Bien le bonjour, amis lecteurs,
Pour une fois, je vous épargne un long blabla. Ce sera surtout un gros point publication parce qu'on arrive en août, et ce mois-ci, j'ai un emploi du temps tarabiscoté. Donc, le week-end prochain, peut-être que j'aurais l'occasion (et si j'oublie pas…) de poster dimanche soir. Le week-end suivant, c'est sûr, il n'y aura pas de publication. Le 3ème week-end, je serais chez moi donc RAS. Et le dernier d'août, ça me sera à nouveau impossible. Donc voilà, en août, publication une semaine sur deux.
En attendant, merci encore pour tous vos retours ! ça fait très plaisir !
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 13 : Paranoïa
Peu importe l'heure à laquelle Emil aurait pu rentrer, il ne se serait jamais étonné que son aîné soit encore levé. Il n'en attendait pas moins de lui. Malheureusement. C'est pourquoi, bien qu'il soit deux heures du matin largement passées, il ne se préoccupa guère de la porte d'entrée déverrouillée, ni même de la lumière présente tout le long de son trajet jusqu'à son lit. D'autant plus qu'il n'était pas très frais, à dire vrai.
Lukas l'interpella depuis le salon. Il était installé dans son fauteuil et lisait un livre épais. Sur la table d'appoint, se trouvaient une tasse vide et un paquet de biscuits à moitié entamé.
La tête lourde, Emil s'arrêta malgré tout.
- J'ai envie de dormir, maugréa-t-il
- Je sais. Et je constate également que tu as bu.
- J'ai vingt ans, merci.
- Vingt ou pas, j'ai le droit de m'inquiéter pour toi. Et tu résides toujours sous mon toit.
- Je suis pas un de tes sujets, Lukas. Maintenant, je vais me coucher. J'ai cours à…
- Neuf heures. Oui, je suis au courant.
Lukas se leva et vint poser une main sur l'épaule d'Emil.
- Félicitations pour ton tutorat, déclara-t-il d'un air pincé
Puis, il alla s'enfermer dans sa chambre.
Emil haussa vaguement un sourcil étonné. Son visage se rembrunit par la suite. Il soupira tout en reprenant son ascension vers son antre. Quelle façon délicate de la part de son frère de lui faire part de sa frustration. Emil avait bien intégré le message : Lukas lui en voulait d'avoir prévenu Mathias et non lui. Il se laissa tomber sur son matelas sans même prendre le temps de se déchausser. Il y avait vraiment des jours où le monde entier l'exténuait. Il aurait bien aimé s'éloigner, vivre sur son petit ilot de quiétude. Il s'endormit sur cette pensée sans même défaire ses draps.
oOo
Les jours se succédèrent sans grand changement. Lukas enchaînait répétition sur répétition. Mathias, lui, paraissait prendre toujours un peu plus de place et d'autorité dans la maison. Ce qui faisait grommeler Lukas, mais ce dernier rongeait son frein, trop préoccupé par d'autres choses. Comme Emil par exemple.
Le cadet était de plus en plus absent, ce qui commençait beaucoup à inquiéter son frère ainé. Lukas ne s'en serait pas soucier si cela était conforme à son emploi du temps, ou s'il avait aperçu l'expression habituelle qui animait le visage de son frère lorsqu'il allait retrouver Jia Long. Or, ce n'était pas le cas. Emil partait en cours fatigué et revenait d'autant plus fatigué. Il avait même pris l'habitude de sortir pendant les week-ends, ce qui était parfaitement anormal chez un jeune homme comme lui. D'autant plus qu'on sentait bien la contrainte chez lui car il ne manquait jamais de soupirer en s'en allant.
Ce qui frustrait d'autant plus Lukas, c'est qu'Emil ne voulait jamais en parler, prétextant que ce n'était rien d'important, que c'était juste une phase. C'est pourquoi Lukas prit un jour sa décision : il allait filer son propre frère.
Alors qu'il s'apprêtait à partir discrètement dans le sillage de son cadet, Mathias l'interpella au sortir des toilettes.
- Tu vas où ?
- ça ne te regarde pas.
Lukas s'envola aussitôt par la porte d'entrée.
Intrigué surtout par l'expression préoccupée sur le visage de son partenaire, Mathias se demanda s'il n'y avait pas une nouvelle affaire sur le feu. Auquel cas, il était impensable que Lukas éclaircisse le mystère tout seul ! Il attrapa sa veste et partit à la suite du détective, à bonne distance cependant, afin de découvrir dans un premier temps ce qui animait Lukas.
Lukas grimpa dans le même tramway que son frère avait emprunté, mais mis une distance de deux wagons entre eux. Si Emil s'apercevait qu'il le filait, il n'osait même pas imaginer sa colère. Justifiée, certes, mais son investigation l'était tout autant. Lukas en était convaincu. C'était normal de s'inquiéter pour son petit frère.
Lorsqu'il aperçut les cheveux blonds presque blancs descendre à l'arrêt de l'université, Lukas sauta en dehors également, puis se mêla à la foule tout en ne perdant pas des yeux Emil. Ce qui n'était pas forcément chose facile, Emil étant finalement plutôt petit.
Le campus était largement ombragé par des arbres et offrait de grandes parcelles de verdure buissonnante, ce qui permit à Lukas de s'y glisser tandis qu'il voyait son petit frère s'installer à une table de pique-nique. Le sac qu'il laissa tomber sur le banc paraissait beaucoup trop lourd pour ne contenir que le minimum syndical. Sans compter son accoutrement comprenant notamment des chaussures de marche. C'était autant de petits détails qui l'avaient intrigué chez Emil aujourd'hui et qui l'avaient définitivement poussé à le suivre.
Emil s'assit sur la table en soufflant et sortit son téléphone portable sans rien en faire sinon s'amuser à tapoter dessus sans conviction. Il arborait un air franchement ennuyé tout en détaillant les alentours. Une attitude qui ne laissait pas de doute : il attendait quelqu'un. Mais qui ?
- Tu crois qu'il trompe Jia Long ?
Lukas manqua l'arrêt cardiaque. Tout comme il manqua de signaler sa présence à son frère de la plus sotte des façons.
Portant une main à son cœur, il foudroya Mathias du regard. Et encore, le mot était faible. Mathias n'y prêta pas attention. Il affichait un grand sourire mutin tout en plissant les yeux vers Emil. Lukas lui assena une grande claque à l'arrière du crâne. Mathias, prêt à répliquer, fit la moue et se tourna vers lui, mais déjà Lukas le frappa de nouveau.
- Une fois, c'était suffisant, souffla Mathias boudeur
Lukas lui colla deux doigts sous le nez.
- Une fois pour m'avoir fait peur. Une fois pour m'avoir suivi. Et je serais bien tenté de t'en donner une troisième pour mettre le nez dans les affaires de mon frère.
- Ce que tu fais déjà.
- Exact, admit Lukas en pinçant les lèvres
- Donc tu ne m'en mettras pas une troisième. Ou sinon, je peux t'en donner une également, comme ça, on est quitte.
- Hors de question.
Lukas jeta un coup d'œil à Emil mais celui-ci patientait toujours. Enfin… « patientait » était un bien grand mot. Il commençait même plutôt à s'impatienter, maugréant des paroles incompréhensibles.
- Tu n'es pas sur une affaire à ce que je vois.
- Quel effort de déduction.
Le sourire de Mathias s'élargit et il passa volontairement son bras par-dessus les épaules de Lukas pour le rapprocher de lui.
- C'est pas très sympa de filer son petit frère, tu sais.
- Tss, lâche-moi. Ce ne sont pas tes affaires.
Mathias s'allongea par terre, les bras croisés derrière la tête.
- Je pense pas que ça soit les tiennes non plus.
Lukas ne prit pas la peine de se tourner vers lui mais le maudit volontiers intérieurement. Qu'il se taise, qu'il se taise. Il ne faisait que l'agacer d'autant plus et le perturber.
Son attention fut très vite détournée lorsqu'Emil tourna subitement la tête. Quelqu'un l'avait hélé. Et Emil n'avait pas plus que ça l'air ravi de voir cette personne. Un jeune homme bien plus grand que lui arriva à sa hauteur. Il avait les cheveux blonds, les yeux bleus, des lunettes rectangulaires, les épaules carrés. Lukas écarquilla les yeux. Il connaissait cette personne. Il savait qu'il la connaissait et il mit quelques secondes avant de remettre un nom sur le visage.
Le neveu éloigné d'Arthur Kirkland : Alfred.
Il avait eu l'occasion de rencontrer le phénomène lors d'une escapade à Paris pour régler une bête histoire de photo volée.
- Eh ! Mais c'est…
Lukas plaqua sa main sur la bouche de Mathias pour lui intimer un silence radical.
- Laisse-moi écouter.
Tandis qu'il prêtait l'oreille, il ne relâcha pas son emprise sur Mathias. Et il n'était pas difficile de suivre la conversation avec un grand gaillard exubérant comme Alfred.
Ce dernier s'agitait dans tous les sens. Il affichait un grand sourire et pourtant ses paroles trahissaient une certaine angoisse. Bizarrement, il lui faisait penser à quelqu'un d'autre, remarqua Lukas en jetant un rapide coup d'œil à Mathias, qu'il daigna d'ailleurs enfin relâcher.
- Grave merci, bro' ! T'imagines pas le coup de flip que j'ai, là. J'aurais très bien pu partir tout seul, c'est vrai, mais bon, je connais pas encore super le coin. J'ai besoin d'un guide ! C'est un peu comme si t'étais mon sidekick.
La mine éteinte d'Emil démontrait bien à quel point il n'en avait clairement rien à faire de ce que son interlocuteur était en train de dire.
- Ok, on est parti ! Let's go !
Alfred attrapa Emil par les épaules, lequel grimaça.
Lukas et Mathias plissèrent les yeux. Aucun des deux n'appréciaient visiblement de voir le jeune homme embarqué dans ils ne savaient quelle magouille. Lukas n'aimait pas l'idée de voir son petit frère se faire embarqué par un -presque- inconnu. Quant à Mathias, il ne connaissait que trop bien ce genre de profil qui vous embarquait dans leurs histoires alors que vous n'aviez rien demandé… et qui finissait immanquablement par vous retomber dessus.
La goutte d'eau arriva lorsqu'Alfred déclara qu'il fallait se presser s'ils voulaient avoir ratissé le plus de surface de la forêt et espérer avoir trouvé quelque chose.
Lukas tiqua aussitôt. Sans s'inquiéter de la réaction de son cadet en le voyant débarquer de nulle part sinon des buissons, Lukas s'avança d'une démarche décidée vers Alfred et vint faire barrage.
- Où comptais-tu emmener mon petit frère ?
- Ah, Lukas ! Salut, ça faisait un bail !
- Lukas ? Mais qu'est-ce que tu fiches ici ? s'offusqua Emil
- La question n'est pas de savoir ce que je fiche ici mais pourquoi cet individu veut t'emmener avec lui en forêt.
Une expression orageuse se peignit sur le visage d'Emil tandis qu'il demeurait silencieux et incendiait son aîné du regard.
Mathias décida d'intervenir avant que l'éruption n'éclate. Alfred sursauta et le pointa du doigt.
- Et l'autre acolyte ! Mais qu'est-ce que vous fichiez tous les deux dans les buissons ?!
Emil fit volte-face vers Mathias, à la fois estomaqué et enragé. La colère qui bouillait en lui venait d'atteindre un nouveau seuil. Mathias se figea.
- Euh… il s'inquiétait juste pour toi ? tenta-t-il d'une toute petite voix
- Alors ça ! ça, c'est la meilleure ! explosa Emil, vous me filez maintenant ! Je ne suis pas une de tes enquêtes, Lukas !
- Mais tu es mon petit frère, répliqua-t-il d'une voix aussi froide et posée que celle d'Emil était échauffée, et je ne te reconnaissais plus ces deniers jours. Tu adoptais un comportement suspect.
- Je n'ai pas un comportement suspect ! C'est toi qui suspecte toujours tout ! Je vis ma vie comme je l'entends et tu n'as aucune autorité sur moi ! Je suis majeur et vacciné !
- Cela ne correspondait pas à ton caractère d'agir de la sorte.
- Cela ne correspondait pas à ton caractère non plus de garder Mathias !
Lukas piqua un fard qui disparut aussitôt qu'il reprit le contrôle de lui-même.
- Ecoutez, intervint Mathias, je vois pas trop ce que je viens faire dans cette conversation, mais le fait est qu'ok, c'est pas cool ce qu'on a fait. Même si pour ma défense, je ne faisais que suivre Lukas qui, lui, avait un comportement louche.
- Je n'avais pas un comportement louche, rétorqua aussitôt Lukas, et depuis quand te prend-t-il l'idée de me suivre à mon insu ?
- Peut-être depuis autant de temps que tu le fais avec moi, répliqua à son tour Emil en croisant les bras
- Depuis ta rentrée, tu n'es plus le même casanier. Tu rentres tard, tu t'absentes le week-end, tu ne veux pas en parler et tu t'apprêtes maintenant à partir en forêt.
- Je ne veux pas en parler peut-être parce que ça ne regarde que moi.
- Ok, ok, on se calme, peace & love, les gars ! s'immisça Alfred en imposant une de ses mains sur l'épaule de chacun d'eux, je savais pas que je causais tant de brouilles. Ça me flatte ! Mais y a pas de souci, Lukas. Emil et moi on partait juste pour aller sauver mon cousin !
Affaire à suivre…
