Bon…soir ? Je suppose ? XD
Ma journée fut un peu longue ah ah ! J'ai fait mon premier escape game, ça donne des idées d'enigmes et de mystères eh eh ! Je suis désolée pour le retard D:
Sinon, nous voici arrivés à la fin de l'affaire 12, une affaire qui fut assez sombre, finalement… je vous garantie que la prochaine vous détendra bien plus ! Merci encore pour votre assiduité, vos commentaires, mais également toutes les personnes discrètes qui suivent malgré tout fidèlement, qui mettent en favoris et/ou en suivi, vraiment, mille merci !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Grèce : Héraclès Karpusi
Grèce Ancienne : Evangelía Karpusi
Chypre : Neoklis Adnan
République Turc de Chypre du Nord : Rauf Adnan
Turquie : Sadiq Adnan
Egypte : Gupta Muhammad Hassan
Egypte Ancienne : Miral Muhammad Hassan
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 12 : La vérité derrière le roman
Lukas soupira intérieurement : visiblement soulagé, Mathias s'était mis à parler sans s'arrêter.
- Qu'est-ce que tu as trouvé ? T'as été voir le voisin, du coup. Tu vas finaliser… j'imagine que t'as tout compris ? Alors suicide assisté ou pas ? Moi, je pense que ça peut arriver à tout un chacun de sauter le pas, même au plus joyeux d'entre nous, on peut tomber dans une impasse, un accident de la vie qui fait que. Mais c'est vrai que c'est étrange que ses proches n'aient rien remarqué.
- Mathias, marmonna Lukas
- Je parle trop, c'est ça ?
- Bonne déduction.
- Pardon, pardon. Mais ça me fait tellement plaisir de savoir que tu ne m'en voulais pas tant que ça finalement… Mais promis, motus et bouche cousu.
Juste pour jouir du spectacle de Mathias faisant l'effort de se contenir, Lukas fit volontairement durer le silence.
- J'ai été voir le voisin, Gupta Muhammad Hassan, en effet. Et il se trouve que sa mère, Miral Muhammad Hassan, était à Rome pour ses études quasiment au même moment qu'Evangelía Karpusi, et dans la même université.
- Elles se connaissaient et leurs fils aussi, c'est mignon.
- Héraclès ne le sait pas.
- Ah ?
Lukas ne donna cependant pas à suite et passa à l'élément sur lequel il faisait le plus l'impasse.
- Un soi-disant livreur de DelivEx aurait été reçu à plusieurs reprises par Evangelía sans avoir rien à livrer, sinon de la paperasse.
- DelivEx ? ça ne me dit rien.
- Et pour cause : cette société n'existe tout simplement pas.
Mathias jeta un coup d'œil à Lukas. Ce dernier regardait droit devant lui, surement à moitié perdu dans ses pensées, les sourcils froncés. Il comprit tout à coup ce que Lukas avait entendu par « tombé au mauvais moment » lorsqu'il était rentré à la maison et avait trouvé le détective plongé dans l'annuaire.
- Ce qui veut dire… ?
Lukas fit une légère moue.
- Ce qui veut dire que j'ai un inconnu qui est intervenu dans la vie d'Evangelía Karpusi sans qu'Héraclès ne m'en ait jamais parlé.
- Il ne s'agit que d'un livreur après tout…
- Un livreur qui ne livre rien venant d'une société fantôme. Ce n'est pas un évènement anodin. S'il avait été au courant, il m'en aurait fait part d'une manière ou d'une autre.
Quelques minutes après, ils se retrouvèrent devant la porte des Karpusi-Adnan et sonnèrent.
- Tu es sûr ? glissa Mathias, on aurait peut-être mieux fait d'envoyer un message à Héraclès, histoire d'éviter le reste de la famille.
Lukas ne lui répondit pas. Bientôt, on leur ouvrit et ils se retrouvèrent face à Neoklis. L'adolescent présentait un sourire chaleureux, tout en leur faisant signe d'entrer.
- Héraclès m'a prévenu. Désolé, comme d'habitude, il sera un peu en retard.
Mathias trouvait cela bizarre que le jeune homme les reçoive aussi sereinement après l'impair de la veille. En se dirigeant vers le salon, il jeta un coup d'œil au couloir, se demandant si Rauf était là. Il avait le sentiment que, lors de la rentrée prochaine, lui et le garçon aurait une toute autre relation désormais.
Fidèle à sa politesse, Neoklis leur proposa des boissons. Alors que Mathias s'apprêtait à donner une réponse, Lukas refusa, chose pour le moins surprenante, lui qui n'était jamais avare d'un petit café. Une ombre d'inquiétude passa sur le visage de Neoklis qui ne tarda pas à reprendre contenance. Il les invita à prendre place sur le canapé. Aussitôt Héra sauta sur les genoux de Mathias. A ses côtés se trouvaient Apollon, en train de faire sa toilette.
En s'asseyant à son tour, Neoklis déclara :
- Je suppose qu'Héraclès ne lâche pas le morceau…
- Et il a raison, affirma Lukas
Neoklis se figea et écarquilla les yeux. Il déglutit, n'osant poser la question fatidique, mais ses yeux parlaient d'eux-mêmes.
Mathias ne pouvait s'empêcher d'être aux aguets. Il savait qu'il ne devrait pas intervenir mais ne pouvait s'empêcher, dans un coin de son esprit, de se dire qu'il vaudrait mieux déguerpir à la moindre occasion.
Le détective, lui, ne semblait pas le moins du monde importuné par ce changement. Il avait revêtu son impassibilité coutumière.
- Vous souvenez-vous d'un livreur venu sonner chez vous peu avant la disparition d'Evangelía ?
- Euh…
Neoklis attrapa Aphrodite qui passait par là, laquelle se laissa complètement faire et se mit à ronronner doucement.
- Oui. Maintenant que vous me posez la question. Oui, je m'en souviens.
- Pourquoi vous en souvenez-vous ?
- Ben… il n'avait pas de paquet sous le bras et je me suis dit que c'était bizarre pour un livreur. Mais c'était une erreur de toute façon. Il a paru surpris de me voir et s'est excusé avant de partir.
Lukas s'autorisa l'esquisse d'un sourire.
- Pourtant, la plaquette de vos deux noms de famille est parfaitement claire et visible. Il est étrange qu'un livreur professionnel ait pu se tromper à ce point.
Neoklis pencha la tête, tentant visiblement de comprendre où il voulait en venir, lorsque la porte d'entrée claqua. Aussitôt, tous les chats se ruèrent dans le vestibule. Héraclès était de retour, à n'en pas douter. Lorsque ce dernier apparut sur le pas de la porte, il demanda à Neoklis de bien vouloir donner à manger aux félins en délire, puis, il salua le détective et son acolyte.
- Vous avez de nouvelles questions ? demanda-t-il par la suite à Lukas
- Une seule en vérité : où votre mère rangeait-elle ses documents personnels ?
- Du genre ?
- Du genre courrier privé.
Héraclès demeura un instant silencieux.
- C'est forcément dans son bureau, affirma-t-il finalement
Il prit alors la direction de la pièce en question, Lukas et Mathias sur ses talons. Une fois arrivés, Héraclès leur désigna un bureau en bois massif qu'on distinguait sous les cartons.
- Ce qui doit y avoir de plus personnel se trouve surement là-dedans.
Lukas jeta un coup d'œil à Mathias. Celui-ci comprit aussitôt. Il leva un pouce entendu, se retroussa les manches et se mit au travail. Une fois qu'il eut dégagé assez d'espace pour qu'on puisse aisément consulter les tiroirs et placards, Lukas s'avança. Il fit le tour du meuble sans rien trouver si ce n'est des fournitures fantaisistes, quelques pierres semi-précieuses, des grigris sans valeur, un herbier personnel, un carnet de croquis à peine entamé. Seul un tiroir restait verrouillé.
- Où est la clef ?
Héraclès haussa les épaules.
- Mathias.
- Euh… mais t'es sûr que je peux ? demanda ce dernier en jetant un coup d'œil vers le propriétaire des lieux.
Ce dernier hocha la tête.
Quoiqu'encore un peu hésitant, Mathias attrapa un gros trombone, le tordit et s'en servit pour crocheter la serrure. Le tiroir ne résista pas bien longtemps.
Le détective écarta son acolyte d'un geste, puis s'agenouilla. Héraclès découvrait avec lui, les yeux arrondis, ce que contenait le tiroir mystère. De toute la paperasse qu'il soulevait, Lukas extirpait de temps à autres une enveloppe et la posait sur le bureau. Héraclès et Mathias les observaient, sans savoir qu'en penser. Elles étaient vierges de toute marque mais ouvertes.
Une fois que Lukas jugea avoir fait le tour, il se releva et prit tout son temps pour consulter leur contenu. Ceci fait, il rangea les lettres dans leurs enveloppes, les empila soigneusement et tapota le petit tas dans un souci de perfection.
- Alors ? demanda Héraclès, n'y tenant plus
- Retournons au salon.
Le détective passa devant eux, le tas d'enveloppes en main. Bien que furtif, Mathias commençait a avoir l'œil et repéra instantanément le petit sourire en coin que Lukas arborait lorsqu'il sentait qu'il avait pleinement la situation en main. Ainsi donc, il avait résolu ce puzzle.
Comme s'il était le maître des lieux, Lukas s'installa confortablement sur le canapé.
- Appelez Gupta et qu'il nous rejoigne.
- Gupta, mais…
Mathias lui fit signe de la main de ne pas chercher à comprendre et de juste s'exécuter.
Au moment où Héraclès partit, Neoklis arriva dans le salon, un verre de citronnade maison dans la main. Sentant quelque chose d'anormal dans l'atmosphère, il demanda à savoir ce qu'il se passait.
- Prenez place aussi, se contenta de lui déclarer Lukas
Un peu perdu, Neoklis s'exécuta timidement.
Lukas ne daignant visiblement pas bouger d'un pouce, Mathias se résolut à se poser sur un pouf à côté. Il fit alors la rencontre d'Héphaïstos, le chat boiteux, qui quémanda de longues caresses.
Ils patientèrent quelques instants, puis Héraclès suivi de Gupta pénétrèrent dans la pièce. Gupta dévisagea tour à tour les personnes présentes de ses yeux en amande et son regard finit par se poser sur Lukas. Le détective le salua d'un bref signe de tête. Ils s'installèrent. Dès lors, Lukas se sentit plus que jamais le maître. Il se leva et glissa ses mains dans les poches.
- Le monde est petit. La preuve en est que vous venez de vous rencontrez, commença le détective en désignant Gupta et Héraclès d'un coup de menton, et pourtant vos mères se connaissaient, il y a une trentaine d'années de cela.
Les deux hommes le dévisagèrent les yeux ronds.
- Evangelía Karpusi et Miral Muhammad Hassan, toutes deux étudiantes au début des années 80 à Rome se connaissaient. Mais je ne pense pas qu'elles s'appréciaient vraiment.
- Comment ça ? se permit Héraclès
- Je vous donne le nom d'Ottavio Vargas, un de leurs professeurs en commun, et je vous remets en tête ceci.
Lukas sortit de son sac en bandoulière le roman qu'il avait décortiqué pendant toute la nuit.
- Tout est dedans. La protagoniste est albanaise, mais il s'agit en réalité d'Evangelía, tout comme l'autre personnage féminin, tunisienne, se révèle être Miral.
Héraclès attrapa le roman et le feuilleta, avant de relire la quatrième de couverture. Puis, il leva vers Lukas un regard interrogateur.
- Ne faites pas cette tête. Vous n'êtes pas idiot. Si cette histoire vous a laissé sur votre faim, ce n'était pas tant parce qu'elle manquait d'originalité que parce qu'elle était on ne peut plus criante de réalisme. Malheureusement, la réalité dépasse parfois la fiction. Votre mère, son professeur et Miral Muhammad Hassan étaient tous les trois pris dans un triangle amoureux, tout ce qu'il y a de plus banal. Et Gupta ici présent, poursuivit-il en empêchant Héraclès de répliquer, en est la preuve. Ni lui ni votre mère ne vous ont parlé de leur première rencontre, pour le moins atypique. Atypique car s'ils avaient vraiment été des inconnus, Evangelía n'aurait pas réagi comme elle l'a fait en découvrant votre voisin de palier. Mais il se trouve que Gupta partage une étonnante ressemblance physique avec sa mère, ce qui n'a pas manqué d'interpeller Evangelía. Et si vous voulez confirmation, il ne vous reste plus qu'à prendre contact avec Miral. Je suis sûr que votre mère, ajouta-t-il à l'adresse de Gupta, se souvient parfaitement d'une Evangelía Karpusi à Rome.
Gupta et Héraclès digérèrent l'information en silence, parfaitement impassibles. Neoklis sirotait sa citronnade sans trop comprendre et Mathias préférait demeurer silencieux. Le propriétaire des lieux délaissa finalement le roman qu'il avait entre les mains.
- Qu'est-ce que cela a à voir avec la disparition de ma mère ?
- Pas grand-chose à dire vrai. Disons que l'écriture de ce manuscrit a surement dû éveiller des souvenirs et des émotions cachés en elle. Non, la véritable interrogation c'est pourquoi l'a-t-elle écrit alors qu'elle menait une vie agréable. Pourquoi avoir eu tout à coup le besoin d'écrire cette chose qu'elle-même ne devait pas avoir en très grand estime, qui plus est pour partager avec son lectorat ses amours de jeunesse ? Là entre en jeu le dernier personnage du roman. Celui qu'on ne nomme jamais et qu'on voit pourtant partout. Celui qui n'a clairement pas sa place dans ce récit. Celui dont la présence dans le roman a été forcée. Qui est-il ?
Lukas attrapa le paquet d'enveloppes qu'il avait auparavant déposé sur la table basse.
- Gupta m'a fait part d'une information très étrange : un livreur sans colis de livraison. Voilà qui est intriguant. D'une certaine société dont le nom n'est absolument déposé nulle part. Gupta, tout comme Neoklis, m'ont confirmé l'avoir vu sans paquet mais avec des documents. Les documents en question, les voici. Ce sont des lettres de harcèlement. Le harcèlement d'un fanatique que je qualifierais volontiers d'érotomane : il a harcelé votre mère pour qu'elle le reconnaisse, ce qu'elle a fait en l'inscrivant dans son dernier roman comme son chevalier servant, chose qu'elle n'a surement jamais accepté, mais ce n'était pas suffisant pour le satisfaire. D'après ses lettres, Evangelía se fourvoyait sur sa propre vie et s'empêchait d'atteindre le véritable bonheur en compagnie de cet individu. La pression qu'il aura exercé sur elle aura eut raison de sa vie.
Neoklis se leva subitement, les larmes aux yeux, et partit se réfugier dans sa chambre. Ils entendirent la porte claquer. La gorge nouée, Héraclès tenta de déglutir. Il observa longuement les enveloppes étalées sur la table sans oser les toucher, comme si elles étaient empoisonnées. Il inspira profondément et demanda finalement :
- Et Sadiq dans tout ça ?
- Evangelía et lui se sont disputés à maintes reprises surement à ce propos, mais il n'a pas dû concevoir la gravité de la chose, considérant surement cet harceleur comme un petit plaisantin qu'il fallait ignorer. Vu où se trouvaient les lettres, il y a peu de chances qu'Evangelía les lui ait jamais montrées.
Héraclès demeurait de marbre, le regard perdu dans le vague. Comme appelé par la tristesse de leur maître, les huits chats convergèrent vers lui affectueusement.
- Vous aviez raison et tort, conclut Lukas, on a poussé votre mère au suicide, mais Sadiq n'en est pas le premier responsable.
Le détective ramassa son sac en bandoulière. Il s'avança vers la sortie. Mathias l'imita, gêné.
- Portez les lettres et le roman à la police en leur expliquant ce que je viens de vous dire. Une enquête pourra surement être ouverte.
Puis, ils s'en allèrent, laissant Héraclès à son deuil.
Une fois dans l'ascenseur, Lukas aperçut du coin de l'œil Mathias en train de pleurer à chaudes larmes.
- Pourquoi tu pleures ?
- Pourquoi tu pleures pas ?
- On s'y habitue. Malheureusement.
Lukas fouilla dans son sac à la recherche d'un mouchoir et le tendit à Mathias. Ce dernier le remercia dans un sourire. Lukas détourna la tête. Les portes de l'ascenseur vinrent à son secours et s'ouvrirent.
Fin de l'affaire 12.
