Bonsoir !

Rude journée que la mienne, mais bon ! J'y survivrai, je suppose ah ah ! Je vous laisse découvrir qui sont nos trois individus mystère !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : Les imprévus

Emil demeura figé sur le pas de la porte. Il hésita un moment à faire entrer les trois inconnus, l'ambiance n'aidant pas.

- Euh… c'est pour quoi ?

- Lukas Bondevik, lui répondit-on d'une voix caverneuse

Emil ne savait pas trop s'il pouvait leur faire confiance. Apparemment, sa méfiance se faisait sentir car aussitôt, une voix de femme ajouta :

- Pourrions-nous au moins nous abriter, s'il vous plaît ?

Emil demeurait suspicieux mais il ne se voyait pas claquer la porte au nez de trois personnes n'ayant montré aucune agressivité, qui plus est par ce temps. Il leur fit finalement signe d'entrer. Lorsque le dernier des trois individus, quelqu'un de visiblement très grand, referma soigneusement la porte après lui, le vacarme de la pluie torrentielle s'amenuisa d'un seul coup pour ne devenir qu'une lointaine rumeur.

- Lukas ! héla Emil en se tournant vers l'escalier, t'as de la visite.

Sans même attendre la réponse de son aîné, il décida de planter là les mystérieux arrivants. La maison étant toujours privée d'électricité, il utilisa de nouveau le halo lumineux de son téléphone. En grimpant jusqu'à sa chambre, il croisa Lukas qui descendait.

Ce dernier s'éclairait à l'aide d'une lampe fournie par Mathias. Il ne chercha pas un instant à se presser, malgré sa curiosité. Il n'attendait personne. Il devait y avoir un réel besoin urgent pour que quelqu'un se soit dérangé par ce temps. En découvrant les trois personnages toujours encapuchonnés, trempés des pieds à la tête, Lukas s'arrêta avant la dernier marche. Il braqua sans aucune hésitation le faisceau lumineux sur eux. Il les scruta un instant, les sourcils légèrement froncés.

- Vous pouvez vous découvrir, leur affirma-t-il finalement, vous êtes en sécurité.

- J'ose l'espérer, lui répondit le plus grand des trois de sa voix profonde

Les inconnus ôtèrent finalement leurs manteaux. Tous trois étaient blonds, aux yeux verts ou bleus. Les deux plus petits arboraient un sourire tout aussi mutin que celui du plus grand était grave.

Lukas acheva de descendre l'escalier. Il jeta furtivement un coup d'œil vers le palier supérieur.

- Ne reste pas planté là-haut. Descends.

Mathias apparut quelques secondes après, tout sourire. Cependant, il se figea dès qu'il reconnut le plus grand des trois. Son cœur bondit dans sa poitrine et il se retint subitement de respirer.

- Wi-Willem ? souffla-t-il complètement retourné

Mathias tourna vivement la tête vers Lukas, le visage soudain grave.

- Tu le connais aussi ?

Lukas ne prêta pas attention au visage de Mathias.

- Réfléchis. Comment aurais-tu atterri chez moi autrement ?

C'est vrai, c'était tout à fait logique. Willem était une… connaissance, celle-là même qui lui avait fourni l'adresse du détective Lukas Bondevik, il y avait maintenant un an et demi, lorsque Mathias en avait eu besoin. S'il lui avait donné l'adresse, c'est bien qu'il était également en contact avec Lukas. Il n'avait jamais pris le temps d'y penser. A dire vrai, il n'avait jamais vraiment voulu y penser, se dit-il en se rembrunissant. Willem faisait partie d'une vie antérieure qu'il croyait avoir à jamais fuie. Et surtout à laquelle il ne pensait jamais devoir à nouveau faire face.

Le visage sombre, Mathias dévala les dernières marches et jeta un coup d'œil par-delà la fenêtre en baie. La pluie tombait encore vigoureusement et on distinguait seulement les silhouettes des rares passants ou des véhicules. Le courant n'était pas encore rétabli dans le quartier et les réverbères n'étaient de fait d'aucun secours. Seuls pouvaient encore servir les éclairs fulgurants déchirant le ciel tempétueux au-dessus du fjord.

- Si Willem est ici, ce n'est certainement pas pour toi, répliqua calmement Lukas

Mathias fit volte-face et lança un regard alarmé à Lukas. Que savait réellement Lukas à son sujet finalement ? Il ne s'en était jamais soucié. Lukas n'avait jamais montré le moindre signe qu'il connaissait les antécédents de Mathias. Mais ce dernier se fit soudain la réflexion que le détective ne l'était justement pas pour rien et que Lukas savait très bien dissimuler ses connaissances s'il le souhaitait. Le cœur de Mathias s'emballa.

- Que… comment ça ? demanda-t-il la gorge sèche

- Il ne serait certainement pas venu accompagné de sa sœur et de son frère si ça avait été le cas.

- Sa sœur et son…

Mathias n'acheva pas sa phrase. L'électricité revint et surprit tout le monde. Lukas éteignit sa lampe. Si les cadets accueillir la nouvelle avec joie, les visages de Willem et Mathias étaient quant à eux crispés. Mathias, qui regardait encore par la fenêtre, finit par se tourner brusquement vers les deux jeunes gens, patientant sagement, quoique toujours souriant et avenant. Contrairement à leur frère aîné.

Comprenant que Lukas avait raison, Mathias s'en trouva soulagé et se détendit considérablement.

Lukas, de son côté, ne manqua pas de noter les réactions de Mathias dans un coin de son esprit.

Willem apposa ses deux mains fermement sur les épaules de ses cadets et les présenta.

- Voici Manon et Xavier-Henri.

- Mais Xavier ou Henri tout court, ça me va aussi. Je ne m'en offusquerai pas, affirma le plus jeune

- Ou alors Xav', ajouta Manon, tout le monde le surnomme comme ça.

- Oh non, s'il te plaît, soeurette. Xav', c'est réservé à la famille, geignit Xavier-Henri comme un enfant boudeur

Manon pouffa de rire.

- Je rigolerai moins si j'étais vous, les sermonna Willem, vous êtes dans un sacré pétrin.

- Roh ! se plaignit Manon en levant les yeux au ciel, tout de suite les grands mots.

Lukas haussa un sourcil intéressé. Mathias fut cependant le premier à intervenir. Il n'était pas encore totalement remis de ses émotions, et demeurait encore sur ses gardes.

- Pourquoi êtes-vous ici exactement ? demanda-t-il sérieusement, sans l'ombre d'un sourire

Son colocataire lui jeta un bref coup d'œil.

- Ils cherchent un endroit où se cacher. Tout comme toi, ne put s'empêcher de préciser Lukas

Mathias piqua un fard puis secoua vigoureusement la tête. Il n'appréciait décidément pas la tournure que prenait cette rencontre.

- Comment peux-tu l'affirmer ?

- Ils sont arrivés encapuchonnés au point qu'on ne puisse pas distinguer leur visage au premier regard. Plus les valises qu'ils transportent avec eux. Ils comptent rester.

Mathias avisa les bagages.

- Oh.

Sans crier gare, il attrapa Lukas par les épaules et s'isola avec lui dans un coin.

- Tu vas accepter qu'ils restent ?

- Oui.

- Toi ? Lukas ?

Pour toute réponse, le détective soupira. Il se dégagea de Mathias et se retourna vers ses invités.

- Confiez vos manteaux à Mathias. Il s'en chargera. Si vous avez des recommandations à lui faire pour le repas, tournez-vous vers lui aussi.

Puis, il ajouta à l'adresse de son acolyte.

- Je te les confie.

Mathias ne put qu'accepter, Lukas étant déjà reparti à l'étage après avoir fait signe à Willem de le suivre. Le grand homme passa devant lui en lui adressant un petit hochement de tête entendu. Mathias ne sut que répondre. Il avait l'impression d'avoir un autre Willem en face de lui. Cet homme venait d'ériger une barrière et prendre ses distances avec lui en l'espace de quelques secondes. Quelques secondes qui suffirent à enterrer une connaissance de longue date. Cependant, il se garderait bien d'avoir une discussion avec Willem. Il comprenait son intention et la partageait. Il n'avait en aucune façon envie de laisser filtrer son passé, alors si Willem prenait de lui-même ses distances, Mathias s'en satisferait volontiers. Il était juste désarçonné par la vitesse.

On toussota légèrement. Mathias se retourna. Les deux cadets se tenaient toujours sagement dans le vestibule avec leurs manteaux trempés, tout comme leur valise. Il chassa ses dernières pensées sur sa vie antérieure et reprit son sourire jovial.

- Désolé, j'étais perdu dans mes pensées, s'excusa-t-il, le porte-manteau est déjà bien chargé. Confiez-les-moi. Je vais les accrocher à une patère dans ma chambre.

- Excusez-nous pour le dérangement, lui dit Manon en lui tendant leurs trois manteaux.

- Pff ! Vous inquiétez pas pour ça ! J'aime bien quand la maison est animée.

Xavier-Henri éternua sans crier gare. Aussitôt, Manon lui tendit un mouchoir en le réprimandant pour son manque de vigilance.

- Il vaudrait surement mieux pour vous que vous vous changiez, déclara Mathias, suivez-moi, je vais vous montrez la salle de bain. Vous pourrez même prendre une douche si vous le souhaitez.

Quand bien même il était chargé des manteaux, il se pencha pour attraper les deux valises. Mais aussitôt Manon l'arrêta.

- Ne vous donnez pas cette peine. On va s'en charger.

- Ah bon ?

- Xav' ! s'indigna sa soeur

Mathias sourit. Les deux cadets lui paraissaient finalement très sympathiques et il s'habituait déjà à leur présence. Il se demandait néanmoins ce qui pouvait les amener ici, à Oslo, si loin de chez eux supposait-il. Mais il ne leur posa pour le moment aucune question et se contenta de leur montrer le chemin jusqu'au dernier étage. Il les laissa par la suite se mettre à leur aise et se rafraîchir. En attendant, il avait du pain sur la planche : il allait devoir préparer un diner pour six. Il fut d'ailleurs satisfait de constater qu'il s'était calmé, sa plus grande préoccupation étant désormais de savoir si les réserves de la cuisine suffiraient à contenter tous ces estomacs.

Le temps était encore tout ce qu'il y avait de plus turbulent, ce qui contrastait grandement avec la douce chaleur gourmande dont s'emplissait la cuisine depuis trois bons quarts d'heure. Mathias sifflotait tout en épluchant les légumes et les plongeant dans une bassine remplie d'eau. Il ne s'aperçut de la présence de Manon qu'à la dernière seconde, alors qu'elle se penchait pour voir ce que contenait le saladier. Mathias sursauta.

- Oh, pardon, je vous ai fait peur.

Elle s'excusait plus par politesse, comme le prouvait son sourire mutin, et se retenait d'éclater de rire.

- Merci beaucoup pour la salle de bain, reprit-elle après une petite pause

Mathias haussa les épaules.

- Vous savez, je ne suis pas chez moi. Et je n'allais tout de même pas vous laisser trempés comme vous l'étiez !

- C'est vrai que vous auriez fini par jouer les gardes-malades plus qu'autre chose !

Ils rirent tous deux de bon cœur.

- Je ne connais même pas vos prénoms. Mon frère ne vous a même pas présenté ! Celui-là des fois !

Mathias pensa à Lukas qui n'était pas en reste sur ce point là.

- Je suis Mathias. L'ami de votre frère, c'est Lukas. Et le troisième, surement terré dans sa tanière, Emil, le petit frère de Lukas.

- Oh, oui, c'est lui qui nous a ouvert. Et si nous en finissions avec le vouvoiement, proposa brusquement Manon en s'accoudant au plan de travail, il me semble que je vais rester quelques temps ici…

Mathias lui jeta un coup d'œil. Manon faisait la moue, tout en trempant un doigt distrait dans la bassine de légume.

- ça n'a pas l'air de vous… de te ravir.

Manon lui décrocha un petit sourire, contente de voir qu'il acceptait donc de la tutoyer. Elle se redressa et croisa les bras en soupirant.

- Mon frère, mon frère aîné je veux dire, souhaite que moi et Xav' restions éloignés pendant quelques temps de nos pays de résidence.

- Qui sont ?

- J'habite en Belgique et Xav' au Luxembourg où il travaille également.

Mathias haussa un sourcil perplexe. La question parut évidente à Manon qui balaya l'air de la main.

- Il n'y a pourtant pas de quoi s'alarmer. Mais Willem a peur que certaines personnes s'en prennent à nous.

Mathias la dévisagea, surpris. Son cœur rata d'ailleurs un autre battement. L'hypothèse était peut-être farfelue mais sa première pensée fut de se dire que les personnes auxquelles Manon faisait allusion ne lui étaient peut-être pas inconnues, à lui. Et l'angoisse grimpa à nouveau d'un cran en lui. Ses traits se crispèrent et Manon sembla le remarquer, aussi changea-t-elle prestement de sujet.

- Qu'est-ce que tu nous prépares de bon ? demanda-t-elle en se dirigeant vers les casseroles

Elle huma les vapeurs parfumées.

- Tu m'as l'air d'un petit cordon bleu !

- Oh ce n'est pourtant rien d'extravagant, répliqua Mathias en achevant d'éplucher une carotte, ce n'est qu'une soupe de poisson, tout ce qu'il y a de plus basique.

Manon retroussa alors les manches de son gilet.

- Je peux t'aider ?

Mathias lui confia alors la préparation des champignons et des oignons. Ces derniers ne manquèrent pas d'attaquer la jeune femme, qui se mit à pleurer en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Cependant, elle s'entêta à aller jusqu'au bout, ce qui les fit de nouveau bien rire.

Plus tard, Mathias achevait de préparer la soupe. Manon attrapait quant à elle les assiettes afin de dresser le couvert.

- Tu m'a l'air très serviable, Mathias, déclara-t-elle soudain, mais comme nous allons loger ici, laisse-nous nous occuper au moins de nos couchages. Et n'hésite pas à insister pour Xav'. Ce garnement est un véritable enfant gâté !

- Ah ah ! Tant que ça ? Mais ne t'en fais pas, ça ne me dérange pas. Je m'occupe déjà de quasiment tout. Et d'une main de maître, je dois dire ! Eh eh.

- Raison de plus !

- J'y pense mais il faudra bien que je vous laisse ma chambre. Sauf qu'il n'y a que deux places…

- Nous nous serrerons un peu, lui affirma Manon, ça me rappellera des souvenirs !

- Je te comprends ! Mais ce lit n'est vraiment pas assez large pour trois.

Mathias croisa les bras, la louche en main.

- Il y a bien le canapé, mais il n'est pas très confortable et ne peut accueillir qu'une personne. Et je n'ai jamais trouvé de matelas gonflables ou autre…

- L'un de nous serait donc de trop ? s'inquiéta Manon

Mathias grimaça. Il y avait bien les lits d'Emil et de Lukas qui étaient doubles. Mais il avait l'impression que le seul fait d'y penser était un blasphème.

Willem et Lukas apparurent à ce moment-là. Le détective affichait une mine sombre et aussi orageuse que le temps virulent à l'extérieur. Mathias haussa un sourcil interrogateur.

- ça ne va pas ?

Lukas lui décrocha un regard noir qui fit déglutir son colocataire. Il tenta donc de changer de sujet.

- Euh… Manon et moi on se demandait comment on allait s'arranger pour le couchage et…

Mathias crut bien que Lukas allait se jeter sur lui pour l'étrangler.

- Je… j'ai dit quelque chose de mal ?

Lukas marmonna quelque chose d'incompréhensible, puis arracha les assiettes des mains de Manon avant de s'en aller vers la salle à manger.

- Qu'est-ce t'as dit ? l'appela Mathias

- J'ai dit : Emil ne veut pas laisser sa chambre, ni dormir avec toi ou moi donc ça sera toi et moi !


Affaire à suivre…

PS : et pour la petite explication, j'ai rien contre Laura comme prénom pour Belgique, mais j'avais envie de changer XD Et j'aime bien Manon. Quant à Xavier-Henri, je n'arrivais pas à choisir entre Xavier (prénom du Premier Ministre luxembourgeois) et Henri (le duc du Luxembourg) et comme d'habitude quand je n'arrive pas à me décider… je prends tout !