Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ?

Personnellement, je sors d'un examen de 3h et j'en ai encore les mains qui tremblent de stress... Envoyer son sujet à 10H59 quand le dernier délai est 11h, c'est pas forcément le bon plan *rire nerveux*

Sinon, merci pour vos reviews toujours aussi gentilles, elles me font chaud au coeur :)

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira...

On se retrouve en bas ?


CHAPITRE 18

Les jours suivants passèrent. Les Cullen vaquaient à leurs occupations sans trop se préoccuper de moi. Seules Rosalie et Esmée m'épaulaient, affrontant sans faillir le reste de la famille qui souhaitait toujours que je me débarrasse du bébé.

Bébé que j'aimais de plus en plus.

Cela faisait plus d'une semaine que nous étions rentrés à Forks et mon ventre grossissait de jour en jour, pour mon plus grand bonheur. J'adorais passer ma main dessus et avoir la sensation qu'il était rempli de bulles lorsque le bébé bougeait, même si ces derniers temps ses mouvements devenaient de plus en plus douloureux à mesure qu'il grandissait.

La première fois que j'avais senti ses mouvements, j'étais allongée sur le canapé du salon, Rose et Alice à mes côtés, alors qu'Edward était sur son ordinateur portable à l'autre bout de la pièce, du côté de la salle à manger. Lorsqu'un mouvement vint de l'intérieur de mon ventre, j'avais poussé un cri de surprise en posant rapidement mes mains dessus, totalement ahurie par ce que je venais de ressentir. Rosalie s'était alors précipitée sur moi, ainsi qu'Edward.

« Bella ! » hurla-t-il en se matérialisant devant moi.

« C'est le bébé ? » s'affola immédiatement la belle blonde. « Que se passe-t-il ? »

« On s'en fiche ! L'important est Bella et… »

Leur dispute ne m'atteignait plus, tant j'étais focalisée sur le petit être qui vivait en moi. Le bonheur courait à travers mes veines alors que je réalisais qu'il vivait, que je portais une vie.

« Je l'ai senti bouger… C'est… C'est la première fois… »

Les larmes affluèrent dans mes yeux avant de rouler sur mes joues, tant l'émotion que je ressentais était intense. Rose posa doucement ses mains sur mon ventre rebondi, comme elle avait pris l'habitude de faire, et parla doucement au bébé.

« Coucou bébé ! Je suis tata Rose… »

Derrière la blonde, je pouvais voir qu'Alice fixait son frère, comme si elle guettait sa réaction, ce qui m'inquiéta. Toutefois, ce dernier ne bougeait pas, les yeux noirs et tristes rivés sur la peau tendue de mon estomac.

« Edward ? » l'appelai-je doucement, voulant croiser son regard.

Malheureusement, ce dernier croisa à peine le mien, Edward se détournant aussitôt que nos yeux se croisèrent, brisant mon cœur dans ma poitrine.

Son comportement n'avait pas changé depuis notre retour de Forks, ce qui me blessait profondément. La journée, il passait le plus clair de son temps avec ses frères et sœurs, ne s'approchant de moi qu'occasionnellement. Il ne me regardait jamais, ou que très rarement, comme si la vision de mon ventre arrondi le rebutait. La nuit, je montais me coucher dans sa chambre mais il ne m'accompagnait jamais, restant toujours en bas, cloué derrière son ordinateur portable.

La distance qui nous séparait depuis plus d'une semaine me pesait et me blessait. Jamais je n'aurais pensé que notre enfant nous diviserait. J'avais tellement hâte de le rencontrer, de chercher nos traits à Edward et moi dans les siens, de voir Edward le porter… Malheureusement, cette vision n'était qu'un rêve, Edward supportant à peine l'idée que je sois enceinte.

Je savais néanmoins qu'il m'aimait. Certaines de ses actions ne me démontraient, comme lorsqu'il arrivait à virer Esmée de la cuisine pour me préparer lui-même mes repas, Carlisle m'ayant donné l'ordre de m'économiser pour éviter de trop affaiblir mon corps qui devait déjà supporter une grossesse hors-normes. Toutefois, lorsque j'arrivais dans la cuisine pour manger, il ne faisait que poser l'assiette devant moi avant de me laisser seule dans la pièce, tordant mon estomac.

Je ne savais plus quoi faire pour me rapprocher de mon compagnon, pour qu'il accepte la situation. Lorsque j'essayais de lui parler, il ne me répondait que d'une voix distante avant de s'éclipser. Lorsque je m'énervais, il me disait seulement de me calmer avant de quitter la pièce. Lorsque je le suppliai de comprendre mon choix, il me répondait simplement que ce n'était pas le sien, puis il partait.

Comment avions-nous pu passer de la relation fusionnelle que nous avions en Italie à cette relation… qui n'en était plus une ? Comme la chose qui aurait dû être la plus belle de notre vie avait pu nous diviser à ce point ? Comment en étions-nous arrivés là ?

Mes pensées furent interrompues lorsqu'un coup fut frappé au panneau en bois de la porte de la chambre.

« Entrez. »

Carlisle passa sa tête par l'ouverture de la porte, m'adressant un sourire léger.

« Allons voir comment va ce bébé » m'invita-t-il.

Docile, je stabilisai le rocking-chair qu'Esmée avait fait installer devant la baie vitrée de la chambre avant d'en descendre et de rejoindre le médecin sur le palier.

Depuis l'annonce de ma grossesse, Carlisle suivait régulièrement l'évolution du bébé, essayant tant bien que mal de déterminer si le bébé serait davantage humain que vampire, ou inversement. Malheureusement, le mystère restait entier car les nombreuses échographies et tests ne permettaient pas de voir ce genre de chose.

Il me guida à travers la maison vers son bureau avant de m'aider à m'allonger sur la table d'opération qu'il avait installée spécialement pour moi. Il alluma l'échographe avant de passer le gel sur mon ventre et d'y coller la sonde.

Quelques secondes passèrent et je vis son visage se crisper.

« Hum… »

« Qu'y a-t-il ? » m'inquiétai-je immédiatement.

Carlisle retira la sonde puis m'essuya le gel avant de se tourner vers moi.

« Je ne vois pas le bébé. »

Mes yeux s'écarquillèrent à cette annonce.

« Co… Comment c'est possible ? »

« Je pense que son côté vampire doit impacter ta membrane amniotique, qui doit être très épaisse… Je ne vois rien du tout. Je suis désolé. »

Le regard dans le vide, j'essayais d'assimiler cette information. Habituellement, il arrivait à voir le bébé sans trop de souci et ce changement soudain m'inquiétait.

« Je vais quand même mesurer ton ventre et nous te ferons passer des radios pour voir comment tes organes se déplacent. »

A peine eût-il fini sa phrase qu'il s'affaira à prendre diverses mesures, avant de décréter que le bébé continuait d'évoluer rapidement. Très rapidement. Trop rapidement.

« Tu as des côtes cassées à cause des mouvements du bébé… Ton corps va avoir beaucoup de mal à suivre la grossesse… Économise-toi, Bella » me conseilla-t-il vivement.

J'hochai la tête, certaine que Rose ne me laisserait de toute façon rien faire. Elle se comportait comme une mère-poule avec moi, me surprotégeant. Parfois, son comportement m'agaçait, mais ce n'était rien en comparaison avec l'énervement d'Edward, qui ne supportait pas de voir Rosalie tourner autour de moi comme ça.

Carlisle m'aida à me rhabiller et à descendre de la table médicale avant de retourner derrière son ordinateur. J'en profitai pour sortir de la salle, mais me stoppai net lorsque mon regard croisa celui d'Edward, adossé au mur face à la porte.

« Salut… » murmurai-je.

Ses yeux vides et empreints de tristesse plongèrent dans les miens, envoyant des milliers de frissons à travers mon corps. Comme s'il ressentait les mêmes émotions que moi, le bébé poussa contre la paroi de mon ventre, me forçant à étouffer un petit cri sous la force du coup. Le bébé gagnait en force et parfois ses mouvements étaient douloureux. Mais je n'arrivais pas à lui en vouloir, simplement heureuse d'avoir la preuve qu'il vivait.

« Bella… »

Sa voix était rauque et j'avais l'impression qu'il pleurerait s'il le pouvait. Ses yeux ne quittaient pas les miens, liant nos âmes comme elles ne l'avaient pas été depuis bien trop longtemps.

« J'ai entendu ce que Carlisle vient de te dire… » reprit-il au bout de quelques minutes de silence.

Instantanément, je me crispai, anticipant ses propos qui ne me feraient que souffrir davantage.

« Tu vas mourir » chuchota-t-il douloureusement. « Cette chose va te tuer et… »

« Cette chose, comme tu dis, est notre enfant ! » le coupai-je froidement, appuyant bien sur les mots.

« Oui. Mon enfant. Un monstre. »

Je fermai les yeux sous la douleur et réprimai l'envie de me courber en deux, comme si j'avais reçu un coup dans l'estomac.

« Ce n'est qu'un bébé, Edward… »

« Il te fait dépérir d'heures en heures ! »

Il haussa le ton, complètement frustré que je ne comprenne pas son point de vue.

« Je vais bien ! Si tu passais plus de temps avec moi, tu le verrais et… »

« Je ne suis pas aveugle, Bella. Et je lis dans les pensées » me rappela-t-il sarcastiquement. « Je vois ton corps amaigri quand Rose t'aide à prendre ton bain. Je vois les hématomes sur ton ventre. Je vois ce que ce monstre te fait ».

Je ne sus quoi lui répondre, ne pouvant contredire ses propos. Des émotions contradictoires se bousculaient dans son regard, qui me lançait des éclairs pour ne pas suivre sa volonté et qui me suppliait de le faire.

« Il faut que tu acceptes ce qui est… »

« Parce que tu ne m'as pas laissé le choix ! » hurla-t-il en se décollant puissamment du mur. « Nous étions censés être un couple, toi et moi. Tu te souviens ? »

Sa voix claquait sèchement dans l'air, me figeant sur place.

« Mais tu as décidé toute seule de me quitter à jamais » continua-t-il amèrement, ses yeux plongés dans les miens.

« Je… Edward… »

Ma voix s'étranglait tandis que ma gorge était nouée d'émotion. Dans mon ventre, le bébé ne bougeait plus, comme s'il ressentait mon angoisse, ma colère, mais surtout ma peine. Edward et moi nous déchirions, indépendamment de notre volonté.

« Il ne faut pas le voir comme ça… » réussis-je à murmurer entre deux halètements. « Il te restera une partie de moi et… »

Le rire d'Edward m'interrompit alors qu'il jeta un regard noir à mon ventre, que je couvris instinctivement de mes bras en guise de protection.

« Tu me penses sincèrement capable de l'aimer s'il venait à te tuer ? »

Jamais ses paroles ne m'avaient autant blessée. Si notre distance et nos disputes précédentes m'avaient blessée, ses propos venaient de me briser. Littéralement.

Les larmes coulaient abondamment sur mes joues, roulant dans mon cou pour venir s'échouer sur le col de mon pull.

« Il… » hoquetai-je, avant de reprendre d'une voix plus forte, en vain. « Il aura besoin de toi… »

« Je regrette, mais je ne peux pas. Pas alors qu'il t'aura arrachée à moi. »

Sur ces mots, il me regarda une dernière fois avant de se retourner vers les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée. Complètement abasourdie par ses propos, je dus me coller au mur pour ne pas tomber à la renverse. Les mains plaquées contre la paroi, je glissai finalement par terre, mes jambes n'arrivant plus à me soutenir.

Mon corps était secoué par les sanglots et je remontai autant que je pouvais mes jambes contre ma poitrine pour pouvoir y nicher ma tête. Mon ventre m'empêchait de complètement me cacher, et les mouvements du bébé accentuèrent mon désarroi.

Qu'adviendrait-il de lui si je venais à mourir ? Edward ne voulait pas entendre parler de lui… Mon enfant n'aurait même pas son père à ses côtés. Cette pensée brisa le peu d'espoir qu'il restait en moi, me forçant à enroulant mes propres bras autour de mon corps dans un vain espoir de le maintenir entier.

Des bras froids s'enroulèrent autour de moi et me soulevèrent du sol, mais mes sanglots ne se tarirent pas pour autant.

« Ça va aller… Calme-toi, Bella… S'il-te-plaît… »

La voix d'Emmett perça le brouillard qui entourait mon cerveau, m'aidant à me reconnecter avec la réalité. Doucement, il me posa sur le lit et s'assit à mes côtés, me caressant les cheveux dans un geste apaisant. Ses yeux fixaient mon visage avant qu'il n'attrape un mouchoir et m'essuie les joues.

« Merci… » soufflai-je en baissant les yeux sur mon ventre rebondi.

Quelques instants de silence passèrent sans qu'aucun de nous deux ne ressentent le besoin de parler. Nous étions simplement là, nous tenant compagnie dans ce moment difficile. J'appréciais sa présence. Il ne me forçait en rien, respectait mes décisions. Emmett était le seul de la famille à ne pas s'être prononcé sur ma grossesse et mon éventuel avortement.

« Tu sais… » tenta-t-il après un moment à tenir ma main. « Il est terrifié à l'idée de te perdre. »

Je reniflai disgracieusement tout en essuyant les dernières larmes de mes joues.

« Je peux le comprendre » murmurai-je. « Mais… Notre enfant n'a rien demandé. Il n'a pas demandé à ce que ses parents se déchirent… Il n'a pas demandé à ce que son père le déteste avant même sa naissance et… »

« Bella » m'interrompit-il. « Tu es la personne la plus importante aux yeux d'Edward. Il ne survivrait pas à ta perte… »

Je gardai le silence, comprenant où Emmett voulait en venir. Bien-sûr, j'avais conscience qu'Edward m'aimait et ne voulait pas me perdre. Mais vouloir me garder en vie au détriment de notre enfant… Je trouvais cela égoïste.

« Edward est tellement différent depuis qu'il t'a rencontrée » m'avoua Emmett, les yeux perdus dans le vague. « Tu n'en as peut-être pas conscience, mais nous si. Tu l'as complètement changé. »

La voix d'Emmett était teintée d'une émotion contenue. L'amour qu'il ressentait pour son frère était palpable et magnifique, mais aussi intense. J'avais toujours voulu avoir un frère ou une sœur pour pouvoir partager ce genre d'amour fraternel. Malheureusement, le destin en avait décidé autrement.

« Aucun de nous ne voudrait croiser les yeux d'Edward durant les cent prochaines années s'il venait à te perdre… » chuchota-t-il. « C'est pour ça que la famille aimerait que tu… survives. »

Survivre… Tuer mon bébé.

Lentement, je me rapprochais d'Emmett pour poser ma tête sur son épaule.

« Je ne veux pas mourir. Je veux mener cette grossesse à terme et donner naissance à ce bébé. Notre bébé. »

« Tu n'y arriveras peut-être pas… »

« Je dois essayer » insistai-je en appuyant mes mots.

Emmett tourna sa tête vers moi et me dévisagea longtemps avant de m'ébouriffer les cheveux.

« Tu es exactement celle qu'il lui fallait. Têtue comme une mule. »

Ses lèvres s'étirèrent en un magnifique sourire qui creusa des fossettes dans ses joues, le rajeunissant de plusieurs années.

« Tout va s'arranger » continua-t-il en se levant du lit. « En attendant, repose-toi. »

Je suivis le mouvement et entourait son corps de mes bras, notre ventre entre nous.

« Merci » chuchotai-je, émue par son comportement fraternel envers moi.

Emmett me caressa les cheveux avant de me faire coucher d'autorité dans le lit et de sortir de la chambre. Toutefois, je ne réussis pas à m'endormir, me tournant et me retournant dans le lit.

Doucement, j'appuyais légèrement sur mon ventre et aussitôt un coup me répondit, m'arrachant un sourire.

« Coucou toi » murmurai-je tendrement en caressant ma peau tendue.

Couchée sur le dos, je frottais mon ventre en des cercles concentriques, avant d'attraper le téléphone portable que les Cullen m'avaient acheté en Italie. Je le regardai longtemps, pesant le pour et le contre, espérant que cela m'apporte du réconfort.

Mes doigts tremblants durent s'y reprendre plusieurs fois pour réussir à composer le numéro souhaité, avant que les tonalités ne résonnent à mon oreille. Puis, un bruit et une voix grave.

« Allô ? »

Je ne répondis pas, laissant cette voix si familière s'imprimer dans mon esprit tourmenté et fatigué.

« Papa… » hoquetai-je lamentablement.

« Bella ! » s'écria-t-il, la surprise perçant sa voix qui vira dans les aiguës. « Bella ! »

Un rire étranglé m'échappa alors que les larmes débordèrent une fois de plus de mes joues. Je me transformais réellement en fontaine ces derniers temps. Vive la grossesse et les hormones.

« Tu vas bien ? » me demanda-t-il immédiatement.

Sa question me figea. J'aurais tellement voulu pouvoir lui dire la vérité, pouvoir lui avouer qu'il était sur le point de devenir grand-père… J'aurais réellement voulu que les choses se passent différemment.

« Je vais bien » lui confirmai-je malgré moi, ne souhaitant pas qu'il s'inquiète.

« Après notre dernier appel… J'ai cru que… Que tu ne rappellerais jamais… »

Je pouvais entendre combien il était ému de mon appel, me confirmant que j'avais bien fait de suivre mon instinct.

« Je suis désolée… Je ne peux rien te dire, mais je te promets que je vais bien. »

Un soupire me parvint de l'autre bout de la ligne et le silence s'installa, chacun de nous écoutant attentivement la respiration de l'autre. L'entendre respirer me rassurait, et j'espérais qu'il en était de même pour lui. Le savoir si proche de moi mais ne pouvoir le voir me retournait complètement, mais je me raccrochais à sa sécurité. Je ne pouvais le mettre en danger ainsi.

« D'accord. »

« Quoi ? » m'étonnai-je.

Il était… D'accord ? Lui qui m'avait supplié de lui dire où j'étais il y a quelques jours à peine ?

« Oui, d'accord. De toute façon, tu ne me diras rien. Je préfère parler régulièrement avec toi plutôt que revivre une conversation comme la dernière fois. »

Mon cœur se serra à ce souvenir. Effectivement, ce n'était pas des plus agréables.

Un coup à la porte me fit sursauter et le bébé remua dans mon ventre, me faisait serrer les dents de douleur. Calme-toi, pensai-je en massant mon ventre.

« Papa ? Il faut que je te laisse, mais je te promets de te rappeler bientôt ! »

« Bella… » soupira-t-il, guère convaincu par ma promesse.

« Je te le jure. Je t'aime, papa. »

« Je t'aime aussi, ma chérie. »

Je raccrochai avant qu'il ne m'entende fondre en larmes. Il n'avait pas besoin de ça en plus.

Les coups insistèrent une fois de plus contre le panneau en bois, et j'indiquai à la personne d'entrer pendant que je séchais mes larmes.

Tournant le dos à la porte, je ne vis pas qui me rendait visite mais le silence qui s'installa dans la pièce m'inquiéta et me força à me retourner. Immédiatement, je me figeai.

Edward était là, debout devant moi, l'air penaud. Ses yeux regardaient partout dans la pièce mais ne se posaient jamais sur moi, me serrant le cœur. Ce dernier accéléra sa course lorsque finalement nos regards se croisèrent, créant un courant électrique entre nous deux. Ses yeux étaient teintés de tristesse, mais surtout de remords et d'amour.

Lentement, il s'approcha de moi et s'assit à mes côtés alors que je me redressais. Ses doigts frôlèrent les miens, comme s'il hésitait à prendre ma main, et je l'empêchai de se poser trop de question en entrelaçant mes doigts aux siens. Un petit sourire naquit sur ses lèvres à ce geste, réchauffant mon cœur.

« Je suis désolé, Bella. Je ne te le dirai jamais assez… » commença-t-il d'une voix brisée.

Je restai silencieuse, attendant qu'il ait fini de s'expliquer. J'avais besoin de temps pour tout assimiler.

« Rien que l'idée de te perdre… Me terrifie et me plonge dans un désespoir… » Cette pensée lui arracha un frisson alors qu'il m'observait attentivement. « Mais j'aurais dû te soutenir. »

Baissant les yeux sur nos mains, je remarquai à quel point nous étions bien assortis. Deux êtres destinés à être ensemble pour l'éternité.

« Je comprends ton point de vue, Edward. Mais… »

Soudain, sa main lâcha la mienne et se dirigea très lentement vers la bosse qui pointait entre mes hanches, avant de finalement se poser dessus, m'interrompant de surprise.

« Dis quelque chose » m'incita-t-il, la tête penchée vers mon estomac.

« Comme quoi ? »

J'hésitai, ne sachant pas ce qu'il souhaitait que je dise. Je ne comprenais pas son comportement, qui m'intriguait fortement. Sa seconde main rejoignit la première et mes mains retombèrent inertes sur mes jambes.

« Il… Elle… »

Ses bafouillages me surprirent autant que ses gestes me choquèrent. Le fait qu'il pose ses mains sur mon ventre était un premier pas vers l'acceptation de ce bébé, ce qui m'émue plus que de raison. Les larmes embuèrent mes yeux, m'empêchant de voir distinctement l'expression d'Edward alors qu'il rouvrit la bouche.

« Le bébé… Il… Elle aime ta voix… »

« Que… Elle ? » m'écriai-je d'une voix enrouée par l'émotion.

A travers mes larmes, je pus néanmoins vers l'expression ahurie d'Edward. Il entendait les pensées de notre bébé. Il entendait les pensées de notre fille.

« Une fille » murmurai-je, peinant à y croire.

« Elle aime ma voix aussi » chuchota Edward, totalement émerveillé par ses découvertes.

Ses yeux remontèrent le long de mon corps pour finalement retrouver mon visage, où les larmes coulaient abondamment, trempant une fois de plus le col de mon pull.

« Je pensais qu'elle serait comme moi, mais elle est comme toi » continua-t-il. « Elle est bonne et pure… »

Un sanglot m'échappa lorsque le trop plein d'émotions m'assaillit, m'étouffant complètement sous l'amour que je ressentais pour notre bébé.

Edward caressa tendrement mon ventre, avant de plonger son regard ému dans le mien.

« Elle t'aime, Bella » murmura-t-il, la voix enrouée par l'émotion.

Un tsunami d'émotions m'embarqua, loin de la peine et de la douleur que j'avais ressentie ces derniers jours. Plus rien d'autre ne comptait en dehors de notre fille et Edward, qui semblait enfin accepter la situation.

Doucement, il se pencha et posa un tendre baiser sur ma peau tendue, récoltant en réponse un léger coup de la part du bébé, avant de remonter et de poser ses lèvres sur les miennes, achevant le peu de raison qu'il me restait.

Ses lèvres avides cherchaient les miennes, suçotant ma lèvre inférieure entre elles, me transmettant toutes les émotions qui l'habitaient. Le désespoir. La peur. L'amour inconditionnel.

Quand il se détacha de moi pour me laisser reprendre ma respiration, il reposa ses mains sur mon ventre avant de parler d'une voix rendue rauque par l'émotion.

« Je ne comprenais pas… Je ne voulais pas comprendre… »

Je gardai le silence, le laissant se livrer à moi.

« J'étais rongé par la peur de te perdre. Mais j'aurais dû t'épauler et rester à tes côtés, j'aurais dû avoir foi en toi. »

Ses paroles me touchèrent plus que de raison, provoquant une série de battements frénétiques de mon cœur déjà mis à rude épreuve. Edward ria doucement à ce son, avant d'embrasser ma tempe.

« Je pensais qu'il… Te voudrait du mal… Mais notre fille t'aime réellement, d'un amour si pur et puissant que… C'est impossible qu'elle te fasse du mal volontairement. »

L'entendre dire notre fille m'immergea une fois de plus dans un océan d'émotions intenses dans lequel je pourrais facilement me noyer. Edward acceptait enfin notre fille. Il entendait ses pensées. Il était enfin prêt à me soutenir et à m'accompagner dans mes choix.

« Je suis… Je suis tellement désolé, Bella » continua-t-il difficilement. « Je vous demande pardon, à toutes les deux… »

« Edward… » murmurai-je, émue.

« Je t'aime tellement » avoua-t-il contre mes lèvres, avant de m'embrasser avec passion.

En réponse, je glissai mes mains dans ses cheveux, savourant leur texture entre mes doigts. Dans un mouvement calculé, Edward me fit m'allonger en arrière sur le lit, se couchant à côté de moi pour ne pas écraser mon ventre.

« Je t'aime aussi » lui chuchotai-je à l'oreille lorsqu'il relâcha ma bouche pour aller embrasser mon cou.

Ce geste envoyant des millions de papillons à travers mon corps, mais je ne résistai pas aux larmes lorsqu'il déposa des baisers le long de mon corps jusqu'à mon ventre, qu'il caressa avant de l'embrasser doucement, tendrement, ses yeux fixés dans les miens.

Oui, il venait d'accepter notre fille. Il venait d'accepter mes choix. Les débuts de cette grossesse avaient été très durs et compliqués, mais nous y arriverons. L'avoir à mes côtés me donnait un courage et une force dont je ne me pensais pas capable.

J'allais mener cette grossesse à terme. J'allais donner naissance à notre fille. J'allais devenir la compagne d'Edward. Nous serions une famille heureuse et comblée.

Tel était notre destin.


Pfiou... Beaucoup d'émotions lorsque j'ai écrit ce chapitre, et toujours autant en le relisant !

J'espère qu'il vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !

Comme d'habitude, petit point sur l'avancement de cette fiction : je n'ai rien écrit cette semaine, trop de travail pour mes cours (les profs doivent penser qu'on est en vacances et non pas en visio...). Promis, j'essaie de me rattraper cette semaine :)

En ce qui concerne le nombre de chapitres restants, certaines voulaient le connaître, d'autres non... Je le noterai à la toute fin de ce mot, après les salutations habituelles, comme ça vous ne serez pas obligées de lire si vous ne voulez pas savoir :)

Je vous souhaite un bon weekend, une bonne semaine, et on se retrouve samedi prochain pour la suite d'Ascendant !

Prenez soin de vous.

Girlonfire

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Annonce du nombre de chapitres restants (ne regardez pas si vous ne voulez pas savoir) :

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Une dizaine :)