Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien ?
Merci pour vos reviews, mise en alerte et favoris ! C'est un plaisir de savoir que cette histoire vous plaît :)
Voici le chapitre 19 d'Ascendant, j'espère qu'il vous plaira...
Je m'excuse d'avance pour les fautes d'orthographe oubliées, mais ma vie va à 100 à l'heure en ce moment... Je n'étais même pas sûre d'avoir le temps de publier, c'est vraiment la course !
Je vous laisse lire. On se retrouve en bas ?
CHAPITRE 19
« Bella » me suppliait Alice depuis plusieurs minutes. « Dis oui… S'il-te-plaît ? »
Un soupir passa mes lèvres alors que je levais les yeux au ciel devant l'air de chien battu qu'abordait mon amie. Cela faisait plusieurs jours qu'elle me harcelait pour qu'on choisisse un modèle de chambre de bébé pour notre fille. Et cela faisait plusieurs jours que je l'envoyais bouler.
« Je te fais confiance, Alice » lui répétai-je pour la millième fois. « Fais comme bon te semble. »
« Mais… C'est ton bébé ! »
Edward pouffa tout en continuant de masser mes pieds douloureusement gonflés, caressant de temps à autre mes jambes qui étaient posées sur les siennes. La douceur dont il faisait preuve à mon égard faisait fondre mon cœur.
« Laisse-la tranquille, Alice. »
Cette dernière jeta un regard noir à son frère avant de reposer ses yeux flamboyants sur moi. Sous son regard, j'avais l'impression de n'être qu'une enfant désobéissante qui allait se faire réprimander, et c'était très désagréable.
« Ça ne vous dérange pas de ne pas préparer son arrivée ? »
« On te fait confiance, tu prépareras tout avant même qu'elle ne soit née. »
Ravie qu'Edward prenne le relai auprès de sa sœur, je me redressais pour poser ma tête sur son épaule et me concentrer sur le film qui passait à la télévision. Dehors, la pluie commençait à peine à se calmer après être tombée à verse pendant plusieurs heures.
« Vous êtes… Vous êtes… Rah ! »
Complètement exaspérée et énervée contre nous, Alice quitta rapidement le salon, passant devant un Jasper mi amusé, mi effrayé.
« Merci les gars » nous dit-il en se levant des escaliers où il était assis depuis le début de notre discussion. « Je vais encore devoir la calmer. »
Edward ne répondit pas à son frère, se contentant de lui adresser un sourire en coin avant de reporter son regard sur l'écran plat.
« Jasper ! » cria Alice depuis l'étage.
Soupirant, Jasper rejoignit sa compagne rapidement, nous laissant seuls dans la pièce.
« Enfin un peu de paix » chuchota Edward dans mes cheveux.
« Hum hum » marmonnai-je sans conviction.
Oubliant sa peste de sœur qui prévoyait déjà mille projets pour l'arrivée de notre fille, nous restâmes tranquillement au salon, nous cajolant tendrement tout en regardant la fin du film. De temps à autre, Edward laissait ses doigts glisser le long de bras pour finalement poser sa main sur mon ventre, où notre fille lui répondait par des petits coups.
Lorsqu'un coup se fit plus violent que les autres, j'étouffais difficilement un cri de douleur, alarmant aussitôt mon compagnon.
« Ce n'est rien » soufflai-je pour le rassurer tout en me redressant. « Elle a de la force, c'est tout. »
Edward se redressa à son tour avant de pencher son visage contre la peau tendue de mon estomac.
« Doucement bébé, tu fais mal à maman. »
Depuis qu'Edward avait accepté le bébé, il passait la plupart de son temps avec moi, surveillant que je ne me fatigue pas trop, parlant sans cesse au bébé. Je chérissais ces moments, tombant à chaque fois un peu plus amoureuse de lui lorsqu'il parlait et embrassait notre fille à travers la peau de mon ventre. La douceur qui teintait ses traits contrastait avec la colère qui l'habitait encore il y a quelques jours, pour mon plus grand bonheur.
« Il faudrait qu'on réfléchisse à un prénom » me dit-il soudainement, me tirant de mes pensées. « On ne va pas l'appeler ''bébé'' pour l'éternité ».
Un petit rire me secoua alors que je passais mes doigts dans les mèches cuivrées de mon compagnon, qui avait toujours sa tête collée à mon ventre.
« En effet » admis-je. « Tu as des idées ? »
Quelques secondes de silence s'écoulèrent sans qu'aucun de nous deux ne prit la parole, chacun pensant à différentes hypothèses.
« Il lui faut un prénom unique. Comme la situation »
« Je suis d'accord. »
« Que penses-tu de créer un prénom ? » me proposa-t-il, levant ses yeux dorés vers moi.
« Que veux-tu dire ? »
« Eh bien… Je pensais qu'on pourrait mélanger les prénoms de certaines personnes… »
Son ton hésitant me fit vibrer. L'entendre parler et réfléchir à un prénom pour notre fille me montrait combien il l'acceptait, malgré sa peur de me perdre.
« Lesquels ? »
« J'avais pensé à Charlie et Carlisle. Charlie parce que c'est ton père, et qu'il te manque atrocement et… »
« Ce n'est pas… »
« Tu parles en dormant » me rappela-t-il. « Tu parles souvent de ton père. »
Je gardai le silence, dégoûtée d'être trahie par cette mauvaise habitude que j'avais depuis petite.
« Donc Charlie pour ton père, et Carlisle pour le mien. Sans lui, je t'aurais certainement tuée lors de notre première rencontre… Je lui dois ta vie. Sans lui, je ne serais pas là et nous ne nous serions jamais rencontrés. »
Cette hypothèse me serra le cœur. Imaginer une vie sans Edward… Inimaginable.
« Je lui dois tout… » conclut-il d'une voix douce.
Je gardais le silence, essayant de me reprendre et de ne pas laisser les larmes déborder.
« Si ça ne te plaît pas… »
« Le concept me plaît » l'interrompis-je rapidement. « Dis-moi le nom. »
« Carlie. »
Au moment où il prononça ce prénom, notre fille donna un léger coup contre la paroi de mon ventre, ce qui m'arracha un rire.
« Je crois qu'elle le valide. »
Edward joignit ses rires aux miens avant d'embrasser mon ventre déformé par le pied de notre fille. Lentement, il remonta sa bouche vers la mienne, parsemant mon corps de tendres baisers avant de poser ses lèvres sur les miennes.
« C'est parfait » soufflai-je en décollant nos bouches. « Merci… »
Pour toute réponse, il embrassa mon front et j'en profitai pour me nicher dans ses bras, humant avec délice son odeur si unique.
« Bella ! » s'écria la voix d'Alice depuis les escaliers, interrompant le silence qui régnait dans la pièce.
Levant les yeux au ciel, je lui jetai un regard, admirant son attitude gracieuse et décontractée alors qu'elle courrait sur des talons de quinze centimètres. Jasper la suivait d'un pas traînant, guère heureux d'être promené dans toute la maison comme ça. Comme d'habitude, Alice menait son monde à la baguette.
« Blancs ou beiges ? »
« Quoi ? »
« Les meubles de la chambre de Carlie » m'expliqua-t-elle doucement, comme si j'étais une imbécile. « Blancs ou beiges ? »
Je me décollai légèrement du torse d'Edward afin de pouvoir voir son visage, l'interrogeant du regard.
« Peu importe, choisis. »
« Blancs » répondis-je alors immédiatement à Alice. « Nous peindrons les murs en couleur. »
« Tut tut tut » chantonna-t-elle en agitant un doigt devant moi. « Toi, tu ne vas rien faire. Nous, nous allons peindre. »
Haussant une épaule, je me recalai contre Edward alors que sa sœur feuilletait un catalogue de décoration.
« Nous allons acheter des meubles avec Jasper » reprit-elle après quelques instants de silence.
« Bon shopping » leur souhaita Edward, les mettant à la porte le moins discrètement du monde, tout en continuant de caresser mon bras, m'envoyant des milliers de frissons à travers le corps.
A peine étaient-ils sortis qu'Edward éteignit la télé et se redressa vivement, avant de se tourner vers moi. Surprise, j'haussai un sourcil dans sa direction.
« Allons à la clairière. »
Ravie de m'éloigner de la maison pendant un moment, je ne demandais pas mon reste et le laissais me prendre dans ses bras. Malheureusement, mon ventre nous empêchait de voyager comme nous l'avions fait la première fois que nous nous étions rendus à la clairière. Edward était désormais obligé de me porter dans ses bras, me tenant fermement contre son torse alors qu'il courait sans effort à travers les arbres.
Le trajet ne nous prit pas plus de cinq minutes, tant Edward était rapide. La pluie avait cessé peu avant notre départ de la maison, baignant la forêt d'une atmosphère humide. L'odeur des pins et de la terre mouillée imprégnait mes narines, mais je savourais ces odeurs qui m'avaient tant manquées en Italie, où la terre était sèche et craquelée.
La clairière était telle que dans mon souvenir, baignée de lumière et emplie de fleurs sauvages, toutes plus colorées les unes que les autres. Edward me posa en son centre, me laissant pleinement apprécier le paysage. Le soleil miroitait sur sa peau, me donnant l'impression qu'elle était incrustée de centaines de diamants.
« Tu es magnifique » ne pus-je m'empêcher de lui dire.
Un rire le secoua alors qu'il m'enveloppait dans ses bras puissants.
« On me l'a déjà dit. »
« Tu parles ! Comme si les gens osaient ! »
Edward posa son menton sur le haut de ma tête, nous berçant de gauche à droite. Finalement, il glissa sa main le long de mon bras avant de saisir la mienne. Son autre bras passa autour de ma taille, me rapprochant de lui autant de mon ventre nous le permettait.
La lumière du soleil réchauffait l'air fleuri, alors que la voix d'Edward se joignit aux bruits de la nature, accompagnant nos pas de danse.
« Désolée » ris-je après avoir trébuché. « Danser est déjà un défi pour moi, alors dans une prairie… »
« Ma Bella… » soupira Edward en collant son front au mien. « Maladroite mais si adorable. »
Dans un vain effort de lui faire regretter ses paroles, je lui donnai un petit coup sur l'épaule avant d'y reposer ma tête, chérissant l'instant présent.
Les bruits de la nature m'apaisaient, emplissant mon corps d'un calme qui était bienvenue après ces dernières semaines. Au loin, nous pouvions entendre un ruisseau d'écouler tranquillement, alors que le vent secouait doucement les arbres, laissant les gouttes retenues par les feuilles d'échouer au sol.
« Je t'aime » murmura Edward en embrassant le haut de ma tête. « Plus que ma propre vie. »
« Je t'aime aussi » lui répondis-je sur le même ton. « Pour l'éternité. »
Apaisés, heureux et amoureux, nous continuâmes de danser dans cette clairière fleurie et ensoleillée, seul témoin du bonheur qui nous enveloppait.
Lorsque nous rentrâmes à la villa, les lumières étaient toutes allumées. A peine avions nous franchi le seuil que Rosalie nous accueillit, repoussant légèrement Edward pour pouvoir toucher mon ventre et saluer notre fille, ce qui fit grogner mon compagnon.
« Carlisle aimerait vous voir » nous annonça Esmée en apparaissant derrière sa fille. « Il est dans son bureau. »
Edward hocha la tête avant de me tirer en avant vers le bureau de son père, laissant derrière nous une Rosalie frustrée de ne pas avoir senti le bébé bouger. Son insistance à toujours vouloir toucher mon ventre agaçait grandement Edward, qui avait peur que sa sœur ne montre de l'intérêt que pour notre enfant sans se préoccuper de ma santé.
Nous montâmes tranquillement les marches vers le bureau de Carlisle, les doigts d'Edward mêlés aux miens, créant une douce chaleur qui se diffusait à travers mon corps entier, le faisant frissonner de délice. Jamais je ne serai rassasiée de cet homme. Jamais je ne me lasserai de lui.
« Entrez » nous invita Carlisle après qu'Edward ait frappé au panneau de bois.
Nous entrâmes dans la pièce, Edward me tenant la porte ouverte pour que je puisse passer. J'allais directement m'assoir sur un des fauteuils destinés aux visiteurs, heureuse de pouvoir soulager mes pieds gonflés. Edward ne tarda pas à s'assoir à mes côtés, remuant nerveusement sa jambe.
« Calme-toi » lui ordonnai-je.
Son attitude me surprenait. Pourquoi était-il nerveux ? Ne savait-il pas déjà pourquoi Carlisle nous avait convoqués ? Ne lisait-il pas dans ses pensées ?
Non, pensai-je en voyant le regard noir que jetait Edward à son père, il ne sait rien. Carlisle devait certainement penser à autre chose, ne permettant pas à mon compagnon de deviner la tournure des événements.
« Arrête de penser à tes patients » grogna Edward en remuant sur sa chaise.
Les épaules de Carlisle furent secouées d'un petit rire alors qu'il fermait l'épais livre qu'il était en train de lire à notre arrivée.
« En réalité » commença-t-il en posant les coudes sur son bureau « je voulais vous parler de l'après. »
« L'après ? » demandai-je, perdue.
« Après la naissance de votre fille. »
Le silence s'installa suite à cette déclaration, aucun de nous n'osant parler. Je lançai un coup d'œil en direction d'Edward et pus constater qu'il avait le visage fermé, perdu dans ses pensées. Remettait-il en question notre accord avant que nous n'apprenions que j'étais enceinte ?
« Bella » reprit Carlisle, me forçant à le regarder. « Comment veux-tu gérer la fin de ta grossesse ? Veux-tu que l'on fasse naître le bébé avant terme pour t'assurer plus de chances de survie ? »
Les yeux plongés dans les siens, je pouvais sentir deux d'Edward qui brûlaient mon profil. Je n'osais pas tourner la tête vers lui, terrifiée à l'idée de lire sa peine et sa douleur à l'idée de me perdre.
« Je… »
Ma voix n'était pas plus forte que celle d'une souris et je me raclai la gorge dans l'espoir de gagner quelques décibels.
« Je compte aller jusqu'au bout, Carlisle. Je ne veux pas que Carlie naisse prématurément et… »
« C'est de la folie ! » s'exclama Edward en m'interrompant. « Tu as une chance de survivre et tu veux quand même aller jusqu'au bout de la grossesse ? »
« Edward » le réprimanda Carlisle d'une voix autoritaire avant de se tourner vers moi. « Bella, ton enfant est mi-vampire. Il sera bien plus résistant qu'un bébé humain. »
Guère convaincue par cette argumentation, je posais enfin mon regard sur Edward, constatant que ses yeux me lançaient des éclairs. Allions-nous encore une fois nous déchirer ?
« A quel stade suis-je ? » demandai-je calmement à Carlisle.
« Je n'ai pas pu voir le bébé sur l'échographie, mais selon les mesures que j'ai prises la dernière fois, il a toutes les chances de survivre. »
« Accoucher dans les prochains jours ne mettrait donc pas sa vie en danger ? » insistai-je.
« Je ne pense pas. »
Je me tournai une nouvelle fois vers Edward, plongeant mon regard dans le sien. Ses yeux dorés brûlèrent littéralement mon âme lorsqu'ils se fondirent ensemble. Je pouvais y lire toute sa peur, mais aussi tout son amour pour moi. Ce dernier irradiait, gonflant mon cœur du même amour réciproque. Son âme reconnaissait la mienne, et je reconnaissais la sienne. Deux âmes liées pour l'éternité, que rien ne pourra séparer.
« Je veux rester avec toi pour l'éternité » murmurai-je, la voix tremblante d'émotions. « Faisons le nécessaire pour que ce soit possible. »
Un soupir passa les lèvres d'Edward alors qu'il se levait brusquement pour me décoller de mon siège et me serrer dans ses bras, me faisant virevolter autour de lui. Lorsqu'il me reposa sur mes pieds, il enveloppa mon visage entre ses douces mains et m'embrassa tendrement, complètement oublieux de la présence de son père à quelques mètres.
L'amour que nous ressentions l'un pour l'autre transparaissait dans notre baiser, dans nos soupirs émus qui nous échappaient, dans mon cœur qui battait à un rythme frénétique, dans les coups que donnait notre fille contre le torse de son père.
Un raclement de gorge nous interrompit et je pris soudainement conscience de la présence de Carlisle à côté de nous, sa bouche tordue par un sourire moqueur. Aussitôt, je m'empourprai, augmentant les rires de Carlisle.
Edward ne semblait pas plus gêné que ça, me gardant fermement contre son torse de pierre, embrassant ma tempe de temps à autre.
« Bien » reprit Carlisle d'un ton plus sérieux. « Je pense que nous devrions programmer la césarienne pour dans trois jours. J'ai peur que Bella n'accouche après ce délai… »
« Oui » approuva immédiatement Edward. « Pas la peine de faire traîner les choses. »
« Bien » répéta son père avant de se lever pour aller ranger son livre.
Le bébé appuyant sur ma vessie, je laissais les deux hommes entre eux pour aller me soulager. Toutefois, mon corps fit un bond dans ma poitrine lorsque j'arrivai devant la porte du bureau, complètement émue par ce que j'entendais. Souhaitant entendre la suite de la conversation, je n'entrais pas.
« Alors… Carlie, hein ? »
Le rire d'Edward résonna dans la pièce, heureux et léger.
« Oui » approuva-t-il. « Ça nous semblait juste de l'appeler selon les deux personnes sans qui nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd'hui… »
« C'est… ingénieux. »
Le mot employé par Carlisle me fit pouffer de rire en même temps qu'Edward, alors que ce dernier reprenait la parole.
« Une simple contraction entre Carlisle et Charlie. »
« C'est magnifique, Edward. »
Un silence lourd en émotion s'installa dans le bureau, seulement troublé par ma respiration haletante sous le coup des émotions qui m'envahissaient. Satanées hormones.
« Carlisle… » commença Edward d'un ton hésitant. « Je ne t'ai jamais remercié… Pour cette vie extraordinaire. »
Les larmes affluèrent dans mes yeux sous l'émotion et Carlie remua doucement dans mon ventre, comme si elle voulait aussi participer à ce moment intense. Edward avait toujours affirmé détester le fait que Carlisle l'ait transformé en 1918. L'entendre remercier son père montrait combien il était en paix avec lui-même et heureux de cette vie.
« Grâce à toi, j'ai enfin trouvé ma moitié et… Je ne pourrai jamais assez te remercier. »
Mon cœur bondit dans ma poitrine et les larmes débordèrent finalement à l'attente de ses propos.
« Tu mérites le bonheur Edward. Je sais maintenant que j'ai fait le bon choix à l'époque. »
Les sanglots m'étranglaient littéralement mais je ne pouvais pas regretter d'avoir entendu cette conversation. Mon cœur se serrait d'amour pour Edward, mais aussi de bonheur en entendant qu'il était enfin heureux.
Des bras de pas feutrés sur le parquet du bureau, puis des bruissements de tissu. Je ne résistai pas à l'envie de jeter un coup d'œil et je penchai par l'entrebâillement de la porte pour voir mon compagnon et son père dans les bras l'un de l'autre, ravivant mes larmes.
« Je t'aime, mon fils. Je veux que tu sois heureux. »
« Je le suis, papa. »
C'était la première fois que j'entendais Edward appeler Carlisle « papa » et une fois de plus, mon cœur s'affola sous l'émotion. Un sanglot m'échappa et les deux hommes se tournèrent vers moi, tandis que je levai ma main vers ma bouche pour étouffer mes pleurs.
« J'ai l'impression qu'une curieuse nous écoutait » rigola Carlisle en relâchant Edward. Ce dernier me fixait avec émotion avant de se diriger vers moi et d'essuyer mes joues trempées de larmes de ses pouces.
Après que je me sois calmée, Edward embrassa tendrement mon front tout en glissant ses mains vers mon ventre rebondi, le caressant doucement. Notre fille se fit sentir en donnant un puissant coup contre la main de son père, ce qui m'arracha un petit cri de douleur.
« Ça va ? » s'inquiéta Carlisle, que nous avions une fois de plus oublié.
« Oui, Carlie est juste puissante. »
« Une future joueuse de football ! » s'écria joyeusement Emmett en débarquant dans la pièce.
« Emmett » râla Edward. « Tu ne pervertiras pas ma fille avec ta passion obsessionnelle pour le sport. »
Entendre Edward dire « notre fille » me faisait toujours le même effet, me noyant dans une mer d'émotions toutes plus intenses les unes que les autres.
« T'es pas drôle, Edward » ricana Jasper depuis la porte du bureau, son épaule appuyée contre le chambranle.
« Non, cette petite sera une vraie fan de shopping » s'exclama à son tour Alice en sautillant dans la pièce. « Pas comme sa mère… »
Je levai les yeux au ciel, sachant pertinemment qu'il ne servirait à rien de contredire Alice. Toujours nichée dans les bras d'Edward, je regardais ses frères et sœurs qui avaient envahi le bureau de Carlisle pour faire mille projets pour notre fille. Voir cette famille si impliquée dans ma future vie me comblait de joie.
Derrière nous, Carlisle rigola doucement avant d'annoncer que l'hôpital lui avait demandé de se rendre à Seattle pour un séminaire, mais qu'il serait de retour dans deux jours.
Après qu'il ait quitté le bureau, je continuais de regarder les Cullen s'agiter dans tous les sens, ravis qu'un nouveau membre vienne compléter la famille. Posant ma tête sur l'épaule d'Edward, je regardais ma nouvelle famille et pensais que rien ne pourra jamais me rendre plus heureuse.
Après qu'ils aient tous établi leurs théories sur les futures passions de notre bébé, Edward les mit dehors et nous guida vers ce qui était auparavant sa chambre, et qui était devenue la nôtre.
« Il faut que tu te reposes » me dit-il en me couchant de force sur le lit avant de s'allonger à mes côtés.
Tout en rigolant, je me redressai et lui déposai un baiser sur les lèvres.
« Il me faut d'abord quelques minutes d'humanité » soupirai-je sur ses lèvres parfaitement dessinées, qui s'étirèrent en un sourire à mes mots.
« Faites, madame. Faites. »
Aussi rapidement que mon corps de baleine me le permettait, je me levai du lit et filai dans la salle de bain attenante à la chambre pour me préparer pour la nuit. La douche détendit mes muscles fatigués et me réchauffa, même si j'eus du mal à me nettoyer les pieds avec l'obstacle qu'était mon ventre. Après quelques efforts et acrobaties, je pus néanmoins finir ma douche et enfiler un t-shirt appartenant à Edward.
Lorsque j'ouvris la porte de la chambre, je vis qu'Edward lisait un livre, tranquillement allongé en travers du lit. En passant devant le miroir en pied, je me stoppai net et me plaçai face à lui, effrayée et choquée par la vision que j'avais de mon corps.
Mon ventre était énorme et lorsque je relevai le t-shirt qui le recouvrai, je ne pus m'empêcher de pousser un cri d'effroi en découvrant que la peau avait craqué à différents endroits, le recouvrant de vergetures. A cela s'ajoutait également les hématomes causés par les mouvements du bébé. Une ligne violacée verticale courait le long de mon ventre, à l'endroit où mes abdos s'étaient écartés pour laisser la place au bébé.
Certaines femmes enceintes disaient ne pas être gênées par ces marques, que c'était le signe qu'elles portaient la vie. Toutefois, je ne pouvais m'empêcher d'en être dégoutée. Comment ne pas être horrifiée par un tel corps alors que votre compagnon était un dieu vivant ?
Je ne remarquai que les larmes avaient coulé sur mes joues seulement lorsqu'Edward les essuya de ses doigts frais.
« Bella… »
« Je… Je… »
Les sanglots me serraient la gorge, limitant les mots qui voulaient sortir de ma bouche.
« Tu es parfaite » souffla-t-il en nichant sa tête dans mon cou, embrassant la peau fine sous mon oreille.
« Ne dis pas n'importe quoi » hoquetai-je en fermant les yeux, ne voulant plus voir la vision de mon corps déformé par la grossesse.
« Tu es ma perfection » murmura-t-il en me retournant vers lui. « Tu es parfaite pour moi. Tu portes notre fille, qui est hors du commun. Ton corps se remettra après la grossesse. »
« Lorsque je serai vampire ? » lui demandai-je avec espoir, n'oubliant pas le semblant d'accord que nous avions conclu en Italie.
Edward s'écarta de moi et plongea ses yeux dorés dans les miens, ses sentiments se mêlant telle une tempête dans ses iris.
« C'est vraiment ce que tu veux ? »
« Oui » affirmai-je, sûre de moi. « Je veux que tu me transformes après l'accouchement. »
« Tu ne veux pas allaiter ? »
« Je m'en fiche » balayai-je d'un mouvement de main. « Tu pourras lui donner le biberon comme ça. »
Edward secoua la tête avant de poser ses mains sur mes épaules, reprenant un air sérieux.
« Tu ne sembles pas bien comprendre… Tu seras incontrôlable dans les premiers temps… Tu ne pourras pas approcher notre fille… »
Mon cœur loupa un battement à ces mots. Je n'avais pas pensé au potentiel danger que je représenterai pour ma fille après ma transformation. Edward, si.
« Je… » commençai-je après quelques secondes de réflexion.
Malheureusement, avant de pouvoir achever ma phrase, un brusque mouvement survint dans mon ventre et une vive douleur vibra le long de ma colonne vertébrale, suivie d'un craquement sourd.
Ma bouche était ouverte mais aucun son n'en sortit, tant la douleur était intense. Face à moi, les yeux d'Edward s'écarquillèrent d'horreur alors que mes jambes se dérobèrent sous mon poids. Il me rattrapa avant que je ne m'écroule au sol, mais la panique me saisit alors que ma vision se troublait.
« …ella… Rest… Non ! Bel… »
Ses lèvres bougeaient rapidement mais les sons me semblaient atténués, comme si j'avais plongé la tête sous l'eau. Plusieurs mains fraîches m'attrapèrent et j'eus l'impression de flotter pendant quelques secondes, avant de finalement rencontrer une surface froide.
La douleur parcourait mon corps lorsqu'un deuxième coup me frappa de l'intérieur, me donnant la nausée.
« Il faut sortir le bébé ! » ordonna une voix qui me faisait penser à des clochettes.
« NON ! » rugit un autre ténor. « Laissons agir la morphine ! »
« On n'a pas le temps, Edward » reprit la première voix. « Il faut le faire ! »
Un hurlement emplit la pièce, me perçant les tympans. Mon corps convulsait violemment, alors qu'un nouveau craquement se fit entendre. Des mains glacées se posèrent sur mes bras et mes jambes pour me maintenir en place, mais rien n'y faisait.
Le hurlement perdura, et je ne compris qu'il s'agissait du mien que lorsqu'il s'étrangla à mesure que ma gorge s'emplissait d'un liquide chaud au goût métallique.
« Appelez Carlisle ! »
« Ça sonne occupé. »
« MERDE ! » hurla le ténor.
La douleur menaçait de m'engloutir à chaque seconde, mon corps vibrant à chaque secousse provenant de mes entrailles.
« Ed… ward… » articulai-je difficilement, la gorge obstruée par le liquide que j'identifiais comme du sang.
« Je suis là, Bella » me rassura-t-il.
Voulant voir son visage, j'essayais d'ouvrir les yeux mais je ne vis rien à part une lumière qui m'éblouit, me forçant à refermer les yeux.
Un nouveau craquement se fit entendre, paniquant davantage les personnes autour de moi. Jamais je n'avais ressenti une telle douleur. J'avais l'impression qu'on me brisait de l'intérieur, qu'on me cassait les os un à un, pour mieux me détruire par la suite.
Malheureusement, cette sensation n'était pas qu'une impression. On me brisait vraiment de l'intérieur, mes os craquant les uns après les autres.
« Ses jambes… » murmura une voix teintée d'horreur.
« Sa colonne est brisée » paniqua une autre voix. « Vite ! »
Un nouveau hurlement franchit mes lèvres, malgré mes tentatives pour l'étouffer. Les entendre parler de mes jambes me permit de prendre conscience que je ne les sentais plus, alors que la douleur courait dans le reste de mon corps. Impossible que ce soit les effets de la morphine.
La panique fit accélérer violemment mon cœur lorsque je compris que ma colonne était brisée, comme l'avait dit la personne à l'instant.
« Il faut sortir le bébé ! On n'a plus le temps, Edward ! »
Mon corps continuait de s'agiter, les spams le secouant violemment sur la surface sur laquelle j'avais été posée. La douleur qui provenait de l'intérieur de mon corps occultait toutes les personnes autour de moi, tous les bruits, pour me laisser seule face à elle.
Je mourrais. Littéralement.
Une douleur plus vivre s'empara de moi, faisant redoubler mes hurlements. La sensation de déchirure ne provenait plus de l'intérieur de mon corps, mais de l'extérieur, comme si on me découpait vive.
Puis soudain, un hurlement se fit entendre, mais il ne s'agissait pas du mien. Et le temps sembla s'arrêter.
Carlie.
D'instinct, mes yeux voulurent s'ouvrir pour me permettre de voir ma fille, mais je n'y arrivais pas. La panique me fit grogner, et après un effort surhumain, je réussis à entrouvrir suffisamment les yeux pour découvrir le petit être sanglant qu'Edward tenait dans ses bras. Ce dernier avait le visage ensanglanté, mais le sourire qui étirait ses lèvres était le plus beau que je n'ai jamais vu. Ses yeux brillaient d'émotion alors qu'il tournait sa tête vers moi.
« Elle est parfaite » murmura-t-il doucement en s'approchant de moi pour poser notre fille sur ma poitrine.
Notre fille ouvrit ses petits yeux et les posa sur moi, accélérant les battements de mon cœur. Malgré le sang et la matière poisseuse qui la couvraient, elle était magnifique. Sa tête était déjà recouverte par quelques mèches de cheveux bruns, accentuant sa beauté.
Si je pensais ne pas pouvoir aimer quelqu'un plus que je n'aimais Edward, je m'étais totalement trompée. Mon cœur déborda instantanément d'amour pour notre fille, qui s'agitait doucement dans mes bras, ses cris s'étant éteint.
Ses yeux dans les miens, nous nous découvrions après plusieurs semaines de cohabitation sans jamais nous rencontrer. J'avais fait cette merveille. Edward et moi avions créé cette merveille. Elle était notre perfection.
Alors que je contemplais son visage parfait et qu'Edward lui caressait la joue, ma vision commença à se troubler.
« Non… » marmonnai-je, luttant contre l'obscurité qui voulait m'emporter loin de mes amours.
« Bella ? » s'inquiéta immédiatement Edward. « Bell… »
J'eus à peine le temps de sentir qu'on me retirait ma fille des bras avant que l'obscurité m'emporte. La panique grimpa de moi à l'idée de mourir, de ne plus jamais revoir ma fille et Edward.
Mais avant que la panique ne me submerge complètement, j'entendis un faible « pardonne-moi » puis une intense brûlure s'empara de moi, partant de mon cou pour s'étendre à tout mon corps.
Les flammes de l'enfer s'abattaient sur moi. La douleur m'engloutit.
Je souhaitais mourir.
J'espère que ce chapitre vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !
J'avoue avoir été déçue de ne pas lire la grossesse de Bella de son point de vue à elle, plus particulièrement les sentiments qu'elle ressentait alors qu'elle dépérissait ou lors de l'accouchement. Cela fait-il de moi quelqu'un de tordu ? J'ai donc décidé d'écrire cette grossesse du point de vue de Bella, afin d'exploiter ses sentiments, et j'espère avoir réussi.
Une certaine personne m'a dit que j'étais douée pour écrire du drama, alors j'espère avoir rempli ma mission tout en restant crédible... J'ai hâte de lire vos impressions !
Concernant le prénom de l'enfant, je n'avais jamais souhaité qu'Edward et Bella ait un garçon. Dans mon coeur, Edward restera toujours papa d'une fille ! Mais comme je déteste "Renesmée", j'ai préféré mettre "Carlie". De plus, je trouve que le choix de ce prénom est plus cohérent quant à sa signification que Renesmée... J'espère que ce changement ne vous dérange pas.
Petit point sur la situation de mon côté : je n'ai toujours pas écrit de nouveau chapitre, faute de temps. En revanche, j'ai rajouté une scène au chapitre 24, donc c'est comme si j'avais quand même avancé, non ?
En attendant samedi prochain pour le chapitre suivant, je vous souhaite un bon weekend, ainsi qu'une bonne semaine.
Prenez soin de vous.
Girlonfire
