Bonjour sous le soleil ! :D
On ne va pas s'en plaindre n'est-ce pas !
Et sans plus de blabla, je vous laisse à votre lecture hebdomadaire.
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Pays-Bas : Willem Maes
Belgique : Manon Maes
Luxembourg : Xavier-Henri Maes
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 14 : Discussions matinales
Lukas émergea brusquement de son sommeil. Toute la nuit, ça n'avait été que ça. La présence de Mathias à ses côtés l'avait rendu tellement nerveux que sa nuit avait été totalement morcelée. Il demeura un long moment étendu à sa place, les yeux rivés sur le plafond. Il percevait encore la pluie pianotant sa mélodie sur les carreaux. Il n'osa d'abord pas tourner la tête vers Mathias, et puis, en concentrant son ouïe, il se rendit compte qu'il n'entendait aucun autre souffle, à part le sien. Il constata finalement que le lit à ses côtés était désert. Lukas ne put s'empêcher de soupirer, profondément soulagé, et se détendit. Il se retourna ensuite vers son réveil : 8h00.
Génial, ne put s'empêcher de maugréer dans son esprit Lukas, pile le genre d'heure où il était à la fois trop tôt et trop tard.
De fait, c'est d'une humeur assortie à la météo du jour qu'il se leva. Il fut tenté de rester au lit mais il avait trop envie d'une tasse de café.
Il arriva sur le seuil de la cuisine, l'esprit embrumé. La pièce était très animée en ce petit matin. Les bonnes odeurs de toasts éjectés par le grille-pain, de bacon et d'œufs grésillant dans la poêle, de café et de thé se répandaient allègrement. On faisait des allers-retours entre la cuisine et la salle à manger.
- Salut Lukas, l'interpella Mathias en train de découper des tomates cerises, tu es bien matinal aujourd'hui.
- Bonjour Lukas, la salua à son tour Manon
Malgré l'heure matinale, elle était pimpante de vie. Elle embarqua avec elle un plateau de confitures et s'en alla dans l'autre pièce.
Lukas se fit la réflexion que c'était peut-être bien la première fois qu'il voyait sa cuisine aussi animée. La dernière fois devait remonter à l'époque où son père était encore vivant et qu'il fréquentait encore Vladimir et Andrey… C'est dire si ça remontait à une éternité.
- Un grand café brûlant, je suppose.
Lukas acquiesça, quand bien même c'était inutile. Mathias lui sourit tout en sortant une tasse du placard.
- T'as mal dormi ? demanda son colocataire en constatant qu'il n'avait pas bougé du seuil de la porte, à cause de tes côtes ?
Lukas soupira et leva les yeux au ciel. Combien de fois allait-il falloir qu'il le dise : il n'avait pas mal aux côtes ! Mais il n'eut pas la force de le lui rabâcher, d'autant plus qu'il était encore à moitié endormi.
- Tu peux aller te recoucher, si tu veux. Ne te force pas. Je m'occuperai de nos invités.
Pour toute réponse, Lukas prit la direction de la salle à manger en balayant l'air de sa main.
La fratrie était attablée. Sans surprise, seul manquait à l'appel Emil, qui allait bien dormir jusqu'à pas d'heure. Apparemment, Xavier-Henri aurait bien aimé en faire autant, vu les poches sous les yeux et la tête de mort-vivant qu'il avait. Emmitouflé dans un peignoir luxueux, il agitait une cuillère dans un grand bol de capuccino. A ses côtés, Willem vapotait sa cigarette électronique distraitement, les yeux rivés sur sa tablette. Manon posa brusquement une assiette de toasts près de lui. Il sourcilla à peine.
- Tu pourrais oublier le boulot un instant, non ?
- Hum, répondit-il distraitement
Manon prit place et commença à se servir elle-même des toasts. Lukas se laissa tomber sur une chaise et se frotta vigoureusement les yeux.
- Comment vont tes côtes ? demanda Willem sans relever la tête de sa tablette
Lukas suspendit brusquement son geste, surpris. Au même moment, Mathias arriva, les bras chargés des tasses et de la cafetière.
- Je n'ai pas mal aux côtes, maugréa Lukas en fusillant Mathias du regard
Ce dernier lui adressa un petit sourire désolé. Il s'assit aux côtés de son colocataire une fois les cafés servis. Il s'étira, puis attrapa sa propre tasse sur laquelle il souffla.
- Bon, revenons-en au sujet principal. Je veux connaître toute l'histoire.
- En quoi cela te concerne-t-il ?
- Je connais la moitié des informations, j'ai bien le droit de connaitre l'autre moitié. De deux, je vais les côtoyer pendant un petit temps. S'ils sont en danger, autant que je sois au courant également. De trois, eh ! Je suis ton acolyte.
Lukas sirota une gorgée de café tout en plissant les yeux.
- Arguments recevables, conclut-il
Le détective coula un regard vers Willem. Ce dernier le sentit et posa sa tablette dans un soupir. Il tira sur sa cigarette électronique.
- Xav' travaille à la Cour des Comptes Européenne. Il est tombé sur un cas de blanchiment d'argent, a voulu faire remonter l'affaire, s'est retrouvé pris au piège par un groupe d'escrocs aux dents longues.
- Je n'ai fait que faire mon travail, marmonna Xavier-Henri
- Manon est autrice de bandes dessinées. Elle s'est très fortement inspirée de ce que mon frère lui a raconté pour sa dernière publication, axée politique. Bien évidemment, elle n'a dupé personne.
- Et je ne cherchais à duper personne. J'ai juste utilisé les moyens à ma disposition pour parler d'une affaire qui ne devrait pas rester dans l'ombre. J'ai fait ce que j'estimais juste.
- Ce que tu estimais être juste sans te préoccuper des conséquences.
Manon releva le menton et croqua dans son toast.
- Ces gens terrés dans l'ombre ne me font pas peur.
- Et bien moi, si ! Je sais de quoi ils sont capables et je ne veux pas que vous tombiez entre leurs mains, répliqua Willem
Il avala une grande gorgée de café brûlant. Xavier-Henri soupira.
- A la limite, on aurait très bien pu se payer des vacances, Manon et moi, à l'autre bout de la planète. A Las Vegas, on aurait pu jouer aux casinos, ça aurait été sympa…
- Las Vegas ? Et puis quoi encore ? ça aurait été vous jeter directement dans la gueule du loup.
Xavier-Henri haussa les épaules. Il entreprit de se faire quelques tartines bien garnies.
- Il n'empêche que Xav' a raison sur un point. En nous payant des vacances tous les deux, il me semble que ça aurait été encore plus discret.
Willem commençait à voir rouge. Il essayait tant bien que mal de protéger ses deux cadets, mais eux deux ne faisaient que lui mettre des bâtons dans les roues. En quoi était-ce si compliqué à comprendre qu'il ne voulait que leur bien ? Ils étaient toujours aussi indisciplinés.
Avant que Willem n'explose, Lukas intervint.
- Si des gens sont après vous, il vous faut quelqu'un pour couvrir vos arrières.
- Oh, c'est donc ça, comprit enfin Mathias, moi qui pensais que t'allais traquer sans pitié les fraudeurs.
- Si j'en ai l'occasion, je ne m'en priverai pas non plus.
- Au moins, ça veut dire qu'on n'est pas privé de sortie, marmonna Manon en jetant un regard à son frère aîné
Un peu de confiture tomba sur la nappe. Willem s'empressa de nettoyer la tâche tout en répliquant :
- Si ça ne tenait qu'à moi, vous resteriez ici.
- Enfermés tous les jours ? s'exclama Xavier-Henri en relevant brusquement la tête de son bol, c'est trop cruel ! La Norvège, c'est le pays des grands espaces. On ne va pas rester cloîtrés alors que tout est à voir et à faire.
- Xav' ! lui reprocha Willem
- Oui, oui, on restera bien sage, marmonna le jeune frère
Ils achevèrent leur petit déjeuner. Manon se leva. Elle retrouva aussitôt une allure décontractée et souriante.
- Je vais aller m'habiller avant que Xav' ne s'enferme dans la salle de bain pour la matinée, déclara-t-elle en ébouriffant les cheveux de son petit frère
- J'emprunte la tienne pour un brin de toilettes avant de partir, annonça à son tour Willem à l'attention de Lukas
Ses deux cadets échangèrent un regard triste. Puis, Manon quitta la pièce tandis que Xavier-Henri achevait son bol de capuccino, l'air un peu plus éveillé qu'au départ. Lukas ne se formalisa pas de la déclaration de Willem, ce qui surprit Mathias. Une fois seul, il lui glissa :
- C'est nouveau ça : tu laisses ta salle de bain chérie au premier venu.
- Ce n'est pas le premier venu. Willem est très méticuleux. Je peux être sûr de retrouver toute chose à sa juste place. Pour un peu, même ses empreintes auront disparues.
- Mais quelle genre de relation vous entretenez lui et toi ?
- Rien qui puisse t'inquiéter.
- M'inquiéter ?
Lukas avala d'une traite le fond de café tiédi. Il grimaça légèrement, puis se rendit à la cuisine pour s'en servir un autre. Mathias en profita pour commencer à ranger la table. Il était en train d'aligner les tasses dans le lave-vaisselle lorsqu'il reprit :
- D'où est-ce que vous vous connaissez ?
La question lui était venue plusieurs fois à l'esprit sans qu'il ne puisse la poser. Sachant à quoi ressemblait la personnalité de Willem, il se doutait que ce n'était pas incompatible avec celle de Lukas. Mais ils étaient tous les deux têtus à leur manière. Il avait du mal à se les imaginer en train de se prendre le bec sans que ça ne vire au chaos. Sans compter qu'il se demandait jusqu'à quel point ils pouvaient se connaitre, pour que Lukas accepte ainsi de veiller sur les deux cadets. Mathias avait été proche de Willem et pourtant, il n'avait jamais su qu'il avait des frère et sœur. Ce qui se comprenait cela dit, vu l'environnement de Mathias à l'époque. Il ne lui avait jamais parlé de Lukas non plus. Pas même lorsqu'il lui avait remis l'adresse. Sur ce bout de papier n'avait d'ailleurs figuré que l'adresse.
- L'immobilier, lui répondit Lukas
Mathias fronça les sourcils. S'il s'agissait vraiment de l'immobilier, il était persuadé qu'il aurait été au courant de l'existence de Lukas.
- C'est-à-dire ?
Lukas souffla sur sa nouvelle tasse de café de laquelle s'élevait des volutes de fumée. Il haussa les épaules. Mathias fit un aller-retour pour ramener les confitures.
- Il était dans le coin le jour où… j'ai eu un accrochage disons, avec mes grands-parents.
- Ta grand-mère en particulier, j'imagine.
Mathias se souvenait de la matriarche. Lukas avait de qui tenir et ce n'était pas peu dire !
- Et c'est tout ? ça ne peut pas être juste ça ? Tu n'accordes pas ta confiance à quelqu'un qui t'a vu te disputer avec tes grands-parents, tout de même. A moins que…
Mathias écarquilla les yeux. Lukas haussa un sourcil interrogateur avant de porter la tasse à sa bouche.
- A moins qu'il t'ait réconforté, ah ah, acheva Mathias avec un sourire en coin
Lukas roula des yeux.
- C'est la chose la plus bête que j'ai jamais entendue. Mais ça ne m'étonne pas de toi.
- Alors quoi ? Il t'a vu en train de te prendre le bec et ?
- Pourquoi tiens-tu tant à savoir cela ?
Mathias haussa les épaules en refermant le frigo.
- Curiosité.
- Tu l'es à la fois beaucoup trop et pas assez. C'est effarant comme phénomène.
- Merci, je suppose !
Lukas avala une autre gorgée de café. Il commençait enfin à se sentir réveillé. Pas trop tôt.
- Lorsque mes grands-parents ont voulu quitter le centre ville pour Ulvøya après la disparition de mon père, ils ont tenu à ce que je loue la maison. Pour des questions financières soi-disant. Si peu crédible. Mais je n'ai fait que m'y opposer. A tel point qu'à l'agence, nous nous sommes disputés.
Mathias ouvrit de grands yeux. Il aurait bien aimé voir ça, tiens.
- Willem s'y trouvait aussi. Il a entendu notre altercation. Quand je me suis isolé à la machine à café, il m'a proposé un marché. Il cherchait à avoir une entrée dans la location à courte période sur Oslo. Il m'avait promis de ne me refiler que des colocataires correspondants à mes critères, quels qu'ils soient. C'était la solution la plus adéquate à mes yeux afin d'éviter un drame diplomatique.
Autant dire que Lukas devait être effrayé par Mamie Bondevik, se dit Mathias avec un petit sourire en coin.
- J'ai ainsi pu profiter de bras quand je le désirais et comme je le désirais. En échange, je le mettais en contact privilégié avec de potentiels riches clients osloïtes pour ses autres marchés européens. Il a toujours tenu promesse et je n'ai jamais eu à m'en plaindre.
Mathias se rembrunit quelques peu. Il avait été lui-même l'objet d'une de leur transaction finalement. Cela le peinait un petit peu. Mais en même temps, il n'avait pas vraiment eu le choix.
- C'est tout.
Lukas termina sa deuxième tasse de café.
- Je comprends mieux, fit Mathias pensif
Tandis que Lukas se versait une troisième tasse de café, Mathias se leva et alla se poster devant la fenêtre, les mains dans les poches. Il avisa l'extérieur encore dans la nuit à cette période de l'année, ainsi que les trombes d'eau qui tombaient toujours.
Le lien était donc plutôt tenu entre Lukas et Willem, ce qui arrangeait bien Mathias au final. De plus, il ne leur en gardait pas rancœur pour leur petit marché. Après tout Mathias aussi avait profité de la situation. Sans savoir qu'on attendait quelque chose de lui, certes, mais il avait tout de même fait le choix de faire aveuglément confiance à Willem lorsque celui-ci lui avait tendu le petit papier. Le fait est qu'il se sentait à l'abri pour le moment et c'était tout ce qu'il avait demandé. Mathias doutait que Lukas soit au courant de quoi que ce soit, même s'il ne pourrait jamais en être sûr. Cependant, il n'allait pas le titiller à ce sujet. Ça, c'était certain.
Affaire à suivre…
