Bonjour à tous !

Et nous voici donc en septembre ! Ce qui signifie que 2017 arrive déjà à son terme… je ne vois pas le temps passer, c'est affreux. Enfin, bon, trêve de bavardage, me voici de retour (pour vous jouer un mauvais tour, désolée, j'ai pas pu résister) et la fic avec !

J'espère que vous avez tous passés de bons mois estivaux et je vous souhaite tout plein de bonnes choses, dont du courage, en cette rentrée !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Amérique : Alfred F. Jones

Canada : Matthew Williams

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 13 : L'expédition

Lorsqu'ils se retrouvèrent tous les deux au rez-de-chaussée, Mathias était sur le point d'appeler et réserver, mais il s'arrêta net en voyant Emil sortir en direction de la voiture. Il l'arrêta d'une main sur l'épaule. Constatant qu'Emil était toujours aussi furieux, il lui proposa de l'accompagner à l'extérieur et de s'installer sur un banc. Emil rechigna d'abord, mais Mathias ne lui laissa pas trop le choix finalement en l'attrapant par le poignet.

- Vas-y ! Vide-toi ! déclara Mathias d'un air enjoué, je suis prêt à tout me prendre dans la face, donc vas-y.

Emil haussa un sourcil dubitatif.

- C'est pas à toi que j'ai des reproches à faire.

- Je sais mais tu vas pas cogiter tout ça et bouillonner dans ton coin pendant encore longtemps. Donc autant que ça explose maintenant.

Si Emil était furieux, les mots de Mathias lui coupèrent toute envie de s'emporter. A la place, il soupira plutôt.

- Il me laisse pas respirer. Je suis bien assez grand pour faire ma vie et je pensais qu'il l'avait intégré. Mais apparemment non. Je suis toujours sa chose.

- Je ne pense pas que tu sois sa chose, Emil. Tu es vraiment son petit frère.

Emil grimaça.

- Et bien, j'en ai marre d'être son petit frère. J'ai été son petit frère pendant dix ans. Dix ans où il m'a caché la vérité sur bien des choses en plus… Je pensais qu'on s'était expliqué et que tout avait été dit en juin. Il me fait pitié. On dirait qu'il n'y a que moi dans sa vie.

- Mais il n'y a que toi dans sa vie ! C'est une réalité. Il a perdu son père, sa mère est une psychopathe, il n'est pas plus que ça attaché à ses grands-parents, il ne donne quasiment jamais de ses nouvelles à Andrey et euh… comment il s'appelle l'autre ?

- Vladimir.

- Oui, voilà. Vladimir. Il passe un peu de temps avec Berwald et Tino. Mais après ? C'est un homme seul.

- C'est bien pour ça que je dis qu'il fait pitié. Parce qu'il l'a voulu sa solitude. Il n'y a pas que moi dans sa vie. Tu viens de tous les citer et tu t'es même oublié.

Mathias lui concéda cela.

- Sauf que moi, je ne suis pas son frère. Ce n'est pas la même chose. On est juste de bons colocataires et de temps à autres des acolytes. Peut-être des amis, mais avant tout des colocs.

Emil haussa un sourcil.

- C'est ce que tu crois ?

- Ben… oui. Tu trouves que c'est pas le cas ? s'inquiéta Mathias, il t'a dit qu'il en avait marre de moi ? S'il y a quelque chose que je fais de mal, faut me le dire, hein.

Emil leva les yeux au ciel.

- Lukas ne me parle jamais. Mets-toi ça dans le crâne. On est peut-être frères mais ça ne justifie pas des confidences. En juin dernier, c'était même la première fois qu'on a discuté aussi longuement… Il ne veut pas d'un frère, il veut quelqu'un sur qui il peut avoir les pleins pouvoirs, pour se sentir puissant, être sûr qu'il a le contrôle sur quelque chose dans sa vie. Sauf que, pas de chance, je suis plus un gamin.

Emil se leva et shoota dans un gravier. Mathias le regarda sans rien dire. Il était triste de constater quelle image le cadet pouvait avoir de son aîné. Il aurait bien aimé faire quelque chose, voire peut-être même régler la situation, mais il ne savait pas comment.

- Je pouvais très bien gérer ça tout seul. Il n'était pas obligé de venir. Et surtout, il n'était pas obligé de m'espionner. Ça ne se fait pas ! Ça prouve qu'il n'a pas confiance en moi.

- Tu sais, ce n'est pas facile d'être un grand frère exemplaire. On fait des erreurs. Comme tout le monde.

Cette excuse parut passer totalement au-dessus des oreilles d'Emil qui acheva dans un marmonnement :

- A tous les coups, j'ai toujours été un trophée entre ma mère et Lukas…

Mathias se releva brusquement, les poings serrés.

- Ah non ! Je ne peux pas te laisser dire ça, Emil. Ton frère était détruit de ta disparition. Détruit ! Et je pèse mes mots. Je me suis retrouvé avec un homme ivre, un homme triste, un homme paniqué, qui ne savait plus ce qu'il faisait, désespéré. Il n'était plus que l'ombre de lui-même ! Je le sais mieux que personne : l'homme que j'ai essayé de consoler et de soutenir n'était certainement pas à la recherche d'un « trophée » mais bien de son petit frère. Je suis sûr que même aujourd'hui encore il s'en veut terriblement, et il s'en voudra encore pendant longtemps, de ne pas avoir su te protéger. Lukas n'applique peut-être pas les bonnes méthodes, mais ce n'est pas un homme mesquin. Il est humain comme tout un chacun.

Sa propre tirade avait réussi à lui faire monter les larmes aux yeux. Mathias planta un regard convaincu dans celui d'Emil, qui le dévisageait, surpris. Puis, les joues rouges de honte, ce dernier fit volte-face et détala en marmonnant qu'il allait s'occuper de réserver des chambres.

Mathias se laissa retomber sur le banc, en attendant de se calmer. Il ne comprenait pas pourquoi il s'était emporté comme ça. Bien sûr, il pensait chacun des mots qu'il avait dits, mais c'était surtout son attitude qui l'étonnait. Pour un peu, il n'avait quasiment eu aucun contrôle sur lui-même. Le cran aurait été poussé un peu plus loin à peine et il aurait pu partir dans un véritable accès de colère, chose qui ne lui était pas arrivé depuis deux ans au moins.

Il baissa la tête en soupirant. Il laissa quelques secondes s'écouler avant de passer une main furieuse dans ses cheveux blonds en bataille, puis se releva et partit faire le tour des lieux. Il savait très bien quel genre de repérage Lukas attendait de lui. Il devait s'assurer que les autres résidents présents dans le chalet n'avaient rien à voir avec ce trafic d'OGM, que personne n'était là pour espionner Matthew. C'était exactement le genre de mission qui lui convenait.

Le soir vint rapidement, comme s'était toujours le cas dans les pays septentrionaux en cette période automnale. Pourtant, ce n'était pas encore assez précoce au goût d'Alfred qui trépignait d'impatience. Lukas et Mathias n'avaient pas cessé de s'envoyer des regards entendus pendant leur repas : ils craignaient l'un comme l'autre que le jeune homme soit une source d'imprévus désagréables. En quittant la table, Mathias assura discrètement à Lukas qu'il se chargeait de l'avoir à l'œil.

Alors que vingt heures venaient d'être annoncées par le coucou de la salle commune, Lukas, Mathias, Emil, Alfred et Matthew étaient sur le départ. Quand bien même il était atypique de réaliser une excursion nocturne dans les forêts norvégiennes si sombres en pleine nuit, il n'était pas rare de voir parfois des groupes tenter l'expérience, raison pour laquelle les quelques personnes présentes dans le chalet ne se soucièrent guère de voir le petit groupe franchir les portes et s'enfoncer dans la nuit.

Alors qu'ils s'engageaient sur un chemin, Alfred fit un léger détour par son 4x4 de location, attrapa un sac à dos à la volée, avant de courir pour rejoindre les autres qui s'éloignaient. Eclairés d'une lampe torche que Lukas avait décrété sienne pour la nuit, ils venaient à peine de s'engager dans un nouveau sentier que Matthew avisa le gros sac qu'Alfred portait sur son dos. Il haussa un sourcil interrogateur.

- Je croyais qu'il fallait éviter de s'encombrer.

- En effet, affirma Lukas qui marchait en tête du groupe sans se retourner

- Al' ? l'interrogea son cousin

Alfred lui offrit un grand sourire malicieux accompagné d'un clin d'œil. Matthew soupira.

Ils avancèrent dans le silence. Mathias fermait la marche. Devant lui, Emil trainait la patte, la tête basse, surement perdu dans ses pensées et digérant encore ses paroles. Si Matthew avait toujours dégagé une aura calme, ce n'était certainement pas le cas d'Alfred. Pourtant, constata Mathias avec soulagement, Alfred savait se tenir. Il avançait d'un bon pas mais ne faisait pas un bruit. Peut-être appliquait-il la méthode Batman ? Même si Mathias ne s'était jamais vraiment intéressé aux super-héros et n'avait donc, de fait, aucune connaissance en la matière. Mais si suivre les idées de l'homme chauve-souris donnait de tels résultats, et bien, Mathias l'encourageait volontiers à poursuivre dans cette voie.

Lukas s'arrêta net à un moment.

- Nous y sommes, n'est-ce pas ?

- Oui, approuva Matthew d'une toute petite voix

Le détective éteignit sa lampe torche. La lune était assez pleine et le ciel assez dégagé pour qu'ils puissent en profiter. Lukas décréta qu'ils évolueraient désormais à sa seule clarté. Lorsqu'il se retourna pour leur faire face, il se figea face à Alfred.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il en plissant les yeux, ce qui n'augurait rien de bon

- Quoi ? Mon sac ? Eh eh eh, vous verrez bien.

- Il est hors de question que ce sac nous suive.

- Je le déposerai avant d'entrer dans le hangar.

- Non. Il ne faut pas laisser de trace de notre présence.

- Dans ce cas, je l'emmènerai.

Mathias, qui se trouvait juste derrière lui, attrapa l'anse du sac et la secoua aussitôt dans tous les sens, sans sourciller. Une véritable cacophonie dès qu'il y avait une importante perturbation. Tous les regards accusèrent Alfred, mais celui-ci ne se départit pas d'un franc sourire qui se voulait confiant et rassurant.

- Je le cacherai dans les fourrés, promis, personne ne le verra.

Lukas pinça les lèvres mais finit par passer à autre chose :

- Interdiction de parler à partir de maintenant, à moins que ça ne soit un cas d'urgence. Vous ferrez exactement ce que moi ou Mathias vous commandons.

Emil se rembrunit face à l'autorité qu'affichait son aîné.

- Vous pouvez toujours rester en dehors de tout ça en restant ici, répliqua Lukas au reproche implicite de son cadet

Cependant, celui-ci croisa les bras éhontément et releva le menton.

- Si jamais il venait à y avoir un problème, restez cachés et fuyez dès que vous le pouvez.

Alfred était prêt à répliquer mais Matthew l'en empêcha. Il gonfla alors les joues, frustré.

- Enfin, je ne veux voir aucune lumière, ni entendre aucun son étrange. Eteignez tous vos portables.

Les trois étudiants s'exécutèrent tandis que Mathias se félicitait intérieurement d'avoir déjà pris l'initiative avant de partir.

Ceci fait, le petit groupe s'engagea dans un sentier plus tenu, à moitié caché par les broussailles et les herbes folles. Le chemin restait néanmoins praticable. Lukas leur ordonna de se cacher lorsqu'ils virent se découper dans le ciel ténébreux les contours métalliques du hangar. Ils se tapirent donc dans un premier temps. Lukas attrapa les jumelles qu'il n'avait pas manqué d'emprunter à Matthew et observa les abords.

- Personne. Mathias, commanda-t-il

Son acolyte hocha la tête. Il savait parfaitement ce que Lukas attendait de lui.

Alfred était prêt à partir dans son sillage, et avait même déposé consciencieusement son sac à dos, mais le regard noir du détective et la main de son cousin sur son épaule l'en empêchèrent.

Mathias se glissa entre les fourrés et rejoignit un tronc auquel il se colla. Il avisa les alentours et aperçut un escalier métallique permettant d'accéder au premier étage depuis l'arrière du hangar. A pas de loup, il traversa la clairière s'appliquant à marcher sur les touffes d'herbes parsemant l'endroit. Il grimpa les marches quatre à quatre. Il était si furtif qu'on aurait pu croire qu'il volait. Face à la porte, il y accola son oreille et ferma les yeux.

Rien.

C'était déjà une première chose.

Avisant les grandes vitres poussiéreuses en hauteur, Mathias prit de l'élan, s'élança et agrippa le rebord de l'une d'elles. A la seule force de ses bras, il se hissa juste assez pour pouvoir observer l'intérieur des lieux. Il aperçut la silhouette d'un gardien endormi dans son cagibi à l'autre extrémité du bâtiment. Mathias scruta pendant quelques minutes mais ne constata aucune autre présence. Il se laissa retomber en toute discrétion sur la passerelle métallique, puis fit signe aux autres qu'ils pouvaient venir. Tandis qu'ils accouraient, beaucoup moins discrètement que lui pour certains dont il tairait le nom, Mathias empoigna un fil de fer qu'il avait emprunté aux affaires de l'étudiant-chercheur. S'appuyant sur son seul sens du toucher, il crocheta la serrure.

Les autres, Lukas en tête, arrivèrent au même moment. Le détective arrêta d'un bras les étudiants qui s'arrêtèrent net, les yeux ronds. Même Emil n'était pas habitué à ce genre d'expédition. Mathias poussa silencieusement la porte, veillant à s'écarter. Il laissa s'écouler quelques secondes, puis, constatant qu'aucune réaction ne se manifestait, il passa la tête. Le gardien était toujours endormi. Mathias fit signe à ses compagnons de le suivre.

Le petit groupe pénétra dans le hangar. En découvrant les lignes et les colonnes strictement alignées de barils et de caisses, ornés la plupart du temps de symboles explicites, Alfred et Emil écarquillèrent les yeux. Ils furent rapidement rappelés à l'ordre par un bref raclement de gorge. Ils descendirent en silence les escaliers métalliques qui menaient au rez-de-chaussée. Dès qu'ils eurent atteint l'ombre des caisses, ils relâchèrent un peu la pression.

Lukas désigna alors Mathias et le gardien. Ce dernier acquiesça. Il s'assura qu'il avait bien de quoi bâillonner l'homme du cagibi, puis se mit en route, se faufilant entre les caisses. Lukas se tourna ensuite vers les trois jeunes hommes. Il se désigna en train de se diriger à son tour vers la cabine et leur demanda silencieusement de rester là. Alfred parut scandalisé mais Matthew lui plaqua aussitôt la main sur la bouche dans un regard réprobateur tandis qu'Emil s'assit en croisant les bras.

Le détective avait pour ambition d'aller jeter un œil à la paperasse et s'emparer de tout ce qu'il pouvait afin de monter les preuves contre les trafiquants. Il favorisait la rapidité et l'efficacité, raison pour laquelle il voulait s'y prendre juste après que Mathias avait réalisé son action.

Ce dernier était d'ailleurs arrivé près de la cabine. Il s'apprêtait à crocheter la serrure lorsqu'il aperçut une porte, par-delà le cagibi, s'ouvrir sur deux nouveaux individus. Mathias se figea puis se tassa dans son coin tout en gardant discrètement un œil vers les inconnus. Lukas, derrière sa caisse, fit de même. Les deux hommes bâillèrent. L'un d'eux se gratta l'arrière du crâne, l'autre s'amusa à faire tournoyer sa matraque. Ils semblaient s'ennuyer ferme.

Soudain, un bruit sourd en provenance du fond résonna dans tout le hangar.


Affaire à suivre…