Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien ?

Merci pour vos reviews, mises en alerte et favoris :)

De mon côté, toujours la même rengaine... Enormément de boulot. Mais hey ! J'ai réussi à publier avant la fin du weekend, je suis trop heureuse :')

Je vous laisse tout de suite avec ce nouveau chapitre ! On se retrouve en bas.


CHAPITRE 21

Les bras d'Edward me tenaient fermement contre sa poitrine, emplissant mon corps d'une chaleur nouvelle. Je n'étais pas habituée à sentir sa peau autrement que glacée, et ces nouvelles sensations me retournaient complètement.

Son nez courrait dans mes cheveux, alors que le mien longeait son cou, humant avidement son odeur si familière et envoutante.

« Je t'aime » murmurai-je, sursautant au son de ma voix qui résonnait comme des clochettes.

Edward attrapa doucement mon visage entre ses deux mains, liant nos regards et nos âmes dans un même mouvement. Ses yeux dorés ne quittaient pas les miens, fouillant dans leur profondeur, comme s'il souhaitant découvrir le moindre de mes secrets.

« Je t'aime aussi » me répondit-il tranquillement, ses yeux brillant d'amour pur.

Soudain, mes yeux se fixèrent derrière lui alors qu'un écureuil courra le long d'une branche qui passait devant la fenêtre de la chambre. Un son régulier et mouillé parvenait à mes oreilles, mais je mis un moment à comprendre qu'il s'agissait en réalité du cœur du rongeur.

Toutefois, si mes nouvelles capacités m'impressionnaient, ma gorge me brûla soudainement alors que mes muscles se figeaient d'un même ensemble. Un grondement sourd monta dans ma gorge, avant que la voix d'Edward ne me sorte de ma transe.

« Bella » m'appelait-il doucement tout en serrant davantage mes poignets de sa prise ferme. « Ressaisis-toi. »

La rage montait en moi. Pourquoi m'empêchait-il d'apaiser mes souffrances ? Pourquoi voulait-il que je continue à souffrir ? Pourquoi me faisait-il cela ?

Le grondement qui roulait dans ma poitrine franchit mes lèvres, se transformant en un grognement des plus sauvages. Cherchant à me libérer de son emprise, je battis des bras violemment puis le repoussai, ne voulant pas être freinée dans ma chasse.

Sans réfléchir davantage, mes jambes me portèrent vers la baie vitrée et je ne pris pas la peine de protéger mon visage lorsque je passais au travers de la vitre, la brisant en mille morceaux. Derrière moi, j'entendais Edward qui m'appelait, son ton transperçant d'inquiétude.

Mais je n'arrivais pas à me résonner et à m'arrêter. Je voulais ce sang. Je voulais boire.

Je chassais.

Aussi vite que mes jambes pouvaient me porter, je m'élançais en direction de l'arbre qui hébergeait l'écureuil. Malheureusement, je fis trop de bruit et le rongeur se cache dans un trou dans le tronc, m'empêchant de lui briser la nuque pour le vider de son fluide vital.

« Bella ! » s'écria un ténor derrière moi.

Un nouveau grondement m'échappa, mes lèvres retroussées sur mes dents. Ne voulant pas être rattrapée, je courus dans la direction opposée à la voix, puisant dans mes nouvelles forces pour toujours m'élancer plus vite et plus fort.

Je ne courais plus. Je volais.

Si je profitais des balades accrochée au dos d'Edward, ce n'était rien en comparaison avec cette nouvelle façon de se déplacer dans les bois. Finie, ma peur de me prendre un arbre. Finie, ma peur de la vitesse. Seule l'adrénaline qui courrait dans mes veines comptait.

Mes nouveaux sens me permettaient d'observer des détails jamais vus auparavant. Je pus ainsi voir la rosée matinale sur une toile d'araignée, contempler les gouttes qui coulaient le long du feuillage des arbres, entendre leur bruit lorsqu'elles s'échouaient sur la terre humide et mousseuse.

En revanche, mes nouveaux sens me permettaient également d'entendre les bruits de course derrière moi, ce qui m'incita à accélérer davantage pour mettre encore plus de distance entre mon poursuivant et moi.

Alors que j'arrivais dans une partie plus ombragée de la forêt, une nouvelle odeur assaillie mes sens, me brûlant la gorge comme jamais. Le bruit mouillé et régulier que faisait le cœur de l'écureuil n'était rien en comparaison à ce nouveau son, qui me paraissait beaucoup plus fort et puissant.

Me stoppant net, je laissais mon instinct prendre le dessus. Aussi, lorsque mon corps s'accroupit de lui-même pour ramper en direction du bruit, je le laissais faire. Arrivée au-dessus d'un rocher, je pus voir un humain devant moi, dont le bâton de marche et les chaussures de randonnée ne laissaient aucun doute quant à l'activité qu'il était en train de pratiquer.

« Bella » murmura la voix de me poursuivant, qui venait d'arriver dans mon dos.

Tiraillée entre ma proie et le danger qui me menaçait, j'hésitais avant de finalement tourner mes yeux vers mon poursuivant. Ce dernier me regardait de ses yeux dorés bienveillants, les mains levées devant lui en signe de soumission.

« Je ne te veux aucun mal, Bella » reprit-il doucement en avançant d'un pas vers moi.

D'instinct, je me reculais tout en évitant de nous faire repérer par l'humain, dont l'odeur menaçait de me faire disjoncter à tout moment.

« Coupe ta respiration, ce sera plus simple » me conseilla-t-il sur le même ton. « Ne respire plus. »

Me sentant toujours menacée, je reculais d'un pas tout en gardant mes yeux sur lui. Je ne voulais pas le lâcher du regard.

« C'est moi… C'est Edward. »

A l'entente de ce nom, mon cœur mort parut revivre quelques secondes. Nos regards plongés l'un dans l'autre, nous nous fixions, espérant nous sortir de ce mauvais pas.

Cependant, alors que la raison allait reprendre le dessus, l'humain en-dessous de nous tomba sur les genoux et l'odeur de son sang devint plus forte, me donnant l'impression que l'on m'avait enfoncé un fer chauffé à blanc dans la gorge.

« Bella, non… » commença Edward.

Je n'entendis pas la suite, alors que je me retournais pour foncer sur ma proie bien trop appétissante. Edward tenta de m'attraper, mais je l'envoyais valser sur plusieurs mètres et il s'écroula contre un arbre, ce qui me donna suffisamment de temps pour sauter à terre aux côtés de l'humain.

Ce dernier se relevait à peine, guère conscient que ses secondes de vie étaient dorénavant comptées. Lorsqu'il leva ses yeux sur moi, me découvrant debout devant lui, je lus clairement la peur qui traversa ses yeux bleus.

Un instant, j'essayais de visualiser l'image que je lui donnais. Certainement une femme belle comme une déesse, ses longs cheveux bruns sans fourches, mais des yeux rouges à glacer le sang.

« Que… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, ma main étant déjà autour de sa gorge pour le lever à mon niveau, mes doigts serrant progressivement son cou fragile. Je n'avais besoin que d'une pression pour lui briser la nuque. Une pression.

« Bella. »

Désarçonnée et énervée contre la personne qui m'empêchait de savourer mon premier repas tranquillement, je tournais la tête dans sa direction pour lui foudroyer du regard, un nouveau grondement animal roulant dans ma poitrine.

« Ne fais pas ça, Bella. Tu vas le regretter… »

Les mots atteignaient mon cerveau mais ce dernier ne semblait pas les comprendre. Du moins, il ne voulait pas les comprendre. Détournant les yeux d'Edward, je replongeais mon regard dans celui de l'humain que je tenais à bout de bras, admirant son visage rouge de ses efforts pour se libérer de ma poigne.

Fermant les yeux, je savourais les effluves de son odeur qui me parvenaient à chacun de ses moindres mouvements, m'emplissant les narines de cet arôme délicieux, me brûlant la gorge d'envie.

Lasse de résister à la tentative, je le jetais à mes pieds avant de me précipiter sur son cou, y plantant rapidement mes dents. Et les sensations explosèrent.

Lorsque le liquide chaud emplit ma bouche, une vague de bien-être m'emporta, me plongeant dans un monde semblable à celui du paradis. Du moins, à l'image que j'en avais. La douleur dans ma gorge s'apaisa instantanément alors que le fluide continuait de se déverser dans ma bouche, me rassasiant petit à petit.

Le liquide se tarit, mais j'essayais d'en aspirer les dernières gouttes jusqu'à ce que la source soit totalement épuisée. Lorsque ce fut le cas, je me retirais doucement, laissant retomber le corps inerte à mes pieds, m'essuyant la bouche du revers de la main tout en me retournant. Et tombais sur le regard atterré d'Edward.

Ce dernier était à quelques mètres de moi, les yeux posés sur moi, ne me lâchant pas du regard. De la terre et des feuilles recouvraient ses mèches couleur bronze, lui donnant une allure des plus sauvages qui m'envoya une dose de chaleur au creux du ventre.

Mais lorsque je le vis poser ses yeux derrière moi, sur le corps qui gisait par terre, la réalité me frappa violemment.

Je venais de boire le sang d'un homme. Je venais d'enlever la vie à un innocent.

Mes yeux s'écarquillèrent d'horreur alors que cette phrase tournait en boucle dans ma tête, me faisant prendre conscience pleinement de ce qui venait d'arriver.

Je venais de me transformer en monstre.

Mes yeux posés sur Edward, je prenais conscience de l'ampleur de mon erreur, de ce que ma nouvelle nature me permettait de faire.

« Je… » balbutiai-je, la gorge nouée par l'émotion.

Les Cullen faisaient tout pour combattre leur nature, pour ne pas devenir des monstres, mais je laissais le vampire en moi gagner dès le premier jour. Comment… Comment avais-je pu ne pas me contrôler à ce point ?

« Je… Je… » répétai-je inutilement, à court de mots.

Mon corps me semblait soudainement très lourd, comme si le sang dont je m'étais abreuvée était en réalité du poison. J'avais l'impression d'être engourdie, même si je savais que cela était impossible d'un point de vue vampirique.

J'avais tué un homme.

Cette phrase tournait dans ma tête, me plongeant inlassablement dans une réalité des plus obscures, où le bien gagnait rarement sur le mal.

J'étais un monstre.

La sensation des bras d'Edward autour de mon corps me permit de calmer mes sanglots et ma respiration très saccades malgré mon incapacité totale à pleurer. Les larmes ne s'accumulaient pas au coin de mes yeux comme lorsque j'étais humaine, mais j'avais l'horrible sensation que mes yeux me brûlaient. L'incapacité physique d'un vampire de pleurer était une malédiction.

Longtemps, Edward me berça dans ses bras, me murmurant que je n'avais pas à m'en vouloir, qu'ils avaient tous fautés dans les premiers mois, que ce n'était pas de ma faute. Malgré le réconfort que ces mots auraient pu m'apporter, je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à la triste réalité.

Je venais de tuer un homme. Peut-être un mari, un père de famille. Peut-être avait-il des enfants et une femme qui l'attendaient à la maison ? Peut-être avait-il encore des parents avec qui il aurait souhaité fêter son prochain anniversaire ?

Je venais de lui retirer tous ses espoirs, ses rêves et son avenir. Je lui avais ôté la vie de la façon la plus horrible qui soit. Jamais je ne pourrais me le pardonner.

Dégoûtée de moi-même, je m'écartais légèrement d'Edward, ne comprenant pas comment il pouvait ne pas m'en vouloir pour cette erreur mortelle.

« Mon amour » me chuchota-t-il à l'oreille tout en m'attirant à lui. « Ne t'en veux pas, s'il-te-plaît. Nous avons tous eu des faiblesses, la première année. Tu n'es pas la seule et… »

« Je ne voulais pas fauter ! » m'écriai-je, fatiguée qu'il prenne sans cesse ma défense, même lorsque j'étais en tort.

« Parce que mes frères, mes sœurs et moi avons volontairement fauté à l'époque ? »

Son ton sec m'obligea à me calmer, me permettant de prendre conscience que j'étais injuste envers lui.

« Non… » repris-je plus doucement. « Personne ne veut fauter… Mais j'aurais dû être plus forte ! Je connaissais les conséquences de mon choix, mais je n'ai pas pu les assumer et… Je viens de tuer un innocent. »

Edward resta silencieux face à moi, ses yeux fouillant les miens. Le silence nous entoura, uniquement brisé par le vent des arbres autour de nous. Ce dernier nous envoyait des vagues d'odeur humaine, me rappelant sans cesse le corps mort qui gisait derrière moi, me ramenant à l'acte horrible que je venais de commettre.

Comment Edward pourrait-il accepter ce que je venais de faire ? Comment pourrait-il accepter de vivre aux côtés d'un monstre ?

L'envie de pleurer se fit plus forte, m'amenant à détester ma condition qui m'empêchait clairement d'exprimer mes sentiments.

« Ne me déteste pas… » suppliai-je Edward. « Je t'en prie… »

Ce dernier ferma les yeux, comme s'il ne pouvait plus supporter ma vue.

« Je ne te déteste pas… Je m'en veux de ne pas avoir pu t'arrêter avant que… »

Il ne termina pas sa phrase, mais n'en eut pas besoin. Comment osait-il se reprocher ce qu'il venait de se passer ?

« Edward… »

Comment en étions-nous arrivés au point où c'était à moi de le rassurer alors que je venais de tuer un homme ?

Ne supportant plus de le voir ainsi se fustiger, je fonçais contre son torse, nichant ma tête dans son cou pour respirer son odeur apaisante. Nous restâmes un moment dans cette position, souhaitant oublier ce qu'il venait de se passer, ne supportant pas la triste réalité.

« Pour Carlie… » commença Edward, rompant le silence après plusieurs minutes.

Mon cœur mort sembla revivre à l'évocation de ma fille.

Fille que j'avais oubliée depuis mon réveil.

Cette constatation me fit me sentir encore plus horrible que je ne le faisais déjà. Comment avais-je pu oublier ma propre fille ? Comment avais-je pu oublier que j'étais devenue vampire après lui avoir donné la vie ? Comment pouvais-je être une bonne mère alors que je n'avais pas eu une seule pensée pour mon enfant ?

« Je… »

« Bella » m'interrompit Edward en plaçant son index sur ma bouche. « C'est normal que tu n'aies pas immédiatement pensé à notre fille. »

« Mais… »

« Non ! Tu es un nouveau-né » reprit-il doucement mais autoritairement. « Tous les nouveau-nés sont déboussolés à leur… naissance. »

Sa voix autoritaire m'envoyait des frissons et une forte sensation de chaleur au creux de mes reins, ranimant mon désir pour lui, m'empêchant de me concentrer sur ses mots.

« Bella » m'appela-t-il en posant ses mains sur mes joues, me forçant à me focaliser sur lui. « Concentre-toi. »

Savourant la sensation de ses mains sur ma peau, qui étaient désormais de la même température, je plongeai mon regard dans le sien et hochai la tête.

« Tu ne pourras pas voir Carlie avant de te contrôler. »

Une colère sourde monta en moi à ces mots. Pourquoi voulait-il m'empêcher de voir ma fille ? Elle avait grandi si vite dans mon ventre… Je craignais qu'il n'en soit de même maintenant. Quelle apparence aurait-elle quand je pourrais enfin la voir ?

« Il faut que tu chasses davantage » reprit Edward, qui avait certainement lu ma colère dans mes yeux. « Après, nous verrons. »

J'hochai la tête une nouvelle fois, consciente que mon contrôle laissait à désirer. D'un côté, je désirais plus que tout au monde voir ma fille, mais je ne voulais pas qu'elle soit en danger. Or, je représentais actuellement le plus grand danger pour elle, et cette pensée me brisa le cœur.

« Je vais appeler Carlisle, il saura quoi faire du corps » m'annonça Edward tout en sortant son portable de sa poche.

Une fois que son père eut décroché, il lui expliqua brièvement la situation et lui demanda de venir, lui indiquant notre position. Pendant toute sa conversation, il ne lâcha pas ma main, y traçant de son pouce des arabesques apaisantes.

« Il va arriver » dit-il en rangeant l'appareil dans sa poche de pantalon. « Allons chasser, ils se débrouilleront. »

Sur ces mots, il m'entraîna à sa suite dans la forêt, gardant ma main dans la sienne, nos doigts entremêlés.

Lorsque la maison apparut devant nos yeux, je me stoppai net, forçant Edward à s'arrêter.

« Je… »

Nous avions chassé plus que de raison, ne souhaitant pas mettre Carlie en danger. Je me sentais complètement rassasiée, la brûlure dans ma gorge s'étant enfin apaisée. Mais arriverai-je vraiment à me contrôler face à ma fille ?

« J'ai confiance, Bella » me rassura Edward en pressant ma main.

« Regarde ce que j'ai fait avant et… »

« Tu n'étais pas préparée. Maintenant tu l'es. »

J'hésitai, un pied sur le porche, écoutant le cœur qui battait doucement dans la maison, dans un son hypnotique et entêtant.

« On est là, Bella » m'affirma-t-il en embrassant tendrement mes lèvres. « Allons-y. »

Lorsqu'il ouvrit la porte, l'arôme si envoûtant me frappa de plein fouet et me brûla la gorge. Le bruit des pulsations de l'organe vital de ma fille résonnait à mes oreilles, me plongeant dans une transe dont seule la main d'Edward autour de la mienne me sortit.

« Reste avec moi » m'ordonna-t-il tout en passant ses bras autour de ma poitrine, tel une cage protectrice.

Lentement, pas à pas, nous avançâmes vers le salon, où toute la famille était rassemblée. Alice nous vit et me bondit dessus, ne se préoccupant pas de ma réaction.

« Bella ! Tu es sublime ! »

« Merci » souris-je timidement.

Derrière elle se tenaient les autres Cullen, Emmett et Jasper étant les plus proches. Tous deux vinrent se poster à mes côtés, posant chacun un de leurs mains sur mes épaules, pouvant ainsi aider Edward à me retenir si jamais je n'arrivais pas à me contrôler.

Alice retourna près de Rose, cette dernière m'observant par-dessus son épaule tandis qu'elle me tournait le dos. Devant elle, Esmée me souriait avec bienveillance avant de venir m'enlacer.

« Bienvenue dans la famille, Bella » me chuchota-t-elle à l'oreille avant de se replacer aux côtés de la belle blonde.

« Rose » l'appela Edward doucement.

Après quelques secondes d'hésitation, elle se retourna enfin et mon cœur mort se serait arrêté devant la vision qui s'offrait à moi.

Au creux des bras de Rosalie se tenait le plus magnifique bébé que je n'avais jamais vu. Sa peau pâle était colorée par un léger rosissement de ses joues, alors que ses yeux chocolat parsemés d'or se posaient sur moi, me coupant le souffle.

Je n'en étais pas sûre, mais j'eus l'impression qu'une lueur de reconnaissance marqua le regard de l'enfant, alors qu'elle m'observait attentivement. Bien trop attentivement pour une enfant de cet âge.

« Oui » confirma Edward tout en fixant le bébé. « C'est elle. »

Mon compagnon devait certainement lire les pensées du bébé. De notre bébé. De notre fille. Je n'arrivais pas à détacher mon regard d'elle, admirant ses mèches de cheveux brunes aux reflets cuivrés, dont les boucles lui arrivaient déjà aux épaules.

Pendant combien de temps avais-je réellement dormi ?

« Tu n'es restée endormie que trois jours » me dit Edward, semblant lire mes interrogations sur mon visage. « Mais sa croissance est sans précédent. Carlisle prend des mesures tous les jours… »

Instinctivement, je voulus m'avancer vers Carlie, dont les yeux parcouraient mon visage, comme si elle voulait imprimer chaque détail de ma personne dans sa mémoire. Toutefois, Jasper et Emmett pressèrent mes épaules, me clouant sur place.

« Détendez-vous, les gars » leur lança Alice depuis les escaliers où elle s'était installée, les coudes posés sur les genoux et le menton dans ses mains. « Bella gère. »

La pression sur mon torse de relâcha doucement, mais ils restèrent néanmoins à mes côtés alors que j'avançais à pas mesurés vers ma fille. Edward caressait mes bras tout en me maintenant contre lui.

« Je te présente ta maman, Carlie » lui murmura-t-il tendrement alors que nous arrivions devant elle.

Cette dernière leva alors ses deux mains dans ma direction tout en poussant un adorable cri, ce qui m'envoya une vague de son parfum si délicieux. Toutefois, même si la gorge me brûla sous l'effet de l'odeur du sang de ma fille, je n'eus à aucun moment envie de la boire, mon envie de la sentir contre moi, de la connaitre étant plus forte.

Edward hocha la tête dans la direction de sa sœur blonde, l'autorisant à me donner Carlie. Lorsque mes mains rencontrèrent la peau de mon enfant, que j'avais porté et mis au monde quelques jours auparavant, mon cœur se gonfla d'un amour si puissant que j'eus l'impression que j'allais m'écrouler.

« Carlie… » murmurai-je, la voix rauque d'émotions.

Je mis un moment avant de me rendre compte qu'Emmett et Jasper s'étaient éloignés de moi et qu'Edward s'était posté à mes côtés, un de ses bras autour de ma taille, l'autre caressant tendrement la joue de notre fille, alors qu'il avait le menton posé sur mon épaule. Nous étions dans une bulle de tendresse et d'amour, où même ma soif n'arrivait pas à pénétrer.

L'amour que je ressentais et portais à ma fille battait ma soif de sang. Rien ne pouvait surpasser l'amour d'une mère.

Edward nous conduit doucement vers le canapé, où nous nous installâmes côte à côte. Carlie continuait de m'observer, et je ne pus m'empêcher de me demander si j'allais être à la hauteur du rôle qui m'attendait.

Edward sembla comprendre mes interrogations et m'embrassa l'épaule.

« Elle t'aime, Bella. Elle nous aime. »

Les yeux plongés dans ceux de ma fille, je me penchais pour embrasser ses boucles brunes soyeuses.

« Je t'aime, ma chérie » lui chuchotai-je tout en la serrant contre ma poitrine, prenant garde toutefois à ne pas l'écraser.

Alors que je me redressais, Carlie tendit une main vers ma joue, geste qui me surprit. Edward pouffa à mon sursaut.

« Laisse-la te toucher » me conseilla-t-il doucement.

Ne comprenant pas où il voulait en venir, j'obtempérai et laissai notre fille poser sa minuscule menotte sur l'arrondi de ma pommette. Dans une caresse des plus légères, ses doigts frôlèrent mon visage et une succession d'images envahit mon esprit.

D'abord, j'entendis des voix étouffées parler, y reconnaissant la mienne et celle d'Edward. Au même instant, je ressentis une bouffée d'amour pure m'engloutir. Une deuxième image me montra combien ma fille détestait me faire souffrir lorsqu'elle remuait dans mon ventre. Ensuite, je pus voir mon accouchement et la douleur qu'elle avait ressentie jusqu'à ce qu'Edward ne m'éventre de ses dents et percent mon utérus, permettant à notre fille de naître. Enfin, je me vis en sueur, à peine consciente, alors qu'Edward posait Carlie sur ma poitrine.

A peine ma fille avait-elle enlevé ses mains de mon visage que les visions s'évanouirent, me laissant béate d'étonnement.

« Qu'est-ce… Que… »

« Elle t'a montré les seuls souvenirs qu'elle a de toi… Elle comprend qui tu es. »

« Comment… »

Je n'arrivais pas à formuler mes questions, trop subjuguée par les images que ma fille venait de me montrer à travers un simple toucher.

« Comment j'arrive à lire les pensées ? Comment Alice voit l'avenir ? Comment Jasper ressent et contrôle les émotions ? »

Les mots d'Edward me parvenaient difficilement, tant j'étais focalisée sur le visage paisible et aimant de notre fille.

« Elle a un don, Bella. »

Abasourdie par cette constatation, je ne pus qu'admirer davantage notre enfant.

« Elle… Elle est… »

« Merveilleuse ? Parfaite ? » proposa Edward, sa tête appuyée contre mon épaule, les yeux rivés sur Carlie.

Je tournais la tête vers lui et il releva la sienne vers moi, amenant nos yeux à la même hauteur.

« Je ne te remercierai jamais assez… D'avoir insisté pour lui donner naissance… »

Sa voix était rauque et basse, chargée d'une émotion à peine contenue.

« Merci d'avoir fait de moi un père. Merci de m'avoir offert ce cadeau inestimable. »

Une vague d'émotions m'engloutit et je ne résistais pas, collant mes lèvres à celles de mon compagnon. L'amour qui nous liait était puissant, incassable et intemporel, et nous avait donné le plus beau cadeau de notre vie : notre fille.

Cette dernière s'agita doucement dans mes bras, réclamant notre attention. Edward lâcha mes lèvres pour embrasser le ventre de notre fille tandis que je lui caressais les cheveux, rayonnante de bonheur.

Etre vampire ne me protégerait pas des erreurs, mais me permettait d'envisager l'avenir sous un nouvel angle. Avec Edward à mes côtés et ma fille dans nos bras, je ne pouvais voir mon avenir autrement que radieux.

J'allais être heureuse pour l'éternité.


Bon... J'espère que ce chapitre vous a plu ? Dites-le moi en commentaire !

J'attends avec impatience vos avis... Faire que Bella "faute" lors de sa première chasse me paraissait inévitable ! Même si j'adore la saga originelle, je ne supporte pas Bella à partir du moment où elle devient vampire : elle est trop parfaite, à tout réussir même lorsqu'elle est nouveau-né. De plus, l'argument utilisé par pour justifier la retenue de Bella est sa préparation, ce que ma Bella n'a pas véritablement eu. Et si on retient l'hypothèse d'un second don en plus de son bouclier, je n'aime pas cette hypothèse qui, encore une fois, rend Bella trop parfaite.

J'ai donc décidé de casser cette perfection vampirique qu'à créer Stephenie, parce qu'elle n'est pas crédible (selon moi). J'espère que ce choix ne vous aura pas choqués, dites-moi en commentaires.

Pour la suite, et bien... Je n'ai toujours rien écrit de nouveau (et le stress monte chaque semaine, lorsque je vois mon nombre de chapitre en réserve qui diminue...). En revanche, j'ai eu une idée pour une histoire de Noël (je ne sais pas encore si ce sera un OS ou une mini-fic de quelques chapitres, ça va dépendre de la longueur). Si c'est un OS, j'essayerai de le publier pour Noël, mais si c'est une mini-fic je pense publier avant Noël, histoire de poster le dernier chapitre le jour de Noël. Pareil, cela dépendra de comment j'arrive à écrire...

Je vous souhaite à tous une bonne semaine et vous donne rdv la semaine prochaine pour le chapitre 22 d'Ascendant !

Prenez soin de vous.

Girlonfire