Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien ?
Merci pour vos reviews toujours aussi adorables, c'est un vrai plaisir de vous lire.
Tout de suite, voici le chapitre 17 d'Ascendant. J'espère qu'il vous plaira... On se retrouve en bas ?
CHAPITRE 17
Les roues de l'avion touchèrent le tarmac dans une secousse qui me donna la nausée. Je serrai les dents pour ne pas dégobiller sur l'homme d'affaires installé devant moi, attendant avec impatience l'ouverture des portes pour pouvoir respirer autre chose que de l'air conditionné. J'avais l'impression d'étouffer.
Cette sensation d'étouffement n'était pas seulement liée à l'avion, j'en avais conscience. La distance qu'Edward instaurait entre nous deux depuis l'annonce de ma grossesse était insupportable.
Tendrement, je posais une main sur mon ventre, là où petite bosse pointait déjà alors que j'étais enceinte depuis moins d'une semaine. Nos derniers instants en Italie me revinrent en mémoire, alors que la joie que j'avais ressentie à l'idée de porter l'enfant d'Edward avait été balayée par ses propos des plus blessants.
Flashback
Les yeux de Carlisle m'observaient attentivement, dans l'attente de ma réaction.
« Co… Comment est-ce possible ? » bégayai-je tout en posant une main sur mon ventre.
« Je pensais honnêtement que ce n'était que des légendes » murmura-t-il en baissant les yeux sur mon dossier. « Je me suis trompé. »
Comme si le bébé voulait m'assurer de sa présence, mon ventre remua. Je ne sus s'il s'agissait d'un réel mouvement ou simplement d'une manifestation psychologique, mais ça me fit prendre conscience de la réalité.
J'étais enceinte.
Je portais l'enfant d'Edward.
Edward qui était sorti en fureur de la pièce. Les larmes affluèrent dans mes yeux alors que je les posais sur la porte de la chambre.
« Et Edward ? »
Carlisle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule avant de revenir à moi.
« Il a été surpris, comme nous tous. »
Il s'approcha de moi et souleva mon t-shirt. C'est alors que je remarquai la légère bosse qui pointait entre mes hanches. Cela me surpris, je ne l'avais jamais vue et j'avais eu ma première relation avec Edward il y a quelques jours seulement… Comment pouvais-je déjà être à un stade aussi avancé ?
Carlisle posa ses mains glacées sur mon ventre, semblant prendre des mesures.
« Ta grossesse avance plus vite qu'une grossesse normale… Il faudra la surveiller de près. »
Alors que les rouages se mettaient en route dans ma tête, il parvint à la même conclusion que moi.
« Nous devons rentrer à Forks le plus rapidement possible. »
Rapidement, nous quittâmes l'hôpital après avoir payé pour l'occupation de la chambre et les analyses sanguines. Carlisle m'aida à monter à l'avant du véhicule et se plaça côté conducteur.
« Edward est déjà à la maison » m'informa-t-il, répondant à ma question silencieuse.
Une fois arrivés à la villa, je fus surprise de découvrir des valises entassées dans l'entrée et Alice assise sur le canapé, telle une statue. Seuls ses yeux bougeaient, fusillant son frère qui n'arrêtait pas d'aller et venir à travers la pièce, remplissant un havresac de nourriture.
Aussitôt que la porte claquait derrière nous, il lâcha le sac avant de se précipiter vers moi, me serrant puissamment contre lui.
« N'aies pas peur, mon amour. Nous allons nous débarrasser de cette chose. »
Ses propos me heurtèrent aussi violemment que si j'avais foncé dans un mur.
« Ce… Cette chose ? »
Ma voix frôla l'hystérie alors que je prenais conscience de la manière dont il avait appelé notre enfant. Il s'écarta de moi, me tenant fermement par les épaules, ses yeux parcourant mon visage, comme s'il cherchait à comprendre ce qui me passait par la tête.
« Tu veux… Tuer notre bébé ? »
« Je ne veux pas te perdre » asséna-t-il fortement. « Et cette chose va te tuer si on ne l'en empêche pas ! »
Carlisle s'approcha de nous et posa une main sur mon épaule, la pressant doucement.
« Edward a raison, Bella. Le fœtus grandit trop vite, ton corps aura du mal à suivre le rythme et… »
« Je ne vais pas mourir ! » vociférai-je hargneusement.
La simple idée qu'on me retire ce bébé me serrait le cœur. C'était mon unique chance de pouvoir devenir mère, mais par-dessus tout, c'était mon unique chance d'offrir un enfant à Edward, un enfant qui serait vraiment le nôtre.
« Je ne vois plus ton avenir » intervint Alice depuis le canapé, me stoppant immédiatement. « Je ne vois plus rien du tout… »
Figée, je prenais la mesure de ces révélations. Alice ne voyait plus mon avenir, ce qui ne pouvait dire qu'une seule chose… J'allais effectivement mourir, comme le pensaient les Cullen. Je ne pouvais y croire. Comment le fruit de notre amour à Edward et moi pourrait me tuer ? Comment pourrait-il être mauvais ?
« Je refuse d'en arriver là » reprit Edward en fermant d'un coup sec le sac qu'il avait précédemment rempli. « Nous rentrerons à Forks puis nous éliminerons ce monstre. »
Ce qualificatif me blessa encore plus que le précédent. Comment osait-il qualifier ainsi notre enfant ? Comment ne pouvait-il pas le voir comme un don du ciel ? Une seconde chance ?
Figée au milieu de la pièce, je laissai les Cullen s'agiter autour de moi. Carlisle s'occupait d'avancer notre vol tandis qu'Edward poursuivait ses allers retours incessants, me donnant la migraine. Seule Alice restait près de moi, serrant fermement ma main en signe de soutien.
Les larmes roulaient sur mes joues, alors que mon cœur battait frénétiquement. Comment avait-on pu en arriver là ? D'instinct, mes mains se posèrent sur mon ventre en guise de protection, mais lorsque la main d'Alice, qui était toujours liée à la mienne, frôla mon estomac, elle se libéra comme si le contrat l'avait brûlée.
« Je… » balbutia-t-elle alors que je la regardai horrifiée.
Mon cœur se brisa en constatant que personne ne semblait tolérer mon bébé, pas même son propre père. Enervée contre mes compagnons, je montai dans la chambre que j'occupais et m'allongeai sur le lit, me sentant plus seule que jamais. Edward voulait clairement se débarrasser du bébé, entièrement approuvé par Carlisle. Si j'avais pensé qu'Alice me soutenait, j'avais été plus que déçue en constatant qu'elle ne pouvait même plus me toucher.
Les larmes ne se tarissaient pas, mouillant mon visage et l'oreiller que j'avais posé sur ma tête. Au bout de quelques instants, un léger coup fut frappé à la porte et Carlisle passa sa tête dans l'entrebâillement.
« Nous y allons » me dit-il simplement, ses yeux dorés peinés dans les miens.
J'hochai la tête sans répondre. Je ne savais même plus quoi dire.
Arrivée au rez-de-chaussée, j'eus juste le temps de voir le dos d'Edward passer la porte d'entrée alors qu'Alice attrapait son sac à main pour le suivre. Tous les volets avaient été fermés, les lumières éteintes, et cela me procura une sensation d'étouffement. Il fallait que je sorte de là.
Rapidement, je rejoins la cour devant la maison, où étaient garés deux taxis qui nous attendaient. Sans même me regarder, Edward monta dans le premier, bientôt suivi d'Alice. Je n'eus d'autre choix que de monter dans le second véhicule, accompagné de Carlisle.
Le trajet jusqu'à l'aéroport se passa dans un silence tendu, que je refusais de briser. Je ne savais pas quelle émotion l'emportait : la colère ou la tristesse ? Partagée entre ces deux émotions, je ne réagis pas lorsque nous arrivâmes à l'aéroport. Edward et sa sœur nous attendaient déjà à l'accueil, mais personne ne parla lorsque nous nous regroupâmes.
Nous attendîmes quelques minutes avant de pouvoir enregistrer nos bagages, puis Carlisle nous proposa de nous assoir. Le silence était pesant, mais je refusais de leur parler la première. Alice pianotait sur son smartphone, certainement en grande conversation avec Jasper, tandis que Carlisle passait un coup de fil à Esmée pour l'informer de notre retour précipité. Il ne me semblait pas qu'il ait évoqué le bébé, ce qui me blessa une fois de plus.
De son côté, Edward restait silencieux et éloigné de moi. Malgré tout, je pouvais sentir ses regards furtifs sur ma personne, comme s'il guettait que je ne me sauve pas. La distance qu'il instaurait entre nous me serra le cœur alors que des images de nos étreintes amoureuses me revinrent en mémoire. Comment tout avait pu changer aussi rapidement ?
L'attente me semblait interminable alors que les néons éclairaient puissamment le hall de l'aéroport. Dehors, la nuit était noire, piètre comparaison avec mon humeur massacrante. Face à nous, une famille attendait également son avion, les parents serrés l'un contre l'autre alors qu'ils regardaient leurs enfants jouer ensemble près de leurs sacs.
Un instant, je me permis d'imaginer ce que serait ma vie si Edward acceptait ce bébé. J'essayerai de tenir un maximum pour pouvoir donner lui naissance normalement. Dans le cas contraire, la transformation in extremis était toujours envisageable, maintenant qu'Edward avait accepté de me garder à ses côtés pour l'éternité.
Malheureusement, Edward ne voulait même pas entendre parler du bébé. Je ne sais pas ce qui me blessait le plus. Qu'il n'accepte pas le bébé ou qu'il n'arrive même plus à me regarder ? Je sentais son regard sur moi, mais jamais très longtemps, comme si le fait de savoir que je portais son enfant me rendait hideuse et repoussante.
Fermant les yeux, j'essayais de me donner le courage de surmonter cette épreuve. Les Cullen voulaient tous que je me débarrasse du bébé, mais je n'en avais pas l'intention. Je ne me voyais pas tuer le fruit de mon amour avec Edward. Si cette grossesse devait me tuer, je pourrais au moins me consoler en me disant que mon compagnon aura une part de moi avec lui.
Me vint ensuite la question de la nature de cet enfant. Ma grossesse se déroulait en accéléré, comme le prouvait la bosse qui pointait déjà sous mon pull. Le bébé serait-il humain ? Vampire ? Mi-humain mi-vampire ? Quel côté prendrait le dessus ?
Mes pensées furent interrompues lorsque la voix robotique annonça notre vol. Prenant appui sur mes jambes pour me lever du siège, mes yeux croisèrent les yeux dorés d'Edward, arrêtant momentanément les battements mon cœur. Ce dernier se serra en constatant qu'ils avaient perdu leur éclat de joie habituel, avant de finalement se briser lorsqu'il détourna son regard de moi.
Les larmes affluèrent dans mes yeux mais je les ravalai, nous voulant pas me donner en spectacle en plein milieu de l'aéroport. D'une main dans le bas du dos, Carlisle me guida à travers les couloirs pour finalement s'assoir à côté de moi dans l'avion, Alice et Edward derrière nous.
L'ambiance fut pesante. Aucun de nous ne parlait. Lorsque je m'étais levée pour aller aux WC, j'avais pu constater qu'Edward et sa sœur échangeaient des paroles, mais ils se turent lorsque je passais près. Du moins, ils baissèrent la voix à un nouveau d'écoute vampirique.
Enervée, seule, perdue et terrifiée par l'avenir, je fermais les yeux en me rasseyant, espérant que notre arrivée à Forks signifierait la fin de ce calvaire.
Fin Flashback
« Allons-y, Bella » m'invita Carlisle en tendant une main vers l'allée centrale de l'avion lorsque ce dernier fut immobilisé sur la piste d'atterrissage.
Docile, je passais devant lui tout en prenant garde à ne pas m'étaler par terre. Ce n'était pas le moment de tomber. Malheureusement, la poisse ne me quittant jamais, je loupai la dernière marche à la descente de l'avion. Je mis les mains devant moi dans le vain espoir d'amortir la chute, mais une main m'attrapa par le coude, m'évitant ainsi de rencontrer le goudron.
« Merci » marmonnai-je en relevant la tête vers mon sauveur, alors que mon cœur s'arrêta lorsqu'il croisa un regard doré qu'il connaissait par cœur.
« De rien » répondit Edward sur le même ton avant de me relâcher et de passer devant moi pour aller récupérer nos bagages.
Après avoir attendu plusieurs longues minutes en silence, nos valises apparurent enfin, nous permettant de quitter l'aéroport. Mon cœur loupa un battement lorsque je vis le sourire maternel d'Esmée, qui nous attendait adossée contre une magnifique Mercedes noire.
Sitôt qu'elle me vit, elle me serra tendrement dans ses bras. Sa douceur et la tendresse dont elle faisait preuve à mon égard me retourna complètement, mais j'en savourai chaque minute. Soudain, alors que mon corps était pressé contre le sien, elle se recula et baissa les yeux sur mon ventre. D'instinct, je posais une main dessus, priant pour qu'elle ne me demande pas elle aussi de me débarrasser de mon enfant.
« Qu'est-ce… Comment… »
Ses yeux brillaient de mille feux, teintés de surprise et d'émotion.
Edward ne la laissa pas finir sa question et chargea nos valises dans le coffre, qu'il claqua d'un coup sec.
« Je rentre à pied » nous prévint-il avant de disparaître.
Esmée le suivit du regard avant de me jeter un coup d'œil.
« Ma chérie » murmura-t-elle en me reprenant dans ses bras.
Je nichai mon nez dans son cou, heureuse de constater qu'elle ne me rejetait pas comme les autres membres de sa famille. Esmée avait toujours été la plus maternelle et compréhensive de la famille Cullen, et je trouvais en elle une seconde mère.
« Rentrons » suggéra Carlisle en montant à l'avant.
Alice s'assit avec moi à l'arrière, me jetant des coups d'œil anxieux. Figée, je me concentrais sur le paysage qui s'étalait devant moi, redécouvrant les sapins verts de Seattle et de ses alentours. Le trajet fut plus rapide que lorsque je l'avais fait avec Angela et Jessica avant mon enlèvement, les Cullen n'ayant absolument pas peur de la vitesse.
Au bout de presque deux heures, la grande villa blanche si familière et chaleureuse se dessina devant nous, ses habitants nous attendant sur le seuil. A peine la voiture fût-elle garée qu'Emmett ouvrit ma portière avant de me serrer dans ses bras musclés.
« Belli Bells ! » s'exclama-t-il en nous faisant tourner sur nous-mêmes. « Je suis heureux de te revoir en un seul morceau ! »
Mon estomac se retourna et une vague de nausée me monta à la gorge alors qu'il continuait à nous faire tourner puissamment.
« Emmett… Repose-moi ! Je vais… »
« Oups » ria-t-il en me posant sur mes pieds, gardant un de mes coudes dans sa main pour me maintenir le temps que je retrouve mon équilibre.
A côté de nous, je pus voir Jasper se précipiter sur Alice, s'arrêtant à quelques centimètres d'elle. Leurs mains se joignirent, mais ils ne s'embrassèrent pas, contrairement à ce que j'avais imaginé. Au contraire, seuls leurs yeux et leurs mains étaient liés, nous occultant complètement.
Gênée, je détournai le regard et tombai sur le visage parfait de Rosalie. Cette dernière avait les yeux fixés sur mon ventre, qui était bien visible à travers le pull fin que Carlisle m'avait obligée à enfiler avant de quitter la villa italienne. Il me semblait qu'il s'était légèrement arrondi depuis notre départ d'Europe.
« Tu es enceinte ? » s'exclama-t-elle, la surprise et la rancœur se lisant clairement sur son visage.
Je fermai les yeux, guère surprise par sa réaction, qui était celle que j'appréhendais le plus. De par Edward, je savais que Rose regrettait fortement le fait de ne plus pouvoir enfanter, et j'avais peur qu'elle me déteste encore plus maintenant que j'étais enceinte.
Toutefois, lorsque des pas légers s'approchèrent de moi, je rouvris les yeux pour découvrir la belle blonde à seulement quelques centimètres de moi, les yeux toujours fixés sur mon ventre.
« Je peux ? » me demanda-t-elle doucement en approchant ses mains de mon estomac.
Je ne pus qu'hocher la tête. Lentement, presque tendrement, elle posa une main puis une deuxième sur mon ventre légèrement gonflé. L'émotion pouvait clairement se lire sur son visage et cela me serra le cœur. Autour de nous, toute la famille était silencieuse, contemplant le tableau que nous affrions.
Au bout de quelques instants, elle releva la tête vers moi, plantant son regard flamboyant dans le mien.
« Tu vas le garder, n'est-ce pas ? »
Son ton ressemblait fortement à une accusation. Pensait-elle réellement que je pourrais m'en débarrasser ?
Encore une fois, j'hochai la tête pour lui faire comprendre mes intentions. Un petit sourire prit place sur son visage, me donnant le courage de me confier à elle.
« Je vais le garder. Et j'ai besoin de ton aide. »
PDV Edward
Enceinte.
La nouvelle était tombée comme une massue, m'envoyant sur une autre planète pleine de désolation, de peur, de colère et de tristesse, marquée par la perte.
Bella était enceinte.
L'information tournait sans cesse dans ma tête, je n'arrivais pas à en saisir la réalité. Pourtant, les pensées de Carlisle étaient formelles dès qu'il avait posé les yeux sur les analyses sanguines.
Bella était enceinte de moi. Elle était enceinte d'un monstre.
Furieux contre moi-même et contre le destin qui s'acharnait beaucoup trop contre nous à mon goût, je fonçai dans la forêt située près de l'hôpital et courrai. Je courrai sans m'arrêter, comme pour évacuer la colère que je ressentais. Malheureusement, courir ne suffisait pas et je dus déraciner quelques arbres avant de pouvoir penser clairement.
J'étais encore à la portée de pensées de Carlisle lorsqu'il prit les mesures du ventre de Bella. Le monstre grandissait plus vite qu'un bébé normal, ce qui causerait la mort prématurée de Bella. et je refusais cette hypothèse.
Il fallait la sauver de ce destin, de ce monstre. Il fallait qu'elle s'en débarrasse et qu'elle survive. Je ne pouvais imaginer un monde où elle n'existerait plus. Je ne pouvais pas la perdre.
La panique grimpa en flèche en moi lorsque je compris qu'il ne nous restait plus beaucoup de temps pour se débarrasser de la chose. Il fallait faire vite.
A peine cette idée m'avait effleuré l'esprit que je partis rapidement en direction de la villa, ne réfléchissant plus à rien d'autre que notre retour à Forks pour sauver Bella. Alice m'y attendait, assise par terre face à la porte d'entrée.
« Tu n'as rien vu ? » la questionnai-je rageusement tout en me précipitant à l'étage pour boucler nos valises.
« Non, Edward » me répondit-elle calmement. « Je vous aurais avertis. »
Ne voyant rien à lui répondre, je m'empressais de jeter des vêtements en vrac dans les valises qu'Alice avait achetées pour ranger tous les nouveaux vêtements de Bella. Au moment où je saisis un havresac, le moteur de la berline se fit entendre, signe que mon père et ma compagne revenaient de l'hôpital.
Je descendis rapidement dans la cuisine, où je récupérai quelques encas que Bella pourrait manger en attendant l'avion. Lorsque la porte d'entrée s'ouvrit, je me figeai, le sac toujours ouvert dans les mains.
Bella semblait fatiguée et cette impression fut renforcée lorsque je remarquai ses yeux rougis par les pleurs. Elle semblait terrifiée par la situation et mon cœur mort sembla se réveiller devant la détresse de ma compagne.
« N'aies pas peur, mon amour » la rassurai-je en me précipitant vers elle pour la serrer contre moi. « Nous allons nous débarrasser de cette chose. »
Son corps se raidit dans mes bras, alors qu'elle s'écartait légèrement de moi.
« Ce… Cette chose ? »
Sa voix frôlait l'hystérie, accentuant ma panique. Je la saisis par les épaules, essayant de comprendre ce qui lui passait par la tête.
« Tu veux… Tuer notre bébé ? »
« Je ne veux pas te perdre » assénai-je fortement. « Et cette chose va te tuer si on ne l'en empêche pas ! »
Carlisle s'approcha de nous et posa une main sur son épaule, cherchant à la rassurer.
« Edward a raison, Bella. Le fœtus grandit trop vite, ton corps aura du mal à suivre le rythme et… »
« Je ne vais pas mourir ! » vociféra-t-elle hargneusement.
Elle ne comprend pas les risques de cette grossesse, pensa Carlisle en me jetant un coup d'œil.
« Je ne vois plus ton avenir » intervint Alice depuis le canapé. « Je ne vois plus rien du tout… »
Bella se figea, prenant certainement conscience des conséquences de cette grossesse. J'espérais qu'elle le faisait et qu'elle accepterait d'avorter. Que se passait-il ? Voulait-elle vraiment garder cette chose en elle ? Voulait-elle vraiment risquer sa vie pour un monstre ?
« Je refuse d'en arriver là » repris-je en fermant d'un coup sec le sac abandonné à mes pieds. « Nous rentrerons à Forks puis nous éliminerons ce monstre. »
Je n'envisageais aucune autre option. Il fallait sauver Bella et la débarrasser de cette chose qui allait la tuer. Comment pourrait-elle survivre à une grossesse accélérée avec un monstre dans son ventre ?
Bella restait figée au milieu de la pièce. Mes bras me faisaient mal de ne pas la tenir contre moi, de ne pas la rassurer, mais je n'osais pas aller vers elle. Comment pouvais-je l'approcher alors que mon amour pour elle la condamnait à mort ? Comment pouvais-je continuer à me regarder dans le miroir alors qu'elle allait mourir par ma faute ?
J'avais tout fait pour la protéger, l'éloigner de tous les dangers. Jamais je n'aurais pensé que notre amour était la plus dangereuse des choses qui pourraient lui arriver.
Les larmes roulaient sur ses joues et nous pouvions tous entendre son cœur qui battait à un rythme insoutenable. Elle semblait complètement paniquée, terrorisée, mais je ne savais pas comment la rassurer. Elle ne voulait pas se débarrasser de la chose. Je voulais la préserver de toutes les façons possibles. Nous étions dans une impasse.
« Je… » balbutia Alice alors que sa main venait de frôler le ventre de Bella.
Cette dernière sembla horrifiée par la réaction instinctive d'Alice.
Je suis désolée, pensa tristement Alice tout en continuant de fixer Bella. Je ne peux pas… C'est ma meilleure amie et…
La voix mentale de ma sœur s'éteignit alors qu'elle me fermait son esprit, remplaçant ses pensées par l'hymne national italien, ce qui me fit rager intérieurement.
A peine quelques secondes plus tard, Bella se leva précipitamment et se dirigea vers l'étage, étouffant ses sanglots qui me déchirèrent le cœur. Mon corps était indubitablement attiré vers elle, comme un aimant, mais je n'arrivais pas.
Si j'avais été humain, j'aurais été comblé et extatique d'apprendre que Bella portait notre enfant. Imaginer un parfait mélange de ma compagne et moi-même était un doux rêve. Seulement, cela n'était qu'un rêve.
Et les vampires n'étaient pas des créatures qui apparaissaient dans les rêves.
A la place de lui avoir fait un magnifique bébé qui nous comblerait de joie, j'avais signé son arrêt de mort. Je me détestais pour lui faire ça, pour lui avoir implanté un monstre dans le ventre, un monstre qui allait la détruire de la pire des manières. Jamais je ne pourrai me pardonner cela. Jamais je ne pourrai me supporter d'avoir causé sa perte après tous mes efforts pour la garder à mes côtés.
Jamais je ne pourrai vivre sans mon âme-sœur. Cette simple idée m'était insupportable.
Jamais je ne pourrai lui survivre.
J'espère que ce chapitre vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !
Oui, j'ai refait un pdv Edward... Mais je trouve qu'il manque dans le tome 4 de la saga, donc j'ai moi-même voulu l'écrire pour essayer d'exploiter au mieux les sentiments qu'il ressent face à cette grossesse (ou qu'on pense qu'il ressent). J'espère avoir réussi.
Je vous annonce que le chapitre 24 est bouclé, et que je sais exactement combien de chapitres il me reste avant la fin de l'histoire... Vous voulez savoir, ou garder la surprise ? Dites-moi en commentaire :)
Je connais aussi la trame de chacun des futurs chapitres, il n'y a plus qu'à les écrire ! Y a plus qu'à lol.
En attendant, je vous donne rdv samedi prochain pour le chapitre 18 d'Ascendant !
Prenez soin de vous.
Girlonfire
