Bonsoir !
Me voilà de retour ! Et je vous ai déclaré revenir le samedi 17 sauf que je suis pas dispo demain pour poster XD Donc autant le faire ce soir !
Encore une fois, merci pour votre lecture et vos retours !
Pour répondre à Austurland : tu n'as pas à t'excuser parce que tu révises, voyons ! J'espère que ça s'est bien passé cela dit ! (et j'étais à Tôkyô)
Quoiqu'un peu en retard, j'en profite d'ailleurs pour souhaiter un bon courage à tous ceux qui ont des examens ! C'est bientôt les vacances, fight, fight !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Grèce : Héraclès Karpusi
Grèce Ancienne : Evangelía Karpusi
Chypre : Neoklis Adnan
République Turc de Chypre du Nord : Rauf Adnan
Turquie : Sadiq Adnan
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 12 : Relations houleuses
Peu après le claquement de porte, la grande silhouette de Sadiq Adnan se découpa dans l'encadrement de l'arche connectant l'entrée au salon. L'air jovial qu'il arborait se transforma aussitôt lorsqu'il aperçut ses deux fils à terre dans les bras l'un de l'autre, sans parler des sanglots de Rauf qu'on percevait encore.
Sadiq tourna d'abord la tête vers Héraclès en quête d'une réponse, mais celui-ci ne le regardait pas. Il jeta ensuite un coup d'œil interloqué à Mathias et Lukas. Puis, il s'agenouilla finalement auprès de Neoklis et Rauf.
- Et bien mon bonhomme, qu'est-ce qu'il se passe ?
Il assena une grande tape dans le dos de son plus jeune fils.
- Rien, grinça Rauf en serrant les dents et détournant le regard
Il avait sa fierté visiblement. L'adolescent renifla bruyamment puis partit chercher de quoi ramasser le verre cassé sans dire un mot.
Sadiq interrogea Neoklis du regard. Celui-ci fit la moue et chercha ses mots. Son regard se dirigea brièvement vers Héraclès. Quand bien même il n'avait pas l'intention d'accuser qui que ce soit, surtout si c'était pour mettre à nouveau le feu aux poudres, Sadiq intercepta tout de même le message.
- Il y a eu une… petite dispute entre Rauf et Héraclès. Comme d'habitude, tu vois.
Sadiq se redressa de toute sa hauteur et fit face à Héraclès. Ce dernier soutint son regard sans sourciller et avec une certaine détermination que Lukas et Mathias ne lui connaissaient pas.
- Je… je vais refaire du café. Quelqu'un en veut ? proposa d'une toute petite voix Neoklis
- Un thé pour moi, s'il te plaît, lui demanda Sadiq sans détacher son regard d'Héraclès
Neoklis s'éclipsa discrètement.
Lukas se demandait tout à coup la raison de sa présence ici. Héraclès avait beau lui répéter qu'il y avait quelque chose de louche dans le suicide de sa mère, qu'il y avait quelque chose à éclaircir sur son décès, quelque chose d'ordre criminel, il ne parvenait pas à s'en convaincre totalement. Mais pourquoi serait-il là sinon ? C'est bien qu'il avait des doutes en ce sens. C'était vrai jusqu'à ce qu'il pénètre dans cet appartement. Un an et demi s'était écoulé depuis la disparition d'Evangelía, pour autant la peine était encore vive, semblait-il. Et cela ne présentait au détective qu'une famille encore en pleine reconstruction et non une scène de crime à retardement.
Sadiq se tourna brusquement vers lui et Mathias.
- Excusez-moi, messieurs. Il me semble qu'on ne s'est pas présenté. Pourrais-je savoir à qui j'ai l'honneur ?
Il interrogea Héraclès du regard.
- Monsieur Lukas Bondevik est détective privé et est accompagné de son acolyte, Mathias.
- Un détective ?
Mathias se sentait on ne peut plus mal à l'aise. Le poing serré, il était prêt à empoigner Lukas et s'en aller au plus vite.
Mais contre toute attente, Sadiq rit. Un petit rire presque nerveux. Il assena une frappe à l'arrière de la tête d'Héraclès.
Presque choqué pour ainsi dire, Mathias écarquilla les yeux et voulut partager son trouble avec Lukas mais celui-ci, comme à son habitude, ne semblait pas lui accorder plus d'attention que cela.
- Un détective, hein ? T'es tenace, toi.
- Parce qu'il y a de quoi l'être, je pense.
- Au lieu de te préoccuper de ça, tu pourrais peut-être te trouver un appart' à toi, non ?
- Je suis chez moi.
- Et moi donc.
- Je suis son fils.
- Et je suis son conjoint.
- Conjoint avec qui elle se disputait.
- T'as pas fini de me casser les pieds à tout bout de champs ?
- Tu me les casses tout autant.
Neoklis revint de la cuisine avec les boissons et s'interposa entre les deux hommes, dont les deux fronts se touchaient presque. Il ne se priva pas pour soupirer profondément. Il posa abruptement le thé et le café sur la table basse. Il tendit une tasse à Sadiq.
- Papa, ton thé.
Lukas analysa en l'espace d'une seconde la scène et put enfin schématiser très clairement dans son esprit comment fonctionnait cette famille, pour le moins déchirée. Il soupira intérieurement sans n'en rien paraître. Cela n'allait pas pour lui faciliter la tâche. Prouver qu'un suicide était un meurtre seulement grâce aux déductions, ou tout du moins trouver de quoi titiller les autorités afin qu'elle rouvre une enquête n'était pas chose aisée. Mais en l'occurrence ce qui lui prenait énormément de temps, ce n'était même pas cela, mais déterminer s'il y avait lieu de se pencher sur la question, séparer les convictions que le deuil avait fait naître d'une probable réalité. Pour l'instant, autant dire que tout ce qu'il avait sous les yeux n'était pas très probant.
Sadiq s'empara de la tasse de thé et l'avala d'une traite. Il toisa encore quelques secondes Héraclès avant de faire volte-face et de s'en aller dans le couloir, dans le sillage de Rauf qui était passé discrètement.
Neoklis ne pipa mot mais jeta un coup d'œil à son demi-frère. Puis, il partit retrouver la quiétude de sa chambre dans un soupir.
Quand la tension retomba quelque peu, quoique Mathias se sentait toujours crispé, Héraclès se tourna vers ses invités.
- Voilà qui est Sadiq Adnan.
- J'entends bien. Mais vous ne pouvez pas vous permettre de laisser vos sentiments prendre le dessus sur votre raison, surtout en pareil cas, répliqua Lukas
- Des fois, cela fait du bien d'éclater au contraire. Ce n'était qu'une petite bulle qui vient d'exploser. Il y en aura surement bien d'autres. Mais se disputer, peut-être cela permet-il aux humains de se soulager d'un poids et de repartir sur de nouvelles bases.
Au moins en était-il conscient.
- Il y a du bon à ne pas écouter sa raison, parfois. Je pense que nous en avons tous besoin.
Lukas pinça légèrement les lèvres. Il était décidément temps de passer à autre chose.
- Dans quelle pièce conservez-vous les affaires de votre mère ?
- Son bureau. C'est un peu devenu une remise, comme on ne l'utilise plus.
- Emmenez-moi là-bas.
Héraclès hocha la tête. Il s'engagea dans le couloir en les invitant à le suivre. Ils s'arrêtèrent tout au fond, devant la dernière porte sur la droite. Héraclès posa la main sur la poignée et sembla s'y appesantir un peu plus que nécessaire. Puis, il ouvrit et laissa le détective pénétrer le premier. Ce que Lukas ne se gêna pas pour faire.
La pièce paraissait exigüe car elle était très encombrée. Une large fenêtre offrait une vue verdoyante sur les alentours. On devinait sous les cartons et autres affaires entassées, un bureau massif composé de nombreux tiroirs, placards et étagères, ainsi qu'un vieil ordinateur de la fin des années 90 et une chaise de bureau molletonnée, au haut dossier, sur lequel reposait d'ailleurs un torchon. Ce bureau avait des allures de musée en désordre, tant il était facile de tomber sur des objets de voyage, d'un simple galet, à la forme ou à la couleur atypique, à une statuette de divinité antique en passant par un abaque, de vieux rouleaux, des bijoux en tout genre. Tout un pan de mur était occupé par une bibliothèque dont les ouvrages étaient pour la plupart recouverts de poussière. Néanmoins, tous ne l'étaient pas et on apercevait des traces de doigts, preuve qu'on les avait manipulés, plus qu'avoir pris la peine de les entretenir. Enfin, si la pièce était encombrée, on devinait cependant aisément un passage au travers des cartons depuis la porte.
A la vue de cette pièce, indéniablement riche en informations, Lukas en tira une première conclusion : cette famille n'avait gardé que le strict nécessaire de souvenirs d'Evangelía. Deuxième conclusion : on avait fouillé les lieux récemment.
- Etes-vous sûr d'avoir extorqué toutes les informations de ces objets ?
- Oh, oh ! Waouh, ça c'est du coquillage, s'exclama soudain Mathias en soulevant une conque volumineuse
Aussitôt, il fut gratifié d'un regard noir de la part de Lukas.
- Oups, pardon, bredouilla Mathias en reposant doucement le coquillage
Son regard vagabond avait rebondi d'objets en objets et il n'avait pu s'empêcher de commencer à tâter du terrain. Mathias aimait bien papoter mais il commençait à s'impatienter. Il rongeait son frein désormais, en quête d'action.
- Il me semble. J'ai fait tous les cartons. Cependant, je ne peux pas me permettre d'affirmer que oui, auquel cas, cela signifierait que j'aurais accompli une action parfaite. Or, la perfection n'existe pas. Ce n'est qu'un concept. Un idéal pour les uns, une utopie ou une chimère pour les autres.
Lukas se tourna vers l'ensemble des cartons que composaient principalement la pièce.
- A quand remonte votre dernière inspection dans cette pièce ?
- Hier matin.
D'où la présence du torchon, pensa Lukas, c'était l'évidence même qu'il était venu ici depuis moins d'une semaine.
Le détective s'avança dans la petite allée dégagée bordée par les différents effets. Il y avait des annotations sur les cartons : tout avait donc était consciencieusement rangé.
- Qui a fait les cartons ?
- Moi et Sadiq.
Ils pouvaient donc réaliser un travail en commun si nécessaire. Relation très ambigüe.
Dans l'hypothèse où Sadiq seraient réellement coupable, ayant incitée son épouse à passer à l'acte, il aurait eu la possibilité de subtiliser des indices potentielles. Cependant, à imaginer Sadiq en meurtrier, le détective l'envisageait plus comme quelqu'un de spontané.
- Je vais regarder tout ce qu'il y a dans cette pièce.
- ça ne vous dérange pas, j'espère ? s'enquit aussitôt Mathias
- Cela ne me pose aucun problème.
- Et bien moi, si, intervint la voix grave de Sadiq
Mathias sursauta alors qu'Héraclès, tout comme Lukas, se retourna tranquillement, sans aucune presse.
Sadiq, les bras croisés, faisait face à son beau-fils, le regard dur.
- J'ai aussi mon mot à dire, il me semble.
Héraclès demeura silencieux.
Sadiq s'imposa dans la pièce.
- Je suis désolé messieurs, mais je ne permettrai pas à des inconnus de fouiller dans les affaires de ma femme, déclara-t-il tout à fait cordialement mais pas moins fermement, je vous demanderai donc de sortir de cette pièce. Et toi, ajouta-t-il à l'adresse d'Héraclès, arrête avec tes bêtises.
- Ce ne sont…
- Oh, tu ne vas pas recommencer !
- Je cherche à comprendre les raisons qui ont poussé ma mère à faire ça alors qu'elle était pleine de vie.
- Tu cherches toujours trop à comprendre les raisons qui ont fait que ! Un truc de philo, je suppose. Mais il est temps que tu tournes la page ! ça nous aidera tous.
- Ce qui nous aiderait, c'est peut-être aussi que chacun puisse reconnaître ses torts, rétorqua on ne peut plus calmement Héraclès
Sadiq inspira profondément avant de croiser les bras.
Mathias avisa la tempête qui arrivait à toute allure. Là, il fallait vraiment partir. Ils n'avaient pas à s'immiscer dans l'intimité des gens. Cette famille avait besoin de se retrouver. Et ce n'était pas avec un détective controversé dans les pattes que ça allait s'arranger. Il attrapa Lukas par le poignet. Ce dernier contint difficilement sa surprise.
- Bon et bien euh… déclara Mathias avec un franc sourire, on va vous laisser. C'est qu'il se fait tard et… voilà, le temps de rentrer, vous comprenez. Merci beaucoup pour l'accueil !
Il se dirigea vers l'entrée sans trop de mal en tirant vers Lukas qui, pour le coup, ne semblait pas comprendre la raison pour laquelle il tenait tant à partir. Il tenta bien de se dégager mais Mathias était bien décidé à les sortir de cet appartement. Et quand Mathias avait décidé quelque chose, il savait très bien utiliser sa force.
Alors qu'ils s'apprêtaient à franchir le seuil de la porte, Héraclès les retint.
- Vous reviendrez. N'est-ce pas ?
Mathias se demanda tout à coup s'il avait bien fait d'embarquer Lukas dans cette affaire finalement. Il se mordit discrètement la lèvre inférieure.
Comme Héraclès s'adressait clairement au détective en priorité, Lukas lui répondit, très professionnel :
- Je vais lire son dernier ouvrage dans un premier temps, puis je reviendrai vers vous.
Rassuré, Héraclès les salua et les laissa finalement partir. La porte d'un autre appartement non-loin s'ouvrit alors. Tandis que Mathias appelait l'ascenseur, un homme de près d'une trentaine d'années sortit sur le palier et interrogea Héraclès du regard.
- T'inquiète Gupta… commença ce dernier
Mais Lukas ne put rien entendre de plus les portes de l'ascenseur se refermaient.
Alors qu'ils descendaient jusqu'au rez-de-chaussée, Lukas, le menton relevé, se tourna sans crier gare vers Mathias.
- Pourrais-tu me lâcher le poignet maintenant ?
Mathias s'exécuta aussitôt avec un petit sourire contrit.
Lukas se massa le poignet.
- Tu m'en veux ? osa finalement demander son acolyte
- Oui, répondit clairement Lukas
- Arf ! Je suis désolé. Je n'imaginais pas que ça tournerait comme ça. Mais je pensais que c'était une bonne idée, cette affaire. Mais au fond, c'est quoi une bonne idée, hein ?
Il se tourna désespéré vers Lukas.
- C'est quoi une bonne idée, dis ?
- Certainement pas les tiennes.
Mathias fit la grimace.
- Sauf que je ne parlais pas de ça, ajouta après une pause Lukas
- Ah bon ?
- D'où tu permets-tu de couper court à une entrevue et de m'embarquer de force vers la sortie ?
Mathias écarquilla les yeux. Ne sachant que répondre, il demeura un instant silencieux avant de répliquer :
- Tu veux te disputer avec moi pour te soulager d'un poids par hasard ?
- Le seul poids dont j'aimerais me soulager en cet instant, c'est toi.
La sonnerie de l'ascenseur résonna et ouvrit ses portes. Agacé, Lukas s'éloigna à pas rapides pour rejoindre la voiture.
Affaire à suivre…
