Bonsoir !

Si vous saviez ! Si vous saviez comme mon emploi du temps est chargé mine de rien… et comme le NaNo prend aussi une partie de mon temps et de mon énergie. Surtout que c'est du grand n'importe quoi cette année, de l'impro quasiment totale XD Mais du coup, voilà pourquoi je poste à deux heures tardives (pour moi en tout cas, ça l'est) et pourquoi je ne réponds presque plus aux reviews… OTL

Sachez néanmoins qu'elles me sont bien évidemment toujours aussi précieuses ! D'autant que, eh, on a dépassé les 400… je… je n'ai pas de mots ! Quatre cents quoi !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Belgique : Manon Maes

Luxembourg : Xavier-Henri Maes

Pays-Bas : Willem Maes

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : Etat des lieux

N'écoutant que son instinct, Mathias se jeta aussitôt sur Manon et la plaqua au sol. Une fumée blanche se déversa dans la pièce. Mathias n'y voyait plus rien et le gaz lui piquait même les yeux. A ses côtés, Manon toussa et lui de même. Il entendit qu'on dévalait les escaliers. Il s'y fia et entraîna Manon avec lui, vers l'entrée. Dès qu'il aperçut le plancher du vestibule, il laissa Manon pour s'en retourner vers la cuisine et brusquement en refermer la porte. Il s'assura par la même occasion que celle de la salle à manger l'était également. Il demeura devant la porte et focalisa tous ses sens dessus.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? s'horrifia la voix de Xavier-Henri

Mathias se retourna et aperçut le benjamin balayer l'air d'une main et se couvrir la bouche et le nez de l'autre. Un peu de fumée avait réussi à se glisser dans le hall d'entrée. Il avisa le bas des portes de la cuisine et de la salle à manger. Un filet de fumée blanche s'y faufilait insidieusement.

- Tiens.

Il se retourna et vit Lukas lui tendre deux serviettes de bain humides. Il le remercia rapidement.

Pendant ce temps, Xavier-Henri aida sa sœur à se remettre sur pied. Tandis qu'elle s'installait sur la fenêtre en baie, le jeune homme allait pour ouvrir la porte d'entrée et faire partir les volutes de fumée blanche qui serpentait au sol, mais aussitôt Lukas l'arrêta.

- Certainement pas. Et ne restez pas non plus assise à la vue de tous. Allez-vous asseoir sur le palier de l'étage et plus un bruit.

Manon et Xavier-Henri ne se firent pas prier. Mathias les observa gravir les marches. Il constata que la jeune femme toussotait encore un peu mais sans conséquente apparence. Quant à lui, il avait par réflexe retenu aussitôt sa respiration, ce qui lui avait permis de ne pas tousser comme elle. Dès qu'ils furent hors de vue, son attention revint sur Lukas qui avait l'oreille collée à la porte de la cuisine.

- RAS. Mais on attend encore cinq minutes avant de tenter quoi que ce soit. Qu'en est-il de l'extérieur du côté de l'entrée ?

Mathias se retrouva en un bond sur le petit pan de mur encadré par la fenêtre en baie et la porte d'entrée. Le temps était lumineux, ce qui contrastait beaucoup avec les précédentes journées. Ils étaient sur l'heure du déjeuner, les trottoirs étaient pour ainsi dire déserts. Quelques passants, quelques voitures tout au plus. Le calme plat. Tandis qu'il se demandait qu'elle pouvait bien être les intentions de leur assaillant, Mathias scruta la rue.

- Rien à première vue.

- Je te laisse aller dehors, déclara Lukas

Mathias hocha la tête. Il serra le poing par prudence. Il agrippa la poignée de l'entrée. Il l'ouvrit ensuite d'un seul coup et se projeta dehors. Il sauta par-dessus les marches du perron, plus qu'il ne les dévala et se retrouva bientôt au milieu de la route. C'était le calme plat. Son attention focalisée sur le moindre mouvement suspect, le moindre bruit soupçonneux, il ne sentait pas le froid lui piquer la peau. Il revint prudemment aux abords de la demeure et pénétra de nouveau l'entrée.

- RAS.

- Aucun signe d'activité du côté de la cuisine non plus, affirma le détective

- Je fais le tour par l'extérieur.

Lukas eut un petit claquement de langue agacé.

- Tu ne trouveras personne.

- On verra bien.

Alors que Mathias s'esquivait une nouvelle fois dans le froid hivernal, Lukas s'apprêtait à entrer dans la cuisine. Puis, il se ravisa. Il préféra opter pour la salle à manger. Mais avant toute chose, il attrapa un torchon dans le petit WC et se le plaqua sur la bouche et le nez. Il enroula ensuite sa main libre dans un autre et pénétra enfin dans la pièce.

La fumée obstruait encore largement la vue. Elle piquait toujours autant les yeux. Par mesure de précaution, Lukas préféra demeurer à l'entrée de la pièce. Il ferma les yeux et concentra tous ses sens sur les alentours. Il n'entendait rien de particulier. Aucune odeur particulière non plus. Peut-être la fumée masquait-elle le tout. Puis, il perçut le crissement de pas dans le gravier. Le détective se concentra un peu plus. Les pas allaient et venaient, un peu hésitant. Lukas les reconnut finalement. Ce n'était que Mathias. Il considéra que la voie était libre et prit le parti d'avancer les yeux fermés. Il connaissait parfaitement l'emplacement des meubles de sa maison, il n'eut donc aucun mal à rejoindre la cuisine. En franchissant le seuil, il sentit néanmoins combien la fumée était plus dense. Il s'autorisa à ouvrir les yeux un instant, histoire de faire un bref tour des lieux. Il n'y avait rien à en dire pour le moment. Il rebroussa chemin.

Lorsqu'il parut de nouveau dans le hall, Mathias refermait la porte d'entrée, jetant un dernier coup d'œil inquiet par-delà la fenêtre en baie.

- Bon, tu avais raison : y a personne derrière.

- Je suis convaincu qu'il ne s'agissait que d'une menace innocente.

- Innocente ? s'étrangla Xavier-Henri du haut de l'escalier, on a attenté à la vie de ma sœur !

Lukas ne lui répondit pas. Il fit signe à Mathias de s'occuper d'eux et se contenta par la suite de rejoindre sa chambre. Il extirpa un coffret de sa penderie. Il y récupéra des gants, des lunettes de chimiste et un flacon accompagné de sa pipette. Quand il repassa devant Manon et Xavier-Henri, Mathias frictionnait les bras de la jeune femme qui semblait passablement secouée plus par la précipitation dans laquelle l'évènement l'avait plongée, que par un quelconque traumatisme. Elle conservait son sourire malicieux malgré tout. Lukas fila vers la cuisine sans poser de question.

Les lunettes lui permirent de mieux faire le tour des lieux. La fumée blanche commençait peu à peu à se dissiper. Il en aspira aussitôt un nuage à l'aide de la pipette et le confina dans un flacon qu'il reboucha précautionneusement. Il le glissa ensuite dans la poche de son pantalon. Puis, il se pencha vers le projectile. Il attrapa le fumigène : il n'était pas de fabrication artisanale. C'était un modèle classique qu'on trouvait aisément dans le commerce. Les informations étaient marquées en norvégien. On l'avait donc acheté sur place qui plus est. A moins qu'on en ait changé la formule chimique, se dit Lukas, cette fumée devait être inoffensive. Il lui fallait s'en assurer mais au vu de l'évènement, il ne devait bel et bien s'agir que d'une menace innocente. Tout du moins innocente physiquement. Car là était finalement toute la question : qui avait pu et voulu jeter un fumigène banal au travers du carreau de la cuisine et surtout pourquoi ?

Willem lui avait confié tout ce qu'il savait des quelques personnes hauts placées qui en avaient après Manon et Xavier-Henri, lui confiant même le dossier que le jeune homme de la Cours de Comptes Européenne avait monté pour dénoncer la fraude, malheureusement sans succès. Il avait passé nuits et jours à dépiauter ce dossier, interrogeant ça et là Xavier-Henri sur son contenu, mais les coupables étaient bien trop haut dans la hiérarchie pour que le détective puisse les atteindre depuis Oslo. Sans compter qu'il avait la sœur et le frère à surveiller, ce qui ne lui permettait pas d'agir comme il le voudrait. Lukas voyait bien là dans ce fumigène l'opportunité de trouver un début de piste, qui ne permettrait peut-être pas nécessairement de remonter jusqu'en haut, mais qui lui donnerait l'opportunité de pousser au plus loin.

Lukas soupesa le fumigène, contrarié. Ce n'était cependant pas avec un pauvre fumigène acheté dans n'importe quel magasin qu'il allait pouvoir trouver grand-chose. Il allait de fait devoir sortir le grand jeu et relever les empreintes. Si empreintes il y avait d'une part, et si d'autres part il avait la possibilité d'accéder aux banques de données de la police osloïte. Il grommela, conscient une fois de plus des limites auxquelles il était à nouveau tenu depuis que les autorités de la capitale n'entendaient plus coopérer avec lui. Peut-être Mathias n'avait-il pas tort en parlant d'obtenir le bout de papier qui faisait bien ? Il secoua vivement la tête. Ce n'était certes pas le moment de penser à cela.

Le temps de sa réflexion, la fumée avait eu le temps de se dissiper quelque peu. Il put aviser les bouts de verre sur le carrelage. Il alla attraper un mètre dans un tiroir et pris les mesures des bouts de verre, la distance à laquelle s'était retrouvé le fumigène, la circonférence du trou dans la vitre entre autres, des nombres qu'il reporta soigneusement sur un bout de papier qui servait d'ordinaire à lister les courses à faire.

Constatant qu'il n'avait besoin de rien d'autre, il sortit cette fois par la porte de la cuisine. Un imposant nuage de fumée blanche l'accompagna avant de retomber peu à peu vers le sol et de s'évanouir.

Tout le monde se trouvait dans le hall d'entrée dans l'attente d'explication. Lukas masqua son mécontentement comme à son habitude. Il n'avait pas de temps à perdre en conjectures. Mais alors qu'il était prêt à monter à l'étage, ce fut Mathias qui l'attrapa par le bras, lui intimant d'un regard qu'il valait mieux expliquer les choses dès maintenant. Il dut reconnaitre que son acolyte n'avait pas tort : à tous les coups, on lui en tiendrait rigueur s'il ne le faisait pas maintenant et il se créerait des tensions parfaitement inutiles. Lukas lâcha un bref soupir que seul Mathias surprit, le réprimandant d'un petit sourire en coin entendu.

- Ce n'était qu'un fumigène banal sans aucun danger physique.

- C'était une menace, n'est-ce pas ? demanda Manon le visage dur

Lukas devait avouer qu'il ne reconnaissait pas la malicieuse jeune femme qu'il avait hébergé jusqu'alors. Ses traits étaient désormais plus graves. Le détective était convaincu qu'elle venait de réellement réaliser leur situation. Il hocha finalement la tête.

- Ils nous ont donc retrouvés ? s'inquiéta aussitôt Xavier-Henri, je ne pensais pas que c'était possible.

- Il n'y a rien d'impossible tant que ça n'a pas été réfuté de façon incontestable. C'est la base de toute théorisation. De plus, reprit-il après un instant de pause, il faudrait être bien bête pour attenter à la vie de quelqu'un dans le cas d'un simple détournement de fonds.

- Comment cela ?

Manon affichait un air curieux sincère.

- Imaginez. Vous êtes une fortune européenne et vous piochez une partie de votre revenu dans les caisses de l'Union. Vous ne voulez bien évidemment pas que cela se sache mais y a-t-il une réelle nécessité d'en venir à l'agression physique, voire le meurtre ? Un détournement de fonds peut être étouffé facilement, c'est une réalité. Combien s'intéresse réellement aux magouilles qui peuvent se tramer au cœur des instances européennes ? Alors qu'un meurtre, ce serait le scandale assuré et toutes vos protections de quelques natures qu'elles soient ne suffiraient pas à arrêter le Tribunal et le Médiateur européen dans leurs investigations. Le mieux pour vous est encore de faire preuve de persuasion et de dissuasion par notamment la peur. Donc, vous imposer de façon menaçante envers vos adversaires sans pour autant leur laisser de quoi se retourner contre vous. Juste de quoi les pousser au silence et les forcer à reprendre une petite vie sans lien avec la vôtre, de près ou de loin. Tant que l'affaire reste d'ordre économique, personne ne vous atteindra. Voilà le procédé que nos assaillants sont en train de mettre en place.

Lukas passa machinalement un doigt sur la rambarde de l'escalier sans y détecter la moindre trace de poussière.

- Et ils avaient déjà gagné la première manche puisque Willem vous a mis en sécurité dans un autre pays, européen mais ne faisant pas partie de l'Union.

- Seriez-vous en train de dire que nous aurions mieux fait de ne pas bouger de nos foyers respectifs, ma sœur et moi ? Que nous aurions dû attendre de nous faire agresser pour pouvoir porter plainte ?

Lukas ne répondit pas.

- Mais c'est de la folie ! On ne peut pas se laisser faire agresser juste pour pouvoir prouver à la face du monde qu'il y a bien un problème !

- Les soupçons seuls ne suffisent pas, auquel cas nous pourrions malheureusement retomber dans les travers de l'Histoire comme la Saint-Barthélemy, la chasse aux sorcières, les rafles, le maccarthisme et autres.

- Alors quoi ? intervint Manon en se relevant et croisant les bras déterminée, on ne peut rien faire ? Si mon frère vous a confié à nous, c'est que vous y pouvez quelque chose, non ?

Lukas plissa les yeux vers la jeune femme. Elle releva le menton.

- Et bien oui. Après tout, il y a de bien meilleures cachettes pour nous, n'est-ce pas ? Pourquoi nous avoir confié à vous ? A moins que vous ne sachiez où trouvez la faille et vous en servir.

Le sourire malicieux revint sur le visage de Manon.

Mathias écarquilla les yeux dans son coin et dévisagea tour à tour son acolyte et la jeune femme. Il avait toujours vu la décision de Willem comme résultant d'une singulière amitié entre lui et Lukas mais, maintenant qu'il y pensait, c'était son cas à lui-même et Willem, pas nécessairement la leur. Lukas et Willem fonctionnaient beaucoup plus sur un échange de bons procédés apparemment. Il guetta la réaction du détective.

Cette dernière fut brève mais lourde de sens. Lukas esquissa un léger sourire entendu.


Affaire à suivre…