plaquées l'une contre l'autre, ses outils de travail à ses pieds.

Mathias passa une main dans ses cheveux.

- Désolé ! ça n'arrête pas aujourd'hui. Oui, alors, le bureau, ajouta-t-il après le silence que Berwald lui accorda

Mathias s'avança vers le meuble en question et s'appuya dessus pour montrer son instabilité.

- Et il y a une fissure sur un des panneaux latéraux. Je pense que ça vient de là.

Berwald fronça les sourcils et se redressa. Il s'approcha du bureau, rehaussa ses lunettes sur son nez et l'observa d'un œil d'expert. Mathias se recula pour le laisser faire et mis les mains dans les poches. Ses doigts entrèrent en contact avec l'enveloppe qu'il avait glissé là. Il l'extirpa et ressortit les billets.

- Non.

Mathias manqua de sursauter. Il releva brusquement la tête s'aperçut du regard furieux de l'ébéniste. Enfin… furieux était ce qu'il paraissait au premier abord, jusqu'à ce qu'on se rende compte que son front était surtout plissé par la concentration. Mathias haussa un sourcil interrogateur.

- Les fissures n'ont rien à voir là-dedans. Derrière. La planche du fond. Elle s'est arrachée en haut à gauche de sa vis.

Mathias eut un petit sourire contrit.

- Ah. C'est peut-être bien ma faute ça. Je me payais souvent le fond du bureau quand je m'installais. C'est que j'ai de grandes guibolles, ah ah !

- C'est de la camelote.

Mathias haussa les épaules. Son regard retomba sur les trois billets.

- C'était déjà là quand j'ai emménagé. Faut voir ça avec Lukas. Enfin… quand il reviendra.

Interloqué par le silence qui suivit, Mathias releva la tête et croisa le regard de Berwald. Ce dernier avait croisé les bras. Il désigna du menton l'enveloppe et les billets. Mathias eut un petit sourire en coin.

- Oh, ça ? Un ancien client de Lukas qui nous a invités pour un vernissage. Sympa, hein ?

Berwald hocha brièvement la tête. Son interlocuteur n'ayant pas plus de réaction, Mathias soupira et se laissa tomber sur son lit. Il se frotta furieusement les cheveux, ramenant en arrière ses mèches rebelles. En vain.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasses de ça, hein ? Lukas est je ne sais où et ne répondra pas même si je lui disais que son frère était aux urgences. J'ai essayé, assura Mathias en perçant le regard inquisiteur de Berwald, Et Emil… et bah… c'est Emil quoi ! En plus en ce moment… Je peux pas lui adresser un mot sans qu'il me crache à la figure. Il sort à peine de sa chambre ! De quoi je vais avoir l'air si je me ramène tout seul, mercredi, hein ?

Un long silence perdura. Mathias lâcha un nouveau soupir. Qu'est-ce qui lui prenait de se confier à Berwald ? Berwald, quoi ! Le type le moins loquace de la planète ! Il devait vraiment se sentir au bout du rouleau pour se confier à l'ébéniste venu réparer son bureau, quand bien même c'était une bonne connaissance, plutôt qu'aller s'enfiler plusieurs pintes à la suite avec Tino. Il rangea dans un coin de son esprit cette option pour l'un des prochains soirs.

Mathias manqua une nouvelle fois de sursauter lorsque Berwald se pencha près du lit pour ouvrir sa boîte à outil et en extirper un mètre. Il attrapa par la suite dans sa mallette un calepin et un critérium. Mathias l'observa faire sans un mot jusqu'à ce qu'il fut pris d'une envie de clope.

La deuxième en l'espace d'une matinée. Ce n'était pas bon signe. Lui qui ne fumait que très occasionnellement désormais.

Berwald prit sagement ses mesures sous le regard vague de Mathias qui s'était de nouveau installé près de la fenêtre ouverte. La jambe de ce dernier était agitée de soubresauts à cause de la nervosité. Lorsque l'ébéniste eut terminé son office, il rangea son matériel et se tourna brusquement vers Mathias. Lequel sursauta réellement pour le coup.

- T'as fini ? Mais t'as rien réparé !

- Je t'en ferais un neuf.

Mathias sauta sur ses pieds tandis que Berwald prenait la direction de la sortie.

- Un neuf ? Mais ça va coûter combien tout…

Il s'étrangla avec le dernier mot quand Berwald fit volte-face, le regard noir. Etait-il réellement en colère ? Un meuble en bois saccagé comme ça devait lui tenir tellement à cœur qu'il était rempli de haine envers le responsable, en l'occurrence, Mathias. Ce dernier déglutit.

- Moi, ton bureau. Toi, ton vernissage. Tu n'es pas du genre à baisser les bras, déclara Berwald

Puis, il sortit à pas lent. Mathias avait toujours les yeux écarquillés tandis que les marches des escaliers grinçaient sous le poids de l'ébéniste. Il intégrait peu à peu ce que Berwald venait de lui dire. Et il percuta finalement lorsqu'il entendit, loin en bas, la porte d'entrée claquer.

Berwald avait raison. Mathias n'était pas du genre à se laisser abattre, à croire que tout était fini sans même avoir essayé. Feliciano allait retourner en Italie et il avait fait l'effort de les inviter tous les trois à son tout premier vernissage, un tournant dans la vie d'un artiste peintre. Tout du moins le supposait-il, n'ayant aucune connaissance en la matière. Il avait fait le déplacement jusqu'au 4 Meltzers gate pour inviter Lukas, Mathias et Emil, ce n'était certainement pas pour ne voir apparaître que l'un des trois ce mercredi 17 juin.

Mathias avisa les trois billets qu'il avait toujours en main. Nous étions samedi. Cela lui laissait trois jours, quatre si on comptait le mercredi, pour convaincre et Emil et joindre Lukas. Ce n'était pas beaucoup, mais c'était faisable. Il allait convaincre les deux frères il allait y arriver !


Affaire à suivre…