Bonsoir !
Je suis tellement désolée ! J'ai oublié de vous prévenir que le chapitre arriverait plus tard ce week-end car je ne suis rentrée que ce soir. Toutes mes excuses ! Néanmoins, la semaine prochaine, je reposterai samedi tranquillement, pas de souci.
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Luxembourg : Xavier-Henri Maes
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 14 : La disparue
Xavier-Henri s'étrangla, les mains sur le crâne.
- Non ! Mon pion !
Lukas venait en effet de rafler une bonne prise. Sans surprise néanmoins.
Mathias s'approcha à pas vif d'eux et abattit presque violemment une main sur la table. Les pions en furent décalés de quelques millimètres.
- Je suis en train de vous dire que Manon a disparu.
Le benjamin se tourna vers lui en faisant la moue.
- Elle est surement aux toilettes.
- Je l'ai cherchée partout. Elle n'est nulle part, articula Mathias
- La dernière fois que tu l'as vue ? lui demanda Lukas
Mathias sut que même si Xavier-Henri ne réalisait pas ce qu'il se passait, il avait en revanche tout le soutien du détective. Et il était bon de se faire comprendre simplement sans avoir à tout justifier.
- Avant de partir pour les courses. Il y a une heure et demie.
- Activité ?
- Au téléphone.
- Etat émotionnel en décrochant ?
- Elle connaissait la personne. Très heureuse.
- Avant le téléphone ?
- Au bureau dans ma chambre, en train de travailler.
- Etat du bureau à ton retour ?
- Rangé.
- Elle est partie de son plein gré, affirma Lukas
Mathias approuva d'un hochement de tête. Xavier-Henri les dévisageait, un peu perdu.
- Manon est sortie ? Et elle ne m'a même pas proposé !
Lukas se leva et rajusta les manches de sa chemise.
- Nous ne l'avons pas entendu sortir. Ou alors elle s'est montrée très naturelle, comme pour chercher un rafraichissement à la cuisine. Elle s'est montrée discrète. Elle ne voulait donc certainement pas que vous l'accompagniez. Essayez de l'appeler, ordonna-t-il finalement à Xavier-Henri
Ce dernier s'exécuta sur le champ et se rendit dans la chambre qu'il occupai, prenant peu à peu conscience de la situation. Sa sœur aînée avait volontairement quitté la maison, alors même qu'elle avait défendu le point de vue de Mathias. Pourquoi ? Il porta le combiné à l'oreille. Les tonalités résonnèrent. Puis tomba la messagerie animée par la voie guillerette de Manon. Xavier-Henri avisa le téléphone comme s'il s'agissait d'une chose étrange. Il fit une nouvelle tentative toujours sans succès.
Alors qu'il redescendait, un peu penaud, Mathias était en train d'achever un compte-rendu détaillé de ses actions depuis son retour des courses. Lukas avait un doigt songeur sur le menton et regardait par la fenêtre.
- Elle ne répond pas, balbutia Xavier-Henri
Il se prit à imaginer le pire.
- Vous croyez qu'ils auraient pu… nous suivre ?
- Oui, ils ont pu vous suivre, affirma sans hésitation Lukas
Le visage de Xavier-Henri pâlit.
- Mais votre sœur ne serait pas volontairement partie se jeter dans la gueule du loup.
- Permet-moi d'émettre un doute, Lukas, intervint Mathias, elle est tout de même convaincue de n'avoir rien à se reprocher.
- Elle est maligne, répliqua simplement le détective, en revanche, la question est de savoir ce qui a pu la pousser dehors dans une ville qu'elle ne connait pas, et alors même qu'elle était partie à travailler. Quelle urgence a bien pu se présenter à elle pour qu'elle parte sans prévenir ?
Puis, il se tourna vers le benjamin qui triturait nerveusement son téléphone.
- Venez avec moi.
Tout le monde le suivit à l'étage. Il toqua un bref coup à la porte d'Emil et pénétra dans la pièce sans attendre de réponse. Ni Mathias ni Xavier-Henri n'osèrent s'avancer cependant. Un gémissement s'éleva de sous la couette. Lukas s'approcha du lit et se pencha vers la silhouette de son cadet.
- J'ai besoin de toi, lui souffla-t-il
- Première nouvelle, maugréa une voix enfouie
Emil émergea lentement. Lorsqu'il parcourut d'un œil embrumé sa chambre, il se rendit compte de la présence de Mathias et Xavier-Henri sur le palier. Il replongea aussitôt vers son oreiller.
- Pourquoi tout le monde s'incruste si tôt dans ma chambre ?
- Tu dois localiser un téléphone pour moi.
- Et ça ne peut pas attendre ? Je suis fatigué…
- Il est prêt de onze heures.
- Donc c'est encore l'heure de dormir.
- J'ai une personne disparue sur les bras. Debout.
Emil rouspéta tout ce qu'il pouvait mais s'extirpa finalement du confort de son lit, puis se traina jusqu'à son ordinateur. Il avisa encore Mathias et l'invité sur le pas de sa porte. Au moins, Mathias avait lui la décence d'être un minimum poli. Tandis que son système émergeait lui aussi de son repos, Emil demanda :
- C'est quel numéro qu'on cherche ?
Le frère de Manon fit glisser son doigt sur son téléphone avant de lui dicter les chiffres. Emil les consigna dans un logiciel qu'il venait d'ouvrir. Aussitôt la touche Entrée pressée, l'application se mit en quête. Elle afficha une carte du monde, puis de l'Europe, de la Norvège, d'Oslo, jusqu'à loucher sur la zone de la vieille ville, légèrement à l'Est.
- Mais qu'est-ce qu'elle fait là-bas ? s'interrogea Xavier-Henri
Il s'était finalement approché d'Emil et regardait désormais par-dessus son épaule.
- Son portable, rectifia Lukas
- Elle a été enlevée, vous pensez ? s'inquiéta le benjamin
Mathias secoua la tête et posa une main rassurante sur l'épaule du jeune homme.
- Ce que veut dire Lukas c'est que tout ce que nous pouvons affirmer pour le moment c'est que son portable est là-bas. Elle y est surement elle aussi, cela dit.
Xavier-Henri se détendit. Lukas ébouriffa vaguement les cheveux de son cadet qui grimaça. Ses joues prirent une légère teinte rosée.
- Merci petit frère.
Il fit volte-face et fit signe à Mathias de le suivre.
- On prend la voiture.
- Chef, oui chef.
- A-attendez !
Xavier-Henri rattrapa Mathias par son sweat.
- Je vous accompagne.
- Mais tu n'es même pas prêt !
- Je vais m'habiller. Laissez-moi juste le temps de me raser, de m'hydrater le visage, de me brosser les dents et de me parfumer. Juste ça.
- Hors de question, trancha Lukas qui se trouvait déjà dans l'escalier
- On ne peut pas se permettre de perdre du temps, justifia Mathias, sait-on jamais ce qui est arrivé à Manon…
Il laissa là Xavier-Henri, la mine déconfite. Mathias esquissa un petit sourire en coin, satisfait de son petit effet. Alors qu'il dévalait les marches et rejoignait Lukas, celui-ci lui fit :
- Depuis quand éprouves-tu le besoin de terroriser les jeunes gens ?
Mathias haussa les épaules en attrapant les clés de voiture. Il ouvrit à Lukas qui achevait d'enfiler son par-dessus.
- Il faut croire que tu déteins sur moi.
Lukas le jeta un regard en coin.
- Je ne terrorise pas les gens, je n'ai pas de tact. Nuance.
- Je ne l'ai pas terrorisé, j'ai juste voulu le faire redescende sur terre un petit peu.
Mathias aperçut les lourds nuages s'avançant vers eux. Il crut alors bon de se munir de deux parapluies. Il sauta bientôt dans la voiture.
- Où est-ce que je vous emmène, monsieur ?
- Place Saint Halvards.
- C'est parti.
Mathias embraya et ils s'engagèrent dans les rues d'Oslo. La pluie s'était déversée d'un seul coup, obligeant les automobilistes à allumer les phares et à activer les essuie-glaces. Il pleuvait tellement dru qu'on n'y voyait pas à un mètre. Pour le coup, Mathias fut bien content de devoir patienter à un feu rouge, lui permettant ainsi de se détendre un peu. La conduite, oui. Avec les intempéries, non merci. Alors qu'il tapotait le levier de vitesse, il avisa Lukas du coin de l'œil. Il repensa à leur conversation de la veille. Son esprit s'était peu à peu perdu dans le sommeil mais il en avait encore un souvenir distinct. Il ne savait toujours pas pourquoi Lukas avait finalement accepté de le garder. Il était même persuadé qu'il ne voulait pas lui confier la raison par mesquinerie. Il voulait voir Mathias se débrouiller tout seul. C'était peut-être une sorte de test. Et à songer à une épreuve, Mathias dévia sur les ouvrages que consultaient récemment son comparse.
- Tu sais, Lukas, lâcha-t-il finalement sans réfléchir à deux fois à ce qu'il allait dire, je me dis que ça pourrait être sympa que tu te formes pour être détective privé.
Lukas, qui avait le visage nonchalamment appuyé dans la main, détourna le regard des gouttes dansant sur la vitre. Il fronça les sourcils.
- Sous-entendrais-tu que je suis incompétent ?
- Non, non, pas du tout, se rattrapa Mathias, je dis juste que si tu avais le bout de papier qui fait bien, tu pourrais exercer en toute tranquillité.
Et tu pourrais avoir en main tous les outils qui te manquent et que tu recherches dans tes lectures. Mais Mathias se retint d'ajouter cela, sachant pertinemment qu'il se mettrait ainsi Lukas à dos. Il aperçut du coin de l'œil son partenaire grimacer.
Le feu passa au vert. Mathias passa la première, puis releva le pied de la pédale de frein.
Il se doutait bien que la fierté de Lukas devait en prendre un coup. Devoir pour ainsi dire reprendre tout depuis le début n'était pas facile quand on possédait l'orgueil du détective. Mais Mathias trouvait que ce serait une bonne idée. Sauf qu'il ne savait pas comment l'avancer à Lukas sans qu'il prenne la mouche. Comme maintenant. Alors qu'il passait devant la gare centrale d'Oslo, il eut comme une illumination : lui, il pouvait la passer, cette formation ! Et puis, il s'assombrit aussitôt.
Visiblement, Lukas l'avait remarqué et pris ça pour du mécontentement face à une queue de poisson par l'automobiliste de devant.
- Tout le monde ne peut pas conduire aussi bien que toi, souffla Lukas
Mais Mathias le perçut à peine. Il était plongé dans ses pensées et roulait plutôt de façon automatique. De toute façon, il en avait l'habitude. Il avait appris à se détacher de ses missions.
Non, il ne pouvait pas passer une formation, être diplômé et officiellement reconnu comme détective privé. Non mais et puis quoi encore ! S'il voulait se mettre totalement à dos Lukas, il n'y avait pas meilleur moyen, tiens ! Sans compter que s'il était reconnu professionnel, il serait forcément répertorié quelque part, plus encore que dans les quelques fichiers administratifs jusqu'à présent. Sa situation était encore plus délicate que celle de Manon et Xavier-Henri. Même au bout d'un an et demi, il devait continuer à se faire le plus discret possible. Lukas n'avait jamais recherché la célébrité et la plupart de ses enquêtes étaient restées dans un cadre restreint, jamais médiatisées. Ce qui arrangeait parfaitement Mathias. Il était hors de question de tout ficher en l'air. Mathias appuya inconsciemment sur l'accélérateur. Lukas le dévisagea légèrement mais ne dit rien.
Mathias se gara finalement sur une place libre le long d'un trottoir. Il attrapa les parapluies et en tendit un à Lukas. Ce dernier le remercia d'un bref hochement de tête, puis attendit que le tramway soit passé pour pouvoir descendre.
L'éclaircie semblait déjà bien lointaine avec cette averse qui ne cessait de s'abattre durement sur la capitale norvégienne.
Tous les deux avisèrent la place sur laquelle ils se trouvaient. Pavée par endroit, parcourue par des habitants pressés, certaines dalles s'avéraient dangereusement glissante. Il n'y avait pas foule mais la météo ne permettait pas de voir correctement. Ils distinguaient les bâtiments qui se découpaient dans la grisaille de novembre, les halos lumineux des intérieurs éclairés.
- Et donc ? demanda Mathias
- Nous sommes bien obligés de faire le tour des boutiques. Nous n'avons pas d'autres indices.
Mathias tapota l'épaule de Lukas, percevant la note de frustration dans la voix de son acolyte. Quelque part, quand bien même il ne le montrait bien évidemment pas, Lukas en fut surpris.
Ils entamèrent par la suite leur tournée. Ils se rendirent au centre culturel. Mathias pensait que Manon avait peut-être été prise d'une subite envie d'inspiration et s'était ainsi réfugiée dans un établissement pareil, mais Lukas n'y croyait pas. Manon découvrait la ville pour la première fois. Il était de fait beaucoup plus probable qu'elle se soit rendue dans un musée ou un monument bien plus mise en avant par les offices de tourisme et les sites, à commencer par le musée Munch. Ajouter à cela que le centre culturel était loin de la maison à pied comme en transport. Pour quelqu'un qui ne connaissait pas la ville, le palais royal, le théâtre ou la galerie nationale s'imposaient bien plus facilement. Et en effet, ils ne trouvèrent nulle trace de Manon et personne à l'accueil n'avait croisé une jeune femme correspondante.
Lukas continuait à réfléchir aux différentes hypothèses qui auraient pu mener Manon au cœur de la ville médiévale d'Oslo, alors même que ce n'était pas la porte à côté. Mais il manquait décidément une pièce du puzzle.
Ils entrèrent dans le café contigu au centre. Elle n'y était pas non plus. Mathias avait demandé aux serveurs, mais ils ne l'avaient vraisemblablement pas croisée. Cependant, grâce à la météo il fallait croire, le café était plein et les serveurs ne pouvaient décidément pas se souvenir de la tête de tous leurs clients. Pourtant, c'était une solution plausible. Lukas n'aimait pas ce qui était plausible, cela dit. Il aimait que les choses soient sûres. Cependant, c'était tout ce qu'il avait à se mettre sous la dent.
Ils traversèrent, avisèrent le parc. Quand bien même le mémorial et ses ruines antiques auraient pu intéresser Manon, il était une fois de plus peu probable qu'elle s'y soit aventurée par ce temps.
Lukas et Mathias pénétrèrent dans le bar d'à côté. Il était plein, comme le café de l'autre côté de la rue. Ils inspectèrent d'abord les lieux du regard. Tout à coup, Mathias reconnut un éclat de rire parmi les voix environnantes. Sans explication, il attrapa Lukas par la main et l'entraina dans un coin du bar.
Manon était là, pimpante de vie, riante, attablée en compagnie d'une bière. Elle discutait avec enthousiasme avec son interlocuteur. Même Lukas ne put contenir sa surprise lorsqu'ils découvrirent, assise en face de la jeune femme, Antonio Hernandez Carriedo.
Affaire à suivre…
