Bonsoir à tous !

Certains ont-ils participé à des rencontres hetaliennes cette année ? Perso, ce n'était pas mon cas pour cause d'emploi du temps chargé, mais je le fêterai de toute façon mardi, le 24, en maratonant la série avec une amie.

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Pays-Bas : Willem Maes

Belgique : Manon Maes

Luxembourg : Xavier-Henri Maes

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : Prendre ses marques

Willem descendit ses affaires après s'être assuré d'avoir parfaitement rangé le salon qui l'avait hébergé. Dans l'entrée, Lukas était assis à la fenêtre en baie, le regard porté vers l'extérieur, Mathias non loin de lui. Ses cadets l'attendaient également, la mine attristée. Le plus angoissant pour eux, comme pour Willem d'ailleurs, c'était qu'aucun d'eux ne savaient combien de temps prendrait cette affaire. Ils n'avaient aucune idée du moment où ils pourraient retrouver leurs foyers, ce qui n'était pas forcément facile à vivre. Willem posa une main sur les cheveux de chacun d'eux.

- Allons, ce n'est pas la fin du monde. C'est comme des vacances, non ? ironisa-t-il pour tenter de les dérider.

Manon se jeta dans les bras de son frère et l'étreignit. Xavier-Henri suivit son mouvement. Willem répondit vaguement à leur étreinte. Tous trois savaient qu'ils ne seraient pas beaucoup en contact afin de s'assurer d'une bonne cache. Lorsqu'ils s'écartèrent, Willem déposa sur le front de chacun d'eux une bise.

- Ne faites pas n'importe quoi. S'il vous plaît.

- Prends soin de toi, Will', lui enjoignit Manon en serrant sa main dans les siennes

Willem acquiesça d'un petit hochement de tête. Puis, il enfila son blouson, empoigna sa valise et se dirigea vers la porte d'entrée. Il se tourna vers le détective.

- Lukas, je compte sur toi.

- Et tu peux, lui répondit-t-il

Willem adressa un petit signe de tête à Mathias, lequel fit de même, tout sourire.

Lorsque Willem ouvrit la porte, le vacarme de l'averse s'engouffra dans la maison, ainsi que l'odeur de l'humidité caractéristique de ces journées. Willem rabattit la capuche de son blouson sur sa tête, puis mit un pied dehors. Dès qu'il eut refermé derrière lui, les deux cadets le suivirent du regard à travers la fenêtre jusqu'à ce qu'il soit hors de portée. Quelques secondes s'écoulèrent dans le plus grand silence. Lukas se récurait distraitement les ongles. Puis, tout à coup, Xavier-Henri dégaina son téléphone portable.

- Bon, qu'est-ce qu'i voir dans le coin ?

Manon leva les yeux au ciel, amusée, tandis que Lukas se relevait et croisait les bras. Il plissa les yeux face à Xavier-Henri, lequel rentra la tête dans les épaules en détournant le regard. Lukas monta à l'étage sans un mot ni un regard de plus.

- Vous n'allez pas sortir par cette pluie ! s'exclama Mathias en jetant un coup d'œil par la fenêtre, sans compter les inquiétudes de votre frère.

- Mathias, l'interrompit Manon, personne ne nous a suivi. Personne ne sait que nous sommes à Oslo ni même en Norvège. Je suis persuadée que nous pouvons circuler librement.

Mathias fronça les sourcils.

- Croyez-moi, mieux veut rester aussi prudent que possible.

Xavier-Henri balaya l'air de sa main.

- On peut bien aller visiter un musée ou deux. Quand bien même quelqu'un nous suivrait, qu'est-ce que tu veux qu'il nous arrive dans un musée ?

Mathias avait bien plusieurs hypothèses mais il se retint d'en faire part, ne voulant pas inquiéter les deux jeunes gens. Il se contenta d'une petite grimace. Voyant cela, Manon décida de prendre son parti.

- Après, c'est vrai que nous sommes arrivés hier soir. Une petite journée de repos à prendre nos marques ici ne nous ferait pas de mal. Et puis, si ça se trouve, le temps va évoluer en notre faveur prochainement et ça sera alors d'autant plus agréable d'aller se promener.

Xavier-Henri fit la moue, implorant presque sa sœur du regard. Mais Manon demeurait inflexible, ne faisant que lui sourire. Son cadet finit par rendre les armes. Il grimpa à l'étage et se jeta littéralement dans le canapé du salon, furetant sur internet à l'aide de son téléphone.

- Et bien ! reconnut Mathias, heureusement que tu as la main sur lui.

Manon étouffa un rire.

- Moi ? Avoir la main sur lui ? Xav' n'écoute personne. C'est juste la perspective que la météo change qui l'a décidé. C'est un adorable petit feignant opportuniste.

Mathias écarquilla les yeux. Tout au plus, il aurait vu Xavier-Henri comme un enfant pourri gâté.

- Au fait, je sais que c'est ta chambre, Mathias, mais j'aurais voulu pouvoir emprunter ton bureau pour travailler. Est-ce que ça te dérange ?

- Non, non, pas du tout. Je t'en prie. Ça me fait penser que j'attends avec impatience une éclaircie, comme ça, je pourrais monter le nouveau, déclara-t-il avisant la voiture toujours garée à l'extérieur

- Le nouveau ? Le bureau dans ta chambre tombe en lambeaux ?

- Pas exactement. Enfin… il est un peu bancal mais rien de bien grave. Un ami a décidé de m'en faire un.

Manon prit la direction du dernier étage et Mathias la suivit machinalement.

- Oh, c'est bien pratique, ça, approuva la jeune femme

- Je te le fais pas dire.

Ils entamèrent l'ascension du second escalier.

- Quand tu parles de travailler, tu parles de tes planches ?

Manon hocha la tête.

- Bien sûr, je n'ai pas tout mon matériel avec moi, mais j'ai de quoi avancer le tome 2.

- Le tome 2 ? Genre, le tome 2 de cette BD qui a fait scandale ?

Manon leva les yeux au ciel tandis qu'elle franchissait la porte de la chambre de Mathias.

- Mon frère exagère beaucoup les choses, tu sais. Oui, ma bande dessinée a fait parler d'elle. Il n'en reste pas moins que le neuvième art est encore un produit de niche en majeure partie.

- Elle a quand même apparemment fait assez parler d'elle pour que toi et ton frère soyez menacés…

Manon extirpa de sa valise un carton à dessin et une trousse. Elle prit ses aises sur le bureau.

- Je ne vais pas me laisser intimidée par ceux-là même qui sont en torts. Je n'ai rien fait d'illégal. Eux, si. S'ils se sentent menacés, ce n'est pas mon problème.

Mathias avait peur que ça le devienne. Il s'approcha d'une fenêtre et plissa les yeux pour distinguer la rue en contrebas. Parfois, les faisceaux des phares de voiture fendaient le rideau de pluie. Lorsqu'il se retourna, Manon s'était déjà attelée à sa tâche. Elle avait également sorti deux cahiers dont les pages étaient couvertes de notes, de croquis, d'aquarelles et autres. Mathias l'observa faire par-dessus son épaule. La jeune femme esquissa un sourire.

- Je te ferais parvenir le premier tome. Par contre, c'est rédigé en français.

- Mais non, voyons, il ne faut pas. Je l'achèterai comme tout le monde.

- Dis-toi que c'est ma façon à moi de te remercier pour l'hébergement et surtout la chambre.

Mathias se gratta l'arrière de la nuque, gêné.

- Ah, et bien, merci. Je peux ? demanda-t-il en désignant l'un des carnets

- Je t'en prie.

Mathias empoigna le cahier et s'assit sur le lit, encore défait d'ailleurs.

Le téléphone portable que Manon avait posé sur un coin du bureau vibra et l'écran s'illumina. Manon consulta le nom de son interlocuteur et un large sourire fendit son visage. Son expression s'illumina littéralement. Elle décrocha aussitôt.

- Oh mon dieu ! Comme je suis contente de t'avoir au téléphone ! Comment vas-tu ?

Elle se leva et marcha vers une fenêtre. Mathias crut bon de la laisser seule avec son interlocuteur. Il reposa le carnet et sortit de la pièce, refermant même la porte pour plus d'intimité. Manon lui adressa un petit signe de remerciements.

Alors qu'il était redescendu, Mathias constata que le plus jeune de la fratrie était toujours avachi sur le canapé en train de pianoter sur son téléphone, emmitouflé dans son peignoir soyeux. En l'apercevant, ce dernier l'interpella.

- Vous auriez pas du vin ?

Mathias haussa un sourcil.

- J'aime bien siroter un verre de vin rouge pendant mon temps libre.

- Ah non, désolé, on a de la bière par contre.

Xavier-Henri fit la grimace.

- Beurk, non merci.

Mathias réprima un sourire.

- Et des bonbons à la gelée royale ?

Là, Mathias en tomba des nues.

- Euh… pas à ma connaissance.

- Bon… d'accord.

Le jeune homme fit la moue. Puis, il se redressa sans crier gare.

- On joue souvent aux jeux vidéo dans le salon ?

Mathias cligna des yeux. Il réfléchit aux habitudes d'Emil, qui étaient bien plus sur ordinateur que sur console.

- Non… pas tant que ça.

Xavier-Henri désigna ensuite la table d'échecs.

- Qui joue aux échecs dans cette maison ?

- Lukas. Moi aussi, mais seulement quand j'ai vraiment rien d'autres à faire.

- Je veux jouer. Tu peux aller demander à Lukas ? Merci.

Mathias fut une fois de plus quelque peu décontenancé par l'attitude du benjamin. Mais il s'exécuta et alla trouver Lukas dans la seule autre pièce en dehors du salon qu'il fréquentait la plupart du temps, sa chambre. Il toqua vaguement à la porte puis pénétra dans la pièce. Il referma derrière lui. Il s'aperçut que son colocataire avait fait le lit. Mathias était prêt à changer la literie, imaginant bien Lukas dégoûté d'avoir dormi dans les mêmes draps que lui, mais force était de constater qu'il diabolisait peut-être un peu son partenaire. Lukas était à son bureau, habillé, en train de lire un énorme ouvrage.

- Lukas, le petit jeune veut se mesurer à toi aux échecs.

- Je suis occupé comme tu peux le constater, lui répondit Lukas sans lever les yeux de son bouquin

Mathias afficha une moue ennuyée.

- S'il te plaît. Si on ne lui dit pas oui à quelque chose, je suis sûr qu'il va encore trouver quelque chose à redire.

- Et bien, tu n'as qu'à jouer toi. Tu connais l'essentiel. Et pour peu qu'il se débrouille, il aura également la satisfaction de gagner.

Mathias s'approcha du bureau et vint s'y reposer. Il croisa les bras et soupira.

- J'avais prévu d'aller faire des courses. Mais bon. Dans ce cas, nous n'avons qu'à échanger les rôles. Je vais jouer aux échecs et tu sors faire les courses. Ok ?

Lukas ne réagit pas directement. Néanmoins, lorsqu'il percuta, il se tourna vivement vers Mathias qui arborait un sourire triomphal. Il se leva promptement, et referma sa lecture dans un claquement de langue agacée.

- Tu ne perds rien pour attendre.

Mathias ne se départit pas de son sourire. Lukas se dirigea dignement vers le salon. Une main sur la poignée, il fit volte-face.

- Ne viens pas te plaindre s'il vient ensuite gémir dans tes bras parce que je l'aurais battu à plate couture.

Et Lukas sortit.

Mathias avisa le titre sur la couverture de l'ouvrage, s'attendant à déchiffrer à nouveau la lecture du soir de Lukas. Mais il fut plutôt étonné de tomber sur Les trucs et astuces de la protection rapprochée. Lukas lui-même lui avait dit la veille ne pas avoir besoin d'apprendre les bases. Etonné mais pas assez surpris pour s'en préoccuper davantage pour le moment, Mathias quitta la chambre à son tour.

Mathias n'avait par ailleurs pas menti. Avec ces invités imprévus, ils n'allaient pas avoir de quoi tenir un week-end ordinaire. Mathias attrapa des sacs de courses, s'équipa, attrapa les clés de la voiture et sortit. Il ne revint qu'une heure et demie après, la banquette arrière chargée, puisque le coffre était encore occupé par son nouveau bureau en morceau. Il eut le bonheur de constater qu'il n'aurait pas à transporter les sacs de courses pleins sous le déluge. L'éclaircie tant attendue était là. Mathias ne s'éternisa pas non plus. Avec un peu de chance, il aurait également le temps de pouvoir enfin débarquer son bureau tout neuf.

L'éclaircie persista et, malgré le froid de novembre, un bout de ciel bleu daignait se faire bien voir. Mathias venait de poser en pagaille le dernier sac sur la table. Il s'attela au déchargement des différentes pièces. Une fois qu'elles furent toute dans l'entrée, il entreprit de les monter à l'étage. Il entendit le geignement de Xavier-Henri après une énième défaite. Mais il ne voulait pas se laisser abattre et demandait sa revanche. Mathias renouvela son entreprise jusqu'au dernier étage avec un petit sourire en coin. Il était bien gentil, le benjamin, mais au moins, ça lui ferait les pieds. Willem avait raison en un sens quand il disait qu'ils n'étaient pas en vacances : ils n'étaient pas dans un hôtel au service nec plus ultra.

N'osant pas déranger Manon surement en plein travail, Mathias frappa deux, trois coups. On ne lui répondit pas. Mathias osa ouvrir et constata que la pièce était vide. Manon avait rangé toutes ses affaires qui reposaient dans un coin du bureau bancal. Mathias transvasa chaque pièce une à une. Puis, ce fut comme un déclic dans son cerveau : il n'avait croisé Manon nulle part. Interpellé, il jeta un coup d'œil à la salle de bain. Il redescendit, passa la tête dans le salon. Il n'y avait que Lukas qui déplaçait ses pions nonchalamment sous le regard alarmé de Xavier-Henri. Il descendit au rez-de-chaussée et constata que la salle à manger, la cuisine et même les WC étaient déserts.

Mathias écarquilla les yeux, n'y croyant pas lui-même. Il gravit les marches en sens inverse à la vitesse de l'éclair et débarqua dans le salon, interpellant les deux joueurs d'échecs.

- Manon a disparu ! s'écria-t-il


Affaire à suivre…