Bonjour,

Enfin ! Je peux poster ce maudit chapitre ! Désolée pour le contretemps...

Évidemment, comme on est en plein mois de juillet… j'attrape un rhume ! Rions-en s'il vous plaît, rions-en.

Comme je l'ai déjà dit sur Twitter, je suis désolée pour le dernier chapitre : j'avais oublié de bien préciser en bas que c'était la fin de l'affaire 12. Du coup, voilà, c'était la fin. Peut-être un peu abrupte, je vous l'accorde. Et puis, elle était assez sombre… celle-ci sera beaucoup plus joyeuse, je vous le dis tout de suite ! Dites-vous que mon cerveau a explosé après l'affaire 12 et que l'affaire 13 en est le résultat, ah ah.

Austurland : XD ta façon de parler mais fait penser à un paysan en train de fumer sa pipe, un chapeau de paille enfoncer sur le crâne, j'aime !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 13 : Dîner intime

Ce jour là, les rues d'Oslo étaient balayées par de fortes bourrasques de vent. Les feuilles jaunissaient. Les plus précoces d'entre elles tourbillonnaient autour des passants qui resserraient le col de leur manteau. Lukas ne faisait pas exception. La tête rentrée dans les épaules, le cou entouré d'une écharpe, il agrippait son étui à violon. Les réverbères s'étaient allumés entre son départ du conservatoire et son retour à la maison. Les voici revenus à l'heureuse période où la nuit prédominait. Et Lukas ne pensait pas du tout cela ironiquement. Il se sentait plus à l'aise dans l'ombre.

Lorsqu'il poussa le portillon de fer forgé noir, il s'aperçut rapidement que quelque chose clochait. Toutes les lumières étaient éteintes dans le hall d'entrée. Il recula de quelques pas pour jeter un coup d'œil aux étages. Tout aussi obscur que le rez-de-chaussée. Lukas fronça les sourcils.

A près de neuf heures du soir, il aurait dû être le dernier rentré.

Il pressa le pas tout en étant à la recherche de ses clés. N'ayant pas envisagé une seule seconde qu'il en aurait eu besoin, il les avait remisé au fin fond d'une poche latérale dans sa mallette contenant ses partitions et de quoi entretenir son violon et son archet.

Il pénétra en silence dans la demeure osloïte et prêta l'oreille. Seul le silence était perceptible. Il poussa la porte de la salle à manger pour constater qu'elle était vierge de tout passage. La cuisine était propre. Pas une miette, pas une trace d'activité depuis le déjeuner. Personne aux toilettes. Il monta donc à l'étage. Cependant, alors qu'il déposait précautionneusement son violon sur son socle, il se rendit compte qu'il n'y avait également pas âme qui vive ici.

Ils n'étaient quand même pas déjà tous au lit ?

Lukas fronça les sourcils et gravit les marches jusqu'au dernier étage. Pas de bruit dans la salle de bain, elle était donc inutilisée. Les portes des chambres étaient closes. Lukas se précipita sur celle de son cadet, ne prit même pas la peine de frapper et entra.

La chambre se présentait dans son désordre habituel. Mais dans l'obscurité totale. Nulle trace d'Emil. Le cœur de Lukas rata un battement. Il attrapa son téléphone portable et patienta fébrilement jusqu'à ce qu'on décroche. Ce qui n'arriva pas. La première pensée de Lukas fut d'imaginer le pire, à savoir ce qui était arrivé à son petit frère cinq mois auparavant, lorsque sa génitrice avait tout bonnement enlevé et drogué Emil pour mieux l'enfermer dans son cocon dévastateur. Puis, la raison revint rapidement à Lukas. Sa mère était en prison, bien loin en Islande. Rien que d'imaginer qu'elle était néanmoins encore vivante angoissait Lukas au fond. Il n'était certainement pas encore remis de ces évènements. Quand bien même il ne l'affichait guère.

Restait que son petit frère n'était nulle part dans la maison et il doutait fortement de le retrouver dans la chambre de Mathias. Il tenta de le joindre une nouvelle fois. Sans succès. Il lui envoya alors un message, puis quitta la pièce.

Emil n'était donc pas là, mais il n'avait pour le moment constaté aucune trace de Mathias non plus. C'est pourquoi, sans aucune gêne, il poussa également la porte de sa chambre. Qui se trouvait être dans le même état. Quoiqu'un peu mieux rangée. Mais tout de même plongée dans l'obscurité et sans aucun signe de présence.

Lukas prit conscience que c'était peut-être même plus grave. Le collège avait repris depuis un bon mois, et de fait, le travail de Mathias. Pourquoi n'était-il pas à la maison un soir de semaine ? Ce n'était pas logique. D'autant plus que, d'ordinaire, lorsque Lukas rentrait, Mathias avait toujours pris soin d'avoir préparé le dîner. Lukas n'avait pour ainsi dire plus que les pieds à mettre sous la table. Là, il découvrait une maison désespérément vide, sans aucune trace du passage de Mathias.

Il brandit une nouvelle fois son téléphone portable et l'appela. Aucune réponse de son côté non plus. Lukas fut pris d'une bouffée d'angoisse, et se fit la réflexion après coup, qu'il devait être très fatigué par ses répétitions au conservatoire pour avoir une bouffée d'angoisse sur la simple absence de Mathias. Ou alors, il s'était tellement habitué à sa présence dans le paysage de la maisonnée, comme un pot de fleur aux couleurs chatoyantes qu'on finit par ne plus voir au fil du temps, que son œil se sentait dérangé par cette absence.

Il rappela. En vain.

Alors qu'il descendait les étages, il perçut tout à coup le bruit du portillon en fer forgé, suivi d'une clé dans la serrure de l'entrée.

Plus promptement qu'il n'aurait aimé le montrer, Lukas descendit et découvrit Mathias en train de bailler à s'arracher la mâchoire, déposant ses affaires près de la table d'appoint.

- Où étais-tu ?

- Oh ! Salut Lukas ! Déjà rentré ? lui répondit Mathias en affichant un grand sourire

- Bien sûr que je suis déjà rentré : il est 21h passé.

Mathias écarquilla les yeux.

- Oh.

- Oui, « oh », répliqua Lukas en plissant les yeux

- T'as déjà dîné ?

- Non, je viens de rentrer.

Il se planta devant Mathias les bras croisés.

- Et j'aimerais bien savoir où est passé mon petit frère.

- Emil ?

- J'en ai d'autres ? lui demanda sarcastiquement Lukas

Mathias leva les mains en l'air tout en prenant le chemin de la cuisine.

- Heureusement que non ! J'ai déjà bien assez à faire avec deux.

Il lui glissa une œillade entendu. Lukas détourna la tête en se mordant la joue intérieurement.

Tandis que Mathias se relevait les manches et plongea dans un panier dissimulé pour en sortir quelques pommes de terre, Lukas prit place à la table. Contre toute attente, Mathias lui confia une assiette, un économe et les tubercules. Lukas haussa un sourcil.

- Tu peux bien m'aider, non ? On aura plus vite fait de manger. Et j'ai la dalle !

Mathias alla se préparer un verre de bière, en proposant un au passage à Lukas, lequel accepta. Puis, sifflotant gaiement malgré ses traits tirés, le cuistot en chef du soir alla chercher du cabillaud qu'il prépara dans une poêlée de petits légumes de saison. Lukas rechigna d'abord à utiliser ses précieuses mains de violonistes pour éplucher des patates mais Mathias avait beau être un joyeux luron, il demeura inébranlable. Lukas se fit la réflexion que travailler avec des enfants lui avait conféré une certaine forme d'autorité.

Et ça l'agaçait. C'était lui, Lukas, la figure d'autorité dans cette maison.

- Bon, et du coup, où est mon petit frère ?

- Votre jeune frère, ô vénérable maître, s'amusa Mathias, est à la fac. Les 3ème année reçoivent les étudiants en échange.

- Merci bien, grommela Lukas, goutant peu au ton de son colocataire, je connais l'emploi du temps de mon cadet. Mais il n'a jamais été mention d'une soirée.

- Il m'a dit qu'il devait rester pour la soirée d'intégration. En tant que tuteur.

Emil ? Tuteur ? Il aura été forcé, pensa Lukas. Vu le caractère de son cadet, il était peu probable qu'il se soit lui-même proposé. Mais ce ne fut pas la première chose qui interpella l'aîné.

- Pourquoi te l'a-t-il dit, à toi ?

Mathias haussa les épaules tandis qu'il retournait les filets de poisson, révélant une légère teinte dorée fort appétissante.

- Pour me prévenir qu'il mangeait pas à la maison ce soir. Eh oui ! Comme c'est moi qui fais la popote, ici, tu comprends…

Lukas plissa les yeux tandis qu'il écorchait un peu trop la dernière pomme de terre, plus que l'éplucher. Il alla en silence jeter les épluchures et laver les pommes de terre.

- Qu'est-ce que j'en fais ? demanda à contrecœur Lukas

Mathias était bel et bien en train de devenir le maître de maison.

- A la flotte ! Pomme de terre vapeur avec leur crème à la ciboulette. Tu voudras bien me sortir la crème et la ciboulette d'ailleurs, s'il te plaît ?

Lukas attrapa une casserole et s'exécuta. Alors qu'il sortait les ingrédients du réfrigérateur, il demanda à nouveau à Mathias :

- Et donc, tu ne m'as pas répondu tout à l'heure. Où étais-tu passé ? Tu rentres bien tard pour un simple surveillant de collège.

Alors qu'il refermait le réfrigérateur, la main de Mathias s'y opposa fermement. Lukas fit volte-face et se retrouva nez à nez avec son colocataire. Un peu trop d'ailleurs. Et pas moyen de se dégager si cet imbécile ne se bougeait pas également.

- Excuse-moi, j'ai juste besoin de ça.

Il attrapa à la volée l'oignon qui se trouvait dans la porte du frigo.

- Tu aurais pu demander, marmonna Lukas tout en cherchant à poser son regard ailleurs, n'importe où, mais pas sur le visage de Mathias qui occupait la presque totalité de son champ de vision.

Mathias s'excusa rapidement sans vraiment lui prêter attention. Concentré qu'il était dans son oignon, il ne s'aperçut pas de la roseur sur les joues de Lukas. Celui-ci s'empressa de s'échapper et se rua sur son verre de bière qu'il avala d'une traite.

- Je me suis pris du bon temps.

- C'est-à-dire ?

- Je suis allé boire un verre.

- Avec qui ?

Mathias délaissa alors sa poêle et dévisagea Lukas avec surprise.

- C'est quoi cet interrogatoire ? J'ai le droit d'aller boire un verre après le boulot.

Qu'est-ce que Lukas pouvait bien répondre à cela… Et crotte.

- C'est toi-même qui n'as pas arrêté de me dire qu'on avait chacun nos vies.

Lukas se laissa tomber sur une chaise et s'affala sur la table. Il avait raison. Malheureusement, il avait raison. Il le lui avait assez répété. Son propos n'avait aucun sens. Les débuts de saison au conservatoire étaient décidément toujours aussi exténuants. Il ferma les yeux un instant, la tête enfouie dans le creux de ses bras.

N'entendant plus aucun bruit derrière lui, Mathias se retourna. Il découvrit le violoniste à moitié couché sur la table. A cette vision, il afficha un large sourire amusé. Depuis quelques temps, il avait l'impression de redécouvrir Lukas. Un Lukas beaucoup plus naturel et spontané. Il n'avait l'occasion de le croiser que dans ce genre de moments intimistes, le plus souvent quand il n'était que tous les deux. Depuis la dernière affaire, il semblait à Mathias que son colocataire détective était beaucoup plus détendu. Ce n'était peut-être qu'une impression mais Mathias préférait penser que c'était bien le cas. Avec le recul, il se disait qu'il avait finalement réussi à intégrer l'univers de Lukas Bondevik, qu'une connexion s'était véritablement établi entre eux, chose qui ravissait Mathias.

Il éteignit la plaque sous la poêle, puis s'attela à la crème. Il attrapa le batteur électrique et un saladier.

- Euh, Lukas ? appela-t-il dans un raclement de gorge, je vais faire du bruit.

D'une main molle, Lukas balaya l'air de la main.

Une fois la crème monté, il ajouta de la ciboulette finement hachée, et les inséparables sel et poivre. Lorsque les pommes de terre furent prêtes, Mathias dressa élégamment le tout dans les assiettes. Alors qu'il s'apprêtait à les emporter dans la salle à manger, Lukas releva la tête et l'arrêta.

- J'ai la flemme de bouger, on mange dans la cuisine.

- Ok ! Comme monsieur le veut !

- Je n'aime pas beaucoup que tu me railles, accusa Lukas en pinçant les lèvres

Mathias gloussa tout en dressant le couvert. Il prit place en face de Lukas et lui répondit :

- Je ne te raille pas. Je te taquine. Qui aime bien châtie bien. Après tout, tu fais pareil.

Lukas haussa un sourcil dubitatif tout en piquant dans son poisson.

- Tu me traites toujours d'idiot, stupide, bêta, imbécile, crétin, énuméra Mathias en comptant sur ses doigts sans se départir de son expression enjouée

Lukas esquissa un sourire. Il n'avait pas tort. Mais il ne lui dirait pas. Comme d'habitude.


Affaire à suivre…