Bien le bonjour à tous !
Pour Austurland : En fait, Miral est un prénom féminin ;)
Oui, j'ai pas des masses de choses à dire, mais ça ne fait pas de mal de se taire parfois :) Non et puis surtout, ma semaine a été épuisante mine de rien…
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Grèce : Héraclès Karpusi
Grèce Ancienne : Evangelía Karpusi
Chypre : Neoklis Adnan
République Turc de Chypre du Nord : Rauf Adnan
Turquie : Sadiq Adnan
Egypte : Gupta Muhammad Hassan
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 12 : Réconciliation inattendue
Mathias se tenait devant le portillon en fer forgé noir depuis maintenant un bon quart d'heure. Il consultait régulièrement l'heure sur son portable. Après toutes les activités de cette journée atypique, il s'était retrouvé devant la demeure citadine qu'il habitait depuis plus d'un an désormais. Cependant, impossible pour lui d'y entrer. Depuis quinze minutes, il s'interrogeait pour savoir s'il valait mieux pour lui de rentrer plus tard ou s'il pouvait oser franchir le perron. Est-ce que la colère de Lukas était redescendue ? Est-ce qu'il lui en voulait encore ? Là étaient toutes les questions existentielles de Mathias à l'heure actuelle.
- Bon, quand même, je l'ai laissé tranquille toute la journée, affirma-t-il à mi-voix pour lui-même
Il inspira profondément et poussa le portillon.
Lorsqu'il pénétra dans la maison, il trouva Lukas agenouillé près de la table basse de l'entrée, l'annuaire ouvert sur les genoux.
Mathias se sentit pris de court tout à coup. Il ne s'était certainement pas attendu à se retrouver face à face avec son colocataire dès son arrivée. Il demeura un instant muet, planté comme un piquet.
- Ah Lukas ! J'ai passé une super journée ! J'espère que toi aussi !
Lukas releva la tête, le doigt figé sur une ligne bien précise. Il dévisagea Mathias, inexpressif. Son regard mit aussitôt Mathias mal à l'aise. Ce dernier tenta un petit rire pour détendre l'atmosphère.
- Bon bah, je vais… monter dans ma chambre. Faire d'autres trucs. Des trucs cools.
Mathias fuit aussitôt qu'il put en n'ayant qu'une pensée : Lukas lui en voulait encore, il en était certain.
Quant à Lukas, ce dernier était particulièrement mécontent de ne trouver aucune trace de cette société de livraison que Gupta avait mentionnée. Pas l'ombre d'une entreprise répondant de près ou de loin au nom de DelivEx. Il avait pourtant déchiffré tout le bottin, allant au-delà des pages consacrées aux livreurs. Mais rien.
Puis, Mathias était rentré et Lukas n'avait rien compris de son petit jeu. Pourquoi Mathias s'amusait-il à titiller sa curiosité ? Comme s'il n'avait pas d'autres chats à fouetter pour se préoccuper de lui. C'était presque comme s'il lui cachait quelque chose, ce qui venait confirmer les suspicions que le détective avait pu avoir le matin-même.
Lukas secoua tout à coup la tête. Au pire, il n'avait pas à s'en soucier. Le plus important était sous ses yeux.
Ou plutôt n'y était pas. Mais l'absence de DelivEx poussait le détective à reconnaître qu'il tenait là un début de piste.
Qui était cette personne qui s'était faite passée pour un livreur ? Gupta avait affirmé n'avoir jamais vu ce faux livreur chargé d'autres choses que de papiers. Qui aurait intérêt à se faire passer pour un livreur alors qu'il n'était muni que de documents ? Quels étaient donc ces documents ? C'était d'autant plus de questions qui venaient s'ajouter, mais c'était surtout l'évidence d'une zone de flou dans la vie d'Evangelía Karpusi. Et à partir de là, en effet, le suicide pouvait être remis en question.
Néanmoins, il y avait un bémol. Il lui serait pour ainsi dire impossible, malgré tout son génie, de retrouver la personne exacte, les faits s'étant déroulés il y a un an et demi et les soupçons n'étant portés que par le témoignage d'une seule et unique personne, qui plus est un voisin. Héraclès ne lui avait jamais parlé de ça. Lukas était même sûr qu'il n'en savait rien. Même s'il portait toutes ses accusations contre Sadiq, Héraclès sentait qu'il y avait quelque chose d'anormal dans la mort de sa mère. Lukas était maintenant convaincu que ce n'était pas là le désespoir d'un fils endeuillé, mais bien une véritable intuition. Son rôle à lui, en tant que détective, était maintenant d'éclairer la sensation d'Héraclès, de trouver la zone d'ombre dans la vie d'Evangelía.
Lukas savait qu'il n'en était pas loin.
Cette histoire d'entreprise fantôme, associée à Miral Muhammad Hassan, voire même Ottavio Vargas, étaient autant d'éléments qui lui permettraient de faire le jour sur cette affaire.
En consultant précisément les archives administratives de l'université romaine, Lukas avait en effet découvert que Miral avait été étudiante quasiment en même temps qu'Evangelía à deux années près. Il était possible et même très probable qu'elles se soient connues. Si Evangelía avait reconnu Gupta, c'était parce que le fils ressemblait beaucoup à sa mère. En outre, il avait trouvé qu'Ottavio, le grand-père de Feliciano et Romano, avait été le professeur d'Evangelía lorsqu'elle était étudiante. Le monde était décidément petit, mais ce n'était finalement pas la première réflexion qui lui était venue à l'esprit. Le mystère du grief d'Evangelía Karpusi à l'encontre de Miral Muhammad Hassan était résolu.
Il n'y avait que ce faux livreur de DelivEx qui lui posait réellement problème !
Aucun indice supplémentaire à ce sujet.
Il referma d'un geste rageur le bottin.
Il s'élança vers l'étage. Le mieux dans ce genre de situation, c'était encore de jouer du violon. Il ne s'embarrassa pas d'Emil qui était en train de jouer à la console, même si ce dernier ne se priva pas de faire part de son mécontentement.
L'archet s'agitait avec frénésie sur les cordes de l'instrument tandis que s'en dégageait une mélodie trépidante, presqu'angoissante par moment tant son rythme pouvait être effréné.
Mathias, qui passait par là, s'arrêta net. Quelle colère, se dit-il les yeux écarquillés. L'avait-il à ce point énervé pour qu'il ait besoin de déverser sa fureur ainsi ?
Sans crier gare, Lukas arrêta brusquement son morceau. Il rejoignit sa chambre à grandes enjambées, manquant de renverser Mathias qui était resté dans le passage, et empoigna son téléphone portable. Il le porta à son oreille après avoir composé le numéro à toute vitesse et, tandis qu'il patientait, fit volte-face. Il découvrit alors Mathias, toujours les yeux écarquillés, en train de le dévisager.
Lukas hausa un sourcil circonspect. Aussitôt, Mathias agita les mains en signe de non-ingérence. Il ne comprenait pas pourquoi son colocataire s'agitait comme ça, mais n'eut pas le temps de lui envoyer une remarque bien placée, on décrocha :
- Héraclès ? Sadiq est-il présent ?
- Non, lui répondit-on à l'autre bout du combiné, il ne rentrera pas avant la fin de la soirée.
- Parfait. Vous êtes chez vous ?
- Je suis sur le chemin du retour.
- J'arrive dans quelques minutes.
Lukas ne prit même pas le temps d'attendre la réponse d'Héraclès. Il rassembla les affaires qui trainait sur son bureau, les fourra dans son sac en bandoulière et déguerpit tout aussi vite. Au passage, il attrapa Mathias par le poignet.
- Tu conduis, déclara-t-il placidement
Mathias cligna plusieurs fois des yeux. Il l'avait pardonné ? Mais quand ? Et pourquoi ? Il y avait deux minutes encore, il s'énervait sur son violon. Mathias n'y comprenait décidément plus rien et décida prudemment de mettre un frein à sa joie de se voir ainsi entraîné par Lukas. Il ne put s'empêcher néanmoins de laisser flotter un sourire sur ses lèvres.
L'enthousiasme ne tarda pas à refaire surface lorsque Mathias eut le volant en main.
- On va où, capitaine ?
- Chez Héraclès.
- Et tu veux m'emmener ? s'exclama Mathias en dévisageant Lukas les yeux ronds
Ce dernier ne se priva pas pour le détailler de la tête au pied comme s'il était possédé.
- Non, répondit-il, je veux que tu conduises.
Mathias ne sut que penser de cette réponse. Tout en réfléchissant au sens profond, il démarra et prit le chemin du nord de la ville.
Cela voulait-il bien dire que Lukas l'avait pardonné ? Ou bien la nuance qu'il avait précisée tenait-il lieu d'avertissement ? Cela signifiait-il « je ne t'emmène pas, je te laisse juste conduire, je ne veux pas te voir à nouveau foutre en l'air mes plans », ou quelque chose dans le genre ? se demanda Mathias à un feu rouge. Il réalisa tout à coup qu'il avait peut-être perdu la confiance de Lukas et qu'il le mettait à l'épreuve afin de s'assurer qu'il était digne d'être son acolyte.
- Je serais le meilleur acolyte du monde ! assura tout à coup Mathias en tournant la tête tout aussi vivement vers Lukas
Ce dernier était plongé dans ses réflexions et manqua de sursauter à cette déclaration aussi soudaine qu'incongrue.
Bon sang, mais qu'est ce que Mathias avait ? Etait-il devenu encore plus stupide qu'il ne l'était déjà ? Ne pouvait-il pas se concentrer sur sa route ? Il lui avait demandé de conduire pour qu'il puisse continuer à réfléchir à toute allure. S'il commençait à l'interrompre, où était l'intérêt ?
Lukas se contenta de se renfrogner et de détourner d'autant plus ostensiblement la tête vers la fenêtre. Peut-être que le message passerait mieux ainsi.
Pour Mathias, ce fut une catastrophe. Il ne comprenait plus rien. Il avait beau s'esquinter les méninges, il ne comprenait plus le comportement de Lukas. Pourquoi détournait-il la tête et avait-il l'air agacé quand Mathias montrait sa bonne volonté de se plier aux conditions du détective ? S'attendait-il à ce qu'il prenne des initiatives ? Mais pourquoi Lukas réagissait-il ainsi du coup ? Quel était le sens de tous ses non-dits ? Etait-ce seulement des non-dits ? Quel message Mathias n'arrivait-il pas à capter et interpréter ?
Mathias se rabattit sur le bas-côté et freina brutalement. Lukas manqua de s'étouffer. Il lui décocha aussitôt un regard meurtrier.
- ça va pas la tête ? ne put-il s'empêcher de lui maugréer
Pour toute réponse, Mathias laissa tomba son crâne sur le volant. Il expira bruyamment avant de relever la tête et de faire face à Lukas. Lequel ne comprenait pour le coup pas grand-chose.
- Pourquoi tu me fais souffrir comme ça ? Qu'est-ce que je dois comprendre de tout ça ? Tu m'en veux ou tu m'en veux pas ? Tu veux de moi comme ton acolyte ou pas ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Lukas haussa bien haut un sourcil interrogateur. Qu'était-il encore passé par la tête de ce grand dadais ?
Voyant que Lukas ne répondait pas, Mathias se prit le crâne entre les mains.
- Dis-moi. Que je sache ce qui va advenir de moi.
- … C'est quoi cette tragédie grecque que tu nous fais ?
Mathias se détacha pour mieux faire face à Lukas.
- Je sais pas ! A toi de me le dire. Depuis hier, j'essaye de te suivre, de faire en sorte de me faire pardonner.
Nouveau silence de la part de Lukas.
- Un coup tu me fais comprendre que tu ne me veux plus dans tes pattes, un coup tu m'embarques… qu'est-ce que je dois comprendre, moi ?
- Te faire pardonner… de quoi ?
- Bah… de cette histoire avec Sadiq, comme quoi je nous ai fait partir alors que tu voulais rester.
Lukas haussa les deux sourcils en même temps pour le coup. Quoi… c'était ça qui le taraudait ?
- J'ai tout essayé : je t'ai laissé tranquille aujourd'hui, je t'ai pas adressé la parole plus que ça, j'ai fait en sorte de pas m'imposer. Je t'avais même préparé un plateau-repas hier soir, mais t'en as pas voulu… bredouilla Mathias en détaillant le siège
- Un plateau-repas ? Quel plateau-repas ?
Mathias releva la tête, cligna plusieurs fois des yeux.
- Tu…
- Je ne suis pas sorti de ma chambre de la nuit et le matin il n'y avait rien devant ma porte.
- Mais je te l'avais dis…
Une ampoule s'alluma dans l'esprit de Lukas. Ah, c'était donc cela que Mathias lui avait dit. Il n'avait absolument pas capté. Mais son orgueil le poussait à passer ça sous silence.
- Pareil, cet aprèm', tu avais l'air énervé que je t'interrompe quand je suis rentré. Alors je me suis dis que tu m'en voulais encore. Et là, tu boudais.
- Déjà, je ne boude jamais, rectifia Lukas en se détachant à son tour pour faire face à Mathias, c'est puéril. Ensuite, tu es juste toujours tombé au mauvais moment. J'étais en pleine réflexion.
- Tu ne m'en veux pas pour hier alors ?
- Si, je t'en ai voulu.
Mathias laissa retomber sa tête vers l'avant, abattu. Ainsi donc, il avait tout de même visé juste.
Lukas leva les yeux au ciel en même temps qu'il inspira profondément. Il tendit alors la main et vint la poser sur les cheveux blonds en bataille de Mathias.
- Un quart d'heure. Je t'en ai voulu un quart d'heure tout au plus.
Mathias n'osait pas relever la tête. Ce qui était en train de se produire était beaucoup trop incroyable. Lukas avait établi de lui-même un contact physique. Un bref souvenir lui rappela que Lukas avait déjà franchi le pas, l'embrassant sans crier gare après une terrible épreuve.
Il aurait pourtant relevé les yeux, il aurait aperçu un petit sourire à la commissure des lèvres de Lukas. Ce dernier frotta légèrement les cheveux de Mathias.
- Tu te poses beaucoup trop de questions. Mais jamais les bonnes.
Mathias se jeta alors au cou de Lukas, lequel se crispa tout entier.
- Qu'est-ce que tu fais ? grinça-t-il
- Câlin de potes.
Lukas ne préféra pas demander d'où lui venait cet élan d'affection et d'où il se permettait de l'étreindre. Il se dit qu'il pouvait bien endurer ces quelques secondes si Mathias arrêtait par la suite d'agir bizarrement.
- Bon. On y retourne, décréta le détective quand il n'en put plus, j'ai une affaire à finaliser.
Mathias le lâcha aussitôt et hocha vigoureusement la tête tout en se rattachant. Il empoigna le volant fermement et remit le moteur en route.
Affaire à suivre…
