Hey hey ! J'espère que vous allez bien ?
Eh non, vous ne rêvez pas... Je publie enfin à l'heure :')
Merci pour vos reviews, j'aime lire vos retours !
Tout de suite, place au chapitre 22 d'Ascendant qui, je l'espère, vous plaira. On se retrouve en bas.
CHAPITRE 22
Le temps passa et mon bonheur ne fit que s'accroître à mesure que les jours passaient. Vivre avec les Cullen, faire l'amour avec Edward, profiter de ma fille… La seule idée de pouvoir vivre cela éternellement gonflait mon cœur d'amour au point que je pensais qu'il allait exploser.
Les chasses se passaient mieux, je n'avais plus fait d'erreur. J'adorais traverser les bois avec Edward, faisant la course avec lui, finissant par rouler dans l'herbe de notre clairière avant de nous aimer passionnément. Je chérissais ces instants de joie et de tendresse.
Je chérissais également les moments que je passais avec ma fille. Carlie se révélait être très éveillée pour son âge, son intelligence grandissait de jour en jour. Même si sa croissance physique nous inquiétait un peu, nous profitions de chaque instant avec elle.
J'adorais la porter dans mes bras pendant qu'elle dormait. J'adorais regarder Edward la porter tout en lui fredonnant la berceuse qu'il avait spécialement composée pour elle. J'adorais entendre son rire pendant qu'Emmett lui faisait des grimaces hilarantes tout en la lançant en l'air avant de la rattraper. J'adorais lorsque ses yeux intelligents se posaient sur Jasper pendant qu'il lui lisait des livres historiques, comme si elle comprenait tout ce qu'il lui disait. J'adorais quand Alice l'habillait de mille et une tenues, toutes plus mignonnes les unes que les autres. J'adorais lorsque Rosalie lui coiffait ses beaux cheveux, qui lui arrivaient déjà au milieu du dos. J'adorais la voir se barbouiller le visage avec les petits pots qu'Esmée lui préparait. J'adorais lorsqu'elle regardait sérieusement Carlisle tandis qu'il prenait ses mesures.
J'adorais les membres de ma nouvelle famille. Et j'adorais ma nouvelle vie.
La seule chose qui noircissait ce tableau de bonheur intense était l'absence de Charlie. Penser à mon père me serrait le cœur, me tordait l'estomac. Il ne savait toujours rien à mon sujet, pensant que j'étais cachée quelque part dans le monde, loin de lui, et je savais que ça devait lui briser le cœur.
Les Cullen ne m'en parlaient pas trop, me laissant le temps de m'adapter à ma nouvelle vie et mes nouvelles capacités. Je sentais bien qu'ils essayaient de ne pas me brusquer, qu'ils voulaient que je prenne mon temps. Mais je savais aussi que ce sujet les préoccupait.
Même si je reculais l'échéance, je savais que nous allions devoir en parler bientôt. Et mon cœur se serrait déjà à cette idée.
Je marchais sur la terrasse extérieure, savourant l'air doux qui régnait en ce mois de juin, Carlie dans mes bras. Cette dernière jouait distraitement avec mes cheveux, les enroulant autour de ses petits doigts potelés, m'arrachant un sourire lorsqu'ils lui effleuraient le visage et la surprenaient.
« Bella ? »
Je n'eus pas le temps de me retourner qu'Edward m'enserrait dans ses bras, me ramenant tout contre son torse, avant de poser son menton sur mon épaule. Notre fille posa immédiatement ses deux prunelles sur son père, l'amour s'y lisant clairement.
Edward pouffa dans mon cou avant de me prendre Carlie des bras, embrassant tendrement son nez. Elle rigola avant de nicher sa tête dans le cou d'Edward et de se blottir contre lui. La vision qu'ils m'offraient était merveilleuse, emplissant mon cœur d'amour et de joie.
Avide de leur contact, je me calais contre Edward, ma tête au niveau de celle de Carlie, qui respirait doucement l'odeur rassurante de son père.
« Carlisle veut faire une réunion de famille » annonça Edward, interrompant le fil de mes pensées.
Levant la tête vers lui, il en profita pour déposer un léger baiser sur mes lèvres avant de me tirer à sa suite à l'intérieur de la maison. Toute la famille y était déjà réunie, nous attendant.
M'asseoir à la grande table ronde me ramena quelques mois auparavant, quand les Cullen m'avaient révélé leur nature. Regardant autour de moi, je ne pus m'empêcher de constater comme les choses avaient évolué depuis ce jour, comme ma vie avait basculé. Mais si c'était à refaire, je referais exactement la même chose, ne voulant changer ma vie actuelle pour rien au monde.
Esmée fila rapidement dans la cuisine avant de revenir avec un petit pot et une cuillère en main. Sachant combien sa mère aimait nourrir notre fille, Edward la lui passa sans discuter, avant de poser nonchalamment un bras sur mon dossier de chaise, jouant avec mes mèches.
« Bien » commença Carlisle, amenant chacune des personnes autour de la table à se concentrer sur la conversation. « Je vous ai réunis pour parler d'un sujet essentiel. »
Il s'interrompit, avant de poser son regard doré sur moi.
« Charlie. »
Son nom tomba comme un couperet et retourna mon estomac. Le silence s'abattit sur la pièce, seulement troublé par les bruits de bouche de ma fille. Inconsciente des sujets qui devaient être abordés, elle mangeait avec plaisir ce qu'Esmée lui donnait.
Edward attrapa ma main avant d'embrasser ma tempe, m'insufflant suffisamment de courage pour que je puisse me redresser sur ma chaise.
« Vous… Que comptez-vous lui dire ? Parce que je suppose qu'il est hors de question de lui raconter la vérité ? »
Carlisle hocha la tête.
« En effet. Nous pensions… »
Il semblait hésiter à poursuivre, mais un regard de ma part lui indiqua d'aller au bout de sa pensée.
« Nous devons te faire passer pour morte. »
J'inspirais profondément, refusant de laisser la terreur me gagner.
« Comment comptes-tu faire ? » s'enquit Emmett, remuant nerveusement sur sa chaise.
« Nous devrons lui faire croire que Bella voulait rentrer chez lui, pour le rassurer. »
« Mais elle n'arrivera jamais à destination, c'est ça ? » présuma Rosalie, me jetant un coup d'œil compatissant.
Carlisle hocha la tête une fois de plus, avant de me regarder.
« Bella, penses-tu que ça irait ? »
« Je… »
Ma voix était aussi faible que celle d'une souris. Je me raclais la gorge, espérant gagner des décibels, avant de reprendre.
« Je ne veux pas qu'il souffre, mais… »
« Il ne peut pas savoir la vérité, Bella… J'en suis navré. »
« Je sais… Au moins il croira que j'avais l'intention de rentrer… Peut-être que ça l'aidera un peu… »
Edward posa son front contre ma tempe, m'apportant chaleur et réconfort par cette simple étreinte. Oui, les prochains jours ne s'annonceraient pas faciles, mais avec lui à mes côtés, je savais que je pourrais tout affronter.
« Pour quand est-ce prévu ? »
« Nous pensons que le plus tôt serait le mieux » m'informa Carlisle.
J'hochai la tête, ne trouvant rien à rétorquer. Les Cullen savaient mieux que moi comment procéder pour ce genre de scénario.
« Jasper ? » l'interpella le patriarche. « J'ai besoin que tu loues une voiture de location à Seattle, comme si c'était Bella qui l'avait fait. »
L'intéressé hocha la tête, avant de se lever pour attraper son ordinateur portable sur la table basse du salon.
« Rosalie ira chercher la voiture en se faisant passer pour Bella. Jasper lui fera de faux-papiers d'identité. Pendant ce temps, Emmett et Alice iront chercher l'endroit parfait pour faire un accident. »
« Quel genre d'accident ? » demanda Edward, intervenant pour la première fois.
« Alice saura prévoir les jours où la route est détrempée. Il suffira de dire que la voiture a glissé dans un tournant. »
« Il faudrait que la voiture prenne feu » intervint Jasper depuis le canapé. « Pour justifier l'absence de corps. »
Carlisle approuva l'idée d'un hochement de tête. Sur les genoux d'Esmée, Carlie commença à geindre en agitant ses petits bras dans ma direction. Edward, qui était entre nous, la prit et me la donna, posant un bisou bruyant sur sa joue au passage, ce qui la fit éclater de rire et m'arracha un sourire. Ils étaient tellement attendrissants tous les deux.
« Bien » reprit Carlisle. « Alice ? »
« Il pleuvra énormément dans deux jours » répondit-elle immédiatement, voyant arriver la question de son père.
« Bien » répéta-t-il en se levant. « Il nous faudra également quitter la ville. »
Rosalie grogna à cette idée, avant que Carlisle ne l'arrête d'un regard réprobateur.
« Je ne veux pas avoir de problème avec les loups. C'est plus sage de partir. »
Esmée approuva d'un hochement de tête avant que Carlisle ne continue.
« Jasper, dès que tu as réservé la voiture tu t'occupes des papiers. Emmett, Alice, allez chercher l'endroit approprié. »
Tous se levèrent de concert pour vaquer à leurs tâches, puis Esmée alla nettoyer la vaisselle de Carlie et Rosalie alla dans le garage. Edward, Carlie et moi restâmes seuls dans la salle à manger, perdus dans nos pensées.
Carlie posa sa petite menotte sur ma joue, attirant mon attention par ses visions. Ces dernières me montrèrent la discussion qui venait d'avoir lieu, mon visage tordu par la souffrance à l'idée d'infliger ça à Charlie.
Secouant la tête, j'essayais de ne plus penser à la tristesse que je causerai à mon père, me rassurant comme je pouvais en me disant qu'il ne pouvait de toute façon pas connaître la vérité.
« Il faut que j'appelle Charlie » murmurai-je, troublée à l'idée de parler à mon père pour la dernière fois.
Edward m'embrassa une nouvelle fois la tempe, avant de se lever et d'aller chercher le téléphone portable que j'utilisais depuis l'Italie. Je lui passais Carlie, ne voulant pas être distraite pendant mon appel, et il sembla le comprendre car il quitta la pièce, notre fille dans ses bras.
Je composais le numéro, les doigts tremblants d'appréhension, puis la sonnerie se fit entendre.
« Bella ? » demanda la voix rauque de mon père.
Je dus me mordre la lèvre pour ne pas fondre en larmes. Cet appel avait une tout autre dimension que les précédents.
« C'est moi, papa. »
« Comment vas-tu ? »
Sa voix inquiète me noua douloureusement le ventre.
« Ça va, je… »
Ma voix s'étrangla dans ma gorge, et je dus m'y reprendre à plusieurs fois pour réussir à parler sans craquer.
« Je vais rentrer, papa. »
Au bout du fil, j'entendis la respiration de Charlie se couper alors qu'il prenait conscience de mes mots.
« Tu… Bella… C'est merveilleux ! »
Je ne répondis pas, connaissant d'avance la suite des événements.
« Je suis tellement heureux de te retrouver, ma fille… »
Jamais je n'avais entendu Charlie être si ému. Jamais il ne m'avait montré à ce point ses sentiments. Cela m'émouvait encore plus, me serrant le cœur comme s'il était pris dans un étau.
« Moi aussi papa… Tu m'as manqué… »
Si les larmes avaient pu couler, mes joues en seraient trempées. Là, mes yeux me brûlaient mais rien n'en sortait, ce qui me déstabilisait. J'aurais aimé pleurer, pour extérioriser les émotions intenses qui se battaient en moi et me submergeaient.
« Quand rentres-tu ? »
« Dans deux jours » lui répondis-je, consciente que sa vie basculerait au bout de ce délai.
« J'ai hâte de te retrouver, Bells. »
Le surnom affectueux que me donnait mon père me brisa le cœur. Je regrettai tellement ce que j'allais lui infliger.
« Moi aussi. »
Le silence s'installa entre nous, mais je ne voulais pas finir notre dernière conversation sur des mots aussi banals.
« Je t'aime, papa. Pour toujours et à jamais. »
« Moi aussi, Bells. Moi aussi… Reviens vite. »
Nous nous saluâmes, mais je n'arrivais pas à bouger. J'avais l'impression d'être dans une sorte de transe, complètement hors du temps.
Je venais d'avoir ma dernière conversation avec mon père. Je venais de lui parler pour la dernière fois.
Je restais assise un moment sur ma chaise, complètement pétrifiée. J'entendis vaguement des pas arriver derrière moi, mais ne pris pas la peine de me retourner, complètement absorbée par l'ultime conversation que je venais d'avoir avec mon père.
« Tout ira bien, mon amour » me chuchota Edward à l'oreille, m'enlaçant par derrière. « Je te le promets. »
Effectivement, le plan des Cullen se déroula parfaitement bien. Deux jours plus tard, des trombes d'eau s'abattirent sur Forks, plongeant la ville dans une atmosphère des plus humides, le ciel noirci par la pluie semblant vouloir nous tomber sur la tête à tout moment.
Comme prévu, Rose alla chercher la voiture de location en mon nom, armée des faux papiers que lui avaient préparés Jasper. Sur la route du retour, accompagnée d'Emmett et Jasper, elle réussit à faire se crasher la voiture au fond d'un ravin, au détour d'un virage où l'eau de pluie rendait la route très glissante. Heureusement pour nous, la voiture prit feu, emportant toute trace d'un éventuel corps avec elle.
Carlisle avait toutefois tenu à laisser un de mes effets personnels dans la voiture, afin que Charlie prenne conscience qu'il s'agissait bien de mon corps dans la voiture. N'ayant rien de spécial sur moi le jour de mon enlèvement, Edward se faufila en douce dans mon ancienne chambre chez mon père pour y voler une breloque que je portais souvent avant de disparaître. Charlie n'y verrait que du feu, ne faisant guère attention à comment je m'habillais.
Je n'étais pas allée sur place le jour de l'accident, préférant rester à la maison avec ma fille et Edward. Rien que l'idée d'y aller me broyait le cœur.
Le lieu d'accident n'était pas très loin de Forks, nous permettant d'entendre le bruit des sirènes des ambulances qui se rendirent sur place. Mon corps était comme divisé en deux, une partie souhaitant aller sur les lieux de l'accident pour prendre conscience que ma vie humaine était terminée, que Charlie devrait continuer sa vie sans moi, mais une autre partie voulait se préserver et rester dans l'ignorance. Une partie de moi voulait voir une dernière fois Charlie, mais l'autre partie voulait garder comme dernier souvenir de lui le visage souriant et heureux qu'il avait avant mon enlèvement.
Edward restait à mes côtés, ses doigts entrelacés aux miens, me réconfortant comme il savait si bien le faire. A l'étage, j'entendais la douce respiration de Carlie, qui s'était endormie après le départ de la famille.
« Ça va ? » me demanda Edward après quelques instants de silence.
« Comment veux-tu que j'aille bien alors que mon père va me croire morte ? » m'exclamai-je douloureusement.
Ma voix claqua dans l'air et sembla frapper Edward, dont le visage se tordit de douleur et de remords. Je me mordis la lèvre, prenant conscience de mes mots.
J'avais fait référence à ce qui le terrifiait avant ma transformation : que je regrette ma vie humaine.
« Je… » commençai-je à m'excuser.
« Ne dis rien » chuchota-t-il en se détachant de moi.
« Si ! Je suis désolée, Edward… Je ne voulais pas et… »
« Tu le pensais quand même » insista-t-il.
Sa voix était rauque, comme si l'émotion qu'il ressentait lui nouait la gorge et empêchait les sons d'en sortir.
« Edward… C'est juste difficile pour moi de dire adieu à mon père… »
« Je sais. C'est pour ça que je ne voulais pas te transformer. Pour que tu n'aies pas à dire adieu aux personnes qui comptent pour toi, à ta vie humaine. »
Le silence s'installa, aucun de nous ne sachant quoi dire. Oui, j'avais voulu être transformée. Non, je ne voulais pas dire adieu à mon père. Oui, je savais que ça allait être difficile. Non, je ne regrettais rien.
« Tu sais » repris-je après un moment. « Je savais que ça serait difficile de dire adieu à mon père, à ma mère, à Phil… Mais la douleur que je ressens en leur disant adieu n'est rien comparée au bonheur que je ressens à tes côtés. »
Je m'approchais de lui, m'asseyant sur ses genoux, le forçant à s'adosser contre le canapé. Je pris son visage en coupe avant de déposer des baisers sur sa mâchoire carrée, sur ses joues, ses paupières, son nez, son front, puis enfin sa bouche. Il répondit à mon baiser avec ardeur et passion, nous emmenant dans un monde où ma douleur s'atténuait.
« Je ne vais pas bien, c'est vrai. Mais ce n'est qu'une mauvaise passe… Je dois faire mon deuil, moi aussi… »
« Je le comprends, mon amour. Je serai toujours là. »
« Je sais » murmurai-je dans son cou, me blottissant contre son torse musclé qui semblait être fait pour m'accueillir contre lui.
La porte d'entrée claqua, brisant la tendresse de l'instant.
« C'est fait ! » déclara Emmett en se frottant les mains. « Les secours sont sur place, mais il n'y aura rien à sauver. »
« Ils vont appeler Charlie pour le prévenir » ajouta Jasper en arrivant derrière son frère. « Il va se rendre sur les lieux de l'accident dans quelques minutes. »
Mon cœur se serra en comprenant que la vie de Charlie allait changer pour toujours.
« Comment va-t-il réagir ? » demandai-je directement à Alice, qui venait d'entrer dans la pièce.
Elle se concentra un instant, les yeux perdus dans le vague, avant de les fixer sur moi.
« Il sera anéanti. »
Voyant que j'allais protester, elle reprit.
« Mais il sera soutenu. Sue Clearwater va beaucoup l'aider. »
Penser à Sue et mon père me fit sourire. Sue avait perdu son mari il y a plusieurs années, et elle et Charlie se fréquentaient depuis quelques mois. Même si mon père ne m'en parlait pas trop, je savais qu'il était heureux avec elle.
J'étais heureuse qu'elle soit là pour lui, pour le soutenir dans son deuil. Il ne resterait pas seul.
« Il se reconstruira petit à petit » me réconforta Alice en me prenant dans ses bras, m'arrachant de l'étreinte d'Edward.
« Quand est prévu l'enterrement ? » s'enquit ce dernier.
« Pour la fin de la semaine » annonça-t-elle en me relâchant. « Nous irons. »
« Bella ne peut pas rester seule » lança Jasper depuis le fauteuil où il avait pris place.
« Je resterai avec elle. »
« Négatif » répondit Alice en secoua la tête de gauche à droite. « Tu dois aller à l'enterrement, Edward. On nous a souvent vu avec Bella, les gens ne comprendraient pas. »
« Je resterai » dit Emmett en s'approchant de moi pour poser une main sur mon épaule.
Alice ferma les yeux brièvement.
« C'est le mieux. »
Emmett pressa mon épaule avant de se retirer à l'étage, rapidement suivi par Jasper et Alice. Edward resta à mes côtés, me caressant les cheveux distraitement, me laissant le temps pour affronter la situation. Il semblait comprendre ce dont j'avais besoin avant même que je ne m'exprime, et je l'en remerciais pour cela.
La fin de semaine arriva trop rapidement. Comme Alice l'avait prédit, Charlie fût anéanti par l'annonce de ma mort. Carlisle avait été appelé sur les lieux de l'accident en tant que médecin légiste, et il assista à la vague de souffrance qui submergea mon père lorsqu'on lui annonça qu'on avait retrouvé un de mes bracelets dans la voiture carbonisée.
Il avait hurlé, longtemps, à s'en déchirer les cordes vocales. Il avait pleuré, beaucoup, jusqu'à s'endormir d'épuisement. Seule Sue avait pu l'approcher, le serrant contre elle en lui soufflant des paroles de réconfort qui n'apaiseraient que partiellement la douleur qu'il ressentait.
Difficilement, elle l'avait aidé à organiser mes funérailles. L'annonce de ma mort a frappé les bonnes gens de Forks violemment. Jessica s'était effondrée en larmes, ce qui m'étonna car je ne nous savais pas proches à ce point, tandis que Mike et Angela se muraient dans le silence qui accompagnait généralement le deuil.
Et l'enterrement était fixé à aujourd'hui. Les Cullen se préparaient pour y assister, en soutien pour mon père. J'entendais le bruissement des tissus sur leur peau d'albâtre, j'entendais des semelles claquer contre le parquet ancien qu'Esmée avait placé dans toute la villa. Même si Emmett essayait de compenser ces bruits par des blagues, il avait bien du mal à m'arracher ne serait-ce qu'un petit sourire.
Carlisle et Esmée furent les premiers à descendre. Lui portait un costume noir et une chemise blanche, accompagnés d'une cravate noire épaisse. Esmée, quant à elle, portait une robe noire qui lui arrivait juste en-dessous des genoux, un magnifique châle qui recouvrant ses épaules et une petite coiffe noire posée sur le côté de sa tête, accessoirisant ses boucles caramel qui avaient été ramenées sur une seule de ses épaules. Ils étaient magnifiques.
Rosalie ne tarda pas à descendre, une Carlie pas très réveillée dans les bras. Ce tableau me fit sourire. Rose était la meilleure tante dont j'aurais pu rêver pour ma fille, et nos relations s'étaient beaucoup améliorées depuis ma grossesse, puisqu'elle avait été la seule à réellement me soutenir. Elle portait un magnifique tailleur noir, qui accentuait ses longues jambes et ses courbes de mannequin. Ses cheveux blonds étaient remontés un en chignon d'où s'échappaient quelques boucles, adoucissant son visage parfaitement dessiné.
Rosalie posa Carlie dans mes bras avant de l'embrasser sur le dessus de la tête, puis rejoignit Emmett sur le canapé.
« Comme toujours, il faut attendre le lutin » ricana Emmett.
Rose leva les yeux au ciel avant de lui asséner une claque derrière la tête. Emmett grogna pour la forme, tel un enfant capricieux, mais ses geignements ne m'atteignirent pas tant j'étais focalisée sur Edward qui descendait les escaliers.
Il était vêtu d'un magnifique costume noir, d'une cravate noire fine et d'une chemise noire qui lui allaient à merveille, accentuant ses épaules carrées et sa pâleur vampirique. Je pouvais voir qu'il avait tenté de coiffer ses mèches bronze, mais à en juger par l'allure qu'elles avaient, il avait lamentablement échoué.
Il atteignit le bas des escaliers et son regard rencontra immédiatement le mien, créant une douce chaleur au creux de mes reins. Peu importe le contexte, l'endroit et le moment, je le désirais toujours autant. Je n'aurai jamais assez de lui.
Il s'avança doucement vers moi, avant de me serrer contre lui, Carlie entre nous.
« Tu es beau » lui dis-je doucement, mes yeux dans les siens.
« Merci… Même si j'aurais préféré que tu me vois habillé comme ça dans d'autres circonstances. »
Plongeant la tête dans son cou, je ne pris pas la peine de réfléchir au sens caché de ses paroles. Edward attrapa notre fille dans ses bras, frôlant son nez du sien dans ce geste attendrissant qui était devenu le leur.
« Ma petite princesse… » murmura-t-il contre sa joue alors qu'il y déposait un doux baiser.
Ce tableau m'emplissait d'amour et calmait légèrement mon appréhension.
« La naine ! » hurla Emmett derrière nous, nous faisant sursauter. « Tu te bouges ? »
« Ta gueule Emmett » lui hurla Alice en réponse, ce qui nous fit pouffer. Cette maison abritait des fous.
Finalement, après quelques secondes supplémentaires durant lequel nous entendîmes un horrible raffut à l'étage, Jasper et Alice apparurent en haut des marches. Le premier avait un beau costume noir, à l'instar des autres hommes de la maison, mais un nœud papillon habillait son cou. Alice portait quant à elle une magnifique robe noire et des bottes, ainsi qu'un serre-tête noir vintage. Même pour un enterrement, elle arrive à rester magnifique.
« Dépêchez-vous ! » pressa-t-elle. « On va être en retard ! »
Edward leva les yeux au ciel en marmonnant que c'était l'hôpital qui se foutait de la charité, mais il récolta un magnifique doigt d'honneur de la part de sa sœur. Il embrassa une dernière fois le front de Carlie avant de me la donner et de poser ses lèvres sur les miennes.
« A plus tard, amour » murmura-t-il à mon oreille.
Emmett et moi les suivîmes dehors, les regardant monter dans la Mercédès noire de Carlisle ainsi que dans la Volvo d'Edward. Une fois qu'ils eurent manœuvré pour emprunter le sentier qui menait à la nationale, nous rentrâmes à l'intérieur et Emmett lança un jeu vidéo.
« Viens jouer, Bella ! »
Malgré le fait que je tenais Carlie dans mes bras, je n'arrivais pas à me concentrer sur mon environnement, l'esprit focalisé sur ce qui était en train de se passer au cimetière de Forks. Regardant l'heure, je saisis cette opportunité.
« Emmett ? Carlie doit prendre son biberon… Tu veux bien le préparer et lui donner ? »
« Bien sûr ! Viens par-là ma choupette. »
Emmett l'attrapa et alla dans la cuisine, énonçant les différends choix qui s'offraient à ma fille.
« Qu'avons-nous là… Cerf, ours ? Dis-moi ce que tu veux… Puma, comme ton papa ? »
Le ton d'Emmett m'arracha un sourire. Il était tellement attendrissant avec elle, toujours à ses petits soins, qu'Edward et moi avions peur qu'elle en devienne une enfant pourrie gâtée.
Cependant, je ne m'attardai pas sur ces pensées et profitai qu'Emmett était occupé pour sortir par la baie vitrée. Une fois dehors, je ne pris pas le temps de réfléchir et fonçai en direction du cimetière de Forks, voulant voir la scène de mes propres yeux.
La pluie me frappait le visage alors que je traversais rapidement la forêt, trempant mes vêtements mais peu importe. Je devais y aller.
Lorsque je fus à bonne distance du petit cimetière, je grimpai dans un arbre qui me permettait d'avoir une vue d'ensemble sur le terrain. Effectivement, je vis un attroupement de personnes habillées en noir, certaines cachées sous des parapluies de la même couleur, d'autres portant de simples imperméables. Parmi eux, Charlie.
Sa vision m'arracha un sanglot alors que mon cœur se compressait dans ma poitrine. Il avait les traits tirés, des cernes sous ses yeux rougis et gonflés par les larmes. Sa peau était pâle, presque translucide, et ses joues creusées m'inquiétaient.
Il semblait brisé.
A ses côtés, Sue lui tenait le bras, le réconfortant comme elle le pouvait. Je remarquais que son visage était marqué par des traces de maquillage emporté par les larmes. Devant eux, le curé de la commune répétait le même discours ennuyeux qu'à chaque enterrement, guère troublé par les personnes en larmes face à lui.
Lorsque je repérais les Cullen, je sus immédiatement qu'ils avaient compris que j'étais là. Alice avait dû en avoir la vision. Toutefois, ils restèrent immobiles face à la tombe qui était censée être ma dernière demeure, jouant à merveille le rôle des endeuillés. Le bras d'Esmée entourait la taille d'Edward, comme si elle cherchait à le réconforter, alors que Rose serrait Alice contre elle.
Lorsque l'enterrement arriva à sa fin, chacun lâcha une rose sur mon cercueil enterré. Les sanglots se firent plus fort à mesure que les gens proches de ma famille s'avançaient, me donnant un dernier adieu.
Certaines camarades du lycée étaient là, comme Mike, Jessica et Angela. Je vis aussi ma mère et Phil, qui avaient fait le déplacement, sortir de derrière quelques personnes pour finalement déposer une rose. Puis vint le tour des Cullen, mais seul Edward lâcha une rose rouge, symbole de l'amour. Lorsque Charlie dût me dire adieu, son cœur s'affola et ce son déchirant me brisa un peu plus de l'intérieur.
Charlie alla saluer Carlisle, le remerciant d'être présent ainsi que toute sa famille. Le médecin lui donna une accolade chaleureuse, avant qu'Esmée ne le prenne dans ses bras. Derrière eux, les enfants Cullen restaient groupés, mais je pus aisément voir le regard d'Edward posé sur moi à travers les branches des arbres.
Il salua Charlie à son tour, lui présentant ses condoléances, avant d'annoncer que c'était trop dur pour lui et qu'il serait à la voiture. Mon regard se détacha de lui pour se reposer sur mon père. L'envie de le serrer une dernière fois dans mes bras était forte, presque irrésistible, mais je me devais de rester à ma place.
J'avais choisi ma vie.
Certes, je n'avais pas choisi d'être enlevée puis séquestrée, mais j'avais choisi les Cullen. J'avais choisi Edward. Et même si la route sera longue et difficile, rien ne me fera jamais regretter mon choix.
« Tu devais rester à la villa » me dit une voix douce.
Je ne me retournais pas, le laissant s'approcher, gardant les yeux fixés sur mon père.
« Je ne pouvais pas ne pas être là. »
Ses lèvres se posèrent sur ma nuque trempée par la pluie, avant qu'il n'attrape ma main dans les siennes.
« Ton père est fort. Ce sera long et douloureux, mais il survivra. Il sait que tu veux qu'il soit heureux, il s'efforcera de l'être en ta mémoire. »
Ces paroles me serrèrent le cœur, mais me réconforta en même temps.
« Je sais qu'il aura toujours cette blessure en lui » finis-je par dire, ne quittant toujours pas mon père des yeux. « Mais il guérira petit à petit. »
« Il voulait que tu sois heureuse. Il espère que tu l'es, peu importe où tu es » me confia Edward.
Lentement, j'adressai un dernier adieu silencieux à mon père, le regardant une dernière fois, imprimant son visage dans ma mémoire, puis me tournai vers mon compagnon.
Nos regards se mêlèrent, se fixant intensément et passionnément. L'or de ses yeux paraissait liquide, flamboyant et chaleureux. Son âme semblait communiquer avec la mienne, et la douleur que je ressentais à l'idée d'abandonner mon père se réduisit légèrement.
Mes doigts s'entremêlèrent à ceux d'Edward et je m'approchai de lui pour poser mes lèvres sur les siennes. Un gémissement m'échappa lorsqu'il suçota ma lèvre inférieure, ravivant le brasier au creux de mes reins.
Lorsque je me détachai de lui, une seule pensée inondait mon esprit.
« Je suis heureuse. »
Oublier cette journée atroce sera sans doute impossible, mais la douleur s'atténuera. Et j'allais être parfaitement heureuse, j'en étais convaincue.
Ma vie humaine était terminée, dans tous les sens du terme. Pourtant, lorsqu'Edward reposa une fois de plus ses lèvres sur les miennes, je me sentis plus vivante que jamais.
Chapitre difficile à écrire... J'espère qu'il vous aura plu ?
Nos amoureux peuvent enfin commencer leur vie éternelle ensemble ! Mais cette histoire n'est pas encore finie, alors restez connectés ;)
De mon côté, je n'ai encore une fois rien écrit de nouveau et ça me stresse énormément. Je vois le nombre de mes chapitres en réserve diminuer de semaine en semaine sans que je ne puisse écrire la moindre ligne, alors j'essaie d'écrire mais rien ne vient. Demandez à Tied, je pense qu'elle reçoit assez de messages stressés de ma part pour témoigner de mon état :')
Pour autant, ne vous inquiétez pas. Vous aurez la suite de cette histoire. Le chapitre 25 est bouclé depuis un moment, et je sais exactement ce qu'il se passera dans chaque chapitre jusqu'à la fin... Il n'y a plus qu'à mettre en forme !
Pour l'OS de Noël, j'essaie d'écrire mais rien ne me satisfait pleinement... Alors j'efface, je recommence, j'écris, relis puis ré-efface une fois de plus. Je vais vraiment essayer de vous le publier pour Noël, mais ne me jetez pas la pierre si je n'y arrive pas *rire gêné*
Je vous donne rdv samedi prochain pour la suite d'Ascendant. En attendant, je vous souhaite un Joyeux Noël et passez une bonne semaine !
Prenez soin de vous :)
Girlonfire
