Bonsoir à tous !

Je suis grave en retard ! Désolée D: En plus, en toute honnêteté, j'avais juste oublié…

En tout cas, je suis ravie de l'accueil que vous avez réservé au Benelux ! Apparemment, ils étaient attendus ! Du coup, je dédicace un peu cette affaire à tous les lecteurs belges que je pourrais avoir ! Et les Luxembourgeois aussi, s'il y en a ! Je serais très curieuse de savoir s'il y a des Luxembourgeois, tiens. Vous savez, c'est un peu comme le Liechtenstein, on sait que ça existe, mais on n'a jamais rencontré personne venant de là. En tout cas, pour ma part, j'en connais pas. Et si à tout hasard il y avait également des lecteurs néerlandais francophones (qui sait !), je les salue également !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Pays-Bas : Willem Maes

Belgique : Manon Maes

Luxembourg : Xavier-Henri Maes

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : Une étrange soirée

Mathias cligna des yeux un bon nombre de fois avant que l'information ne parvienne à son cerveau. Mais même après avoir intégré le message, Mathias n'était pas sûr d'avoir bien saisi. Délaissant les invités dans la cuisine, il se rua sur la salle à manger pour en avoir le cœur net.

- Comment ça toi et moi ?

Lukas posa furieusement une assiette sur la table, quoique le visage d'une inexpressivité effrayante.

- On va dormir dans la même chambre ?

Son colocataire posa une autre assiette.

- On a un matelas ?

Lukas déposa la dernière assiette.

- Un lit de camp ?

- Non, nous n'en avons pas, déclara Lukas très posément

Peut-être même trop posément.

- Oh… je vois.

Ne sachant que répondre d'autre, Mathias préféra retourner en cuisine. Willem et Manon étaient en pleine discussion.

- Demain ?!

- Oui, j'ai des affaires qui m'appellent ailleurs.

Manon souffla et croisa les bras.

- Tu as toujours des affaires ailleurs. Tu aurais pu en profiter pour rester un peu plus longtemps avec nous, quand même.

- Manon, ce ne sont pas des vacances. Je te rappelle que vous vous êtes mis tous les deux dans cette galère, lui reprocha-t-il

Mathias se glissa discrètement derrière eux afin d'attraper les couverts. Il les observa du coin de l'œil en même temps.

La jeune femme releva la tête, les mains sur les hanches.

- Je ne me suis pas mis dans une galère. J'ai simplement fait ce qui devait être fait.

Willem fronça les sourcils, n'appréciant apparemment pas beaucoup l'entêtement de sa cadette. Xavier-Henri apparut sur le pas de la porte, arborant un air détendu, les cheveux encore trempés.

- Pourquoi vous vous disputez cette fois ?

Willem marmonna quelque chose d'incompréhensible. Mathias se doutait bien qu'il n'aimait pas être ainsi coincé entre sa sœur et son frère, d'autant plus qu'il n'aimait pas tergiverser.

- Will repart dès demain, déclara Manon, les lèvres pincées

- Oh non ! geignit le benjamin, et moi qui pensait qu'on pourrait prendre une photo tous les trois devant le palais royal.

Willem fit volte-face, rouge de colère.

- Faire du tourisme serait bien la dernière chose à faire ! Vous êtes dans une situation délicate. Vous devez vous faire discrets !

Mathias haussa un sourcil intrigué. A quoi, ou surement à qui, devaient-ils échapper ? S'ils étaient vraiment recherchés, Mathias comprenait pourquoi Willem s'était emporté. Il fallait faire le mort. Cela dit, il n'arrivait pas à saisir la raison qui les avait poussés à se tourner vers Lukas. Certes il était détective. Mais loué une maison perdue au milieu de nulle part dans le Nord de la Norvège, aurait été sensiblement plus efficace, d'après lui.

Pour toute réponse à son aîné, le jeune frère de Willem bailla et s'étira. Manon secoua la tête et soupira.

- On comprend que tu sois soucieux pour nous. Mais ta réaction est peut-être exagérée tout de même. Tu nous as fait quitter nos pays de résidence…

Comprenant qu'il n'arriverait pas à les convaincre du bien-fondé de ses actes, Willem se renfrogna et alla s'installer à table. Ses cadets l'observèrent faire sans dire un mot. Puis, ils se tournèrent vers Mathias qui s'était figé, les fourchettes et les couteaux en main.

- Je suis désolée que tu ais dû assister à ça, Mathias, s'excusa Manon

Elle lui proposa de prendre les couverts, et demanda à son frère cadet de prendre la suite. Elle partit dans la salle à manger pour finir de dresser la table sans un mot.

Peu de temps après, Mathias appela Emil pour le dîner. Il amena bientôt dans la salle à manger une grosse soupière d'où s'élevait de délicates volutes de fumée. Lorsqu'il la déposa sur la table, il constata que tout le monde, pour une raison ou pour une autre, conservait le silence. Manon et Xavier-Henri affichaient un air maussade. Les autres étaient tout simplement fermés.

Et bien, se dit-il, ça allait être une merveilleuse soirée dites donc !

Il entreprit de faire le service, et Manon se porta aussitôt volontaire pour le seconder. Ils dînèrent tous dans le plus grand des silences, au grand damne de Mathias qui ne supportait pas ça. On percevait seulement les trombes d'eau au dehors. Mathias avait bien tenté de démarrer la conversation à plusieurs reprises sur des anecdotes amusantes, mais aucune d'elle ne prit, retombant aussitôt après un commentaire de la part de Manon ou Xavier-Henri. Sa propre humeur, pourtant si forte face aux assauts extérieurs, finit par en pâtir.

Le seul petit point positif fut dans la soirée, lorsque, après avoir récupéré son pyjama, Mathias passa devant le salon, où allait dormir Willem, il constata que ce dernier regardait une course cycliste. Or, Mathias était un bon amateur de cyclisme. Il hésita un instant cependant. Il n'avait pas trop envie de se rapprocher de son ancienne vie, ce qui finirait immanquablement par se passer au contact de Willem. Et puis, il finit par se dire que la soirée avait virée tellement morne qu'il pouvait bien se le permettre.

- Je peux ? demanda-t-il à Willem en désignant une place sur le canapé

Pour seule réponse, Willem tapota le coussin.

- Je ne savais pas que tu aimais le vélo, fit remarquer Mathias en s'installant

- On ne s'est jamais vraiment connu.

- C'est pas faux.

Un ange passa. A l'écran, un cycliste fit une mauvaise chute suite à une crampe.

- Ouh, j'ai mal pour lui.

Willem approuva d'un bref hochement de tête.

Ils continuèrent de regarder la course en silence. Mathias tapota nerveusement sa jambe. En regardant les vélos passer, il se dit qu'il investirait peut-être dans l'un d'eux comme moyen de transport. Mais est-ce que ça en valait la peine ? Il ne savait pas combien de temps il allait rester ici. Cela pouvait très bien durer encore quelques jours comme quelques années. Mais tôt ou tard…

- On t'a parlé de moi ? demanda-t-il tout à coup

Dès que les mots avaient franchi ses lèvres, il savait qu'il allait regretter d'avoir mis le sujet sur le tapis. Il attendait la réponse avec une certaine appréhension et commençait à entendre les battements de son cœur. Il n'y avait bien que ce sujet pour le faire réellement stresser.

- Non. J'ai rien entendu. A dire vrai, j'ai rien voulu écouté non plus. Et puis… je me suis pas mal éloigné du marché danois. Je manque de contacts.

Willem coula un regard entendu vers Mathias, lequel esquissa un sourire en coin.

- On peut fumer ici ? demanda sans crier gare Willem

- Non, désolé. Lukas n'aime pas que l'odeur du tabac imprègne les lieux.

- Merde.

- Ouais, mais bon… on s'y fait.

- Et avec cette pluie, pas moyen de sortir.

- A qui le dis-tu. Ça a pas l'air de vouloir se calmer.

- C'est pas grave, je vais vapoter.

Willem sortit une cigarette électronique. Mathias l'observa faire un instant, puis se focalisa de nouveau sur la course cycliste. Il brûlait toujours de savoir exactement pourquoi les deux cadets devaient se cacher chez Lukas, mais il fut une époque où Willem et lui venaient de se rencontrer et avaient de suite décidé qu'ils ne se préoccuperaient pas des affaires de l'un ou l'autre. Ils accepteraient juste de venir en aide à l'autre. Une sorte de confiance mutuelle basée sur le simple principe de la non-ingérence, ce qui avait plutôt bien fonctionné jusqu'à présent.

- On dirait que tu t'es fait à ta petite vie ici, fit soudain Willem, sortant Mathias de ses pensées, je t'avoue sincèrement que je ne m'attendais pas à ce que tu sois encore là.

- Ah ah. A dire vrai, je ne pensais pas non plus. C'est bizarre, parce que je ne pensais pas que ça collerait bien avec Lukas. Et pourtant, d'une certaine manière… ça colle. Puisque je suis toujours là. Et je ressens pas le besoin de changer de coin.

- ça m'étonne pas.

Mathias haussa un sourcil interrogateur. Willem tira sur sa cigarette électronique avant de reprendre :

- Lukas est un gars particulier. Il n'en fait qu'à sa tête. Mais il te laissera pas tomber.

Mathias se permit d'en douter. Lukas avait accepté qu'il reste sous son toit, cependant, force était de constater que sa première volonté avait été de le jeter dehors sitôt que Mathias avait accompli sa tâche. Il grimaça en y repensant. Il n'avait été que le bras-droit du détective pour le sortir d'un mauvais pas pendant un temps, sans qu'il n'en ait jamais eu conscience. Là était le problème. Et en ce sens, Willem avait raison. Lukas était particulier, têtu et intimiste. Il gardait tout pour lui. Ses réflexions, ses plans, ses sentiments. Mathias réalisa soudain qu'au final, Lukas l'avait accepté en tant que véritable colocataire sans jamais lui en avoir donné la raison. Son colocataire ne faisait jamais rien au hasard. Il était impensable qu'il n'ait pas une bonne raison.

Ne voulant plus s'étaler sur le sujet, Mathias ne répliqua pas et reporta son attention sur la course de vélos. Willem ne tenta pas non plus de son côté de relancer la conversation.

Arriva l'heure où Willem voulut se coucher. Mathias se vit contraint de quitter le salon. Il alla se changer dans la salle de bain de l'étage. Par la suite, sa chambre étant occupée, il alla tout naturellement toqué à la chambre qui serait sienne pour la nuit. Et comme il devrait bien entrer pour se coucher, il n'attendit pas la réponse du maître des lieux.

Lukas était à son bureau, les yeux rivés vers l'écran de son ordinateur. Il ne prêta pas un instant attention à l'arrivée de Mathias et poursuivit ses recherches.

Pour sa part, Mathias ne savait pas quoi faire. Le sommeil ne venait pas. Il attrapa son téléphone portable et s'installa sur le lit.

- Non, c'est ma place ici, entendit-il grommeler alors que ses fesses avaient à peine effleuré l'édredon

- Oups, pardon !

Il rejoignit le côté qui serait sien pour l'occasion. Il releva les oreillers et s'y cala avant de partir en quête d'une distraction.

Une demi-heure après Lukas se leva soudain sans dire un mot. Mathias le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il soit sortit. Il comprit en entendant l'eau coulée dans la salle de bain attenante que son colocataire prenait une douche.

Mathias passaient de vidéo en vidéo sur Youtube sans grande conviction, visionnant des compilations de farces et de ratés en tout genre. Mais ça ne l'amusa qu'un temps.

Lukas était revenu, toujours sans un mot, et vint se mettre au lit comme si de rien n'était. Il empoigna le livre qui reposait sur sa table de chevet et s'y plongea.

Mathias tenta de trouver autre chose sur le net. Il joua un peu en ligne mais il s'en lassa rapidement. Il soupira, tapota son téléphone. Il n'était toujours pas fatigué. Il avisa Lukas concentré dans sa lecture. Il pencha légèrement la tête pour en déchiffrer le titre : Analyse comportementale en criminologie t.3, Déceler les psychopathologies, où se trouvent les limites de la volonté ? Mathias grimaça. Rien que la longueur du titre lui passait l'envie d'en apprendre plus.

- Tu as l'air ridicule, glissa Lukas sans quitter des yeux son ouvrage

Mathias sauta sur l'occasion pour engager la conversation.

- Pourquoi tu lis ça ?

- Parce que ça m'intéresse.

- C'est assez orienté comme lecture, tout de même. On dirait presque… que tu te formes en autodidacte.

- Il me semble que j'ai déjà assez d'antécédent derrière moi pour me passer de références fades censées m'inculquer les basiques.

- Certes. Mais tu prends de nouveau ton travail au sérieux. Ton travail de détective, je veux dire.

- Et ?

Mathias se redressa.

- Ah non, non, rien. C'est bien, c'est cool.

Il avisa son portable pour finalement le délaisser sur la table de chevet.

- Je suis content de te voir comme ça, lui déclara-t-il sincèrement

Pour le coup, Lukas abaissa son livre et daigna tourner la tête vers lui.

- Comment cela ?

- Ben… à faire tes trucs de détective. A t'investir là-dedans. T'as l'air plus épanoui.

Quoique le reste du visage demeura parfaitement inexpressif, Lukas haussa un unique sourcil. Puis, sans autre réaction, il se replongea dans sa lecture.

Mathias se laissa glisser sous la couverture et passa ses deux bras derrière la tête. Il lâcha un profond soupir, ce qui sembla agacer Lukas pour le coup car il lâcha un petit claquement de langue sec.

Comme c'était étrange, pensa Mathias en observant vaguement le plafond. Qui l'eût cru qu'il se retrouve dans le lit de Lukas alors que la maison était si grande. Il repensa aux invités imprévus, à sa rencontre avec Manon. Ils se connaissaient depuis moins de vingt-quatre heures et pourtant, ils partageaient une sympathie l'un envers l'autre, comme s'ils avaient toujours été amis. Et des amis, malgré les apparences, Mathias n'en avait pas eu beaucoup. Pour X ou Y raison. A l'heure actuelle, c'était surement Tino avec qui il partageait le plus de choses. Berwald, un peu aussi, même si leur relation était assez étrange à ces deux là. Mais auparavant… Peut-être Willem était ce qui s'en rapprochait le plus. Il repensa à la discussion avec lui.

- Tu sais, entama brusquement Mathias, tu ne m'as jamais vraiment expliqué pourquoi tu voulais bien que je reste. T'as changé d'avis en l'espace d'une journée…

C'était à Noël dernier. Ils avaient contemplé des aurores boréales. Lukas lui avait annoncé la nouvelle sans explication.

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ? finit par répondre Lukas, tu es toujours ici et je suis toujours d'accord pour que tu restes.

- Curiosité.

- J'ai oublié.

Mathias éclata de rire.

- Alors ça ! C'est la meilleure ! Lukas qui oublie pourquoi il prend une décision.

Il se redressa sur ses coudes, allongé sur le flanc.

- Je te crois pas. Tu n'oublies pas, Lukas. Je commences à bien te connaitre, fais attention.

Lukas émit un profond soupir et referma son livre après y avoir placé un marque-page. Il s'enfouit ensuite sous les couvertures, dos à Mathias et éteignit la lumière. Ils se retrouvèrent ainsi plongés dans le noir.

Le silence se fit d'abord long, la pluie cognant sur les carreaux. Mathias observa le dos de Lukas sans comprendre pourquoi son colocataire lui dissimulait cette information. Puis, il tendit un doigt et l'appuya entre les omoplates de Lukas qui réagit vivement. Il fit volte-face et agrippa la main de Mathias qui s'apprêtait à réitérer son geste.

- Ne refais plus jamais ça !

- Allez, dis-moi pourquoi, insista Mathias sans se préoccuper de Lukas, tu ne fais jamais rien sans raison. Et puis, ça ne doit pas être une raison si extraordinaire.

- Alors pourquoi t'entêtes-tu ?

- Juste parce que je veux éclaircir ça. Je n'aime pas rester dans le flou.

Lukas soupira profondément. Le sommeil le gagnant peu à peu, il laissa mollement retomber sa main le long du bras de Mathias.

- Tu me laisseras tranquille et dormiras si je te le dis ?

- Ouaip. Promis, juré.

- Bien. Il n'y a qu'une seule raison bien précise pour laquelle j'ai accepté que tu restes…

- Légitime ?

- Légitime pouvant signifier en accord avec la loi, alors non, elle n'a rien à voir avec une quelconque légitimité. Ce n'est même pas qu'elle ne l'est pas, c'est que la notion de légitimité n'entre pas en compte dans ce genre de cas. Cependant, si tu considères légitime au sens courant, c'est-à-dire conforme au bon sens, à la logique, alors cette raison n'a absolument rien de légitime et en est même tout le contraire.

- Pourquoi faut toujours que tu fasses des phrases à rallonge ? se plaignit Mathias

Lukas fronça les sourcils.

- Cela me permet entre autres de me protéger, lâcha Lukas conforté par l'obscurité de sa chambre.

- Te protéger de quoi ? Et quel est le rapport avec cette raison que tu ne veux pas me dire ? Et la légitimité dans tout ça ? Je comprends rien, Lukas…

Mathias bailla, bientôt suivi de Lukas.

- Tu as tout en main, espèce d'idiot, tu n'as plus qu'à rassembler, trouver et comprendre.

Les derniers mots moururent dans sa bouche à mesure que Lukas se laissait entrainer au pays des songes.


Affaire à suivre…