Bonjour à tous !

On se retrouve pour la suite de l'Affaire 11 o/

Je suis contente : j'ai atteint les 30 000 mots hier soir pour le NaNo (sur 50 000), mais à côté de ça, j'en suis encore qu'au début de l'histoire, ah ah XD

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Italie : Feliciano Vargas

Rome : Ottavio Vargas

Romano : Lovino Vargas

Espagne : Antonio Fernandez Carriedo

Seborga : Valeriano

... et donc…Vatican ! = Pietro

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 11 : L'importance du détail

Lukas soupira. Bien sûr qu'il avait envie d'enquêter. Mais en même temps, il redoutait de s'embarquer encore dans ce genre d'histoires. Vis-à-vis de la police osloïte qui l'avait mis sur le banc de touche, lui faisant clairement comprendre qu'il n'était qu'un petit plaisantin. Vis-à-vis de l'affaire de l'émeraude volée, une bête histoire en apparence, similaire à celle de la toile vandalisée, qui avait finalement mal tournée. Mais aussi et surtout vis-à-vis de la toute dernière quête de vérité qu'il avait menée.

Sa mère. Sa propre génitrice qui avait recommencé à tuer. Et qui avait de surcroît enlevé son petit frère.

Il savait qu'Emil lui en voulait encore. Et il lui en voudrait sûrement pour longtemps encore…

Malgré ses doutes cependant, Lukas était irrésistiblement attiré par les enquêtes. Ou plutôt par le résultat qui en découlait. La justice. La vérité. C'était désormais inscrit en lui alors même qu'il n'avait jamais montré de prédispositions pour ce genre d'activités. Mais n'était-ce pas sa propre vie qui avait finalement fait naître ce désir en lui ?

Il secoua vaguement la tête.

En tout cas, il était hors de question de montrer à Mathias que oui, ce dernier avait raison : il aimait et voulait enquêter. Hors de question qu'il lui donne raison. Tout du moins, pas pour le moment…

Lukas sortit de ses pensées puis passa les mains dans les poches, ce qui fit bêtement sourire Mathias. Il n'en tint pas compte même s'il était persuadé que ce grand dadais était ravi de voir qu'il reprenait du service. Et donc que son petit plan avait marché.

- Va fermer les portes, ordonna-t-il à Mathias, et veille à ce que personne ne sorte ni ne touche à cette toile.

C'est avec un enthousiasme débordant que son bras droit répondit :

- Chef, oui, chef !

Lukas lâcha un bref soupir tandis que Mathias s'en allait exécuter son ordre.

- A nous, reprit-il à l'intention de Feliciano, quand avez-vous vu pour la dernière fois la toile en parfaite état ?

Aux coins des yeux de Feliciano perlait de nouvelles larmes, pleines d'espoir. Lukas les ignora, conservant plus que jamais une façade inexpressive.

- Juste avant d'ouvrir aux invités. J'étais tellement excité ! Jusqu'à la dernière seconde, j'ai vérifié que tout était bien en place. Et puis… j'avais du mal à croire qu'elle était bien là, accrochée en pièce maîtresse de cette soirée…

Son expression se rembrunit. Lukas n'en fit pas cas.

- Il me faudrait la liste de tous vos invités.

Ottavio opina du chef.

- Je vais m'en occuper.

Il laissa son petit-fils au soin du détective.

- Avez-vous une idée d'un ou de plusieurs éventuels suspects ?

Feliciano haussa les épaules.

- Ben non. Tout le monde était super gentil avec moi et m'a encouragé tout au long de mon séjour.

- Pas de désaccord, d'accrochage au centre desquels la toile aurait pu se trouver ?

- Non. Non, je ne pense pas.

- Est-ce vous qui êtes allé ouvrir aux invités ?

- Oh oui ! Je voulais vraiment m'assurer que tout se passe à merveille ! Heureusement que j'avais ma famille avec moi d'ailleurs.

Lukas haussa vaguement un sourcil intéressé.

- A partir de quand votre famille vous a-t-elle rejointe ?

- Oh, environs une heure avant l'ouverture des portes. Papy et les autres sont venus m'aider à installer les dernières toiles et le buffet. Mais ils avaient interdiction de toucher au drap ! Je voulais que ça soit la surprise pour eux aussi.

- Personne d'autre ?

Feliciano secoua vigoureusement la tête.

- Des employés ?

- Non, non. Vraiment, il n'y avait que moi. Je suis arrivé en premier aux alentours de 15h car on devait me livrer mes toiles. Le propriétaire de la galerie m'a remis les clés. Et puis à 16h30, le traiteur est venu pour déposer les hors d'œuvres et les boissons. Ensuite, j'étais tout seul jusqu'à 18h, quand Papy et les autres sont arrivés.

Lukas demeura silencieux un instant. Puis, il tourna les talons et fit signe à Feliciano de le suivre. Au sortir des toilettes, ils ne trouvèrent plus que Valeriano, qui continuait jusqu'alors à faire les cent pas, et Pietro, à moitié assoupi sur sa chaise, les mains l'une sur l'autre. Le détective fronça les sourcils en constatant l'absence de Lovino et Antonio. Mais il n'en dit rien.

Ils fendirent la foule en direction du lieu du drame. Si quelques personnes étaient absentes, cela ne se percevait pas la majeure partie des invités était toujours là. Ceux-ci observèrent Lukas scruter les lieux, s'avancer vers la toile, la détailler, jeter des coups d'œil de toutes parts. Bientôt, un nouveau murmure d'interrogation monta dans la salle.

Feliciano demeurait quant à lui, encore fébrile, devant la scène sans oser s'approcher.

Lukas inspecta les lambeaux du bout des doigts pour en capter chaque déchirure. Il s'éloigna pour observer l'ensemble, se rapprocha au maximum pour en détacher chaque fibre. Il huma la toile, s'attirant quelques rires étouffés qui ne lui parvenaient pas. Il était à nouveau dans sa bulle d'expertise, rien ne pouvait l'atteindre sinon les indices et les témoignages.

Cinq coups. Deux qui formaient une croix dans la partie basse à gauche. Une grosse sur laquelle on avait vraisemblablement insisté, qui masquait sûrement un double coup sur la partie haute à droite, et une dernière beaucoup plus vive sur toute la longueur du tableau dans sa diagonale. Et on avait porté le coup en allant de gauche à droite au vu de la courbure des filaments.

Oh ! Mais que voilà un détail intéressant, se dit-il en observant une fibre. Sa réflexion fut cependant interrompue par le retour d'Ottavio qui avait la liste des invités.

- Et voilà ! Les noms des personnes présentes sont consignés à leur arrivée dans ce registre à titre indicatif.

Lukas mit un certain temps à détacher son regard de la toile lacérée avant de s'intéresser au carnet qu'Ottavio lui présentait. Il s'en empara sans un remerciement et consulta chaque nom.

- Ceux de votre famille n'y sont pas.

- Ve~c'est que… ils sont arrivés avant l'ouverture officielle alors je n'ai pas pris la peine de les noter.

Tous les noms et/ou prénoms qui y figuraient étaient à consonance norvégienne, à part quatre ou cinq venus clairement d'autres contrées. Sûrement d'autres étudiants venus à Oslo et ayant sympathisé avec l'Italien. Une bonne partie des patronymes étaient connus de Lukas, qui avait en tête les grands noms d'amateurs d'art d'Oslo. Ces grands-parents en avaient côtoyé un grand nombre, tout comme son père, et sa curiosité avait comblé les vides. On retrouvait d'ailleurs ces noms en double, des couples, et bien souvent des quinquagénaires ou sexagénaires. Lukas étaient convaincus de pouvoir les éliminer de la liste.

Lukas referma le registre sous le regard de l'assemblée. Il se savait sous le feu des projecteurs. Et pour une fois, il aurait mieux aimé rester dans l'ombre. Il aperçut au fond, près de la porte, Lovino, brais croisés, bougon, aux côtés d'Antonio, ainsi que le visage enthousiaste de Mathias. Leurs regards se croisèrent. Lukas détourna le sien à l'adresse de Feliciano.

- Que représentait ce tableau exactement ?

Les mots résonnaient dans le silence de la galerie. Les invités s'étaient improvisés spectateurs de théâtre, chose qui rendaient pour certains la soirée d'autant plus excitante.

Quelques rougeurs apparurent sur les joues de Feliciano. Il hésita un instant.

- C'était une vue de Karl Johans Gate avec une lumière typique de Rome, un soir d'été.

Une simple rue avec une lumière d'ailleurs ?

Lukas demeura si longtemps muet que Feliciano se tassa dans ses épaules avant de s'avancer timidement vers le détective.

- Enfin, il y avait bien des détails, mais…

Lukas haussa un sourcil, imperturbable.

- Mais j'aimerais vous les dire plus… en privé.

Ottavio se tourna aussitôt vers la foule et s'imposa par sa carrure. Les invités reprirent aussitôt leur badinage comme si de rien n'était.

Feliciano en profita pour se rapprocher définitivement de Lukas et de lui expliquer en désignant les éléments sur la toile, quand bien même ils étaient désormais pour la plupart invisibles.

- J'ai voulu donner à cette rue osloïte un air de Rome donc j'ai joué sur la luminosité mais aussi sur des détails. Par exemple, j'ai rajouté de la verdure ou de la couleur. Il y a aussi les silhouettes qui peuplent la rue : elles flânent, jouent de la guitare assises par terre, sifflotent. J'en ai fais des silhouettes parce que je recherchais une sensation, pas… des êtres humains. Mais les seuls personnages reconnaissables, et il y en a quatre, c'est d'une part les allégories de la Norvège et de l'Italie, enlacées, dans un mélange de style d'art nouveau, qui auraient dues se trouver là…

Il désigna la partie en haut à droite d'où émanait encore des traces de lumières vives, ainsi que des boucles d'or et noires qui devaient donc être les cheveux de ces deux allégories. Puis, Feliciano dirigea son doigt sur la partie basse à gauche.

- Et là, c'était… ve~… en fait, c'était un couple main dans la main, de dos. Un couple d'hommes…

Feliciano devint cramoisi de gêne. Il tortilla ses doigts les uns dans les autres.

- Lovino et Antonio, devina Lukas

- Ve… C'est que... c'est un des grands moments durant mon séjour à Oslo. Et puis, c'est aussi ce que recèle la ville, l'amour que Lovino s'est trouvé, acheva-t-il dans un murmure bafouillant

- Lovino est-il au courant ?

- Non ! Il se serait fâché et il ne m'aurait pas laissé l'exposer… De toute façon, c'est en tout petit, on les reconnaît à peine. Et puis, elle était si belle et elle représentait tant de souvenirs pour moi.

Feliciano passa un doigt sur les taillades qui avaient remplacés le couple d'amoureux se baladant. Lukas laissa là la toile, demandant à Ottavio de veiller à ce que personne ne l'approche. Puis, il se dirigea vers la sortie où se trouvaient donc le couple. Lukas n'y alla pas par quatre chemins :

- Saviez-vous ce qui était peint sur cette toile ?

Feliciano voulut intervenir mais le détective l'en empêcha d'une main ferme. Antonio eut un petit sourire en coin. Il coula un regard vers son compagnon : Lovino venait de piquer un fard.

- Vous avez donc regardé sous le drap qui couvrait la toile, déclara Lukas, quand ?

Lovino marmonna quelque chose d'incompréhensible et Antonio répondit à sa place :

- Quand Feliciano était parti aux toilettes, avant d'ouvrir les portes.

- Ve ! C'est vrai ! J'étais tellement stressé que je suis allé plusieurs fois au petit coin.

- Combien de fois ?

- Je… je ne sais plus. Je n'ai pas compté… Mais pourquoi vous avez regardé aussi ? Je vous avais dis que c'était une surprise !

Feliciano grimaça une moue boudeuse. Lovino, quant à lui, explosa :

- P'tain ! C'est pas ma faute, bordel ! C'est Papy qui m'a forcé, c'est lui qui y a touché le premier ! Et puis, c'est quoi cette surprise de merde, hein ? Alors, oui, oui, je l'ai vu ta putain de toile de mes deux ! Merci ! Grâce à toi, on se tape l'affiche ! T'aurais pu, je sais pas, demander ?!

- Et t'aurais dis oui ? demanda Feliciano d'une petite voix

- NON ! P'tain, mais j'ai plus qu'à me balader avec un autocollant sur le front : je suis en couple et avec un homme par-dessus le marché !

Antonio croisa les bras et se fit faussement vexé.

- Mon Lovi, je retiens. A la prochaine, c'est l'abstinence.

- Rien à foutre ! Feli saurait rien si tu t'étais pas foutu dans la merde la dernière fois !

- Alors, ça, c'est petit, Lovi.

Mathias attrapa le regard de Lukas et lui fit comprendre d'un geste que la situation était tendue. Quelle perspicacité, se dit Lukas, blasé.

Lovino n'en finissait pas d'invectiver son frère, si fort que tous les invités pouvaient être pris à partie.

- De toute façon, c'est toujours comme ça avec toi ! C'est toujours toi, toi, toi ! Toi qui décides de tout pour tout le monde et surtout pour moi ! T'as pris nos billets de retour sans même me concerter ! Et si j'avais pas envie de partir maintenant, hein ? P'tain de merde ! Tu me fais chier !

Lovino reprit son souffle, sous l'air ahuri de son cadet.

- Tu… tu aurais aimé partir quand ? osa Feliciano toujours de sa voix étouffée

- Rah ! Tu me gaves ! Vas-y dégage !

Lovino s'en alla en levant les bras et fulminant. Sa mauvaise humeur dégageait une aura tellement sensible que tout le monde s'écartait sans mot dire sur son passage.

Feliciano clignait des yeux, observant tour à tour son frère s'éloigner et le détective, en quête de réponse.

- C'est lui qui a fait ça à ma toile ? Parce qu'il ne voulait pas partir maintenant ?

Antonio soupira et répondit à la place du détective :

- Ce n'est pas ce que Lovino voulait dire, Feliciano. La question n'est pas de savoir quand partir mais s'il y a départ tout court.

- Hein ?

- Votre frère ne veut pas partir, déclara placidement Lukas

Feliciano écarquilla les yeux.

- Mais pourquoi ? Il a toute sa vie en Italie. Il a même tout quitté pour m'accompagner…

Lukas lui désigna Antonio. Feliciano sembla enfin comprendre.

- Mais du coup, reprit Feliciano à l'adresse du détective, ça veut dire que Lovino a mis en pièce ma toile parce qu'il était furieux contre moi ? Parce qu'il ne veut pas partir et que je l'ai représenté sans son consentement ?

Feliciano regardait toujours dans la direction où son frère était parti.

- Si ça avait été le cas, rétorqua Antonio, je l'aurais vu faire. J'étais tout le temps avec lui.

- Tu es complice ?

Antonio eut un petit sourire condescendant. Il s'apprêtait à répondre au jeune homme, mais Lukas prit les devants.

- Il n'est pas de ce genre-là. Lovino est puéril. Ses actes de représailles ne sont qu'enfantillages. Rappelez-vous ce que je vous avais dit sur lui, la première fois qu'on s'est rencontré.

- ça remonte à trop longtemps, geignit Feliciano après un très bref effort de mémoire

- Il n'a pas le profil d'un vandale. D'autant que ça n'expliquerait pas son acharnement contre les deux figures allégoriques. Lui, l'Italien, et l'amour qu'il a rencontré en Norvège : il ne peut qu'approuver ces deux figures enlacées. Et encore faut-il avoir compris, sans explication préalable de la part du peintre, ce que ces deux femmes représentent. Et même si on devait envisager Lovino comme le coupable, vu son profil psychologique, il n'aurait pas tailladé, il aurait planté des coups de couteau.

Feliciano se fit silencieux, le regard demeurant perdu dans la foule.

- Il aurait dû me le dire, quand même, qu'il n'était pas prêt à quitter la Norvège… bredouilla-t-il sûrement plus pour lui-même

Pour Mathias, qui avait donc assisté à la scène, il ne faisait maintenant aucun doute qu'il existait un cruel manque de communication entre les deux frères. Il ne put s'empêcher de couler un regard du côté de Lukas. Ce dernier ne semblait pas le moins du monde perturbé par la situation. Il avisait vraisemblablement la distance entre la fameuse toile et la porte. C'est souvent ce qui manquait aux gens, de la communication, constata Mathias. Lukas et Emil n'échappaient pas à la règle, aussi atypiques puissent-ils être l'un et l'autre. A dire vrai, lui non plus n'échappait pas à la règle. Peut-être que… Il secoua vigoureusement la tête. Non, non, c'était pour leur bien.

Il observa Lukas s'éloigner en direction de la toile et se demanda un instant s'il devait continuer à surveiller la sortie. Sûrement que oui, vu qu'il n'y avait pas de contrordre. A ses côtés, Antonio soupira profondément, manquant de le faire sursauter tant il avait oublié sa présence.


Affaire à suivre…