Bonjour à tous !
Rare week-end où je suis libre ce mois-ci, ce qui n'empêche pas d'être au rendez-vous quand je peux l'être. Je rappelle en effet que le week-end prochain, pas de chapitre et que nous nous retrouverons donc le 2 septembre. Déjà !
Profitez bien de vos vacances, courage à ceux qui auraient des jobs ou autres et bonne reprise à tous en attendant !
Austurland : Je n'avais même pas pensé à Tony ! La loose ! ça aurait été une bonne idée, cela dit.
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Amérique : Alfred F. Jones
Canada : Matthew Williams
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 13 : La découverte
Alfred demeurait bouche bée et les yeux écarquillés. Devant lui se trouvait Matthew, qui le dévisageait interrogateur dans l'encadrement de la porte. Puis, le grand gaillard se jeta au cou de son cousin et l'étreignit avec une force peu commune.
- Matthie ! J'ai eu tellement peur pour toi à cause des extraterrestres !
Visiblement, Matthew était bien plus désarçonné par la réaction d'Alfred que par la mention des extraterrestres. Surement qu'il en avait l'habitude. Le jeune homme jeta un coup d'œil vers les trois personnes qui accompagnaient son cousin. Emil était là et avait franchement l'air de mauvaise humeur. Quant aux deux autres, il reconnut le détective et son acolyte qu'ils avaient fugacement rencontrés à Paris.
Au fond, il n'avait qu'une seule question.
- Qu'est-ce que vous faites tous ici ?
Alfred l'attrapa par les épaules et le secoua comme un prunier.
- Tu n'es pas rentré depuis trois jours ! Trois jours ! Et tu répondais pas, même par télépathie ! Qu'est-ce que tu crois que je fais ici ? Je suis venu voler à ton secours !
Matthew se dégagea vaguement de la prise de son cousin.
- Je t'ai dit que je partais récupérer des échantillons.
- Mais tu m'avais pas dit pour les trois jours.
Matthew baissa le regard et fronça légèrement les sourcils. Voyant cela, Lukas fronça aussitôt les sourcils. Il était certains individus qu'il était facile de déchiffrer. Mathias et Alfred en étaient de parfaits exemples tant ils étaient exubérants. D'autres, quand bien même ils étaient beaucoup plus introvertis, l'étaient tout autant. Matthew faisait incontestablement partie de cette catégorie. Caché derrière ses lunettes rectangulaires et ses cheveux légèrement bouclés, il n'en restait pas moins déchiffrable. Et ce que le détective venait d'apercevoir était un signe évident qu'il dissimulait quelque chose. Alfred était cependant beaucoup trop enthousiaste pour remarquer quoi que ce soit.
- Ce n'était pas prévu, laissa finalement tomber Lukas
Alfred s'arrêta aussitôt. Il fit volte-face vers le détective et l'interrogea du regard. Ce dernier se concentra sur Matthew, le jeune homme le fuyant par tous les moyens, les joues rouges.
- Vous êtes venus pour les cours, mais en ce début d'année, on ne demande guère à des étudiants en échange de s'aventurer dans un pays qu'ils ne connaissent pas pendant une longue période. Je suppose un exposé et un sujet libre. Vous avez délibérément décidé de venir ici pour récupérer des échantillons. Ce ne devait prendre qu'une journée, tout au plus, n'est-ce pas ? Or, vous n'êtes pas rentré depuis trois jours. Pourquoi ? Et ne répondez pas pour la beauté du paysage. Les joues rouges, le regard fuyant, les sourcils légèrement froncés, vous cachez quelque chose de plus qu'un simple attrait pour la nature norvégienne.
Derrière lui, Emil croisa les bras furieux. Lukas lui avait dit que ça serait rapide. Ils avaient retrouvé Matthew, bonne nouvelle, ils pouvaient donc rentrer maintenant, non ? Mais non. Non, voilà que son frangin jouait à nouveau les experts et s'entêtait à vouloir mettre le nez dans les affaires des autres. Cela faisait bien longtemps que Lukas ne l'avait pas fait de lui-même, tiens !
Pour toute réponse, Matthew préféra les faire rentrer dans la chambre qu'il louait dans ce chalet. Elle n'était pas bien grande mais ce qui lui en donnait surtout l'air, c'était l'amoncèlement de paperasse qui s'étalait un peu partout. Sur le côté d'une boîte en plastique Matthew avait inscrit au marqueur noir « Echantillons Blankvann - cours de Géomorphologie des pays nordiques ». Lukas en déduisit que Matthew était un étudiant scientifique organisé. De fait, cela n'expliquait en rien le bazar de papier qu'ils avaient sous les pieds. Sur la table qui lui servait de bureau, il aperçut également une paire de jumelles visiblement de bonne facture.
- Vous êtes tombé sur quelque chose d'insolite que vous espionnez depuis, conclut à voix haute Lukas
- Des extraterrestres ? s'exclama aussitôt Alfred, je le savais ! Ils sont là !
Mathias ne put s'empêcher de ricaner. Ces histoires d'extraterrestre le faisaient décidément bien rire.
- Calme-toi Al', tu n'y es pas du tout, fit Matthew d'une petite voix qui tentait de s'imposer
Mais Alfred était parti dans son délire. Il empoigna aussitôt les jumelles et se rua vers la fenêtre pour scruter les environs. Les joues de Matthew s'empourprèrent aussitôt. Le jeune étudiant-chercheur se jeta sur son cousin et lui arracha les jumelles des mains.
- Ne-ne fais pas ça. On ne sait pas qui pourrait nous voir.
- Donc c'est bien les extraterrestres…
- Non, c'est…
- Les Illuminatis ? Les Astronautes ? Les chats ?
- Al', c'est sérieux, l'arrêta Matthew d'une voix ferme que les trois autres ne lui connaissaient pas
Lukas croisa les bras. Toujours en attente d'explications. Emil, quant à lui, commençait à trépigner d'impatience. Il n'était certainement pas venu pour ça. Il n'avait eu qu'une idée en tête en cédant au caprice d'Alfred : ratisser la forêt un bon coup avec lui, rentrer le soir après en être arrivé à la conclusion que Matthew n'y était pas, voire même qu'il était rentré entre temps. Ça aurait été génial. A la place, il se retrouvait coincé dans un chalet au beau milieu de nulle part avec un énergumène obnubilé par les aliens, un cachotier, un frère à la curiosité attisé et un grand dadais qui s'amusait de la situation. C'était tout simplement parfait…
Matthew se laissa tomber sur le lit. Il eut un petit soupir avant de rehausser les lunettes sur son nez et de prendre la parole :
- Alors que je vérifiais la qualité de mes échantillons sur le terrain, j'ai remarqué qu'il y avait sur certains des traces d'un élément chimique particulier qu'on ne retrouvait autrefois que dans l'agro-alimentaire, parce qu'il est aujourd'hui interdit. J'ai remonté la piste et je suis tombé sur un hangar. Et là je suis tombé sur le jackpot.
- Un trafic, affirma Lukas sans l'ombre d'un doute
Matthew hocha la tête.
- J'ai vite fait demi-tour mais… mais je ne pouvais pas tourner le dos à ça. Il y avait des caissons entiers d'OGM et des barils de produits toxiques qui devraient avoir normalement disparu du marché, s'écria-t-il comme pour plaider sa cause
Mathias ouvrit des yeux ronds. Il ne pensait pas que Matthew était capable d'un tel engagement. Certes, il ne le connaissait pour ainsi dire pas. Mais quitte à confronter les deux cousins, ce n'était pas celui-ci qu'on imaginait monter au créneau. Comme quoi, ils n'étaient pas cousins pour rien… En dehors de leur étrange ressemblance physique.
- Oh my god ! Bro' ! s'exclama Alfred, mais c'est trop cool !
- Non, c'est pas cool du tout ! répliqua tout à coup Emil en serrant les poings, alors on va prévenir les autorités et puis…
- Non ! s'exclamèrent en chœur les deux cousins
-Ce genre de trafic n'est certainement pas de la petite contrebande et si les forces de l'ordre ne les ont pas encore attrapés, c'est qu'ils n'ont pas réussi à trouver de moyens légaux de les atteindre, expliqua Lukas en s'avançant dans la pièce, les mains dans les poches
- Eh eh, j'aime la façon dont tu précises « moyens légaux », releva Mathias dans un sourire carnassier qui effraya un peu Emil
Qu'est-ce qu'ils avaient tous à toujours vouloir s'embarquer dans les embrouilles ?
- Stop, stop, stop, fit tout à coup Alfred en écartant les bras comme s'il contenait des raptors à bonne distance de lui, est-ce que je comprends bien ce que je pense comprendre que ça veut dire ?
- Ta phrase n'a aucun sens, Al'.
Mathias s'approcha de Lukas et déposa négligemment son bras sur son épaule.
- Je pense bien que oui. Si monsieur le détective ici présent parle ainsi, vous pouvez être sûrs qu'il a déjà un plan en tête.
Lukas observait par-delà la fenêtre, plongé dans ses pensées. Il ne les écoutait plus vraiment et n'avait, à dire vrai, pas même senti le bras de Mathias sur son épaule. Son cerveau était en ébullition.
- Y avait-il quelqu'un quand vous êtes tombé sur ce hangar ?
- J'ai vu une personne passée au loin.
- Quelle heure était-il ?
- Aux alentours de 15h, je dirais.
- S'ils n'ont pas été attrapés par les forces de l'ordre jusqu'à présent, c'est qu'ils doivent avoir une couverture pour ainsi dire parfaite. Ils doivent faire leur business au petit matin comme n'importe quelle petite entreprise le ferait. Les livraisons doivent partir aux alentours de cinq heures du matin. Du coup, il vaut mieux pour nous mener notre petite enquête dès que le soleil sera couché. Il n'y aura vraisemblablement personne ou peu, et nous pourrons profiter de l'obscurité pour nous dissimuler.
- Comme Batman !
Tout le monde posa un regard sur Alfred qui avait le sourire jusqu'aux oreilles. Apparemment, il ne semblait pas trop se soucier des enjeux, et tout ce qu'il voyait là c'était une nouvelle occasion de jouer les héros. Lukas pinça les lèvres. Au moins, quand bien même il était également enthousiaste, Mathias savait évaluer les risques et les dangers. D'ailleurs, lorsque le détective jeta un coup d'œil à son acolyte, il l'aperçut froncer les sourcils. Lui-même ne paraissait pas très heureux d'un tel caractère. Lukas prit soudain conscience du bras qui reposait toujours sur son épaule. Il s'en dégagea prestement et Mathias manqua de perdre l'équilibre.
- Il est hors de question que vous ne suiviez dans cette entreprise. Quand je dis « nous », je parle de moi et Mathias.
Aussitôt les protestations fusèrent. Emil ne supportait pas d'être ainsi mis de côté alors que lui-même avait demandé depuis le début à être délesté de cette histoire. Mais non, son frère l'avait forcé à le suivre ! Et maintenant qu'il y avait plus important en jeu, il fallait qu'il reste au chalet. Il y était, il y participait jusqu'au bout. Quant aux deux cousins nord-américains, quand bien même ils l'exprimaient différemment, il était hors de question de ne pas faire partie d'une mission pareille, pour l'un par conviction et pour l'autre par engouement. Finalement, pour Emil, comme pour Matthew ou Alfred, il était tout simplement inconcevable de ne pas partir avec eux.
Lukas roula des yeux mais ne céda pas. Mathias voyait bien que l'un comme l'autre des camps n'étaient pas prêt à rendre les armes. Aussi se permit-il de le faire à la place du détective.
- Ok, vous venez. Mais vous n'aurez rien à faire, vous êtes prévenus !
Pour toute réponse, il eut droit à un bougonnement d'Emil et deux sourires de la part des cousins. Ces deux là n'avaient décidément pas froid aux yeux. Satisfait d'avoir clos la discussion, Mathias se tourna vers Lukas. Lequel était en train de le juger profondément. Mathias chercha alors à poser son regard ailleurs.
Agacé, le détective se pencha pour ramasser quelques feuilles à ses pieds qu'il consulta.
- Ah euh… bredouilla Matthew, ce sont des notes sur ce que j'ai pu découvrir… C'est surtout du jargon scientifique.
Il scruta le sol avant d'empoigner quelques feuilles.
- Celles-là sont sur les quelques trucs que j'ai pu constater sur ces trafiquants.
Lukas le remercia d'un hochement de tête et s'en empara.
- Vous résidez seul dans ce chalet ? demanda tout à coup Mathias
- Non, il y a d'autres personnes. Mais je ne fais que les croiser. Rarement.
Mathias lança un regard entendu à Lukas.
- Oui, va faire un repérage. Et profites-en pour réserver des chambres pour nous.
Mathias hocha la tête et s'exécuta.
- Je vais avec lui, marmonna Emil excédé
Il tourna les talons sans attendre la réponse de son frère aîné.
Affaire à suivre…
