Bonjour !

Je passe en coupe-vent !

Oui, j'avoue tout, j'ai failli vous oublier aujourd'hui… Mais j'ai une circonstance atténuante ! C'est la finale de l'Eurovision ce soir ! *sautille partout* Et c'est un évènement familial plutôt prisé donc ma journée est bien remplie !

Des cœurs et des bisous, je vous laisse, j'ai des mini-hamburgers à préparer XD

Réponse à Austurland (et cela devrait en intéresser d'autres, j'imagine) : Grèce Ancienne n'est pas un OC. Elle existe belle et bien dans Hetalia, seulement, elle n'a pas de design officiel (ou à peine, si je ne me trompe) et on sait très peu de choses à son propos. Du coup, le personnage dont on va parler dans cette affaire est à la fois un mélange entre la Grèce Ancienne et ce que l'auteur a dit du personnage.

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Grèce : Héraclès Karpusi

Grèce Ancienne : Evangelía Karpusi

Bonne lecture !

Disclaimer : Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 12 : Questions sans réponses

Le lendemain, peu après le déjeuner, Emil alla s'enfermer dans sa chambre : Jia Long l'attendait en ligne pour une partie du tout dernier Dragon Age en date. Alors que Mathias mettait en marche le lave-vaisselle, Lukas pour sa part avait étalé le dossier qu'Héraclès Karpusi lui avait amené la veille. Cela faisait au moins la troisième fois qu'il le dépiautait. Il était en train d'écumer le web à la recherche de ce fait divers qui datait donc de fin 2013. Les médias en avait peu parlé, tout au plus un article de la part d'un hebdomadaire osloïte relatant qu'Evangelía Karpusi, autrice majeure d'une certaine maison d'éditions nommée Nye Horisonter, s'était suicidée le 27 décembre.

Mathias, torchon sur l'épaule, l'interrompit tout à coup :

- Pas que ça me dérange, mais pourquoi t'es venu t'éparpiller dans la cuisine ? T'as ton bureau dans ta chambre, non ?

- Trop de paperasse.

- Môssieur aurait-il la flemme de ranger ?

- On ne peut rien te cacher.

- T'as vu ça, ah ah ! J'ai un bon maître en même temps.

Mathias adressa un clin d'œil entendu à Lukas. Lequel n'y prêta pas le moins du monde attention.

- Je pensais faire une citronnade. J'ai acheté des citrons hier du coup.

Toujours aucune réaction de la part de Lukas. Pendant ce temps, Mathias étala sur le plan de travail les fruits et le sucre notamment.

- Alors ? Tu vas la prendre cette enquête ?

Il poursuivit sans laisser le temps à Lukas de répondre.

- Qu'est-ce qu'on a du coup ? On l'a poussée au suicide ? Ou alors un suicide rituel ? Elle faisait peut-être partie d'une secte. En tout cas, c'est dur pour un enfant de perdre un parent cher. Quelles que soient les circonstances…

- Coupe tes citrons et boucle-la, veux-tu ?

- Chef, oui chef !

Mathias abattit le couteau de cuisine et commença sa préparation.

- Ça fait tellement longtemps que j'ai pas fait de citronnades ! Pourtant, c'est pas compliqué à faire mais on prend jamais le temps de faire les choses simples. C'est pas une critique, cela dit, je suis le premier comme ça.

- Si tu veux tant que ça papoter, grinça Lukas, va voir Tino. Mais du silence.

- Tu vois… ça devrait te motiver à ranger ton bureau. Non ?

- Ça me motive juste à te mettre à la porte.

- Oh non, Lukas ! S'il te plaît. Fait trop chaud en ce moment. Promis, je serais sage.

Lukas releva la tête de son dossier et observa un instant Mathias, de dos, qui était maintenant en train de presser les citrons. Il avait l'air de vouloir tenir sa promesse. Restait à voir pendant combien de temps.

Mais une heure après, Lukas dont le cerveau bouillonnait, était toujours dans le plus grand des silences. Si on ne comptait pas les cris de M. Puffin de temps à autres, qu'Emil avait installé dans l'entrée et au soleil pour la journée. En tout cas, Mathias avait en effet sagement quitté la cuisine après avoir mis à réfrigérer sa citronnade, puis il avait quitté la pièce et, depuis, Lukas ne l'entendait plus. En revanche, ce que Lukas entendait, c'était ses pensées incertaines.

Il avait en effet achevé la lecture consciencieuse du dossier et ne savait finalement pas quoi en penser. Le dossier que Monsieur Karpusi avait rédigé était loin d'être parfait. Le corps principal du dossier faisait plus penser à une longue dissertation sur la culpabilité, l'innocence, l'influence, la vie en communauté, la justice. Un texte digne de Monsieur Karpusi. Incontestablement, il était aussi bon philosophe que piètre investigateur. En outre, plusieurs questions restaient en suspens, alors même qu'elles étaient nécessaires pour porter un jugement, ce qui amenait Lukas à vouloir en savoir plus. D'un autre côté, Héraclès Karpusi portait une accusation sous-jacente évidente contre un certain Sadiq Adnan sur lequel il n'avait pas forcément plus d'informations concrètes, si ce n'est qu'ils étaient vraisemblablement de la même famille. De fait, Lukas était moyennement convaincu du bien fondé de cette enquête désormais. Pourtant, certains détails le laissaient perplexe. Il lui fallait décidément envisager de rencontrer à nouveau Héraclès Karpusi, de l'interroger, s'il voulait aller plus loin. Le problème étant qu'il n'était toujours pas décidé à prendre l'enquête.

Il y avait réfléchi toute la nuit et si, dans un premier temps, l'affaire avait été alléchante, Lukas n'était finalement pas sûr que ça soit une bonne idée. Après tout, il le savait bien : il ne cherchait qu'à tromper son ennui.

Mais pourquoi s'ennuyait-il ? Telle était la question. Pourquoi n'arrivait-il pas à trouver autre chose à faire que de résoudre des mystères ? Il pouvait très bien lire, aller se balader, voire aller pêcher, jouer aux échecs, au violon… Oui mais voilà, jusqu'à présent il lisait pour s'informer, il allait se balader pour se rafraîchir les idées, il jouait aux échecs et au violon pour réfléchir. Toutes ses activités, tout son univers jusqu'à présent tournaient autour de ses enquêtes. Et il ne fallait pas chercher plus loin la cause de son ennui et cette sensation de vide qu'il n'arrivait pas à combler. Toutes ces questions lui montaient à la tête, l'occupaient et l'empêchaient de dormir, de se concentrer, comme maintenant.

On posa une main sur ses cheveux et Lukas ne put réprimer un vif sursaut. Il se retrouva nez à nez avec un Mathias tout aussi surpris que lui.

- Ah. Désolé. Je t'ai réveillé ?

Il s'était endormi ? Non. Il avait dû à peine entrer en demi-sommeil. Il se souvenait encore clairement de ses réflexions. Quoiqu'il en soit, Lukas ne s'était même pas senti partir. Décidément, quelque chose ne tournait pas rond.

Pour sa part, Mathias s'étonnait toujours de voir ce genre de réaction chez Lukas. Sans compter qu'il n'était pas bête. Enfin…. Peut-être pas autant qu'il le laissait entendre en tout cas. Lukas ne s'était toujours pas remis des évènements. En même temps, il y avait de quoi être bouleversé. Mathias souhaitait sincèrement faire quelque chose pour lui. Aussi bizarre le comportement de Lukas puisse-t-il être, Mathias l'appréciait et était ravi de l'avoir rencontré. Lukas n'en avait certainement pas conscience mais il l'aidait à se reconstruire une vie et, rien que pour ça, il lui en serait éternellement reconnaissant.

- Pourquoi me regardes-tu avec ce sourire idiot ?

Mathias sourit de plus belle. C'était peut-être à lui, maintenant, de l'aider à se refaire une vie.

- Pour rien, assura Mathias

Il alla sortir du frigo la citronnade désormais bien fraîche. Il en versa deux verres, puis en tendit un à Lukas.

- Goûte-moi ça. Tu m'en diras des nouvelles, ah !

- Je doute que tu égales celle de ma grand-mère.

Lukas l'avala d'une traite. La douce acidité du citron vint lui titiller les papilles et la gorge tandis que la fraicheur enivrante de la boisson lui montait au cerveau. Il s'autorisa un petit sourire, à peine perceptible.

- Alors ?

- Peut mieux faire…

- Ah, ah ! Non, pardon, je te parle de ce dossier. Tu es sur le coup ?

Lukas croisa le regard de Mathias qui brillait alors d'excitation.

Et il ne sut quoi répondre.

Il demeura un moment silencieux avec, en face de lui, le visage souriant de son colocataire. Il ne savait pas. Il ne savait pas s'il allait prendre cette affaire. Il savait qu'il y avait des questions à posées mais…. Non. Rien. Rien ne le retenait. Alors pourquoi n'arrivait-il pas à passer le pas ?

- Tu hésites ?

- Non.

Lukas avait lâché ça d'instinct. Il ne voulait pas hésiter. Il détestait ça.

- Alors qu'est-ce qu'on attend ? demanda Mathias jovialement, on y va ?

Et là encore Lukas ne réussit pas à répondre directement. Il s'ennuyait donc tant qu'il en avait perdu son assurance ? Il avisa les documents éparpillés sur la table, son ordinateur d'allumé. Qu'est-ce qui le motivait à faire tout ça déjà ?

- Oui, répondit-il finalement

Aussitôt, Mathias sauta sur ses pieds avant de dégainer son téléphone afin de prévenir Héraclès Karpusi de leur venue. Lukas quant à lui rassembla les feuilles et les photos dans la pochette. Et dire qu'il n'avait même pas cherché à empêcher Mathias de l'accompagner.

oOo

Au volant, Mathias s'amusait de leur trajet.

- Le chemin du boulot, tiens !

Ils passèrent devant la maison de Tino et Berwald, dépassèrent également le collège Ellingsrud avant d'arriver devant des barres d'immeuble d'un rouge flamboyant dans le soleil de l'après-midi. Héraclès leur avait dit qu'il aurait peut-être cinq minutes de retard mais qu'ils pouvaient bien monter en avance, quelqu'un leur ouvrirait.

Lukas et Mathias se rendirent donc au cinquième étage et sonnèrent à l'appartement n°30. Lukas avait repris une inexpressivité de façade, reléguant ses doutes et ses interrogations personnelles à plus tard.

Ce fut un adolescent qui leur ouvrit. Il les accueillit avec un sourire amical.

- Vous devez être les détectives privés. Je vous en prie, entrez.

- Oulà ! Moi, je ne suis que l'acolyte. C'est lui, le détective, déclara Mathias en posant une main sur l'épaule de Lukas.

Ce dernier ne broncha pas.

- Excusez-moi pour la méprise. Et veuillez pardonnez ma tenue.

Ce jeune homme était sans conteste très poli. Il était en effet vêtu de façon très détendu, tenue d'intérieur composée d'un jogging et d'un tee-shirt ample. Il arborait par ailleurs une coiffure asymétrique, avec les cheveux mi-longs d'un côté et très courts de l'autre.

Soudain, un miaulement résonna dans l'entrée, suivi d'un ronronnement intensif.

Ils baissèrent les yeux et découvrirent en train de se frotter aux jambes de Mathias, un chat au pelage marron rayé de noir.

- Ah ! C'est vrai, j'oubliais. J'espère qu'aucun de vous deux n'est allergique aux poils de chat. Je vous présente Héra. Elle adore les câlins.

- Aucun souci ! déclara Mathias en s'agenouillant pour gratter Héra entre les deux oreilles, elle est mignonne.

- Oh, ne vous y fiez pas. C'est une grande jalouse.

Le jeune homme attrapa Héra dans ses bras qui en ronronna de plus belle. Il les fit pénétrer dans un salon aux couleurs chatoyantes et chaleureuses, un véritable feu d'artifice dans cette pièce baignée de lumière. Vaisselle et bibelots mettaient de façon évidente en avant des origines, ou tout du moins un goût prononcé, pour la culture méditerranéenne et du Proche-Orient. Deux chats se doraient la pilule au soleil avec un clair sentiment de plénitude. Arès et Athéna, leur apprit-on.

- C'est qui ? hurla-t-on soudain depuis l'autre bout de l'appartement

- Mais, s'étonna Mathias, je reconnais cette voix !

L'instant d'après, un chat leur passa devant à toute allure suivi par un jeune adolescent qui s'arrêta net.

- Rauf ! s'exclama Mathias en écartant les bras, sans blague quelle coïncidence !

Rauf quant à lui fit un pas en arrière.

- Ah non, la poisse ! Pas pendant les vacances.

- Roh ça va ! Je suis pas un prof non plus, ah ah !

- Rauf ? demanda le jeune homme qui leur avait ouvert, tu les connais ?

- Lui oui, répondit-il en faisant la moue, c'est un pion du collège.

- Tu peux le dire que je suis ton pion favoris !

La remarque fut accompagnée d'un miaulement de la part d'un magnifique félin aux yeux perçants et au long poil blanc soyeux.

- C'est un pote à Peter. Du coup, Peter est privilégié. C'est pas juste.

- Oh, oh, jeune homme, alors là, non. Je ne fais pas de favoritisme.

- Et vous êtes qui, vous ? demanda éhontément Rauf en croisant les bras face à Lukas

- Lukas… détective, déclara-t-il après un instant d'hésitation

Rauf l'observa de pied en cape avant de vraisemblablement jugé qu'il n'y avait pas grand-chose d'intéressant pour le retenir. Il fit volte-face et retourna dans sa chambre sûrement, les mains dans les poches.

- Mouais. Peter vous avait mieux vendu.

Il disparut au bout du couloir et le jeune homme qui les avait reçus dit finalement :

- Alàlà, pardonnez mon petit frère, c'est sa manière à lui de s'intégrer, je pense. Par ailleurs, je ne me suis même pas présenté moi-même ! Je présente mes chats et je ne vous donne même pas mon prénom, ah ah ! Je m'appelle Neoklis. Je suis le demi-frère d'Héraclès.


Affaire à suivre…