Bonsoir !
Je n'avais pas remarqué mais c'est qu'on arrive bientôt aux 400 reviews ! Mon dieu !
Le titre de ce chapitre me rappelle toujours "Manon des sources"...
Sinon, dans ce chapitre, il y a une petite dédicace à toi Niniel, une petite référence à ton univers de Seguimi O Uccidimi que je pense, j'espère, tu reconnaitras :)
Prénoms cités dans ce chapitre :
Norvège : Lukas Bondevik
Danemark : Mathias Køhler
Islande : Emil Steilsson
Belgique : Manon Maes
Luxembourg : Xavier-Henri Maes
Pays-Bas : Willem Maes
Espagne : Antonio Fernandez Carriedo
Bonne lecture !
Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz
Affaire 14 : Le secret de Manon
Avant que Manon ou Antonio puissent les repérer, Lukas força Mathias à se reculer légèrement dans un renfoncement. Il tendit l'oreille afin de percevoir des bribes de conversation. Cependant, le bar était largement fréquenté à l'approche du déjeuner, sans compter le claquement des gouttes furieuses sur les vitres. Lui et Mathias se concentrèrent, tous deux intrigués de savoir quelle relation il existait entre Manon et Antonio. Ils n'avaient certes pas de réel lien avec lui et la dernière fois qu'ils l'avaient croisé remontait à juin.
- Ils ont l'air d'échanger gaiement, murmura Mathias sans décrocher son regard de leur table, rien d'alarmant.
- Le plus alarmant est bien là, répliqua Lukas, pourquoi a-t-elle tenu à sortir discrètement si c'était pour rencontrer Antonio ?
Mathias acquiesça.
- C'est un bon gars, oui.
- Tu te laisses emporter par des a priori. Nous ne savons presque rien sur Antonio. Deux personnes qui discutent gaiement alors même que l'une d'entre elles a fait en sorte de cacher cette rencontre est bien assez contradictoire pour être alarmant.
- Malheureusement, je ne pense pas que nous puissions en avoir le cœur net en restant caché ici. Il vaudrait peut-être mieux aller directement à leur rencontre.
Lukas ne put qu'approuver. Ils n'arriveraient à rien autrement. Ils quittèrent donc leur cachette et se présentèrent le plus naturellement du monde devant la table de Manon et d'Antonio. Lorsque la jeune femme les aperçut, elle pâlit avant de détourner le regard, cachant sa confusion en se concentrant sur sa boisson. Quant à son interlocuteur, il écarquilla les yeux.
- Vous ici, quel hasard ! Joigniez-vous donc à nous, proposa-t-il sans arrière-pensée
Lukas plissa les yeux. Antonio était d'une sincérité qui vibrait dans chacun de ses gestes, chacune de ses paroles. Ce n'était même pas qu'il paraissait être du genre innocent, c'est qu'il l'était bel et bien. Et pour accompagner sa proposition, il se leva et alla récupérer deux chaises à côté. Il ne semblait même pas conscient que la présence de Lukas et Mathias était motivée. Pour Antonio, il semblait tout à fait possible de se retrouver dans un bar sur le coup du déjeuner, un week-end, alors que le temps était exécrable.
Mais si donc Antonio n'avait rien à cacher, pourquoi toute cette mascarade ? se demanda le détective en se tournant vers Manon. La jeune femme renoua son bandeau pour les cheveux, rejetant des mèches rebelles en arrière. Elle prenait soin de ne pas croiser leurs regards mais relevait le menton. Elle possédait indéniablement sa fierté.
- Tu me présentes, Tonio ? demanda-t-elle tout sourire tandis que ce dernier hélait justement un serveur
Et visiblement, elle avait décidé de jouer le jeu de l'ignorance. Très bien, concéda Lukas dans son esprit. Il glissa un regard vers Mathias qui avait tout autant remarqué le comportement de Manon. Son visage s'était passablement refermé, ce qui ne manqua pas d'intrigué Lukas. Il rangea cette nouvelle information dans un coin de son esprit.
Ils prirent place et commandèrent deux bières. Antonio se chargea des présentations joyeusement et prit le silence autour de la table comme une conséquence du temps maussade qui sévissait à l'extérieur.
- Un détective, feignit Manon, c'est bien la première fois que j'en rencontre un !
- Il m'a tiré d'un bien mauvais pas, confia Antonio en sirotant sa sangria
Manon fronça les sourcils, et pour le coup, Lukas était certain qu'elle ne jouait pas la comédie.
- Qu'est-ce que tu entends par là ?
Antonio raconta brièvement comment il avait été accusé à la fois de pédophilie et de meurtre sur une fillette, ainsi que la façon dont Lukas s'y était pris pour l'innocenter en coinçant le vrai coupable. Manon ne cessait d'ouvrir de grands yeux, éberluée, à mesure que son ami lui narrait ce qui s'était déroulé il y avait plus d'un an et demi de cela maintenant. Antonio conclut dans un petit sourire rassurant dont lui seul avait le secret :
- Lukas n'est pas un charlatan. On peut lui faire confiance.
- Impressionnant, souffla Manon visiblement sincère
Elle sourit au détective qui fut bien heureux de voir sa pinte de bière arriver et plongea dedans. Mathias aurait pu réagir à cela, mais il était trop concentré sur Manon. Il réfléchissait à ses motivations pour se cacher ainsi, alors qu'elle n'avait fait que montrer de la bonne volonté depuis son arrivée. Son comportement lui rappelait quelqu'un et il comprenait désormais pourquoi il avait si vite adhérer à la jeune femme.
- Et comment vous vous connaissez ? demanda-t-il à Antonio
- Quand je vivais encore en Espagne, j'ai eu l'occasion de rencontrer Manon qui était en vacances. Ça a plutôt bien accroché entre nous.
Lui et Manon ne purent s'empêcher de partager un sourire de connivence.
- C'est le moins que l'on puisse dire.
- Et puis on s'est séparé pour une broutille, on s'est boudé, on s'est perdu de vue, on s'est retrouvé par hasard à Cuba, on a renoué et on est resté bons amis.
- On prend de temps à autres des nouvelles, appuya Manon
- Mais je ne m'attendais pas un jour à te voir débarquer en Norvège ! Tu aurais dû me prévenir plus tôt, je t'aurais hébergé. Bon, mon copain vit avec moi maintenant, mais on aurait bien réussi à te faire une petite place.
- Ce n'était pas exactement prévu. Je suis là pour le travail. Et c'est très gentil, mais ne t'inquiète pas pour l'hébergement.
Manon acheva sa bière et demanda à avoir la carte pour le déjeuner.
- Tu joues toujours de la guitare ? demanda-t-elle à Antonio sans se soucier des deux autres
Lukas l'observa du coin de l'œil avant d'achever à son tour sa pinte. Puis, il la reposa soigneusement sur la table et se leva.
- Nous n'allons pas vous déranger plus longtemps.
Il fit signe à Mathias qui se pressa pour terminer son propre verre.
- Bonne journée à vous ! les salua Antonio
- Ravie de vous avoir rencontrés, feignit une fois de plus Manon sans se départir de son sourire malicieux
Les deux amis reprirent leur conversation là où ils l'avaient laissée avant d'avoir été interrompus, sans plus se préoccuper du détective et de son acolyte. Mathias pressa le pas vers la sortie, continuant d'intriguer Lukas.
Lorsqu'ils se retrouvèrent de nouveau dans la voiture, Mathias était prêt à relever le frein à main, mais Lukas l'arrêta d'un geste.
- On reste.
- On la surveille ?
Lukas hocha la tête.
Les deux hommes observèrent le bar et les silhouettes des clients par-delà les vitres. La pluie était toujours continue, mais la visibilité était elle bien meilleure.
- Tu penses qu'il peut lui arriver quelque chose ?
- Autant qu'il peut ne rien lui arriver.
Lukas se redressa sur son siège.
- Je n'ai rien qui puisse me permettre une déduction claire. Je suis seulement assuré qu'il ne lui arrivera rien à l'intérieur d'un bar fréquenté sur l'heure du déjeuner. Ne sachant pas quand elle va sortir, nous resterons là jusqu'à ce qu'elle en ait fini. Nous la suivrons ensuite jusqu'à ce qu'elle soit de retour à la maison.
Mathias haussa un sourcil intrigué.
- Pourquoi ne pas la récupérer à la sortie ? En plus, par ce temps…
- Parce que le meilleur moyen pour moi de me faire une idée concrète de leur situation est d'être sur le terrain et d'appâter le gibier.
Mathias se tourna complètement vers Lukas, s'adossant à la vitre glaciale.
- Attends, attends. Tu es en train de me dire que tu es en train d'utiliser Manon comme appât ?
- Comment veux-tu que je sois à arme égale si je ne connais pas la position et les projets de mon adversaire ? C'est comme aux échecs. Il faut savoir prendre des risques modérés.
Mathias plissa les yeux et plongea son regard dans celui de Lukas, qui demeurait imperturbable. Un instant de silence s'écoula, ponctué par la seule symphonie des gouttes de pluie sur la carrosserie.
- Tu l'as délibérément laissée filer. N'est-ce pas ?
- Pas exactement. J'ai simplement décidé de ne pas les enfermer véritablement à la maison et de voir comment cela se déroulerait lorsqu'ils n'y tiendraient plus et sortiraient. Mais qu'elle file en douce sans prévenir, ça, ce n'était pas prévu.
Lukas pinça les lèvres et Mathias sut que le détective appréciait moyennement qu'on lui ait coupé l'herbe sous le pied. Il eut un petit sourire triste. A dire vrai, il ressentait un peu la même chose.
- Elle t'a déçu, affirma Lukas
Mathias soupira et se repositionna plus confortablement dans son siège. Il passa une main dans ses cheveux blonds en bataille.
- Tu l'as mal pris que Manon t'ait caché quelque chose d'aussi trivial alors qu'elle te semblait si sincère. Et tu l'as d'autant mal pris lorsqu'elle a fait comme si nous venions de la rencontrer dans ce bar.
- Ce n'est même pas vraiment ça.
Lukas, qui observait les gouttes dégouliner sur le pare-brise, ne put s'empêcher de hausser un sourcil et de tourner la tête vers Mathias. Il l'interrogea du regard. Mathias lui sourit mais Lukas demeurait impassible, dans l'attente d'une réponse plus développée. Le sourire de Mathias s'évanouit.
- Elle me rappelle quelqu'un. C'est tout.
Lukas ne répondit rien. Il prit simplement une fois de plus bonnes notes de la réaction de Mathias.
- En tout cas, une chose est sûre, reprit Mathias, il faudra bien que Manon nous explique pourquoi elle a agi comme ça à un moment ou à un autre.
Lukas avait bien déjà une petite idée de la raison qui avait poussé Manon à tant de discrétion, ainsi que celle qui l'avait conduite à feindre de ne pas les connaitre. Néanmoins, sans preuve tangible, il se garderait bien d'avancer quoi que ce soit.
Mathias annonça alors qu'il allait leur acheter de quoi grignoter. Comme Manon déjeunait, ils allaient surement en avoir pour un petit bout de temps avant qu'elle ne sorte. Il revint avec des sandwichs et, tandis qu'ils ne quittaient pas des yeux l'entrée du bar, il entreprit Lukas sur des anecdotes de travail sans importance. Il en rit tout seul mais Lukas ne montra aucun signe d'agacement, juste son inexpressivité habituelle.
- Mais même s'ils me mènent parfois la vie dure, conclut Mathias, j'aime bien ce boulot. J'aimerais bien le garder. J'aimerais bien que les choses ne changent pas, en fait.
- Allons bon. Tu nous la joues drame social maintenant ? La venue de Willem t'a complètement retourné le cerveau.
Mathias décida de jouer la carte de l'humour et pouffa de rire.
- Peut-être bien, oui ! En tout cas, pour le peu de cerveau que j'ai, il n'a pas dû retourner grand-chose, hein ? Ah ah !
Lukas demeura de marbre. Il planta son regard indigo dans les yeux clairs de Mathias. Ce dernier y vit un sérieux qu'il ne connaissait pas à son partenaire.
- Willem est seulement venu mettre sa sœur et son frère à l'abri. Rien d'autre. Il est reparti comme il est venu. Tout comme ses cadets, tu es en sécurité ici. Il ne t'arrivera rien, alors détends-toi, Mathias.
Lukas fixa encore longuement son acolyte. Puis, sans un mot, il détourna les yeux et se focalisa sur l'entrée du bar, par-delà la vitre. Mathias ne put quant à lui détacher son regard du détective, stupéfait par cette soudaine déclaration. Enfin, un sourire tendre se dessina sur ses lèvres.
- Merci, souffla-t-il
- Elle sort, déclara sans crier gare Lukas
Mathias retrouva aussitôt toute sa concentration.
Manon était toujours en compagnie de son ami. Tous deux paraissaient enchantés, ravis de pouvoir discuter aussi longtemps ensemble. Coincés sous le parapluie d'Antonio, ils trouvèrent refuge dans la petite voiture de ville de ce dernier, qui se mit en route. Mathias n'eut besoin d'aucun ordre de la part du détective pour aussitôt les imiter et les suivre à bonne distance. Ils s'arrêtèrent au pied de l'immeuble où résidait Antonio.
- On ne va pas les suivre à l'intérieur tout de même ?
Lukas glissa un regard entendu à son partenaire.
- Ouais, non. Je suis bête.
Ils patientèrent pour ainsi dire tout l'après-midi. Lukas prit des nouvelles de Xavier-Henri via Emil. Son cadet ne cessait de le remercier ironiquement du cadeau : apparemment, le jeune frère de Willem et Manon s'était mis en tête de tromper son ennui en regardant des films et des séries, chose qui a priori ne semblait pas outrageuse. Sauf qu'Emil leur apprit qu'il était de corvée car Xavier-Henri appréciait de partager son avis en temps réel. Et pour couronner le tout, apprit Lukas, Alfred avait débarqué à la maison, car il s'ennuyait lui aussi et que son cousin Matthew était lui-même occupé. Il y avait cependant un avantage, avait ajouté Emil par SMS, au moins les deux se tenaient compagnie. Mais Emil ne pouvait décidemment pas faire ce qu'il voulait, accaparé par l'un comme par l'autre. En imaginant la situation, Mathias ne put s'empêcher de pouffer de rire.
Aux alentours de 18h, une accalmie s'installa. Ils aperçurent Manon et Antonio rejoindre de nouveau la voiture de ce dernier. Ils les suivirent une fois de plus et constatèrent qu'ils se dirigèrent vers Meltzers gate. Autrement dit Manon rentrait au bercail. La voiture de Lukas et Mathias patienta au bout de la rue tandis que les deux amis se saluaient chaleureusement. Puis, Manon observa la voiture d'Antonio disparaître derrière les bâtiments. Elle jeta un coup d'œil au ciel et se précipita vers le portillon en fer forgé noir. Mathias donna un coup d'accélérateur et vint se garer juste à côté. Surprise, la jeune femme fit volte-face tandis que le détective et son acolyte sortaient du véhicule. Manon leva les yeux au ciel et prit un petit air mutin.
- Vous m'avez donc suivie…
- Bien sûr, affirma Lukas en passant devant elle, c'est mon devoir après tout.
- Et vous allez tout rapporter à Will', j'imagine, grimaça-t-elle
Lukas ouvrit la porte d'entrée et ôta son par-dessus.
- Il ne s'est rien passé d'important, n'est-ce pas ?
La question était bien entendu tout à fait rhétorique. Le visage de Manon s'éclaira.
- Merci, Lukas.
Lukas n'en fit rien et se rendit directement dans la cuisine en quête d'un café bien chaud. Les températures de novembre ne lui réussissaient pas et il avait grand besoin d'un coup de fouet.
Manon sursauta à moitié lorsqu'on referma la porte d'entrée derrière elle. Elle se retourna et fit face à Mathias. Elle lui offrit une expression sincèrement désolée.
- Je te demande pardon, Mathias. J'ai bien vu que mon comportement t'avait blessé.
Mathias se frotta la nuque.
- Le truc, c'est que je ne comprends pas pourquoi tu ne nous l'as pas dit. C'était juste un pote, il n'y avait rien de mal.
- C'est vrai, concéda-t-elle, mais je sais pertinemment que mon frère a demandé à Lukas de rapporter nos moindres faits et gestes et… disons qu'il ne porte pas vraiment Antonio dans son cœur. Lorsque Will' nous a dit que nous allions à Oslo, j'étais tellement contente ! Sauf que s'il apprend qu'Antonio est dans la même ville, il fera en sorte de nous faire changer d'endroit.
- A ce point ?
Manon eut une petite moue gênée.
- Il aime beaucoup sa petite sœur. Et il n'a pas vraiment confiance en Antonio.
- Ah ! Les grands frères !
- N'est-ce pas ! gloussa Manon, maintenant détendue
- Mais pourquoi avoir fait comme si tu ne nous connaissais pas ?
- Je ne tiens pas à ce qu'Antonio connaisse la raison de ma présence ici. Autant restée discrète sur le sujet, non ?
Mathias approuva d'un hochement de tête. Manon frappa alors subitement dans ses mains et retroussa ses manches.
- Bon ! Je t'aide à préparer le dîner pour me faire pardonner ?
Ils s'engagèrent tous deux dans la cuisine. Mathias était plutôt satisfait de cette petite discussion qui remettait les choses à plat, ce qu'il considérait comme nécessaire, sachant qu'elle et Xavier-Henri allaient surement rester un petit bout de temps ici.
Affaire à suivre…
