Bonsoir à tous !

Je suis complètement morte de ma semaine et de ce jour mais à part ça, tout va bien ah ah ! Plus qu'une semaine de NaNo et je vais pouvoir retourner… à écrire. Oui, ma vie tourne autour de l'écriture. Non mais avec la fin du NaNo, je vais pouvoir finir le manuscrit en cours et donc revenir à l'écriture du SHO !

Prénoms cités dans ce chapitre :

Norvège : Lukas Bondevik

Danemark : Mathias Køhler

Islande : Emil Steilsson

Belgique : Manon Maes

Luxembourg : Xavier-Henri Maes

Pays-Bas : Willem Maes

Bonne lecture !

Disclaimer :Hetalia, son univers et ses personnages © Himaruya Hidekaz


Affaire 14 : La mise en place

Lukas se tourna vers le jeune Xavier-Henri qui demeurait coi. Peut-être bien par surprise ou peut-être bien parce qu'il se sentait dépassé par la situation. Ou peut-être même les deux à la fois. Quoiqu'il en soit, le détective s'adressa à lui de manière tout à fait posée :

- Qu'avez-vous appris en jouant aux échecs avec moi ?

Xavier-Henri cligna plusieurs fois des yeux, revenant surement d'une longue réflexion.

- Qu'il était impossible de gagner contre vous ?

Mathias retint aussitôt son rire. La réponse avait fusé si naturellement, était une si belle répartie qu'il n'avait pas pu s'empêcher de pouffer.

- Toujours avoir un coup d'avance par rapport à votre adversaire.

- Et quel est-il, le vôtre ? demanda Manon, qu'est-ce que vous avez manigancé ?

- Pour l'instant, rien, admit le détective en toute honnêteté, mais je sais ce qu'ils vont faire, ce qui me donne l'avantage. Et je l'ai d'autant plus qu'on joue sur mon terrain de jeu, Oslo, et qu'eux ne savent pas à qui ils ont affaire.

- Pourtant, ils savent que Manon et Xavier-Henri résident ici, intervint Mathias ayant recouvré son sérieux

- Et ils ne savent pas qui nous sommes.

- Ils nous ont déjà vus.

- Et juste à nous voir, tu saurais que j'exerce une autre activité que violoniste ? Que tu m'accompagnes dans mes investigations ? Que je dispose de matériel d'espionnage ? Qu'une partie de ma chambre est occupée par des dossiers d'affaires classées ? Personne n'a fait appel à mes services depuis que Willem, Manon et Xavier-Henri sont arrivés.

- En effet, ils n'ont aucun moyen de l'avoir su.

- A moins qu'ils aient cherché plus en profondeur, sur Internet ou dans les journaux par exemple, proposa Xavier-Henri

- ça, ça m'étonnerait ! s'exclama Mathias, Lukas n'a jamais été médiatisé et aucune de ses affaires non plus. Du moins, de ce que j'en sais… Tu es déjà apparu à la télé ?

- Non. Mon réseau se fait uniquement par bouche à oreille. Et c'est tant mieux.

- Pas que votre carrière de détective privé ne m'intéresse pas, coupa Manon, mais que faisons-nous exactement maintenant ?

Lukas avisa le fumigène qu'il avait toujours en main.

- J'ai deux, trois choses à analyser. Une fois que ça sera fait, je mettrais en place un plan pour les faire bouger.

- Nous mettrons.

Lukas releva la tête vers Manon.

- Nous mettrons en place un plan, décréta-t-elle tout sourire

Le détective n'y trouva rien à redire. De toute façon, ils seraient forcément impliqués d'une manière ou d'une autre. Il tourna les talons et s'élança vers l'escalier. Il s'arrêta seulement une fois pour demander à Mathias de réparer un minimum la fenêtre, juste histoire d'éviter que la cuisine ne devienne une chambre froide.

Une fois de retour dans le confort de sa chambre, Lukas fit place net sur son bureau. Il déposa sur un mouchoir le fumigène. Il attrapa une caisse sous son lit qui se révéla être du matériel de chimie et de physique, un véritable petit laboratoire de poche. Toujours armé de ses gants et de ses lunettes de chimiste, il se mit au travail. Il commença par l'analyse de la fumée blanche, et arriva rapidement à la conclusion qu'il ne s'agissait bel et bien que d'un banal fumigène inoffensif qu'on pouvait utiliser comme gadget de fête. Absolument inoffensif. Ce qui corroborait parfaitement ses hypothèses : on n'avait voulu effrayer Manon.

Et en soi, il trouvait que c'était une bonne nouvelle.

Si leurs adversaires avaient pris le risque de l'intimider, cela voulait non seulement dire qu'ils avaient retrouvé sa trace, bien entendu, mais également que quelque chose les avait motivés à bouger. Même s'ils avaient découvert où se cachaient le frère et la sœur, ils auraient très bien pu surveiller leurs faits et gestes sans jamais se montrer, ou tout du moins attendre une occasion plus pertinente. Pourquoi s'en prendre soudainement à Manon, un jour de novembre, alors même que ni elle ni son frère ne faisaient de vague ? Et pourtant, ils l'avaient fait. C'était donc qu'un évènement les avait poussés à prendre des initiatives. Aux yeux de Lukas, cela ne faisait aucun doute que cet évènement s'appelait Willem. L'aîné avait certainement dû les effrayer.

Lukas secoua légèrement la tête. Les représailles… quel jeu puéril. S'il avait à préférer certains profils de criminels, il préférait de loin ceux qui assumaient leurs actes et s'exécutaient notamment eux-mêmes. Au moins ne pouvait-on pas leur reprocher leur couardise.

Le détective poursuivit son investigation avec le fumigène lui-même. Il observa dans un premier temps les empreintes à la lumière ultra-violette. Puis, il la saupoudra d'une poudre de carbone, extrêmement fine, avant d'utiliser un morceau de ruban adhésif afin de la recopier. Il la déposa précautionneusement sur une lame porte-objet. Il attrapa par la suite son téléphone portable et alla chercher le numéro d'Andrey. Tandis que la tonalité résonnait dans le combiné, Lukas observa la lame et l'empreinte désormais parfaitement visible à l'œil nu. Il ne misait à dire vrai pas beaucoup sur cet indice. Dans le meilleur des cas, il mènerait à un individu lambda à qui le larcin aurait été commandité et au pire, il ne serait pas référencé. Mais la rigueur lui imposait de vérifier.

- Allô ? Lukas ? Cela fait une éternité ! Vlad' et moi, on commençait un peu à s'inquiéter. Vlad' était même persuadé qu'il s'était opéré une transformation en toi, du genre loup-garou… M'enfin, tu sais comment il est, Vlad', hein ? Cela dit, il avait raison sur un point : ton silence radio.

- Autant que d'habitude.

Un silence lui répondit à l'autre bout du combiné. Pendant ce temps, Lukas délaissa la lame et s'installa devant son ordinateur. Il enclencha le haut-parleur sur son téléphone qu'il posa à ses côtés. Il fixa ensuite le bout de papier sur lequel il avait consigné ce qui concernait les débris de verre sur un coin de l'écran. Tout en poursuivant sa conversation, il entreprit de déterminer l'emplacement du tireur.

Puis, Andrey reprit :

- Oui, mais depuis… tu sais…

Lukas soupira et décida de couper court.

- J'ai besoin de faire analyser des empreintes.

Un autre silence, beaucoup plus gêné cette fois, survint.

- Andrey, il me faut…

Mais le policier à l'autre bout du fil le coupa aussitôt d'une voix désolée.

- Je ne peux pas Lukas.

- Pourquoi ? Nous l'avons bien déjà fait auparavant.

- Peut-être mais… je ne peux pas. Tu n'es plus qu'un citoyen lambda.

Lukas fronça les sourcils. Il s'arrêta brusquement dans son calcul.

- Je n'ai jamais été rien d'autre qu'un citoyen lambda, rétorqua-t-il d'une voix plus forte qu'il ne l'aurait voulu

- Oui mais…

- Je ne travaille plus avec la police, je sais. Je n'ai plus aucun soutien de la police, je sais. Mais est-ce que je pourrais au moins avoir le soutien d'un ami d'enfance ?

- Je suis désolé, Lukas. Tu devras passer au poste et justifier d'une demande d'analyse pour cela.

- Tu as peur pour ton travail.

- Je mentirais si je disais que non, mais je ne veux pas non plus mettre ton intégrité en jeu. Tu as toujours été un homme droit, Lukas. En tant qu'ami, je ne veux pas que tu tombes dans ce travers de contourner la loi quand bon te semble. Surtout en ce moment…

Lukas ne put s'empêcher d'esquisser un sourire amer. Contourner la loi quand bon lui semble, c'était la meilleure ! Andrey n'avait pas idée de tout ce qu'il avait déjà fait derrière le dos de la loi. Sauf que ça n'allait jamais à l'encontre d'autrui. C'était inoffensif. Et c'était justement son rôle en tant que détective privé de pouvoir recourir à des moyens que les autorités légales ne pouvaient pas se permettre d'appliquer.

- Mon intégrité te remercie, Andrey, maugréa finalement Lukas

Andrey s'excusa encore plusieurs fois avant de raccrocher.

Lorsque son téléphone se fut tu, Lukas toisa l'écran d'un regard noir. De toute façon, cette empreinte n'aurait pas mené à grand-chose ne cessait-il de se répéter pour se rassurer.

On toqua alors à sa porte. Lukas sursauta légèrement. Il fit volte-face, beaucoup plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu laisser paraître. Mathias était sur le pas de la porte et le détaillait. Rien qu'à voir son expression compatissante mêlée de confusion, le détective comprit.

- Tu as entendu le début aussi ?

- Euh… et bien…

Lukas secoua finalement la tête et reporta son attention sur son écran d'ordinateur où l'attendaient toujours ses calculs.

Mathias osa un pas dans la chambre. Il s'approcha de son partenaire et posa finalement une main compatissante sur son épaule.

- J'imagine que ce n'est pas du tout la même chose, mais sache que tu as mon soutien, Lukas.

Mathias n'ajouta rien de plus, mais il savait que Lukas comprendrait le message, qu'il comprendrait qu'il ne parlait pas d'une bête analyse d'empreinte digitale mais bien d'un soutien moral. Un soutien qu'il exerçait déjà et qu'il exercerait d'autant plus à l'avenir. Il savait qu'il n'avait pas besoin d'en dire plus, que Lukas avait déjà saisi toute l'ampleur de sa déclaration. Il le soutiendrait dans toutes ses enquêtes comme par le passé, mais le soutiendrait d'autant plus dans ses prises de positions désormais, qu'il le soutiendrait pendant son parcours pour reprendre sa vie de détective en main, pour recouvrer sa confiance en lui.

- Merci, souffla Lukas dans un murmure si léger qu'il fallait se trouver à ses côtés pour l'entendre

Mathias lui offrit un sourire rassurant que le détective ne vit pas, mais cela importait peu. Il tapota finalement l'épaule de son partenaire, puis vint se laisser tomber sur le lit.

- Du coup ! Suite de la mission ?

- On va les obliger à avancer un pion qui les mettra à découvert.

- On part en chasse, quoi.

Lukas acquiesça.

- Et je suppose, reprit Mathias un peu moins enthousiaste, qu'il va falloir un appât.

- En effet.

Un ange passa.

- T'es sûr que ça ne la mettra pas en danger ? demanda finalement Mathias

- Certain.

Mathias se leva en se frottant machinalement les mains sur son jean.

- Bon. Et bien je suppose que je vais aller lui annoncer la nouvelle. T'es sûr que tu n'as pas un autre plan ? Genre, un qui n'inclurait que nous.

- Comment veux-tu qu'ils se montrent si on ne leur en donne pas l'envie ? Sans compter qu'elle veut faire partie de la combine. Tu l'as bien vu : elle refuse d'être mise à l'écart.

Mathias grimaça. Il n'avait pas tort, et il avait rapidement appris que Manon était têtue. Ce qui n'était peut-être pas forcément une bonne chose, d'ailleurs. Il soupira, puis tourna les talons. Alors qu'il s'apprêtait à passer la porte, Lukas l'interrompit une dernière fois :

- Equipe-la d'un micro et d'une oreillette. Tu sais où se trouve le paquet.

Mathias hocha la tête. Il récupéra le carton puis s'en alla. Lukas se retourna dès qu'il fut hors de vue. Le détective se demandait de plus en plus à qui Mathias pensait en voyant Manon. Cela le changeait complètement et pouvait même, à un certain point, risquer de faire rater la mission. Lukas devait se montrer prudent avec son acolyte.

Le détective acheva ses calculs et trouva la position quasiment exacte où le lanceur avait dû être, ainsi que son angle d'attaque. Il s'y rendit, désireux de s'assurer qu'il ne loupait pas de preuve laissée par cet élément. Sans grande surprise, il ne trouva rien de concret. Il n'y avait décidément rien de plus à tirer de cette vulgaire menace. Il rebroussa chemin.

En pénétrant de nouveau dans la maison, il croisa Emil encore en pyjama, descendu se ravitailler à la cuisine, vu que le déjeuner avait été reporté.

- Qu'est-ce qu'il se passe au juste ? demanda le cadet

Lukas lui relata les évènements. Emil haussa brièvement un sourcil à l'évocation du fumigène.

- Tu n'a rien entendu. Tu dormais, j'imagine.

- Non. Pour une fois, non. J'avais mon casque sur les oreilles.

- Jeu vidéo ?

- Jia Long.

- Tu seras seul tout l'après-midi avec Xavier-Henri, l'avertit Lukas au passage

Emil haussa les épaules.

- Il fait sa vie. Moi, je serais en ligne.

Ils se quittèrent sur ces dernières paroles. Lukas monta retrouver Mathias, Manon et Xavier-Henri dans le salon. Mathias expliquait à Manon le fonctionnement des appareils tandis qu'il finissait de l'apprêter. Pendant ce temps, Xavier-Henri se rongeait visiblement les sangs pour sa sœur.

- Es-tu sûre de vouloir faire ça, sœurette ? Ce n'est vraiment, mais alors vraiment pas prudent, tu sais.

- Tout comme ce n'est pas prudent de publier une histoire basée sur des faits réels qui dérangent, opposa Manon tout sourire

Malgré sa gaieté, on sentait une grande détermination et une gravité en elle. La jeune femme prouvait une fois de plus par son attitude qu'il était hors de question qu'elle se laisse marcher sur les pieds. Elle n'avait décidément rien à envier à Willem.

Mathias rabattit les boucles blondes de Manon sur son oreille.

- Et voilà. L'avantage avec ta coiffure, c'est que ça dissimule très bien l'oreillette. Mais prends garde à ne pas la triturer par réflexe. Tu risquerais d'éveiller les soupçons.

Elle hocha vigoureusement la tête. Puis, résolue, elle se tourna vers Lukas.

- Bien, monsieur le détective. Qu'est-ce que je dois faire exactement ?


Affaire à suivre…