Bonjour, bonjour !

Nous voici parés pour le lancement de la 14ème affaire ! /o/

J'espère continuer à les enchaîner désormais, mais je ne promettrai ni ne garantirai quoi que ce soit… on ne sait jamais ah ah.

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : Les fuyards

Ce soir là, Mathias raccompagnait en voiture le jeune Peter jusque chez lui. La nuit venait de tomber en cette fin d'après-midi, mais ce n'était clairement pas pour cette raison que Mathias avait pris le volant pour l'adolescent. A dire vrai, Peter n'aurait jamais accepté que son pion de collège le ramène. Après tout, il avait eu quatorze ans à la rentrée scolaire dernière, quand bien même, il n'avait pas pris un centimètre. La poussée de croissance n'était pas encore arrivée. Mathias esquissa un sourire à cette pensée.

- A quoi tu penses ? lui demanda Peter, avachi de façon théâtrale sur le siège passager

- Oh, une broutille idiote.

Quoiqu'il en soit, c'était Peter qui avait tenu à l'accompagner, délaissant ses amis et notamment une partie de football, ce qui avait d'ailleurs passablement outré Abigail. Mathias était prêt à partir et l'avait salué au passage, lui déclarant qu'ils se retrouveraient certainement chez ses parents. La curiosité l'avait emporté sur Peter et il avait décrété qu'il serait de la partie.

- Et donc, reprit Peter, qu'est-ce que tu as à faire chez papa et papa ? Une nouvelle énigme ?

- C'est beaucoup plus simple que ça. Et franchement, tu aurais pu rester avec tes amis. Tu vas voir, tu seras déçu, lui assura Mathias

Le trajet étant court, ils se retrouvaient d'ors et déjà face à la maison des Oxenstierna-Väinämöinen.

Malgré tout, Peter conservait un air suspicieux. Il fourra les mains dans ses poches et ne quitta pas d'une semelle l'ami de ses parents. Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'entrée, Berwald vint à leur rencontre. Il s'étonna d'un léger haussement de sourcil de la présence de son fils, puis reporta son attention sur Mathias à qui il serra la main.

- Tout dans le bureau.

- Faudra que tu me réexpliques comment mettre tout ça en place par contre, l'avertit Mathias en se frottant la nuque

- Il y a le mode d'emploi.

- Mais de quoi vous parlez à la fin ? s'exclama Peter

Son père le dévisagea avec un air de colère, bien que ce ne soit en vérité que de l'étonnement.

- Un bureau.

- Un bureau ? répéta incrédule Peter

- Oui, confirma Mathias avec un sourire hilare, ton père m'avait promis en juin de me faire un nouveau bureau sur mesure pour ma chambre. Je suis venu le chercher aujourd'hui.

Peter en tomba des nues, tandis que Mathias se retenait du mieux qu'il pouvait pour ne pas exploser de rire. L'adolescent tourna les talons en faisant la moue et partit en quête d'un goûter.

- Je te l'avais dis que tu serais déçu !

Berwald invita Mathias à le suivre d'un bref signe. Dans le bureau, l'ébéniste avait soigneusement rangé les différentes parties du meuble. Sur sa table de travail se trouvait une mallette à casier contenant les vis et clous dont il aurait besoin ainsi que quelques feuilles. Berwald s'en empara et lui expliqua calmement comment procéder.

- ça ira ? Je peux passer demain sinon.

Mathias balaya l'air de sa main.

- Mais non t'inquiète ! J'arriverai bien à me démerder avec ça !

Ils chargèrent la voiture des différents éléments. Puis, Mathias salua Berwald et lui demanda de passer le bonjour à Tino. Il s'engagea sur la route lorsque Peter accourut vers son père et vint se coller à lui. Mathias aperçut dans le rétroviseur Berwald répondre à l'étreinte de son fils.

Quelle mignonne petite famille, pensa-t-il.

Mathias rejoignit la voie express et atteignit sa destination quelques vingt minutes plus tard. Alors qu'il sortait juste de la voiture, il sentit une goutte sur son nez. Elle fut bientôt suivit par d'autres. Mathias n'eut pas le temps de faire un pas qu'il se retrouva trempé des pieds à la tête. Cet imprévu l'agaça mais il préféra en rire.

- Allons bon, fit tout à coup une voix dans son dos

Mathias tourna la tête et se retrouva nez à nez avec Lukas. Ce dernier était bien abrité sous son parapluie, le col de son par-dessus relevé au plus haut. Il portait également son étui à violon et sa mallette, signe qu'il rentrait du travail lui aussi. Il le dévisageait d'un air insondable. Puis, il se détourna de Mathias en secouant brièvement la tête et se dirigea vers le portillon de fer noir.

Mathias ne s'offusqua pas un instant que Lukas ne lui propose pas une place sous son parapluie. D'autant que cela aurait été parfaitement inutile vu son état présent. Il avisa le coffre et soupira un peu tout de même. Bon, et bien, il attendrait avant de décharger la voiture. Il pressa donc le pas pour rentrer à la suite de Lukas qui venait de déverrouiller la porte. Le macareux d'Emil les accueillit dans un grand cri.

- Quelle pluie !

- Bien agréable.

- Parce que tu ne te l'es pas prise sur la face, toi. Chanceux, va ! lui répondit Mathias en lui assenant une franche accolade

Lukas se crispa. Aussitôt Mathias regretta son geste.

- Mon dieu ! Je suis désolé ! Je t'ai pas fait mal aux côtes ?

Calmement, Lukas ôta ses affaires qu'il accrocha sur le porte-manteau et déposa dans un coin son parapluie replié. Comme il ne lui répondit pas, Mathias se permit d'insister et apposa une main sur la taille de Lukas. Lequel sursauta franchement et fit volte-face.

- Ne refais plus jamais ça.

- C'est encore douloureux, n'est-ce pas ? Alors qu'est-ce que tu faisais avec ton violon ? le sermonna en retour Mathias

Lukas demeura silencieux un instant puis tourna les talons.

- On avait besoin de moi au conservatoire. Et j'avais besoin de jouer, ajouta-t-il après un instant de pause

Mathias le regarda gravir les marches une à une avec une petite moue inquiète.

- Le docteur t'a dit qu'il valait mieux que tu attendes un mois ou deux avant de pouvoir à nouveau pratiquer. Ce n'est peut-être pas du sport, mais c'est tout de même une activité.

- Nous sommes mi-novembre, un mois et demi. Cela fait une bonne moyenne, non ?

- Pas si tes côtes te font mal.

Lukas balaya l'air de sa main et monta à l'étage.

- Ce que tu peux être buté parfois, Lukas, lui reprocha Mathias avec malgré tout un petit sourire en coin

Puis, il soupira. Il s'apprêtait à partir pour la cuisine lorsque la porte d'entrée s'ouvrit à la volée pour se refermer aussi sec. Emil s'y adossa aussitôt et se laissa glisser tout du long, essoufflé et lui aussi trempé de pied en cap. Mathias le dévisagea les yeux ronds. On aurait dit que ce jeune homme avait le diable à ses trousses. M. Puffin battit des ailes dans sa cage afin de capter l'attention de son maître.

- Et bien Emil ? Surpris par la pluie ?

Emil ne lui accorda pas un regard. Il s'accroupit et rejoignit la fenêtre en baie. Il jeta un coup d'œil au travers. Mathias se pencha également pour voir ce que guettait Emil. Sous les trombes d'eau, il aperçut une grande silhouette.

- Et merde, siffla Emil

Il se tourna prestement vers Mathias.

- Je ne suis pas là.

Et il déguerpit se terrer dans les toilettes.

Mathias n'eut pas le temps de s'interroger qu'on frappa à la porte. Il ouvrit et découvrit Alfred, l'étudiant américain en échange, vêtu de son imperméable dont la capuche était serrée au maximum. Seule la mèche rebelle s'exposait à la pluie. Le jeune homme ne devait par ailleurs pas voir grand-chose car ses verres de lunettes étaient complètement trempés.

- Bien le bonjour, Mathias ! Emil est là, non ?

Mathias explosa de rire. Il attrapa le jeune Alfred par les épaules et l'invita à s'abriter de la pluie.

- Je ne sais pas, mentit-il, je viens juste de rentrer. Une bière, ça te tente ?

Il entraîna son invité dans la cuisine et mit sa machine à bière en route. Emil voulut en profiter pour s'éclipser des toilettes et rejoindre sa chambre discrètement, mais Alfred avait le regard aussi aiguisé que celui d'un aigle malgré ses lunettes, et il le repéra de suite du coin de l'œil.

- Ah, Emil !

Le jeune homme se raidit mais pivota finalement pour pénétrer dans la cuisine. Il croisa les bras et releva le menton, quand bien même il n'impressionnait nullement Alfred, qui avait bien une ou deux têtes de plus que lui.

- Je te le répète : je ne suis plus ton tuteur.

- Je le sais bien, mais on est pote maintenant !

- Je ne crois pas non, marmonna Emil

Mais Alfred n'en avait que faire. Il attrapa le verre de bière que lui tendit Mathias, lequel faisait de gros efforts pour retenir son hilarité.

- Bon, c'est pas tout, mais tu m'as dis que t'avais Battelfield Hardline sur PS4. Je veux le tester !

Emil grommela mais se laissa entraîner par Alfred qui se sentait visiblement comme chez lui, quand bien même il ne connaissait pas du tout la maison.

Une fois seul dans la cuisine, Mathias ne put s'empêcher d'exploser de rire. Il avala d'une traite son propre verre de bière après que son fou rire se soit calmé. Il réalisa tout à coup qu'il était toujours trempé. Il grimpa alors les deux étages et décida de prendre carrément une bonne douche. Il ressortit une demi-heure après.

Pensant qu'ils n'avaient surement pas eu l'occasion de se sécher, Mathias descendit des serviettes à Emil et Alfred, plantés devant la console. Mathias se retint une nouvelle fois de rire, car Emil était à fond dans la partie, bien plus qu'il ne l'aurait surement voulu. Comme ils ne réagissaient pas à son arrivée, Mathias leur déposa les serviettes sur le crâne. Mais ils demeurèrent concentrés sur leur partie, Emil accusant Alfred d'utiliser des codes triches.

Par-dessus le bruit de tir et la musique du jeu vidéo, Mathias entendit soudain des notes de violon. Il fit volte-face et se rua sur la chambre de Lukas dont il ouvrit la porte à la volée, sans même se préoccuper de la réaction de son propriétaire.

- Lukas, tes côtes !

L'archet fit grincer les cordes. Mathias grimaça.

- Mes côtes vont bien.

- Non, tu es toujours convalescent.

Mathias s'avança vers son colocataire et posa une main ferme sur l'instrument.

- Je ne me tords pas de douleur. Et il me semble que je suis le plus à même de ressentir ce qui se passe dans mon propre corps.

- Peut-être. Mais es-tu le plus à même d'accepter ta douleur ?

Ils se fixèrent l'un l'autre jusqu'à ce que Lukas lui assène un coup sec sur les doigts à l'aide de son archet, dans un claquement de langue agacé.

- Si tu laisses pas ton corps se reposer vraiment, reprit Mathias en se frottant les doigts, tu ne guériras jamais complètement et ça prendra encore plus de temps.

- Me prendrais-tu pour un ignare ?

- Euh… non. Non bien sûr que non. Mais c'est juste que…

- J'en ai déjà vu d'autres.

Lukas déposa délicatement son archet sur les cordes avant d'entamer un morceau sombre et presque machiavélique. Le temps sembla accompagner le violoniste car le tonnerre se mit à gronder et la pluie cogna d'autant plus fort sur les carreaux. Puis, le premier éclair survint. Lukas n'en arrêta pas pour autant sa mélodie. Absorbé, il n'aperçut pas Mathias s'installer au pied du lit et se résoudre à l'écouter jouer.

Etonnamment, il y avait quelque chose de mélodieux dans cet accord entre le violon et le roulement de tonnerre. En fait, Mathias ne percevait même plus Emil et Alfred en train de jouer dans la pièce d'à côté. Il n'y avait pas à dire : Lukas savait transmettre des sentiments par son violon. Peut-être que s'il l'écoutait plus souvent, il finirait par le comprendre entièrement, se dit-il dans un petit sourire serein.

C'est alors qu'un énorme éclair déchira le ciel au-dessus d'Oslo suivi aussitôt par un fracas assourdissant. Tout le monde sursauta dans la maisonnée. D'autant plus lorsque l'électricité fut brusquement coupée, les plongeant dans le noir.

- Maman ! entendit-on crier depuis le salon, les fantômes vont débarquer !

Mathias sauta aussitôt sur pied.

- Pas de panique ! s'exclama-t-il

Cherchant à rejoindre le salon, il se paya le chambranle de la porte de Lukas. Ce dernier soupira en ayant compris ce qu'il venait de se passer.

- Personne ne va paniquer puisque le courant reviendra bientôt.

- En attendant, je vais descendre dans la cuisine chercher des lampes.

Il descendit d'abord prudemment l'escalier puis constata que son corps avait repris ses réflexes. Il arriva donc sans encombre à la cuisine où il tâtonna jusqu'à trouver le bon tiroir. Alors qu'il retournait en haut, armé de lampes, dont une braquée devant lui, Emil, lui, descendait s'éclairant à l'aide de son portable. Il était parfaitement calme. Alfred cependant était cramponné à lui, la tête rentrée dans les épaules.

- De toute façon, on a assez joué à Battelfied comme ça. Il est tant pour toi de rentrer chez toi, je pense.

- Tu ne vas pas me laisser tout seul dans la nuit noire ? s'inquiéta Alfred

- Ce n'est qu'un orage.

Emil ouvrit la porte. La pluie s'abattait furieusement.

- Il pleut beaucoup quand même.

Emil pinça les lèvres.

- Et bien tu y réfléchiras à deux fois avant de venir squatter chez moi.

Contre toute attente, Alfred approuva furieusement.

- Tu as raison ! J'emporterai toujours un duvet et mon pyjama désormais.

Emil se frappa le front. Alfred ne s'en soucia guère. Il inspira profondément, tira sur les ficelles de sa capuche pour les resserrer au maximum, salua militairement Emil, puis s'élança sous la pluie. Il fut rapidement hors de vue. Emil referma puis soupira, soulagé de s'être débarrassé de ce sans-gêne qui avait décrété qu'ils étaient amis pour la vie. « Des frères d'arme ! » lui avait assuré Alfred avec conviction, le poing sur le cœur. Génial… Emil était aux anges.

Fatigué, il traina des pieds jusqu'à l'escalier. Il arrivait à peine au palier supérieur qu'on sonna.

- Petit frère, lui intima Lukas depuis sa chambre

Emil souffla puis fit demi-tour. En posant la main sur la poignée, il se demanda ce qu'Alfred avait bien pu oublier pour qu'il revienne même pas cinq minutes après. Néanmoins, il se figea sous la surprise.

Sur le palier, se trouvaient trois silhouettes encapuchonnées qu'un éclair fulgurant illumina brièvement.


Affaire à suivre…