Bonsoir !
Désolée, je n'ai pas posté ce matin, j'étais un tantinet occupée… Mais bon, le principal c'est que ça soit là dans le week-end, n'est-ce pas ? o/
Enfin, voilà ! Le NaNo est lancé ! J'ai passé une très bonne soirée de kick-off à Toulouse : on a tous démarrés à minuit pile ; les doigts couraient sur les claviers, magique ! Et puis gros brainstorming de 6 à 8h du mat' ! XD
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Italie : Feliciano Vargas
Rome : Ottavio Vargas
Romano : Lovino Vargas
Espagne : Antonio Fernandez Carriedo
Seborga : Valeriano
... et donc…Vatican ! = Pietro
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 11 : Convaincre Lukas
La salle, qui comportait tout de même bien une cinquantaine de personnes, était envahie par un silence étouffant. Puis, s'éleva peu à peu un murmure d'interrogations et d'hypothèses. Personne n'avait détourné son regard de la toile en lambeaux. Certains n'osèrent pas par respect mais la plupart dévisagèrent également Feliciano.
Le jeune artiste était totalement déconfit. Il tentait de balbutier quelques mots. En vain. Les épaules tombantes, il ne pouvait décrocher son regard de sa toile, sa précieuse œuvre, qui se retrouvait en pièces. Ses yeux finirent par s'emplir de larmes qui tracèrent tranquillement leur chemin le long de ses joues. On sentait ses jambes molles et son grand-père Ottavio, fendant la foule, écartant les invités d'une main de fer, le soutint juste avant qu'il ne s'effondre. Puis, il le conduisit jusqu'aux toilettes.
Mathias observa toute la scène, comme n'importe quel autre invité présent, de loin et avec effarement. Il suivit du regard Ottavio guidant un Feliciano en pleurs avant de se tourner vers Lukas. Ce dernier regardait son verre, complètement fermé. Il ne semblait pas le moins du monde affecté par ce qu'il venait de se produire, si bien que Mathias finit même par se demander si Lukas avait décroché son regard de son verre pour suivre le discours de Feliciano et la découverte de la toile massacrée.
- C'est terrible, n'est-ce pas ? lui glissa-t-il dans l'espoir de le faire réagir
- Quoique l'on bâtisse, il finit toujours par arriver l'heure de la fin.
Mathias haussa un sourcil perplexe.
Légèrement en retrait Emil roula des yeux, puis sortit son portable pour consulter le message qu'il venait de recevoir.
Mathias revint à Lukas et le considéra longuement sans que celui-ci ne déloge le sien de sa coupe, désespérément vide. Il n'était pas forcément très fute-fute mais entre ses histoires d'étoiles qui s'éteignent et de fin inéluctable, Mathias avait la sensation que Lukas était en train de mettre en parallèle ce qu'il lui arrivait avec cette soirée de vernissage. Soirée qui s'était considérablement ternie. Cependant, Mathias n'était pas très habile en rhétorique et se contenta d'un :
- Ouais enfin bon, c'est quand même moche…
Enfin, Lukas releva le regard mais celui-ci demeura dans le vague. Ou alors s'était-il laissé perdre dans la peinture méconnaissable qu'ils avaient en face d'eux. Il lâcha un bref soupir.
- Il transparaît clairement une volonté d'expression dans cet acte.
Heureusement que Mathias avait un deuxième sourcil qu'il put hausser à son tour.
- Oh ! Je vois… T'es en train de me dire que la peinture n'est pas saccagée mais que c'est volontaire. Donc que Feliciano a réalisé ça dans un but… artistique ? Tu vas me dire… j'y comprends tellement que dalle à l'art et ils font des trucs tellement bizarres de nos jours que ça m'étonnerait pas.
Advint alors une réaction fulgurante de la part de Lukas. Il tourna brusquement la tête et toisa d'un profond regard noir Mathias. Pour le coup, se dit ce dernier, il n'y avait rien d'insondable dans son expression.
- L'acte de voler ou d'assassiner représente la volonté virulente d'exprimer un désaccord, une envie, une jalousie, une colère, une honte, et tant d'autres sentiments. Et pourtant ce n'est pas de l'art. Même si cela pourrait porter à réflexion. Mais qu'importe : le fait est que la peinture n'a bien évidemment pas été mise en lambeaux par son auteur, mais bien par une tierce personne. Feliciano n'a pas feint la surprise, ni même le désarroi ou la profonde affliction. Ce n'est pas de l'art, c'est un acte de vandalisme.
Lukas avait sorti cela d'une traite sans quitter un instant du regard Mathias. Lequel avait cligné des yeux pour ainsi dire à chaque mot. Une fois sa tirade achevée, Lukas s'en était retourné à la contemplation de sa coupe vide.
Le silence se fit entre eux pendant quelques instants. Puis, Mathias hocha lentement la tête, prenant conscience de ce que cela impliquait.
- Un acte de vandalisme, donc… Donc t'es en train de me dire que nous sommes face à un nouveau mystère. Et donc que tu vas résoudre cette enquête ! s'excita Mathias avec un large sourire
La main de Lukas qui tenait le verre se contracta à ces mots.
- Non.
Mathias en tomba des nues.
Emil annonça tout à coup :
- Bon. Moi, je vous laisse. Jia Long m'attend dehors.
Si pour une fois Lukas demeura de marbre face à la déclaration de son frère cadet, ce ne fut pas le cas de Mathias qui manqua de sursauter, avant de se tourner vers le jeune homme.
- Mais… et le vernissage ?
- Trois coupes de champagne, des amuse-gueules et un pleurnichard à cause de l'œuvre de sa vie réduite en lambeaux. Je pense que c'est fini, non ?
Mathias tenta de trouver quelque chose à répliquer. Alors qu'il ouvrait et fermait la bouche comme un poisson, Emil lui fourra les clés de la voiture dans la main.
- Je vous laisse la bagnole je me démerderai pour rentrer. Bye.
Et il s'éclipsa rapidement, sûrement afin d'échapper à toutes répliques de la part de l'un ou l'autre.
Mathias reporta de nouveau son regard sur Lukas. Ce dernier posa finalement sa coupe vide sur le plateau d'un serveur qui, malgré un temps d'arrêt pour digérer la nouvelle, avait repris son service comme si de rien n'était.
- Je rentre aussi.
Mathias étant déjà tombé des nues, il ne pouvait faire autrement que réagir avec vivacité.
- Attends ? Quoi !
Lukas tournait déjà les talons, les mains enfoncées dans les poches, la tête haute mais le regard rivé sur le sol.
Mathias s'élança vers lui, agitant les bras dans tous les sens.
- Non, non ! Oh ! Tu peux pas faire ça !
Il l'attrapa par les épaules et le força à se tourner vers lui. Même s'il ressentit une certaine opposition de la part de Lukas, celui-ci fut bientôt face à lui.
- Non, Lukas, c'est pas comme ça que ça doit se passer !
Lukas fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu insinues ? Que tu aurais monté toute cette mascarade pour que je reprenne les enquêtes ? Que c'est toi le responsable de cette œuvre en lambeaux ?
Mathias leva les mains au ciel en signe d'innocence.
- Oulà ! Non, j'ai jamais rien fait de la sorte ! Mon plan, c'était juste de te faire venir ici, que tu rentres chez toi, à Oslo, et que tu te rendes compte que… que… et beh que tu nous manques.
Lukas eut alors une réaction incongrue aux yeux de Mathias. Il fronça les sourcils et parut presque dérangé par l'idée.
Mathias balaya l'air de ses deux mains, voyant bien que chacun de ses mots pouvaient être interprétés différemment de ce qu'il avait en tête. Il s'emmêlait les pinceaux mais au moins avait-il la sensation que son malaise vis-à-vis de Lukas s'en était allé. Il se retrouvait à s'agiter en tout sens comme d'ordinaire, à se laisser porter par son instinct.
- Enfin bref, là n'est pas la question pour le moment ! Le fait est que tu peux pas partir maintenant tu dois résoudre cette enquête.
- Non.
- Mais pourquoi non ?
- Je ne suis pas habilité à le faire.
- Mais tu t'en fous ! Tu aimes ça, éclaircir des mystères, bordel de merde !
- Non.
- Alors, ça, c'est faux. Je sais que tu aimes ça.
- Comment pourrais-tu le savoir ?
- Je commence à te connaître… Lulu, ne put-il s'empêcher d'ajouter en se remémorant le sobriquet dont son père adoptif l'avait affublé
Lukas ne put empêcher ses joues, de surcroît au teint pâle, de s'empourprer de façon bien voyante.
- Je t'interdis d'utiliser ce surnom et par la même de salir la mémoire de mon père, répondit-il néanmoins d'une voix posée mais on ne peut plus grave
Mathias se reprit aussitôt, comprenant qu'il avait été un tantinet trop loin.
- Quoiqu'il en soit, déclara-t-il en croisant les bras, tu aimes résoudre des enquêtes, j'en suis convaincu. Tu prends ton pied à voir les gens pendus à tes lèvres…
Lukas esquissa une brève moue.
- Je ne ferai rien à part rentrer.
Il tourna une nouvelle fois les talons vers la sortie. Mais aussitôt Mathias l'attrapa par le poignet et l'obligea à le suivre.
- T'auras beau dire, je te crois pas.
- Lâche-moi. La police saura très bien gérer ça toute seule.
Il se dégagea sèchement tout en demeurant d'apparence calme.
- Ce n'est qu'un vulgaire acte de vandalisme. Rien d'intéressant.
Mathias commençait à en avoir marre. Il souffla.
- On connait le petit Feliciano. On est venu pour lui. Lui qui repart pour l'Italie bientôt. Je suis sûr que ça lui ferait super plaisir que tu t'en occupes plutôt que de devoir s'embarrasser des forces de l'ordre et de la paperasse alors qu'il est sur le point de quitter le pays. Fais-le pour lui !
- Je ne suis pas une âme charitable. Je n'ai résolu que pour ma propre personne.
- N'importe quoi. Allez suis-moi.
Mathias lui agrippa de nouveau le poignet. Lukas tenta de se dégager une nouvelle fois. Mais en vain ! En l'occurrence, et ce malgré le large sourire jovial de Mathias, celui-ci l'empoignait d'une main ferme et bien décidée à ne pas le laisser partir. Sans compter que retenir des gens par la force était loin de lui être inconnu. Il savait y mettre la vigueur s'il le fallait.
- On dirait un gamin, ah ah !
Lukas se mura dès lors dans un profond mutisme.
Mathias le guida jusqu'aux toilettes où Feliciano avait donc trouvé refuge. Lorsqu'ils arrivèrent aux abords, ils découvrirent Lovino assis par terre contre le mur, l'air aussi bougon que d'habitude. Antonio, son compagnon, se tenait debout à ses côtés, sifflotant légèrement. Valeriano, quant à lui, s'agitait anxieusement, près du vieillard qu'était Pietro, assis sur une chaise, les mains soigneusement ramenées l'une sur l'autre, jetant de temps à autres un coup d'œil froid en direction de Lovino. Ottavio apparut finalement au seuil des toilettes avec une question pour sa famille :
- Dites euh… l'un de vous aurait pas des mouchoirs en rab ?
Il se gratta le crâne, légèrement gêné.
- On a vidé les toilettes… y en n'a plus.
Mathias sauta sur l'occasion et extirpa d'une de ses poches de pantalon un paquet de kleenex. Il le présenta à Ottavio avec un petit sourire compatissant. Le patriarche l'observa un instant surpris avant de s'en emparer en le remerciant.
Lukas avait décidé d'apporter une attention particulière au sol. Mathias prit donc les devants et le poussa légèrement en avant. Le regard d'Ottavio s'illumina alors.
- Mais oui ! Vous êtes détective ! Venez, venez ! Je suis sûr que Feli sera content que vous le souteniez dans cette triste histoire.
Lukas esquissa une moue. Il n'eut cependant pas le loisir de s'éclipser, poussé par Mathias, tiré par Ottavio.
Feliciano était acculé dans la dernière cabine, au fond des toilettes, prostré dans un coin, à pleurer toutes les larmes de son corps et renifler bruyamment. Il faisait peine à voir, lui qui était encore si joyeux vingt minutes à peine auparavant.
Ottavio s'agenouilla et, dans un geste tendre, lui tendit un nouveau mouchoir. Feliciano s'en empara sans relever le regard, se moucha avec force avant d'enfouir sa tête dans ses genoux. Son grand-père caressa ses cheveux.
- Feli… Même si je comprends que tu ais pu mettre du cœur à l'ouvrage, ce n'est qu'une toile. Tu auras l'occasion d'en refaire, et peut-être même de meilleures.
- Je sais mais celle-ci… bredouilla Feliciano d'une voix étouffée et encore chargée de sanglots, c'était le plus beau souvenir de mon séjour…
- Je comprends mon petit, reprit Ottavio, mais hauts-les-cœurs, hein ! Je ne laisserais pas un barbare crapuleux s'en prendre à mon adorable petit-fils et ce qu'il a de plus cher !
Il se redressa et présenta un poing déterminé. Puis, il attrapa Lukas par les épaules.
- Et Monsieur le détective ici présent va nous y aider, n'est-ce pas ?
Feliciano releva la tête. Son visage ravagé par la tristesse s'illumina légèrement à la vue de Lukas. Ce dernier n'en menait pas large, cherchant un endroit où poser son regard ainsi qu'une quelconque répartie qui lui permettrait d'échapper à cette situation.
L'artiste peintre sauta alors sur ses pieds et dans un élan d'espoir inopiné, il attrapa les mains de Lukas dans les siennes.
- Vous allez m'aider ? Vous allez vraiment m'aider ? Vous allez trouver le coupable, n'est-ce pas ? Vous savez y faire, vous, n'est-ce pas ?
Mathias passa négligemment son bras sur les épaules de Lukas et leva un pouce de victoire.
- Bien sûr que oui ! Il ne va pas vous laisser tomber !
- Je compte sur vous, renchérit Ottavio avant de partir dans un éclat de rire, qu'il prenne gare à ses fesses ce malotru ! Dès que vous l'aurez attrapé, je me promets de lui parler du pays.
Un éclat dangereux dansa dans les yeux du patriarche. On ne pouvait pas s'y tromper : le sang italien coulait bien dans ses veines.
Feliciano, le regard toujours rivé sur le détective, sourit de plus belle malgré ses yeux rougis.
Lukas dégagea le bras de Mathias d'un geste vif et lui adressa un coup d'œil. Mathias ne se départait pas de son sourire confiant, et ce même s'il ne savait pas si l'inexpressivité de Lukas cachait un remerciement ou de la désapprobation. Bah ! Il préférait se dire que c'était sa façon à lui de le remercier !
Affaire à suivre…
